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Poésie

Posts Tagged ‘inexistence’

Il n’est pas de geste plus pur que de jeter quelque chose au vide (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2019



Il ne reste plus rien où aller.
Sommes-nous jamais allés quelque part?

Il ne reste qu’à sortir chacun de soi.
Ou à entrer comme si on sortait.

Ou à élever une parole neuve,
à se hisser sur elle
en attendant que le courant l’emporte.

Et si le courant lui aussi
nulle part n’emporte,
à jeter la parole au vide,
comme un emblème
de tout ce qui n’existe pas.

Il n’est pas de geste plus pur
que de jeter quelque chose au vide.

Au surplus, divers degrés d’inexistence
en se rencontrant peuvent éclairer peut-être
un peu d’existence où aller.

(Roberto Juarroz)


Illustration

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UNE PUISSANCE (André Pieyre de Mandiargues)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2019




UNE PUISSANCE

Une puissance considère un oeuf
Sculpté dans une pierre blanche
Et poli par la main d’un homme

La puissance considère et sourit
La puissance se réjouit de savoir
Que nulle vie ne pourra sortir
De ce qui n’est qu’un objet d’art,

Une forme d’inexistence
Jetée à la nuit du temps.

(André Pieyre de Mandiargues)

 

 

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Inexistence passagère (Vincent La Soudière)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018



Illustration
    
Inexistence passagère, je suis.
Entre deux gouffres de néant,
tu seras le passeur et le pont.

(Vincent La Soudière)

 

Recueil: Brisants
Traduction:
Editions: Arfuyen

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L’UN ET LE TOUT (Johann Wolfgang Von Goethe)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
L’UN ET LE TOUT

Afin de se trouver parmi l’Illimité
L’être isolé voudra fuir dans l’inexistence
Là où s’évanouit toute satiété ;
Ce n’est point toi, désir, ni toi, lourde exigence
Mais vous, profond Vouloir, dure Nécessité
Qui donnez notre joie à notre obéissance.

Âme du monde, viens Ah! Tu nous pénétreras !
Alors, contre toi-même engager le combat
C’est le suprême appel que notre force entend.
De bons esprits compatissants,
Maîtres très-hauts, gouverneurs indulgents
Conduisent à celui qui crée et qui créa.

Et pour créer la créature, afin
Qu’elle ne s’arme point pour l’engourdissement,
L’Acte éternel agit, vivant!
Et ce qui n’était pas, veut être, veut enfin
Au soleil, à la terre, aux couleurs se mêler ;
Nulle chose jamais ne se peut reposer.

Il faut que tout agisse et soit mouvant et crée
Et que la forme change aussitôt que formée.
Tu n’es qu’une apparence, ô repos du moment !
Partout au plus profond se meut l’éternité,
Car toute chose ira se dissoudre au Néant
Si dans l’Être immobile elle veut demeurer.

***

EINS UND ALLES

Im Grenzenlosen sich zu fin den,
Wird gern der einzelne verschwinden,
Da löst sich aller Überdruß ;
Statt heißem Wünschen, wildem Wollen,
Statt lästgem Fordern, strengem Sollen
Sich aufzugeben ist Genuß .

Weltseele, komm, uns zu durchdringen!
Dann mit dem Weltgeist selbst zu ringen,
Wird unsrer Kräfte Hochberuf.
Teilnehmend führen gute Geister,
Gelinde leitend höchste Meister
Zu dem, der alles schafft und schuf.

Und umzuschaffen das Geschaffne,
Damit sichs nicht zum Starren waffne,
Wirkt ewiges, lebendiges Tun.
Und was nicht war, nun will es werden
Zu reinen Sonnen, farbigen Erden;
In keinem Falle darf es ruhn.

Es soil sich regen, schaffend handeln,
Erst sich gestalten, dann verwandeln ;
Nur scheinbar stehts Momente still.
Das Ewige regt sich fort in alien :
Denn alles mug in Nichts zerfallen,
Wenn es im Sein-beharren will.

(Johann Wolfgang Von Goethe)

 

Recueil: Elégie de Marienbad
Traduction: Jean Tardieu
Editions: Gallimard

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S’éveillera sans nous (Jacques Dupin)

Posted by arbrealettres sur 17 mars 2018



Illustration: Francis Bacon
    
S’éveillera sans nous l’alternative du sens au coeur de
l’ébriété du langage. Du langage assoupli par l’allégresse
de son rebondissement illimité J’ânonne, il s’élance. Il
oublie que je suis second, en retrait, en recul. Il ignore
surtout que je n’existe pas, que je bave et transpire
d’inexistence dans l’ébranlement de sa trace.

(Jacques Dupin)

 

Recueil: Le corps clairvoyant
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je reviens d’un voyage en zéro absolu (Pierre Albert-Birot)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2017



Je reviens d’un voyage en zéro absolu
Comment peut-on entrer dans cette inexistence
Et comment peut-on en sortir
J’en suis pourtant sorti
Puisque je me demande comment j’ai pu sortir

(Pierre Albert-Birot)


Illustration retirée sur demande de l’artiste

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Folie (Antonio Gamoneda)

Posted by arbrealettres sur 15 septembre 2016



Au point où en sont les choses, de quelle clarté perdue
venons-nous? Qui peut se souvenir de l’inexistence?
Il serait sans doute plus doux de revenir, mais

nous entrons indécis dans une forêt d’aubépines. Il n’y a rien
au-delà de l’ultime prophétie. Nous avons rêvé qu’un dieu
nous léchait les mains: nul ne verra son masque divin.

Au point où en sont les choses,
la folie est parfaite.

(Antonio Gamoneda)

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INEXISTENCE (Jude Stéfan)

Posted by arbrealettres sur 25 août 2016


INEXISTENCE

Nul ne saura qu’il fut
ce qu’il fit : Poème
momie de l’énigme

(Jude Stéfan)

Poème découvert chez Lara ici

Illustration

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Tant de défunts dans nos oublis (Robert Mallet)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2016



Tant de défunts dans nos oublis
sauvent le souvenir de vivre
si peu d’avenir dans nos vies
chasse la mémoire des morts
tant de cascades et d’eaux vives
anéantissent l’eau qui dort
si peu de sommeil éternise
l’inexistence du néant
si peu de vies dans tant de vent
tant de morts dans si peu de brise
tant et si peu de notre temps
de notre espace, de nos corps
avec tant et si peu de sang
que se noieront nos peu, nos tant
comme les autres dès le port.

(Robert Mallet)

Illustration: Hans Baldung

 

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On aimerait voir passer un dieu mort (Bernard Noël)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2015



on aimerait voir passer un dieu mort
enfin quelqu’un pas seulement un nom
mais rien ne glisse au fil du temps

l’inexistence est parfois si présente
est-il possible que le vide soit plein
que son creux sonne en plein dedans

le corps possède ainsi ses blancs
un quelque part qui n’est pas organique
un quelque chose informe et sans limites

êtes-vous déjà venu ici fait une voix
aucun son rien qu’une image vive
un pays flou dans la nuque

quelle écriture pourrait sauver le vif
jeu de limaille vers l’aimant secret
tout pressentiment pétille en vain

pas de sens dans les coïncidences
juste un reflet qui fait plaisir
l’azur ne sera jamais que l’azur

(Bernard Noël)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration: Gao Xingjian

 

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