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Poésie

Posts Tagged ‘infini’

LES JONQUILLES (William Wordsworth)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2021



    

LES JONQUILLES

J’errais seul comme un nuage
Flottant au-dessus des monts et des vallées,
Quand tout à coup je vis un mirage,
Une foule de jonquilles dorées;
Près du lac, sous les arbres mises
Flottant et dansant dans la brise.

Pareilles aux étoiles qui brillent
Et scintillent sur la Voie lactée,
Elles s’étendaient à l’infini
Le long des bords d’une baie :
D’un regard j’en vis dix mille
Mimant une danse enjouée.

Les vagues à côté éclatantes dansaient
Mais elles les surpassaient en joie :
Un poète ne pouvait qu’être gai
En si belle compagnie !
Je les regardais, les regardais, mais loin de moi
La conscience de leur riche profit;

Car souvent, quand sur mon lit je couche
L’esprit libre ou pensif,
Dans mon for intérieur soudain elles me touchent
Bonheur solitaire natif;
Et mon cœur de plaisir s’emplit comme une quille
Et danse avec les jonquilles.

***

THE DAFFODILS

I wander’d lonely as a cloud
That floats on high o’er vales and hills,
When all at once I saw a crowd,
A host of golden daffodils,
Beside the lake, beneath the trees
Fluttering and dancing in the breeze.

Continuous as the stars that shine
And twinkle on the milky way,
They stretch’d in never-ending line
Along the margin of a bay:
Ten thousand saw I at a glance
Tossing their heads in sprightly dance.

The waves beside them danced, but they
Out-did the sparkling waves in glee:
A poet could not but be gay
In such a jocund company!
I gazed — and gazed — but little though
What wealth the show to me had brought.

For oft, when on my couch I lie
In vacant or in pensive mood,
They flash upon that inward eye
Which is the bliss of solitude;
And then my heart with pleasure fills
And dances with the daffodils.

(William Wordsworth)

Recueil: Petite anthologie Poésie européenne
Traduction:
Editions: Singulières

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Vient la nuit (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2021



Maintenant vient
La nuit, mais laquelle?
L’intérieur d’un fruit
Ou le vide infini?

(Guillevic)


Illustration

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Accouplement (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2021



Accouplement

Dans un spasme d’herbe et de pierre
La terre et le soleil s’accouplent
Sur le lit de l’horizon
Au rythme infini des saisons
Et le blé encore vert garde en réserve
Une semence de rêves clairs.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Vincent Van Gogh

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MA VIE (Henri Michaux)

Posted by arbrealettres sur 9 avril 2021



 

Gurbuz Dogan Eksioglu  (20)

MA VIE

Tu t’en vas sans moi, ma vie.
Tu roules,
Et moi j’attends encore de faire un pas.
Tu portes ailleurs la bataille.
Tu me désertes ainsi.
Je ne t’ai jamais suivie.

Je ne vois pas clair dans tes offres.
Le petit peu que je veux, jamais tu ne l’apportes.
A cause de ce manque, j’aspire à tant.
A tant de choses, à presque l’infini…
A cause de ce peu qui manque, que jamais tu n’apportes.

(Henri Michaux)

Illustration: Gurbuz Dogan Eksioglu

 

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Je respire où tu palpites (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021



Je respire où tu palpites

Je respire où tu palpites,
Tu sais ; à quoi bon, hélas !
Rester là si tu me quittes,
Et vivre si tu t’en vas ?

A quoi bon vivre, étant l’ombre
De cet ange qui s’enfuit ?
A quoi bon, sous le ciel sombre,
N’être plus que de la nuit ?

Je suis la fleur des murailles
Dont avril est le seul bien.
Il suffit que tu t’en ailles
Pour qu’il ne reste plus rien.

Tu m’entoures d’Auréoles;
Te voir est mon seul souci.
Il suffit que tu t’envoles
Pour que je m’envole aussi.

Si tu pars, mon front se penche ;
Mon âme au ciel, son berceau,
Fuira, dans ta main blanche
Tu tiens ce sauvage oiseau.

Que veux-tu que je devienne
Si je n’entends plus ton pas ?
Est-ce ta vie ou la mienne
Qui s’en va ? Je ne sais pas.

Quand mon orage succombe,
J’en reprends dans ton coeur pur ;
Je suis comme la colombe
Qui vient boire au lac d’azur.

