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Posts Tagged ‘infini’

HORS DES LANGAGES (Pierre Béarn)

Posted by arbrealettres sur 24 mai 2017



HORS DES LANGAGES

Je ne veux pas choisir
entre ceux qui vécurent
dans l’imagerie des frontons
et ceux qui s’illuminent en révolte
drapés de couleurs arrogantes.

Je ne veux pas choisir
entre ceux qui condamnent
et ceux qui sont condamnés
car ne sont-ils pas tour à tour
innocents et coupables ?
victimes et bourreaux ?

Je ne veux pas choisir entre les vérités
façonnées d’illusions étant nées du langage.

Je ne veux pas trancher du juste et de l’injuste.
Je ne sais plus ce qui est bien
ce qui est mal
dans les fornications de l’orgueil
et du désir de vaincre.
La victoire a toujours raison.

le ne voudrais connaître
que la vérité du sang
et son poids de honte dans l’absurde,
son poids d’impuissance,
son poids de désespoir.

Je me sens nègre et chinois
mongol et breton.
La couleur des drapeaux
toujours outrée
me rend aveugle.
Je me veux libéré des couleurs
et de leurs frontières.

Les hommes
je les porte en moi dans mon sang
dressés les uns contre les autres en appétit.

Englués inutilisables des connaissances,
Vieillards méprisants de l’élite,
et Vous les jeunes loups la haine aux dents
réjouissez-vous !
la vermine fera de vous tous des égaux.

Et vous voici fourmis ailées lancées
à la conquête de l’espace
décrété terre des hommes !

Bravo !
la Lune était un croissant pour votre faim
mangez-la !

La Terre n’en restera pas moins un caillou
perdu dans l’univers hydrocéphale.

Infinitésimal grouillement dans l’infini
que lui veux-tu ?

Ambitieuses machinations de l’ombre
au détriment de la lumière,
dénigrements organisés,
verbiages peinturlurés du Mensonge,
équilibres de bulles de savon,
masques qui flambent d’être masques,
maladies honteuses du Bonheur,
je vous déteste, Politiques !

Je ne veux pas choisir entre vos uniformes,
vos religions utilitaires,
vos imageries combatives,
vos justices nourries de vengeances.

Dans l’absurdité des confrontations
un soldat vaut un soldat
et tous les dieux se ressemblent.

La Justice est un ciel que vous profanez.

Je ne veux pas choisir
entre le contremaître condamné par sa réussite
à n’être plus revendicateur en France
et l’ouvrier de Léningrad
qui devint commissaire du peuple en Ukraine.

Je ne veux pas choisir entre les tribus
les peuples
les langues
les façons de vivre.

La Droite, la Gauche, le Centre.

Je veux rester libre de vivre
à la lumière de mon coeur
seul s’il le faut
et les mains vides
rêvant à l’Humanité sauvée des langages.

(Pierre Béarn)

 

 

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Virevolter (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2017



Illustration: Marcel Gotène

    

Virevolter

Virevolter
Avec la roue de mes pensées
Autour du monde
Qui tourne
Sur lui-même

Ainsi les mots s’enlacent-ils
Autour d’autres mots

Un cercle infini
Dans lequel
D’autres cercles infinis
Virevoltent
Avec et
En nous

(Rose Ausländer)

 

Recueil: Pays maternel
Traduction: Edmond Verroul
Editions: Héros-Limite

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Toutes choses (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2017



 

    

Toutes choses sont créées par Dieu.
L’Amour est Son corps.
Il est sans forme, sans qualité, sans décadence.

Cherche à t’unir à Lui.
Ce Dieu indéterminé prend des milliers de formes aux yeux de ses créatures :
Il est pur et indestructible.
Sa forme est infinie et insondable.

Il danse extasié
et des vagues de formes s’élèvent de Sa danse.

Le corps et l’esprit débordent de bonheur
quand ils sont touchés par Sa joie infinie.

Il est immergé dans toute conscience,
dans toute joie, dans toute douleur.
Il n’a ni commencement ni fin.

Il tient tout dans sa Béatitude.

(Kabîr)

 

 

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En vérité (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2017



Illustration: Sabin Balasa
    
En vérité il m’est cher celui qui peut ramener à la maison le voyageur égaré.
Dans la maison est la véritable union, dans la maison est la joie de la vie;
pourquoi abandonnerais-je ma maison pour errer dans la forêt ?

Si Brahma me fait atteindre la vérité,
je trouverai dans la maison à la fois la servitude et la liberté.
Il m’est cher celui qui a le pouvoir de plonger profondément dans le Sein de Brahma,
celui dont l’esprit se perd aisément dans la contemplation.
Il m’est cher celui qui connaît Brahma
et qui peut rester en méditation sur Sa Suprême Vérité.
Il m’est cher celui qui peut jouer la mélodie de l’Infini
en unissant dans sa vie l’amour et le sacrifice.

