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Poésie

Posts Tagged ‘infini’

JEUNE HOMME (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2018



Illustration: Renaud Baltzinger
    
JEUNE HOMME

Oh! me coucher tranquillement
Pendant des heures infinies!
Et j’étais pourtant ton amant
Lors des abandons que tu nies.

Tu mens trop! Toute femme ment.
Jouer avec les ironies,
Avec l’oubli froid, c’est charmant.
Moi, je baise tes mains bénies.

Je me tais. Je vais dans la nuit
Du cimetière calme où luit
La lune sur la terre brune.

Six balles de mon revolver
M’enverront sous le gazon vert
Oublier tes yeux et la lune.

(Charles Cros)

 

Recueil: Le Collier de griffes
Traduction:
Editions: Gallimard
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Ce qu’on ne peut pas dire (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 13 février 2018



Ce qu’on ne peut pas dire

Entre oui ce qu’on ne peut pas dire
le chat la gouttière l’escalier
une sorte de souffle immobile
de lueur arrêtée quelque chose
qui fait tenir ensemble ce qui
s’oppose se heurte se confond
le même infini au fond des yeux
si c’était la poubelle l’étoile
ou la main ça ne changerait rien

(Jacques Ancet)

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Que reste-t-il (Antoine de Saint-Exupéry)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018



Que reste-t-il lorsque,
devenu homme,
on vit sous d’autres lois,
du parc plein d’ombre de l’enfance,
magique, glacé, brûlant,
dont maintenant, lorsqu’on y revient,
on longe avec une sorte de désespoir,
de l’extérieur, le petit mur de pierres grises,
s’étonnant de trouver fermées dans une enceinte aussi étroite,
une province dont on avait fait son infini,
et comprenant que dans cet infini
on ne rentrera jamais plus,
car c’est dans le jeu,
et non dans le parc,
qu’il faudrait rentrer.

(Antoine de Saint-Exupéry)


Illustration

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Plus vraie la vie que la raison voudrait faire croire (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2018



Illustration: Josh Fancher
    
plus vraie la vie que la raison voudrait faire croire
(bien plus secrète ou que folie ne révéla)
plus profond que perdre est la vie:plus haut qu’avoir
—mais même si vivre est tout,plus chaque est la beauté

à l’infini sans aucun si multipliées
les surpuissantes méditations humaines se trouvent
anéanties par une simplement feuille qui s’ouvre
(après quel à portée il n’est pas d’au-delà)

ou vienne un moindre oiseau que l’oeil n’en peut connaître
contempler le silence et pleinement chanter?
les futurs sont caducs;les passés sont à naître
(un ici moins que rien est bien plus que toute chose)

la mort,comme on l’appelle, achève ce qu’homme on suppose
—mais si mourir est quand:plus à présent la beauté

***

ife is more true than reason will deceive
(more secret or than madness did reveal)
deeper is life than lose:higher than have
—but beauty is more each than living’s

allmultiplied by infinity sans if
the mightiest meditations of mankind
cancelled are by one merely opening leaf
(beyond whose nearness there is no beyond)

or does some littler bird than eyes can learn
look up to silence and completely sing?
futures are obsolete;pasts are unborn
(here less than nothing’s more than everything)

death,as men call him,ends what they call men
—but beauty is more now than dying’s when

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Une fois un
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: La Nerthe

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Ma dame,je vais vous toucher (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2018



    

Ma dame,je vais vous toucher de mon esprit.
Vous toucher et toucher et toucher
jusqu’à ce que vous m’accordiez
un soudain sourire,timidement obscène

(ma dame je vais
vous toucher de mon esprit.)Vous
toucher,c’est tout,

légèrement et vous deviendrez tout à fait
avec une infinie facilité

le poème que je n’écris pas.

***

Lady,i will touch you with my mind.
Touch you and touch and touch
until you give
me suddenly a smile,shyly obscene

(lady i will
touch you with my mind.)Touch
you,that is all,

lightly and you utterly will become
with infinite ease

the poem which i do not write.

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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La tendresse l’infinie tendresse (Léon Gontran Damas)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2018


tendresse-jpg

Il n’est plus bel hommage
à tout ce passé
à la fois simple
et composé
que la tendresse
l’infinie tendresse
qui entend lui survivre

(Léon Gontran Damas)

Ilustration

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Embarcadère du Sud, à Li-zhou (Wen Ting-yun)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2018



Illustration: Shitao
    
Embarcadère du Sud, à Li-zhou

Mue par la brise une eau s’étale face au couchant
Éparpillant les îlots parmi les lointaines verdures
Là-bas sur l’onde, cris de chevaux ponctués de coups de rames
Ici sous les saules, attente insouciante du retour de la barque

Bancs de sable, touffes d’herbe, mille mouettes se dispersent
Champs et rizières à l’infini, une seule aigrette s’envole
Enfin partir ! Sur la trace du vieil errant, Fan Li
Se perdre dans l’oubli parmi les brumes des Cinq Lacs !

(Wen Ting-yun)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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Ye-yin-men (Wei Zhuang)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Ye-yin-men

Pluie de printemps, abondante
Les berges sont teintes en vert tendre
Frôlant les saules arrive un couple de hérons
Bains et ébats dans la lumière nue…

Rideaux d’azur haut enroulés
Balustrade aux méandres sans fin
Nuages épars, eaux étales, arbres à la brume mêlés
Coeur minuscule, pensée infinie

(Wei Zhuang)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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Cantique de la Voie II (Xuan Jue)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2018




    
Cantique de la Voie II

Pur miroir du coeur, reflet infini
Éclairant le vide aux mondes sans nombre
En lui toutes choses se montrent, ombres, lumières
Perle irradiante : ni dedans ni dehors

(Xuan Jue)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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Musique de mon cœur (Joséphine Bacon)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2018



 


    
Musique de mon cœur
Laisse le vent caresser la vie
Une tendresse pour un pas de danse
Une salle de bal tapissée de lichens
Et de constellations
Dessine mon infini

(Joséphine Bacon)

 

Recueil: Un thé dans la toundra – Nipishapui nete mushuat
Traduction:
Editions: Mémoire d’encrier

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