L’amour fait comprendre à l’âme
L’univers, salubre et béni ;
Et cette petite flamme
Seule éclaire l’infini

Sans toi, toute la nature
N’est plus qu’un cachot fermé,
Où je vais à l’aventure,
Pâle et n’étant plus aimé.

Sans toi, tout s’effeuille et tombe ;
L’ombre emplit mon noir sourcil ;
Une fête est une tombe,
La patrie est un exil.

Je t’implore et réclame ;
Ne fuis pas loin de mes maux,
O fauvette de mon âme
Qui chantes dans mes rameaux !

De quoi puis-je avoir envie,
De quoi puis-je avoir effroi,
Que ferai-je de la vie
Si tu n’es plus près de moi ?

Tu portes dans la lumière,
Tu portes dans les buissons,
Sur une aile ma prière,
Et sur l’autre mes chansons.

Que dirai-je aux champs que voile
L’inconsolable douleur ?
Que ferai-je de l’étoile ?
Que ferai-je de la fleur ?

Que dirai-je au bois morose
Qu’illuminait ta douceur ?
Que répondrai-je à la rose
Disant :  » Où donc est ma soeur ? »

J’en mourrai ; fuis, si tu l’oses.
A quoi bon, jours révolus !
Regarder toutes ces choses
Qu’elle ne regarde plus ?

Que ferai-je de la lyre,
De la vertu, du destin ?
Hélas ! et, sans ton sourire,
Que ferai-je du matin ?

Que ferai-je, seul, farouche,
Sans toi, du jour et des cieux,
De mes baisers sans ta bouche,
Et de mes pleurs sans tes yeux !

(Victor Hugo)

Illustration:Edvard Munch

 

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Omniprésence (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2021




    
Omniprésence

Il est en moi, autour de moi, faisant face de tous côtés.
Emmuré dans l’ego pour exclure Son droit
je me tiens sur ses bornes et plonge mon regard
jusqu’aux frontières de l’Infini.

Chaque chose finie que je vois est une façade ;
de ses fenêtres m’observe l’Illimitable.
En vain d’un corps séparé fut faite ma prison ;
Sa présence occulte brûle en chaque cellule.

Il est devenu ma substance et mon souffle,
Il est mon angoisse et mon extase,
ma naissance est le signe de Son éternité,
ma mort un passage vers Son immortalité.

Mes abîmes muets sont Sa secrète demeure ;
dans la chambre de mon coeur vit le Dieu inadoré.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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Les enfants lisent (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2021



 

classe 199

Les enfants lisent, troupe blonde ;
Ils épellent, je les entends ;
Et le maître d’école gronde
Dans la lumière du printemps

J’aperçois l’école entrouverte ;
Et je rôde au bord des marais ;
Toute la grande saison verte
Frissonne au loin dans les forêts.

Tout rit, tout chante ; c’est la fête
De l’infini que nous voyons ;
La beauté des fleurs semble faite
Avec la candeur des rayons.

J’épelle aussi moi ; je me penche
Sur l’immense livre joyeux ;
O champs, quel vers que la pervenche !
Quelle strophe que l’aigle, ô cieux !

Mais, mystère ! rien n’est sans tache.
Rien ! — Qui peut dire par quels noeuds
La végétation rattache
Le lys chaste au chardon hargneux ?

Tandis que là-bas siffle un merle,
La sarcelle, des roseaux plats,
Sort, ayant au bec une perle ;
Cette perle agonise, hélas !

C’est le poisson qui, tout à l’heure,
Poursuivait l’aragne, courant
Sur sa bleue et vague demeure,
Sinistre monde transparent.

Un coup de fusil dans la haie,
Abois d’un chien ; c’est le chasseur.
Et, pensif, je sens une plaie
Parmi toute cette douceur.

Et, sous l’herbe pressant la fange,
Triste passant de ce beau lieu,
Je songe au mal, énigme étrange,
Faute d’orthographe de Dieu.

(Victor Hugo)

 

 

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DE LA FEMME AU CIEL (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 25 mars 2021



 

Oleg Korolev  sun_s_10 [1280x768]

DE LA FEMME AU CIEL

L’âme a des étapes profondes.
On se laisse d’abord charmer,
Puis convaincre. Ce sont deux mondes.
Comprendre est au-delà d’aimer.

Aimer, comprendre : c’est le faîte.
Le Coeur, cet oiseau du vallon,
Sur le premier degré s’arrête ;
L’Esprit vole à l’autre échelon.

A l’amant succède l’archange ;
Le baiser, puis le firmament ;
Le point d’obscurité se change
En un point de rayonnement.

