Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘infiltrer’

Mer et brume (Claude Pujade-Renaud)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2018




Illustration
    
Mer et brume
fusion laiteuse

Chacune se nourrit
de l’autre
l’absorbe

Au loin la corne
dite de brume
tente de les séparer

De glisser entre elles
le tranchant aigu
de la différence

N’y parvient pas

Brame
insistante
impuissante

Profil bas
le jour
et pesanteur du ciel

Brume de mort
infiltrée
dans le crépuscule
des cellules

Ni lame
ni corne
sachant disjoindre

Fusion morne

(Claude Pujade-Renaud)

 

Recueil: Instants incertitudes
Traduction:
Editions: Le Cherche Midi

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Pas de clef à la poésie (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2018



Illustration: Sonia Mandel
    
Pas de clef à la poésie
Pas de ciel
Pas de fond
Pas de nid
Pas de nom

Ni lieu
Ni but
Ni raison

Aucune borne
Aucun fortin
Aucun axe
Aucun grain

Mais ce souffle

Qui s’infiltre

Dans l’étoffe des âmes

Pour délier leurs saisons:

Peuple d’hirondelles
Au regard pénétrant
A la vue déployée.

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Poèmes pour un texte 1970-1991
Traduction:
Editions: Flammarion

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ce qu’il faut au poète (Marie-Caroline Quillet)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2017



Ce qu’il faut au poète

Enfant de la nature,
Il lui faut ses bouquets;
Ses tapis de verdure
Et l’or de ses guérets.

Mais il faut au poète
Des rythmes inconnus,
Les clartés du prophète
Et les nuits de Jésus.

Il lui faut des études
Aux aspects infinis:
D’austères solitudes
Pour nourrir ses esprits.

C’est là que le génie,
Au souffle créateur,
Infiltre l’harmonie
Dans le front du penseur…

(Marie-Caroline Quillet)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

MÉTAMORPHOSES (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 24 mars 2015



MÉTAMORPHOSES I

Invente tes métamorphoses

Il est toujours temps de dépister l’éclair
De t’arracher aux paroles stagnantes
D’abreuver le coeur drainé par trop de soifs
D’écarter l’écorce pour surprendre le noyau

Des confins de la terre et du ciel
Jusqu’aux menées de l’âme
Il n’y a pas de grille à la poursuite
Ni aux fictions.

***

MÉTAMORPHOSES II

Où est l’homme
En ce vacarme
En cette lande crevassée ?

Sa voix se perd
Parmi les stridences
Sur sa toile impénétrable
Les fils se sont usés

Quelle main peut le saisir encore
Quel langage le traduire
Quel oeil le fixer ?

Seuls des fragments d’images
Surgissent du repaire des ombres
Écartent de funestes fagots
Infiltrent quelques lueurs
Métamorphosent quelques paroles
En brasiers.

***

MÉTAMORPHOSES III

L’homme décline puis se recrée
Loin des preuves et des ruines

De chantiers en chantiers
Sous le tain sous l’écorce
Il s’extrait du chaos
Il ratisse des jardins
Pour goûter à l’avenir
A sa flore fugitive
A ses grappes éphémères
Et au chant des matins.

(Andrée Chedid)


Illustration: Salvador Dali

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :