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Poésie

Posts Tagged ‘infinité’

Celui qui voit le moment présent (Marc Aurèle)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2019



Celui qui voit le moment présent
voit tout ce qui s’est produit de toute éternité
et ce qui se produira dans l’infinité du temps.

(Marc Aurèle)

 

 

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Certaine flamme sous le silence du vivant (Annie Salager)

Posted by arbrealettres sur 18 février 2019




    
Certaine flamme sous le silence du vivant est-elle amour
est-elle une inconnue réplique de l’énergie noire
à des millions d’années-lumière de toi mêlée
de galaxies, de tourbillons de feu
dans le bouillonnement de
leurs cratères et leurs
amas de glace, leurs
pluies de métaux
en fusion,
nulle
part
et
partout,
des univers comme
la même flamme en toi
d’étoiles surgies d’ombres
autour d’infinités neuronales,
écoutes-tu l’amour qui te crée au
silence du vivant, en son hasard au cycle
du vivant, écoutes-tu le rien d’amour que tu
inventes, ta création du rien en peuple d’astres que
tu es, écoute et danse pour un instant de vie son feu de ciel

(Annie Salager)

 

Recueil: La Mémoire et l’Archet
Traduction:
Editions: La rumeur libre

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Dieu (Baruch Spinoza)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2018




    
Par Dieu, j’entends un étant absolument infini,
c’est-à-dire une substance consistant en une infinité d’attributs,
dont chacun exprime une essence éternelle et infinie.

(Baruch Spinoza)

 

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Féminine (Eric Mercier)

Posted by arbrealettres sur 20 mai 2018


beauté

Beauté satine, yeux d’opaline
au cœur câline, caresse coquine.

Beauté marine, sirène malouine
marée mesquine sur ton corps dessine.

Beauté champêtre, liane de l’être
de naturel disparaître, en ton âtre brûle ton hêtre.

Beauté sablée, oasienne endiablée
amour désaltéré, comme vent, légèreté.

Beauté cité, soie rouge et maquillée
bord de ta vie, extrémité, artificielle et tamisée.

Femmes aimées, femmes oubliées,
femmes d’amour et d’amitié,
Souvenirs de vous, infinité !!!

(Eric Mercier)

Textes de Prisonniers: lecercledespoetesdetenus

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Quels sentiments s’emparent de toi (Carl Gustav Carus)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2018



Illustration: David Caspar Friedrich
    
Quels sentiments s’emparent de toi
lorsque gravissant le sommet des montagnes,
tu contemples de là-haut la longue suite des collines,
le cours des fleuves et le spectacle glorieux qui s’ouvre devant toi ?

— tu te recueilles dans le silence,
tu te perds toi-même dans l’infinité de l’espace,
tu sens le calme limpide et la pureté envahir ton être,
tu oublies ton moi.

Tu n’es rien,
Dieu est tout.

(Carl Gustav Carus)

 

Recueil: Neuf Lettres sur la peinture de paysage
Traduction:
Editions:

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Retouche à l’attente (Daniel Boulanger)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2017



Illustration: Léon Spilliaert
    
retouche à l’attente

même le jour est pâle
défunte au bout de la jetée
attend du vent quelque mirobolée
l’orage est sur ses grands chevaux
l’ordre viendra d’en haut

on croirait à l’infinité fondamentale

(Daniel Boulanger)

 

Recueil: L’esplanade
Editions: Grasset

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L’INTIME SOUDAIN (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2017



Illustration: Xing Jianjian 
    

L’INTIME SOUDAIN

c’est au noir de soi-même
un très lent sommeil

la présence se rassemble
en traces d’incendie

s’éparpille la terre
poudroie le froid du monde

nous sommes les gardiens de l’exténuement

comme si tu retirais
le monde du monde
pour une éclaircie qui traverse tout

pacte des plus grands arrachements

territoire de la grâce
au passage blanc du vivant

une infinité de visages rompus
se pose au bord du monde

parole noyée entre deux lointains
l’intime soudain

la très haute langue d’insomnie

(Zéno Bianu)

 

Recueil: Infiniment proche
Editions: Gallimard

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Il y a un charme, par exemple, dans chaque coquillage (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2017