Mets de l’amour sur cette terre
Dans les vains brins d’herbe flottants.
Cette herbe devient, ô mystère !
Le nid sombre au fond du printemps.

Ajoute, en écartant son voile,
De la lumière au nid béni.
Et le nid deviendra l’étoile
Dans la forêt de l’infini.

(Victor Hugo)

Illustration: Oleg Korolev

 

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L’amandier sous la lune (Claude Vigée)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2021




    
L’amandier sous la lune

La semence nocturne a mûri dans ma tête,
dans mon nom j’ai scellé l’inconnu sans visage.
Croyant saisir le fruit, l’insecte, l’arc-en-ciel,
et sucer dans le roc l’huile vierge ou le miel,
j’ai glissé vers la nuit sur le miroir des sons :
l’écureuil encagé tourne seul sur sa roue,
au fond du puits rit le silence
où l’abîme s’ébroue.

Sur l’infime épaisseur des mots nous patinons
à reculons depuis l’enfance;
nous chantons, nous dansons
vers l’infini sans regard et sans nom.
A peine un éclair sur la glace,
dans une poésie est inscrite la trace
de l’oiseau qui raya la fragile surface.

***

(Claude Vigée)

Recueil: Anthologie
Traduction: Traduit en langue corénne par Madame Holl Han Kaa
Editions: Revue Arts et Littérature de Corée

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OBSTACLE AILÉ (Gueorgui Konstantinov)

Posted by arbrealettres sur 20 mars 2021




    
Poem in French, Dutch, Spanish, English, Italian, German, Portuguese, Sicilian, Romanian, Polish, Greek, Chinese, Arab, Hindi, Japanese, Farsi, Bulgarian, Icelandic, Russian, Filipino, Hebrew, Kurdish, Bangla, Irish, Serbian, Macedonian, Armenian

Poem of the Week Ithaca 674 « Titel », GUEORGUI KONSTANTINOV, Bulgaria 1943

– All translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

OBSTACLE AILÉ

La liberté s’envole
sur les ailes de l’automne –
au-delà de l’horizon,
très loin vers le sud…
La chaîne de montagnes
pèse lourd à mes yeux.
Un nuage neigeux
glisse tel un rideau de fumée …
Je ne crains pas la solitude glacée.
Je n’envie pas l’infini
du vol de l’oiseau.
Car même l’oiseau n’est pas libre –
l’essaim est son frein.

(Gueorgui Konstantinov)

Traduction Elisabeth Gerlache

***

GEVLEUGELDE KLUISTER

De vrijheid vliegt weg
op de vleugels van de herfst ─
voorbij de horizon,
ver weg naar het zuiden …
De bergketen
blijft zwaar in mijn ogen wegen.
Een sneeuwachtige wolk
glijdt als een rookgordijn neer …
Ik vrees de koude eenzaamheid niet.
Ik benijd de oneindigheid niet
van de vogel zijn vlucht.
Want zelfs de vogel is niet vrij ─
de zwerm is zijn kluister.

Vertaling Lujdmila Kolechkova – Germain Droogenbroodt

***

ALADO SOMETIMIENTO

La libertad vuela
sobre las alas de otoño ─
más allá del horizonte,
lejos, hacia el sur…
La cordillera
sigue pesando en mis ojos.
La nube nívea
desciende como una cortina de humo…
No temo la fría soledad.
Ni envidio la infinidad
del vuelo del pájaro.
Tampoco el pájaro es libre ─
la bandada es su sometimiento.

Traducción Rafael Carcelén

***

WINGED BONDAGE

Freedom flies away
On autumn wings—
Beyond the horizon,
Far away to the south …
The mountain range
Weighs heavily on my eyes.
The snowy cloud
Glides downward like a smoke screen …
I do not fear the cold loneliness.
I do not envy the infinity
Of the bird’s flight.
Even the bird is not free—
The flock is its bondage.

Translated by Lujdmila Kolechkova – Stanley Barkan

***

Schiavitù alata

La libertà vola via
sulle ali dell’autunno –
oltre l’orizzonte,
lontano, verso sud…
La catena montuosa
continua a gravare nei miei occhi.
Nuvole cariche di neve
scivolano in basso come uno schermo di fumo …
Non temo la fredda solitudine.
Non ho invidia per l’infinito
volare degli uccelli.
Anche l’uccello non è libero –
Lo stormo è la sua schiavitù.

