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Poésie

Posts Tagged ‘infini’

Emerveillement (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2017



Illustration: Alix
    
Emerveillement

Avec l’étonnement de mes regards, je vis
Le choeur des beaux rayons de lune aux tons bleuis.

Et mes regards étaient stupéfaits et ravis…
Avec mes yeux ouverts grandement je les vis.

C’est pourquoi maintes fois, au hasard d’une veille,
Ouvert sur l’infini, mon regard s’émerveille.

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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Les Quatre Vents (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2017




    
Les Quatre Vents

Les quatre Vents se sont réunis sous mon toit.
Voici le Vent du Nord revêtu de blanc froid…
Voici le Vent du Sud portant les odeurs chaudes
Et toi, Vent de l’Ouest, qui pleures et qui rôdes !…

Te voici, Vent de l’Est amer et bienfaisant,
Toi dont les larges cris font trembler les coeurs lâches,
Toi qui grondes, toi qui domines, qui te fâches,
Toi qui donnes la force et la gloire du sang !

Vous voici réunis, ô quatre Vents que j’aime !
Et vous chantez, et vous criez tous réunis
Avec la joie et le désespoir infinis
Que ressent le poète en face du poème.

Tous vous obéissez au signe de mon doigt.
Mais, ô Vent de l’Ouest, qui rôdes et qui pleures,
C’est vers toi que s’en vont les songes de mes heures !…
Les quatre Vents se sont réunis sous mon toit.

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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Appel (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2017




Illustration: Alexandre de Riquer
    
Appel

En proie à l’existence, à ce mal très cruel,
Je lance à l’infini mon douloureux appel…

A cette heure terrible et trouble de silence
Je ressens tout le mal aigu… Le soir encense…

Que dans ce crépuscule où s’enlise l’effroi
Quelqu’une vienne enfin pour me sauver… A moi !…

Lasse des faux baisers et des paroles creuses,
Que surviennent pour moi des heures moins fiévreuses !

Lasse de tous ces jours qui ne sont pas meilleurs,
Que je m’en aille enfin n’importe où, mais ailleurs !

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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À un jardin (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2017




    
À un jardin

Oui nécessaire clôture
Pour que le lieu devienne lien
Et le temps attente.

Que le sentier mène à l’amante,
Que tout désir aille à son terme,
Que chaque fleur porte visage et nom,
Que chaque fruit préserve faim et soif,
Que vent et pluie soir et aube
Renouvellent leurs offrandes sur l’herbe,
Que l’infini, lui, fasse halte
Sur la cime des pins.

Oui nécessaire clôture
Pour que le lieu soit appel,
Et l’instant répons sans fin.

(François Cheng)

 

Recueil: La vraie gloire est ici
Editions: Gallimard

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Toute la splendeur d’un soir (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2017



Illustration: Alphonse Osbert
    
Toute la splendeur d’un soir
Captée ici par un oeil…
Est-ce nous qui cherchons à la voir?
Est-ce elle qui cherche a être vue ?
Toute la splendeur de l’univers,
Espace d’un soir, a ému.

Nous qui voyons, sommes-nous vus ?
Quelque chose a donc ébloui,
Et quelqu’un a vu.

L’univers en nous s’est ému,
Espace d’un bref soir.
Ce don suffit-il pour nous combler?
Cet instant a-t-il suffi

Pour combler enfin l’in-fini ?

(François Cheng)

 

Recueil: La vraie gloire est ici
Editions: Gallimard

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Un chant de mandarine (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 14 juillet 2017




    
Un chant de mandarine,
Autre que mandoline,
Dans le vent dodeline.

Éclatante rondeur
Au soleil de matin,
La saison en offrande !

Les quartiers formant cercle
Autour d’un centre vide
À l’infinie saveur…

L’éternité, un jour
Ici, ô minuscule
Fruit du vaste univers !

Dans le vent dodeline,
Autre que mandoline,
Ce chant de mandarine.

(François Cheng)

 

Recueil: La vraie gloire est ici
Editions: Gallimard

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S’il profère des secrets (Saint-Pol-Roux)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2017



 

Christian Schloe 5

S’il profère des secrets tus jusqu’ici,
le vrai poète dévoile en même temps un monde qu’on n’avait pas su voir ;
si pour tant d’autres le mot est un caillou de mort, il en fait un grain de vie,
son art ne moule pas dans le fini mais cueille dans l’infini.
Quel magnifique drame que la création poétique!

(Saint-Pol-Roux)

Illustration: Christian Schloe

 

 

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Savez-vous pas… (Louis Bouilhet)

Posted by arbrealettres sur 10 juillet 2017



Savez-vous pas quelque douce retraite,
Au fond des bois, un lac au flot vermeil,
Où des palmiers la grande feuille arrête
Les bruits du monde et les traits du soleil
– Oh ! je voudrais, loin de nos vieilles villes,
Par la savane aux ondoyants cheveux,
Suivre, en rêvant, les écureuils agiles,
Et voir sauter, sur les branches mobiles,
L’ara de pourpre et les bengalis bleus !

