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LE CHEVALIER À L’ARMURE ÉTINCELANTE (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 17 avril 2019



Illustration: Jérôme Royer
    
LE CHEVALIER À L’ARMURE ÉTINCELANTE

Vieil homme vieil homme
arbre à la dure écorce
de quels bourgeons es-tu capable encore ?

Est-ce que soudain tu recommences ?
Est-ce bien toi qui regardes qui entends?
Où vas-tu, mon chemin ?
Je ne te voyais plus dans la forêt
Un éclair, mille éclairs
percent l’ombre et m’illuminent

Qui a vécu vivra
Un reflet perdu
Une voix chante et s’éloigne

Pour un rayon pour un regard pour un visage
j’adore ton retour sans fin
O vie interrompue
toujours reprise

De ce torrent source cachée
je détourne le cours
jusqu’à l’infinitude
au-delà de la mort.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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POÈME POUR LA PAUVRETÉ (Anne Perrier)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2017



POÈME POUR LA PAUVRETÉ

Pauvreté mon unique
Mes mains lentement te découvrent
Sous la neige oblique
Tu as le visage de l’amour
Ah ! c’était donc cela
Tant de violence dans mon coeur
Ce vent sauvage sur mes pas
Et tous ces coups de poignante douceur
Une voix dans la nuit me répète
Que la tendresse a faim
Que la miséricorde est nue
Et je viens
Comme un fantôme une ombre perdue
Dans les ombres muettes
Qui suis-je pour t’aimer
Ta lumière me tue
Ta gloire me brise ta beauté
Me déchire la vue
Mais je viens au-devant
De ton coeur mendiant
Irai-je jamais plus loin
Ô douloureuse infinitude
Du rien
Dans le temps qui s’éteint
Le soleil noir de la solitude

Laisse-moi voir dans la fontaine
Au moins l’ombre d’une ombre humaine
Laisse-moi toucher l’endroit
Fraternel d’une voix
Rien ne bouge
Ma propre voix s’est tue
Lequel parlait de roses rouges
À pleines mains nues

Ah t’aurais-je appelée
De ma terre éblouie
T’aurais-je suivie
Si tu m’avais dévoilé
Tes abîmes ? Mon coeur défaille
Mais l’ombre devient transparente
Derrière ces murailles
L’éternité chante

Conduis-moi dans l’hiver
Une dernière fois
Ô le silence la joie
Mer à mer
Le monde se recoud
Les routes disparues
Plus rien que l’immense étendue
De l’amour

(Anne Perrier)

Illustration: Fabienne Contat

 

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