Traduzione di Luca Benassi

***

GEFLÜGELTE FESSEL

Die Freiheit fliegt
auf herbstlichen Flügeln davon ─
über den Horizont hinaus,
weit weg in den Süden…
Die Bergkette
wiegt schwer in meinen Augen.
Die schneebeladene Wolke
gleitet herab wie ein Rauchvorhang …
Ich fürchte die kalte Einsamkeit nicht.
Ich beneide die Unendlichkeit
des Vogelflugs nicht.
Denn selbst der Vogel ist nicht frei ─
der Schwarm ist seine Fessel.

Übersetzung Wolfgang Klinck

***

SUBMISSÃO ALADA

A liberdade voa
nas asas do Outono ─
para além do horizonte,
para longe, para o Sul…
A cadeia de montanhas
pesa longamente nos meus olhos.
A nuvem de neve
desliza como uma cortina de fumo…
Não temo a solidão fria.
Não invejo a infinitude
do voo do pássaro.
Nem o pássaro é livre ─
No bando, está a sua submissão.

Tradução portuguesa – Maria do Sameiro Barroso

***

ALATA SCHIAVITUTINI

La libbirtà s’abbula
Cu ali d’autunnu–
Oltri l’orizzonti,
Luntanu, versu sud…
La catina di muntagni
Mi pisa assai supra di l’occhi
Li nevuli annivati
Calanu lentamenti comu na curtina di fumu

Jo non mi scantu di la fridda solitutini.
Non ci mmidiu l’infinità
Di lu volu a l’aceddi.
Puru l’aceddu non è libbiru—
Lu sbardu è la so schiavitutini.

Traduzioni in sicilianu di Gaetano Cipolla

***

ROBIE ÎNARIPATĂ

Se duce libertatea în zbor
Pe aripi autumnale –
Trece de orizont,
Departe înspre sud.
Lanțul montan
Îmi atârnă greu în ochi.
Norul înzăpezit
Alunecă în adânc, un paravan de fum…
Nu mă înspăimântă însingurarea rece.
Nu invidiez nemărginirea
Din zborul păsării.
Nici libertatea ei nu e deplină –
O ține stolul în robie strânsă.

Traducere: Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

SKRZYDLATE ZNIEWOLENIE

Wolność odlatuje
na jesieni skrzydłach –
gdzieś ku morzu,
gdzieś na południe.
A górski łańcuch
przytłacza
moje oczy.
I chmura śniegu
Opada jak dymna kurtyna…
Nie lękam się zimowej samotności.
I nie zazdroszczę bezkresu
ptasiego lotu.
Nawet ptak nie jest wolny –
Stado jest jego zniewoleniem.

Przekład na polski: Mirosław Grudzień — Małgorzata Żurecka
Translation into Polish by Mirosław Grudzień — Małgorzata Żurecka

***

ΚΛΟΥΒΙ ΜΕ ΦΤΕΡΑ

Ελευθερία που πετά μακριά
στα φτερά του φθινοπώρου
πέρα απ’ τον ορίζοντα
μακριά κάπου στο νότο
βουνοσειρά που διατηρεί το βάρος
πάνω απ’ τα μάτια μου.
Σύνεφο γεμάτο χιόνι
κυλά σαν καπνισμένος καθρέφτης
η παγωμένη μοναξιά δεν με φοβίζει
μα δεν ζηλεύω το ατέλειωτο των πουλιών ταξίδι
ακόμα και το πουλί έχει
το κουβί του που λέγεται κοπάδι

Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη
Translation into Greek by Manolis Aligizakis

***

有翅膀的束缚

自由在秋天的
翅膀上飞走了——
飞出了地平线,
飞到遥远的南方……
崇山峻岭
在我眼里持续沉重。
那雪云
像一幕烟滑下来……
我不怕这冷孤独。
我不羡慕那鸟儿
飞翔的无限。
即使鸟儿也不自由——
集群是它的束缚。

英 译:卢杰德米拉·科列奇科娃
汉 译: 中 国 周道模 2021-3-10
Translation into Chinese by William Zhou

***

عبودية مجنحة

تحلق الحرية بعيدا
على أجنحة الخريف
فيما وراء الأفق،
بعيدا نحو الجنوب…
صوب سلسلة الجبال
فمازالت كبيرة في نظري.
تنسدل غيمة الثلج كسحابة دخان
لا أخاف البرد في وحدتي.
ولا أحسد الطيور لأنها
تحلق في فضاء لا متناه.
فحتى الطائر ليس حرا-
ورباط السرب قيده أبداً.