Savez-vous pas, sur les plages lointaines
Où n’ont jamais passé les matelots,
Une île heureuse aux suaves haleines,
Bouquet de fleurs effeuillé sur les flots ?
– Oh ! je voudrais, seul avec ma pensée,
Jetant au vent la poussière des jours,
Sentir mon âme aux vagues balancée,
Et m’endormir sur l’onde cadencée
Comme un enfant que l’on berce toujours !

Savez-vous pas, loin de la froide terre,
Là-haut ! là-haut ! dans les plis du ciel bleu,
Un astre d’or, un monde solitaire
Roulant en paix sous le souffle de Dieu ?
– Oh ! je voudrais une planète blonde,
Des cieux nouveaux, d’étranges régions,
Où l’on entend, ainsi qu’un vent sur l’onde,
Glisser la nuit, sous la voûte profonde,
Le char brillant de constellations !

Où fuir ? où fuir ? Par les routes humaines
Le sable est dur et le soleil est lourd.
Ma bouche ardente a tari les fontaines
Et l’arbre est mort où j’ai cueilli l’amour.
– Oh ! je voudrais, loin du temps et des choses,
Débarrassé de tout lien charnel,
Courir joyeux dans les métamorphoses,
Puis me plonger à la source des causes,
Où l’Infini flotte dans l’Éternel !

(Louis Bouilhet)

 

 

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SUPRÊME ÉTREINTE (Anatole Belval-Delahaye)

Posted by arbrealettres sur 9 juillet 2017



Illustration: Andrei Protsouk  
    
SUPRÊME ÉTREINTE

Ah ! laisse, mon amour, ces divines oiselles,
Nos deux âmes s’unir au silence divin.
L’ivresse de l’extase, en nous versant son vin,
Clôt les bouches de chair de ses deux blanches ailes.

Mon luth reste muet devant tant d’infini.
Je vois dans tes grands yeux l’azur qui se colore,
Le désir embrasé monte comme une aurore.
Emergeant de ton cœur comme d’un lac béni.

La pourpre du plaisir ensanglante les roses,
Ta bouche est la grenade ouverte à mon baiser,
Tu ne peux, cher amour, hélas ! me refuser
Le temple de ta chair pour nos apothéoses.

Les instants de bonheur, au sablier du temps,
Sont à peine minute au siècle de souffrance,
Et nous pesons si peu dans la juste balance,
Qu’un souffle nous emporte à l’aube d’un printemps.

L’Ecriture nous dit qu’au delà du mystère
11 est un paradis qu’il nous faut mériter,
Mais j’en sais un, ma douce, où luit la volupté ;
Vivons, si tu m’en crois, cet Eden sur la Terre.

Aimons-nous follement, l’amour est le plus fort;
Cherchons vers le bonheur où la vie est en source,
Buvons l’oubli des jours, des nuits et de leur course.
Et restons enlacés, noués jusqu’à la mort.

(Anatole Belval-Delahaye)

 

Recueil: Anthologie universelle des baisers (III France)
Editions: H. Daragon

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CHANSON DU VAGABOND (Sakutarô Hagiwara)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2017



 

vagabond  _p

CHANSON DU VAGABOND
HYÓHAKUSHA NO UTA

Le jour est monté sur le talus
Et la tristesse rôde sous le pont.
Jusqu’au ciel infini
Les rails s’étirent, et derrière les barrières
Une ombre solitaire erre.

Oh, toi, le vagabond!
Tu viens du passé, et passes l’avenir,
Et poursuis une nostalgie éternelle.
Pourquoi vacilles-tu,
Marche triste des aiguilles du temps?
Comme on tue un serpent avec une pierre
Brise donc ce cercle de renaissance
Et foule et coupe cette lâche désolation.

Ah, plus solitaire que le diable
Tu as supporté l’hiver des frimas!
Sans jamais rien croire
Tu as connu l’exaspération de croire.
Sans jamais le nier
Tu as accusé ton désir.
Aussi pourquoi épuisé de tristesse
Rentrerais-tu là où tendrement enlacé t’embrasserait quelqu’un?
Jamais tu n’as rien aimé
Et on ne doit jamais t’aimer.

Oh, toi, désolation,
Tu montes la côte d’un morne couchant
Et vas errant sur un talus sans volonté
Mais nulle part il ne doit y avoir de pays.
Pour toi, il ne doit y avoir de pays!

(Sakutarô Hagiwara)

Illustration: Théophile Alexandre Steinlen

 

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