Kabîr dit : « La maison est le séjour durable;
dans la maison est le réel; la maison nous fait atteindre Celui qui est Réalité.
Ainsi reste où tu es et toutes choses te viendront en leur temps. »

(Kabîr)

 

 

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Brefs (Max Alhau)

Posted by arbrealettres sur 19 mai 2017



 

Illustration 

    
Brefs

De l’autre côté de la forêt
le ciel prend ses quartiers,
les noms deviennent fleuves.
Ce que l’on n’aperçoit plus
existe alors de plein droit.
Le bleu atteint ta perfection
pour découvrir un paysage
restituant au corps sa part d’infini.

(Max Alhau)

 

Recueil: Présence de la Poésie
Editions: Editions des Vanneaux

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La flûte de l’Infini (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2017



La flûte de l’Infini
joue sans jamais s’arrêter
et elle chante Son amour.

Quand l’amour renonce à toute limite,
il atteint la Vérité.

Combien son parfum se répand au loin !
Il n’a pas de fin;
rien ne lui fait obstacle.

La forme de sa mélodie est brillante
comme un million de soleils.
La vina fait vibrer incomparablement
ses notes de vérité.

(Kabîr)

Illustration

 

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La taupe (Laurent Albarracin)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2017



La taupe

Elle nage dans la terre
Au contact de la mer de la terre
elle prend une teinte très douce
une couleur indéfinissable
et presque infinie si une couleur peut l’être
comme après s’être frottée longtemps
à la vieillesse des choses
à l’éternelle jeune vieillesse des choses
Elle a de la peau de chamois sur elle
elle a du chamois en elle
dont elle bondit souvent
pour plonger à l’insu de tous
en dauphin sous la montagne
Elle évolue dans la terre
ainsi qu’une patineuse enfoncée
elle brosse doucement la grande gratitude de la terre
elle repasse lentement dans tout ce chiffonné
comme une navette qui la tisse
au destin de la terre
elle y fait un tunnel d’elle
où elle est la taupe enfin
ne lâchant plus qu’une bulle de terre de loin en loin
un petit volcan démoli
toute à elle et à sa douceur désormais

(Laurent Albarracin)

 

 

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Ta lumière (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2017



 

J’ai connu en moi-même le jeu de l’Univers;
j’ai échappé à l’erreur de ce monde.

Le dedans et le dehors
sont devenus pour moi un seul ciel.

L’Infini et le fini se sont unis.
Je suis ivre de la vue du Tout.

Ta lumière emplit l’Univers;
elle est la lampe d’amour qui brûle
sur le plateau du savoir.

Kabîr dit : « Là, aucune erreur ne peut entrer
et le conflit de la vie avec la mort n’existe plus. »

(Kabîr)

Illustration: Josephine Wall 

 

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Ô Seigneur (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2017



Ô Seigneur incréé qui Te servira ?
Chaque fidèle adore le Dieu qu’il se crée;
chaque jour il en reçoit des faveurs.

Aucuns ne le cherchent Lui,
le Parfait, Brahma, l’indivisible Seigneur.

Ils croient en dix Avatars;
mais un Avatar, endurant les conséquences de ses actes,
ne peut être l’Esprit infini.
L’Un Suprême doit être autre.

Les Yogi, les Sangasi,
les Ascètes se disputent entre eux.

Kabîr dit : « Ô frère celui qui a vu le rayonnement de son amour, celui-là est sauvé. »

(Kabîr)

 

 

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Quand Il se révèle à Lui-même (Kabîr)

Posted by arbrealettres sur 19 avril 2017



Quand Il se révèle à Lui-même, Brahma découvre l’invisible.
Comme la graine est dans la plante,
comme l’ombre est dans l’arbre,
comme l’espace est dans le ciel,
comme une infinité de formes sont dans l’espace, —

Ainsi, d’au-delà de l’Infini, l’Infini vient;
et l’Infini se prolonge dans le fini.

La créature est dans Brahma et Brahma est dans la créature;
ils sont à jamais distincts et cependant à jamais unis.
Lui-même, Il est l’arbre, la graine et le germe.
Lui-même, Il est la fleur, le fruit et l’ombre.

Il est le soleil, la lumière et tout ce qui s’éclaire.
Il est Brahma, la créature et l’Illusion.
Il est la forme multiple, l’espace infini;
Il est le souffle, la parole, la pensée.
Il est le limité et l’illimité;
et, par-delà le limité et l’illimité,
Il est l’Être Pur.

Il est l’Esprit immanent dans Brahma et dans la créature.

(Kabîr)

 

 

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