ترجمته عن الإنجليزية سارة سليم
Translation into Arab by Sarah Slim

***

पंखों वाला दासता

स्वतंत्रता उड़ जाती है
शरद ऋतु के पंखों पर –
क्षितिज के पार,
दूर दक्षिण में …
पर्वत श्रृंखला

मेरी आंखों में भारी वजन रखता है।

बर्फीला बादल
स्क्रीन की तरह नीचे की ओर…

एक धुआँ

मुझे ठंड के अकेलेपन का डर नहीं है।
मैं अनंत से ईर्ष्या नहीं करता
चिड़िया की उड़ान से।
यहां तक कि पक्षी भी मुक्त नहीं है –
झुंड इसका बंधन है।

इथाका -674 के ज्योतिर्मय ठाकुर द्वारा हिंदी अनुवाद l
Hindi Translation by Jyotirmaya Thakur

***

翼のある束縛

自由は秋の翼に乗って飛び去る
地平線を越えて
遠く南の彼方へ
山々の連なりは
わたしの目に重く
雪のような白い雲は
煙幕のように滑り落ちる
寒々とした孤独をわたしは恐れない
いつまでも飛ぶことのできる鳥を羨まない
鳥でさえ自由ではないのだ
群は束縛である

Translation into Japanese by Manabu Kitawaki

***

اسارت بالها

آزادى پرواز مى‌کند
روی بالهای پاییز
ماوراء افق،
به سوى دور دست‌های جنوب..
رشته کوه
وزنش روی چشمانم سنگینی می‌کند.
ابر برفی
مانند صفحه‌یی دودی به سمت پایین سُر مى‌خورَد.
من تنهایی سرد نمی‌ترسم.
وبه جاودانگی‌ پرواز
پرنده حسادت نمی‌کنم.
حتی پرنده آزاد نیست
گله ی پرندگان اسارتش‌ست.

گیورگی کنستانتینو، بلغارستان، ۱۹۴۳
ترجمه: سپیده زمانی
Translation into Farsi by Sepideh Zamani

***

КРИЛАТО РОБСТВО

Свободата отлита
на есенни криле –
някъде към морето,
някъде на юг.
А планинската верига
остава да тежи
в очите ми.
И снежен облак се спуска –
като димна завеса …
Не се страхувам
от зимната самота.
И не ревнувам
безкрая на птичия полет.
Даже птицата не е свободна.
Ятото
е нейното робство.

GUEORGUI KONSTANTINOV

***

VÆNGJUÐ ÁNAUÐ

Frelsið flýgur burt
á haustvængjum –
út yfir sjónbaug,
óraveg til suðurs…
Fjallgarðurinn
vegur enn þungt í augum mínum.
Snjóskýið
sígur eins og reyktjald…
Ég óttast ekki kalda einsemd.
Ég þrái ekki eilífðina
í flugi fuglsins.
Ekki einu sinni fuglinn er frjáls –
flokkurinn er hans ánauð.

Þór Stefánsson þýddi samkvæmt enskri þýðingu Lujdmilu Kolechkovu
Translation into Icelandic by Þór Stefánsson

***

КРЫЛАТАЯ ТЮРЬМА

Свобода улетает далеко –
на крыльях осени
за горизонт
на юг…
Горные пики
мне отяжеляют глаз.
Снежная туча

проскользнула мимо, распыляя дым…
Безжизненного одиночества я не боюсь.
Но не завидую и бесконечности

полета птиц.

И птица тоже несвободна –
Ведь ее стая – и ее тюрьма.

Перевод на русский язык Дарьи Мишуевой
Translation into Russian by Daria Mishueva

***

ALIPING MAY PAKPAK

Kalayaan ay lumilipad
Sa pakpak ng taglagas –
Lampas sa naabot ng tanaw,
Malayo sa katimugan…
Ang saklaw ng bundok

Patuloy na nagpapabigat sa aking mga mata

Ang malaniyebeng ulap
Nagpapadulas pababa tulad ng malausok na tabing…
Hindi ko kinatatakutan ang malamig na mapag-isa
Hindi ko kinaiingitan ang kawalang hanggang

paglipad ng mga ibon.

Kahit na ang mga ibon ay hindi malaya-
ang kawan ang umaalipin sa mga ito.

