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Poésie

Posts Tagged ‘infini’

Tu creuses tu rampes (Charles Juliet)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2022




    
tu creuses
tu rampes
tu t’ouvres
un passage

mais tu
n’es jamais
prêt

jamais assez
aguerri

jamais digne
d’affronter
la rencontre

alors tu lis
enquêtes sondes
questionnes

et sans relâche
tu progresses

puis te portes
d’un bond au
plus extrême

et là
doigts gourds
mains tuméfiées

au lieu de rafler
ce dont tu espérais
te saisir
dans un trouble
infini

tu palpes

le mystère

(Charles Juliet)

Recueil: Pour plus de lumière anthologie personnelle
Traduction:
Editions: Gallimard

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Rendus à l’infini de ta langue (Sylvestre Clancier)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2022




    

Rendus à l’infini de ta langue
Ces mots qui sont très proches
A l’oreille éblouie
Ils te mènent à l’ailleurs
Où sans voix
Tu les verras blottis
Attendant que tes pas
Aient retrouvé les leurs
Tu interroges le ciel
Où ils respirent la nuit

(Sylvestre Clancier)

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Tu récites pour toi seul (Lionel Ray)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2022



Illustration
    
Tu récites pour toi seul des vers anciens
et tout en toi-même est plus proche et plus nu.

sous le masque du dormeur le temps doucement va
les années les minutes les semaines les mois.

il te souvient des femmes dans la rue l’une
aux maigres épaules portant des choses lourdes.

l’autre passait avec des gestes d’adieu belle
comme une île ou une phrase inachevée.

celle-ci qui riait aux éclats dans le feuillage
obscur et dont le nom était imprononçable.

et celle-là voyageuse aux couleurs du monde
avec ses énormes bagages et ses robes lyriques.

à l’autre bout de ta nuit ceux que nul ne connaît
qui ne font aucun détour posant cartes sur table.

et ceux qui emportent dans leur coeur leur ordure
et leur toit des chiens morts des rouleaux secrets des fleurs nouvelles.

ta mère aux bras flottants qui ne pouvait comprendre
toute ronde si petite et les yeux couleur d’encre.

tu as pris dans ses yeux le goût de l’être et des iris
mais tout s’éloigne ainsi qu’un vol d’oiseaux. le ciel

se déplace. et ça n’en finit pas les errances
à travers nuits et jours au gré des vents, la vie

ses mornes champs ses gares ses travaux ses villages
ses grimaces, la tristesse sur la face des gens.

et l’infini désert recommence au matin :
tu récites pour toi seul des vers anciens.

(Lionel Ray)

 

Recueil: Le nom perdu
Editions: Gallimard

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Dans cette heure qui meurt sur un saule qui tremble (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2021




    
Dans cette heure qui meurt sur un saule qui tremble,
Où l’on aime en silence et comme en souvenir,
Tant l’amour se fait âme et la chair se fait ombre,
mais ombre palpitante, ivre de soutenir
L’infini d’un instant délicieux et sombre
moment de diamant qui vaut des jours sans nombre
Et nous fait pressentir l’immensité de nous,
Alors, serrant nos mains jointes sur tes genoux
Nous savons dans nos coeurs leurs forces se répondre
Et nous laissons gravir nos degrés les plus doux
Par la nécessité suprême de nous fondre…

(Paul Valéry)

 

 

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La mer (Charles Trenet)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2021



 

La mer

La mer
Qu´on voit danser le long des golfes clairs
A des reflets d´argent
La mer
Des reflets changeants
Sous la pluie

La mer
Au ciel d´été confond
Ses blancs moutons
Avec les anges si purs
La mer bergère d´azur
Infinie

Voyez
Près des étangs
Ces grands roseaux mouillés
Voyez
Ces oiseaux blancs
Et ces maisons rouillées

La mer
Les a bercés
Le long des golfes clairs
Et d´une chanson d´amour
La mer
A bercé mon cœur pour la vie

(Charles Trenet)

 

 

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Vois comme sur la vaste rivière (Fiodor Tiouttchev)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2021




    
Vois comme sur la vaste rivière,
Portés par les eaux réveillées,
Vers l’immense infini de la mer,
Les blocs de glace voguent d’affilée.

Qu’ils s’irisent au soleil éclatant,
Ou bien la nuit, dans les ténèbres,
Tous, fondant inexorablement,
Ils voguent vers un même terme.

Tous ensemble, petits et grands,
Perdant la forme qu’ils avaient jadis
Tous, insensibles et indifférents,
S’en vont rejoindre les fatals abysses.
Ô toi, mirage de notre esprit,

Toi, notre petit
Moi humain,
N’est-ce point là le sens de ta vie,
N’est-ce point là ton vrai destin ?

(Fiodor Tiouttchev)

Recueil: POÈMES
Traduction: traduit du russe par Sophie Benech
Editions: Interférences

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L’amour me fait une âme (Charles Le Quintrec)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2021


Pomme endormie-MALINOWSKI

Si vieux que me voici
Je m’aime dans la femme
Le coeur à l’infini
Les yeux dans les étoiles
L’amour me fait une âme.

(Charles Le Quintrec)

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L’infini qui reste (Silvia Baron Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2021




si partout
d’avance
est perdu

dévoilement
de l’infini
qui reste

(Silvia Baron Supervielle)

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LE TEMPS QUI PASSE (Jean-Pierre Michel)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2021




LE TEMPS QUI PASSE

Comme des feuilles mortes
Emportées par le vent
De nos printemps fanés
S’en vont les ans qui passent
Et dans le temps qui file
Quand n’est plus de l’amour
Le chant des soupirs
S’écoutent, paisibles
Au clapotis des jours
Les heures parfumées
De l’infinie tendresse.

(Jean-Pierre Michel)

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Des parfums fusent des buissons (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2021



Des parfums fusent des buissons
Il se déplace dans l’air d’infinis frissons
Qui courent sur ma peau

J’entends des cris mélancoliques
Une dernière clarté rôde
Le crépuscule déchire l’étoffe du jour

Tandis qu’une écharpe de brume étrangle la colline
Je rentre entre chien et loup
La ville que je voulais quitter
S’offre chaude et consentante
À mes bras ténébreux.

(Jean-Baptiste Besnard)

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