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Poésie

Posts Tagged ‘infortune’

LE PRISONNIER (Norge)

Posted by arbrealettres sur 15 août 2018



LE PRISONNIER

Les idées de Victor étaient comme des briques :
égales, pesantes, aux arêtes vives.
Il se mit à l’ouvrage et bâtit une tour superbe.
Mais la porte fut oubliée.
L’infortuné Victor enfermé par ses briques,
ne trouva plus d’issue
et périt lentement dans sa prison d’idées.

(Norge)

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Les Animaux (Walt Whitman)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018


 

Les Animaux

Ils ne s’échinent pas, ils ne geignent pas sur leurs sort,
Il ne restent pas éveillés dans les ténèbres à pleurer sur leurs péchés.
Ils ne ressassent pas leurs devoirs envers Dieu,
Pas un seul n’est mécontent, pas un seul n’est rendu fou par la manie de posséder,
Pas un seul ne ploie le genou devant un autre, ni devant un de ses pareils qui vivait
il y a des milliers d’années.
Pas un seul ne mène une vie respectable, pas un seul n’étale son infortune sur toute
la surface de la terre.

(Walt Whitman)

 

 

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Shabbat (Claudine Helft)

Posted by arbrealettres sur 29 juillet 2018




    
Shabbat

Shabbat en nappe blanche, blanches les bougies
et l’enfant sage et ignorant. Une histoire d’amour
et de pardon sur l’étendue d’un ciel, où Dieu ne
répond pas ; tout grand amour est silencieux.
Dialogue de mémoires et rupture ; l’homme
raconte sa joie son infortune, Dieu l’écoute
Dieu l’aime et n’ a pas de solution ; Il éclaire.

(Claudine Helft)

 

Recueil: Une indécente éternité
Traduction:
Editions: De la Différence

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AUX SONS D’UNE MUSIQUE (Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz)

Posted by arbrealettres sur 27 juin 2018



 

Aux sons d’une musique endormie et molle
Comme le glouglou des marais de la lune,
Enfant au sang d’été, à la bouche de prune Mûre ;

Aux sons de miel de tes chevrotantes paroles
Ici, dans l’ombre humide et chaude du vieux mur
Que s’endorme la bête paresseuse Infortune.

Aux sons de ta chanson de harpe rouillée,
Tiède fille qui luis comme une pomme mouillée,
— (Ma tête est si lourde d’éternité vide,
Les mouches d’or font un bruit doux et stupide
Qui prennent tes grands yeux de vache pour des fenêtres),
Aux sons de ta dormante et rousse voix d’été.
Fais que je rêve à ce qui aurait pu être
Et n’a pas été…

Quels beaux yeux de n’importe quel animal tu as,
Blanche fille de juin, grande dormeuse !
Mon âme, mon âme est pluvieuse.
D’être et de n’être pas je suis tout las.

Tandis que ta voix d’eau coule comme du sable
Que je m’endorme loin de tout et loin de moi
Entre les trois bouteilles vides sous la table.

— Noyé voluptueux du fleuve de ta voix…

(Oscar Venceslas de Lubicz-Milosz)

 

 

 

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MOI ET EUX (Miguel Angel Asturias)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2018



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MOI ET EUX

Une autre beauté.
Donnez-moi la dimension.
Donnez-moi l’éclat très vif,
l’oeil lisse d’obsidienne
dans le feu limpide du rêve.
Donnez-moi fa croyance, la foi,
les tendres miels,
l’espoir de rassembler ici,
alors que tout s’est achevé,
ceux-là qui furent comme moi.

Une autre prouesse.
Donnez-moi l’infortune,
le ciseau du sculpteur, la chaîne.
Chacun des pores de mon sang ouvert,
je reviendrai sur mes pas par les cryptes
du silence jusqu’à rencontrer l’origine,
la première découverte,
l’épine du nopal,
les peintures,
les substances bleues,
le carmin du crustacé
et l’effroi du sable.

Une autre paresse.
Donnez-moi l’oisiveté avec des yeux,
des oreilles, un nez, un toucher nouveaux,
donnez-moi l’élément matériel, la musique,
la danse, les tissus,
les plumes et les filles
couleur de cacao,
la rédaction du rêve,
le livre des bombax,
la course aquatique
des dessins ou des reflets
sur l’écorce tendre
de l’antique écriture.

Je mesurerai alors la splendeur,
je franchirai le seuil de l’origine
et près de moi il y aura ceux qui vécurent
(Ivresse de l’oisiveté !)
moi et eux,
et rien d’autre.

(Miguel Angel Asturias)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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La biche brame au clair de lune (Maurice Rollinat)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2018



La biche brame au clair de lune
Et pleure à se fondre les yeux:
Son petit faon délicieux
A disparu dans la nuit brune.

Pour raconter son infortune
A la forêt de ses aïeux,
La biche brame au clair de lune
Et pleure à se fondre les yeux.

Mais aucune réponse, aucune,
A ses longs appels anxieux!
Et le cou tendu vers les cieux,
Folle d’amour et de rancune,
La biche brame au clair de lune.

(Maurice Rollinat)

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Heureux, seul l’animal, par les verts pâturages (Fernando Pessoa)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2018




Tant de tristesse et d’amertume noie
Dans quel trouble cette étroite vie ! Tant
De mesquine infortune,
Suprême, nous opprime !
Heureux, seul l’animal, par les verts pâturages
Paissant, à lui-même anonyme, et entrant dans
La mort comme dans sa maison ;
Ou le sage qui, égaré
Dans la science, dresse sa futile vie austère
Au-delà de la nôtre, ainsi que la fumée
Lève des bras vite défaits
Vers un ciel inexistant.

(Fernando Pessoa)

Illustration: Claudia Pettis

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L’amour de la lumière (Luis Mizón)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2018



L’amour de la lumière
nous rend transparents.

Homme et chardon amour et infortune.

Le coeur est une tache
sous les décombres de la voix rêvée.

***

El amor de la luz
nos hace transparentes.

Hombre y cardo amor y desventura.

El corazón es una mancha
bajo las ruinas de la voz soñada.

(Luis Mizón)


Illustration: Sabin Balasa

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LA RIVIERE (Raymond Queneau)

Posted by arbrealettres sur 14 décembre 2017





LA RIVIERE

D’arbres infortunés
seuls au bord de l’eau
la rivière si fine
écoute l’écho

les poissons d’aventure
meurent au fil pendu
la pierre sans histoire
dort à coeur perdu

A vélo
sur le pont
un homme tout rond
s’essouffle et fait oh oh

le pêcheur emporte à la maison
les saules, les cailloux, peut-être les goujons

(Raymond Queneau)

Illustration: Vincent Van Gogh

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Aux Mouettes (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 17 août 2017




    
Aux Mouettes

Je vous envie autant que je vous aime, oiseaux
Qui traversez sans moi tout l’infini des eaux.

Vous qui passez battant tout l’infini des ailes,
Rendez-moi, rendez-moi comme vous infidèles !

Que je sois libre ainsi que vous dans le ciel clair,
Que mon domaine soit le règne de la mer !

Et partout subissant l’éternelle infortune,
J’obéirai, muette, à l’ordre de la lune.

Dans une obéissance au regard somnolent
J’endurerai son règne intermittent et lent.

Mais mon sort est parmi les choses méprisées,
Et pourtant ! Et pourtant ! — Ô mes ailes brisées !

(Renée Vivien)

 

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