Translation into Filipino by Eden Soriano Trinidad

***

שעבוד של כנפיים / גיאורגי קונסטנטינוב

הַחֹפֶשׁעָףהַרְחֵק
עַלכַּנְפֵיהַסְּתָו–
מֵעֵבֶרלָאֹפֶק,
הַרְחֵקהַרְחֵקאֶלהַדָּרוֹם…
רֶכֶסהֶהָרִים
מַמְשִׁיךְלְהַכְבִּידבְּתוֹךְעֵינַי.
הֶעָנָןהַמֻּשְׁלָג
גּוֹלֵשׁמַטָּהכְּמוֹמָסַךְעָשָׁן…
אֵינֶנִּיפּוֹחֵדמֵהַבְּדִידוּתהַקָּרָה.
אֵינֶנִּימְקַנֵּאבָּאֵינְסוֹפִיּוּת
שֶׁלמְעוֹףהַצִּפּוֹר.
אֲפִלּוּהַצִּפּוֹראֵינֶנָּהּחָפְשִׁיָּה–
הַלַּהֲקָההִיאשִׁעְבּוּדָהּ.

Translation into Hebrew by Dorit Weisman

***

MERBENDÊN BASKANÎ

Serbestî li ser
baskên payîzê di paş
asoyê re difire,
dûr berv başûrê…
Rêzên çiyan
li ber çehvên min giran dibin.
Ewrên bi berfê barkirî
jordanî dadikevin wek perdeyeke temanî…
Ez ji sariya tenêtiyê natirsim.
Ez dexsê bi nedawiya
firîna balindeyan nakim.
Her balinde bi xwe jî ne serbest e –
ref merbenda wî ye.

Translation into Kurdish by Hussein Habasch

***

ডানাময় বন্ধন

স্বাধীনতাউড়েযায়
শরৎ এর ডানায়-
দিগন্তের বহুপরে,
অনেকদূরহতে দক্ষিণায়নেরপথে…
পর্বতমালা
আমারনয়নযেভারিহয়েআসে ।
তুষারচ্ছন্ন মেঘোমালা
ধোয়াআবৃতচিত্রেরমতধীরেডানাময় বন্ধননিচেভেসেযায় …
আমিমেঘমালারএকাকীত্বকেভয়পাইনা।
আমিচিরন্তনকেকরিনাঈর্ষা
পাখিরউড়েযাওয়া ।
তবুসেতোনয়মুক্ত-

Translation into Bangla by Shagufta Tabassum Tahmina

***

DAOIRSE na nÉAN

Éalaíonn an tsaoirse
Ar sciatháin an fhómhair –
Thar imeall na spéire,
I bhfad ó dheas…
Luíonn a híomhá
Go trom ar mo shúil.
Anuas amhail brat deataigh
Sleamhnaíonn néal bán…
Ach níl faitíos orm roimh an gcumha.
Nílim in éad le saoirse
Na n-éan;
Ní hionann saoirse is eitilt –
Nach daoirse freisin a n-ealta?

Rua Breathnach a d’aistrigh go Gaeilge
Translation into Irish by Rua Breathnach

***

DUBINE VREMENA

Kada sunce otera noć
i crta novi dan tamom I svetlom,
ono pokušava da odgonetne znake
što oblaci slikaju na nebu

I kad noć
zatvori umorne oči danu
I osvetli zvezde,
razmišlja o tome šta to dođe
i šta nestade
u dubine vremena.

Са енглеског превела С. Пиксиадес
Translation into Serbian by S. Piksiades

***

КРИЛАТО ЗАЛОЖНИШТВО

Слободата одлетува
На крилјата на есента –
Над хоризонтот,
Далеку од тука, на југ…
Планинскиот венец
Продолжува да тежи во моите очи.
Снежниот облак
Се лизга надолу како димна завеса…
Не се плашам од студената осаменост.
Не ѝ завидувам на бесконечноста
на летот на птицата.
Дури и птицата не е слободна –
Јатото е нејзино заложништво.

Превод од англиски: Даниела Андоновска-Трајковска
Translation from English: Daniela Andonovska-Trajkovska

***

Թևավորստրկություն

Թռչնիթևերով
Հորիզոնիցանդին
Ազատությունըթռչում է դեպիհեռուհարավ…
Լեռնաշղթանծանրանում է աչքերիսվրա
Սահումէներքևամպը ձնառատ,
ինչպեսծխապատէկրան…
Չեմ վախենում սառը մենությունից,
Չեմ նախանձում անսահմանությանը
թռչնի թռիչքի,
Անգամ թռչունն ազատ չէ.
երամը ստրկությունն է նրա:

Translation into Armenian by Armenuhi Sisyan

(Gueorgui Konstantinov)

 

Recueil: Ithaca 674
Editions: POINT
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