Les murs ne tombent pas
[4]

Il y a un charme, par exemple,
dans chaque coquillage :

continue, la poussée marine
n’a aucune prise sur le corail,

os, pierre, marbre
taillés du dedans par cet artisan,

le coquillage :
huître, palourde, mollusque

est maître-maçon concevant
la merveille de pierre :

pourtant cet ermite flasque, amorphe
en dedans, comme la planète

ressent le fini,
il limite l’orbite

de son être, sa maison,
temple, fanum, lieu saint :

il déverrouille les portails
à intervalles fixes :

poussé par la faim,
il s’ouvre au flot de la marée :

mais l’infinité ? non,
de rien-de-trop :

je sens ma propre limite,
mes dents de nacre se referment

devant l’invasion du poids
illimité de l’océan ; l’eau infinie

ne peut me briser, oeuf en coquille ;
cercle fermé, complet,

immortel, je connais la force brutale
de la marée, de l’étale

tout autant que la lune ;
l’obscurité de pieuvre

est impuissante devant
sa froide immortalité ;

ainsi je sais à ma façon
que la baleine

ne peut me digérer:
sois ferme dans ta petite orbite statique,

limitée, et les dents de requin
des circonstances externes

te recracheront :
sois indigeste, dure, résistante,

pour que, vivant au- dedans,
tu engendres, soi-hors-du-soi,

altruiste,
cette perle-de-grand-prix.

***

There is a spell, for instance,
in every sea-shell:

continuous, the sea thrust
is powerless against coral,

bone, stone, marble
hewn from within by that craftsman,

the shell-fish:
oyster, clam, mollusc

is master-mason planning
the stone marvel:

yet that flabby, amorphous hermit
within, like the planet

senses the finite,
it limits its orbit

of being, its house,
temple, fane, shrine:

it unlocks the portals
at stated intervals:

prompted by hunger,
it opens to the tide-flow:

but infinity? no,
of nothing-too-much:

I sense my own limit,
my shell jaws snap shut

at invasion of the limitless,
ocean-weight; infinite water

can not crack me, egg in egg-shell;
closed in, complete, immortal

full-circle, I know the pull
of the tide, the lull

as well as the moon;
the octopus-darkness

is powerless against
her cold immortality;

so I in my own way know
that the whale

can not digest me:
be firm in your own small, static, limited

orbit and the shark jaws
of outer circumstance

will spit you forth:
be indigestible, hard, ungiving,

so that, living within,
you beget, self-out-of-self,

selfless,
that pearl-of-great-price.

(Hilda Doolittle)

Illustration: Vladimir Kush

 

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DE BAISERS IL NOUS FAUT… (René Le Pays)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2017



Illustration: Antoine Picard
    
DE BAISERS IL NOUS FAUT…

De baisers il nous faut combattre.
Donne, et prends-en deux, trois et quatre ;
Longs, chauds, humides, savoureux ;
Et puis mille autres file à file.
Tous également amoureux.

Mais plutôt brouillons-les sans compte :
Notre amour rougirait de honte
Si leur nombre était limité ;
Que leur profusion les cache,
Et que jamais on ne les sache
Que par le mot d’infinité.

(René Le Pays)

 

Recueil: Poètes du Baiser
Editions: Société des Éditions LOUIS-MICHAUD

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Je rêvais de toucher la tristesse du monde (Georges Bataille)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2017



 

Fidel Garcia  (12) [1280x768]

Je rêvais de toucher la tristesse du monde
au bord désenchanté d’un étrange marais
je rêvais d’une eau lourde où je retrouverais
les chemins égarés de ta bouche profonde

j’ai senti dans mes mains un animal immonde
échappé à la nuit d’une affreuse forêt
et je vis que c’était le mal dont tu mourais
que j’appelle en riant la tristesse du monde

une lumière folle un éclat de tonnerre
un rire libérant ta longue nudité
une immense splendeur enfin m’illuminèrent

et je vis ta douleur comme une charité
rayonnant dans la nuit la longue forme claire
et le cri de tombeau de ton infinité.

(Georges Bataille)

Illustration: Fidel Garcia

 

 

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