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Poésie

Posts Tagged ‘inférieur’

Être (Eugène Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2022




    
Être
Où et quoi ?

N’importe où,
Mais pas rien qu’en soi.

Être dans le monde
Fragment, élément du monde.

Supérieur à rien,
Pas à quiconque, pas à la pluie qui tombe,

Se sentir égal
Et pareil au pissenlit, à la limace,

Inférieur à rien,
Ni au baobab, ni à l’horizon,

Vivre avec tout
Ce qui est en dehors et en dedans,

Tout ce qui est au monde,
Dans le monde,

Fétu de paille, non!
Cathédrale, non!

Un souffle
Qui essaie de durer.

(Eugène Guillevic)

 

Recueil: Art poétique précédé de Paroi et suivi de Le Chant
Traduction:
Editions: Gallimard

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On le contemple sans le voir… (Lao-Tseu)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2022




    

On le contemple sans le voir…

On le contemple sans le voir,
il est l’Invisible,
On l’écoute sans l’entendre,
il est l’Inaudible.
On l’atteint sans le saisir,
il est l’Insaisissable.
Ces trois ne peuvent l’exprimer
ils se confondent et ne font que l’Un.

Sa face supérieure n’est pas illuminée,
Sa face inférieure n’est pas obscure.
Perpétuel, il ne peut être nommé,
ainsi il appartient au royaume des sans-choses.
Il est la forme sans forme et l’image sans image.
Il est fuyant et insaisissable.
L’accueillant, on ne voit pas sa tête,
le suivant, on ne voit pas son dos.

(Lao-Tseu)

Recueil: Les poètes de Dieu (Pierre Haïat)
Editions: Philippe Lebaud

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Quoi ? Je vaux plus qu’une fleur (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 6 février 2022




    
Quoi ? Je vaux plus qu’une fleur
Parce qu’elle ne sait pas qu’elle a de la couleur
et que moi je le sais,
Parce qu’elle ne sait pas qu’elle a un parfum
et que moi je le sais,
Parce qu’elle n’a pas conscience de moi
et que moi j’ai conscience d’elle ?

Mais qu’est-ce qu’a une chose par rapport à une autre
Pour en être supérieure ou inférieure ?
Oui, j’ai conscience de la plante
et elle n’a pas conscience de moi.
Mais si la forme de la conscience c’est avoir conscience,
qu’y a-t-il là-dedans ?

La plante, si elle parlait,
elle pourrait me dire : Et ton parfum ?
Elle pourrait me dire : Tu as conscience parce qu’avoir conscience est une qualité humaine
Et moi je n’en ai pas pour la seule raison que je suis fleur sinon je serais homme.
J’ai un parfum et toi tu n’en as pas,
parce que je suis fleur…

Mais pour quoi me comparer avec une fleur,
si moi je suis moi
Et si la fleur еst la fleur ?

Ah, ne comparons rien du tout, regardons.
Laissons-là analyses, métaphores, similitudes.
Comparer une chose à une autre
c’est oublier cette chose.

Aucune chose n’en rappelle une autre
si nous mettons toute notre attention sur elle.
Chaque chose ne rappelle que ce qu’elle est
Et elle n’est que ce que rien d’autre n’est.
La sépare de toutes les autres le fait qu’elle est elle.
(Tout est ce rien sans autre chose qu’il n’est pas.)

(Fernando Pessoa)

Recueil: Oeuvres poétiques
Traduction:
Editions: Gallimard

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J’entends les extrémités délirer (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2017



J’entends les extrémités délirer
J’entends la taille sangloter, les hanches reposer

L’extase m’emporte
J’entre dans le désert de l’émotion violente je crie ton nom

Je descends aux sphères inférieures
Du côté du monde le plus étroit —
Je vois le feu et les larmes sur même plateau

Je vois la Ville des villes
Et ma coupe déborde.

Ainsi parle le seigneur corps.

(Adonis)

Illustration: Pascal Renoux

 

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Le grand rire silencieux de l’univers (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 18 septembre 2016



Le grand rire silencieux
De l’univers est
Une intelligence amicale

Qui ne veut pas que nous
Nous sentions plus
Petits ni inférieurs à elle

Juste encore
Un peu sans expérience
Quand il s’agit
Du temps et de l’éternité

(Werner Lambersy)

Illustration: Béatrice Hunckler

 

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Quatre mille huit cents myriades d’Eveillés (Jack Kerouac)

Posted by arbrealettres sur 28 octobre 2015



Quatre mille huit cents myriades d’Eveillés
à travers d’innombrables tourbillons d’époques
ont paru travailler dur pour sauver un grain de sable,
et ce n’était rien d’autre que l’éternité d’or.
Et leur récompense totale ne sera ni supérieure ni inférieure
à ce que rapporte un bout de crotte séchée.

La récompense excède la pensée.

(Jack Kerouac)

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