Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘ingénu’

Contempler le lever du jour! (Walt Whitman)

Posted by arbrealettres sur 15 juillet 2019



Contempler le lever du jour!
La petite lueur fait s’évanouir les ombres immenses et diaphanes,
Le goût de l’air est bon à mon palais.

Poussées du monde en marche, ébats ingénus,
lever en silence, fraîcheur exhalée,
Effleurements obliques en haut et en bas.

Quelque chose que je ne puis voir dresse en l’air d’impudiques pointes,
Des mers éclatantes de suc inondent le ciel.

(Walt Whitman)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Une demande (Jean Grosjean)

Posted by arbrealettres sur 14 mai 2018



Illustration: Bénédicte Pontet
    
Une demande

La voix disait: Demande-moi ta vie.
Jamais la voix ne m’a été si proche.
La main m’était tendue à travers l’ombre
dans la luisance ingénue des objets.

(Jean Grosjean)

 

Recueil: Arpèges et paraboles
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

VIEUX CONTE (Edmond Rostand)

Posted by arbrealettres sur 9 mars 2018



VIEUX CONTE

Dans l’éparpillement soyeux des cheveux d’or
Et parmi les blancheurs des coussins toute blanche,
Ayant clos pour cent ans ses grands yeux de pervenche,
Souriant vaguement à son rêve, elle dort.

Sa tête de côté légèrement se penche.
Un vitrail entr’ouvert laisse voir le décor
Du parc, où les oiseaux ne chantent pas encor,
Car la Fée endormit chacun d’eux sur sa branche.

Au pied du lit sommeille un beau page blondin.
Elle dort, immobile en son vertugadin,
La jupe laissant voir un bout de sa babouche…

Toute rose, elle dort son sommeil ingénu,
Car le Prince Charmant n’est pas encor venu
Qui doit la réveiller d’un baiser sur la bouche.

(Edmond Rostand)

 Illustration: Gustave Doré

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA DOUCEUR DE L’ANGÉLUS… (Rubén Darío)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2018



Illustration: Salvador Dali
    
LA DOUCEUR DE L’ANGÉLUS…

La douceur de l’angélus matinal et divin
que dispensent d’ingénues cloches provinciales,
dans l’air innocent, avec la force des pétales,
des prières, des visions virginales et des refrains

du rossignol, s’opposant en tout au rude destin
qui en Dieu ne croit pas… La pelote du jour en déclin
que le soir dévide derrière d’opaques cristaux
pour tisser d’une seule pièce l’étoffe de nos maux,

tout entiers faits de chair et parfumés de vin…
Et cette atroce amertume de n’avoir point de goût,
de ne pas savoir vers où diriger notre proue,

tandis que le pauvre esquif dans la nuit calfeutrée,
avance sur les vagues hostiles et de l’aurore privé…
(O cloches suaves, que l’aube fasse son entrée !)

(Rubén Darío)

 

Recueil: Chants de vie et d’espérance
Traduction: Lionel Igersheim
Editions: Sillage

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’Amour tombe des nues (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018




    
L’Amour tombe des nues

1
Un Samedi du Moyen Âge
Une sorcière qui volait
Vers le sabbat sur son balai
Tomba par terr’ du haut des nuages.
Ho! Ho! Ho! Madam’ la sorcière
Vous voilà tombée par terre
Ho! Ho! Ho! sur votre derrière
Les quatre fers
En l’air.

Refrain 1
Vous tombez des nues
Toute nue
Par où êtes-vous venue
Sur le trottoir de l’Avenue?
Vous tombez des nues,
Sorcière saugrenue.
Vous tombez des nues,
Vous tombez des nues,
Sur la partie la plus charnue
De votre individu.
Vous tombez des nues!

2
On voulait la livrer aux flammes
Cette sorcière qui volait
Vers le sabbat sur son balai
Pour l’Ascension quel beau programme.
Ho! Ho! Ho! Voilà qu’ la sorcière
A fait un grand rond par terre
Ho! Ho! Ho! quel coup de tonnerre
Il tomba d’ l’eau
À flots!

Refrain 2
L’eau tombe des nues
Toute nue
Éteint les flammes ténues
Et rafraîchit la détenue.
L’eau tombe des nues
Averse bienvenue
L’eau tombe des nues
L’eau tombe des nues
Et la sorcièr’ se lave nue
Mais oui dans l’Avenue.
L’eau tombe des nues.

3
Qu’elle était belle la sorcière
Les Présidents du Châtelet
Les gendarmes et leurs valets
La regardaient dans la lumière.
Ho! Ho! Ho! un éclair qui brille
Et ses beaux yeux qui scintillent
Ho! Ho! Ho! notre coeur pétille
Nous sommes sourds
D’amour.

Refrain 3
Nous tombons des nues
Elle est nue
Oui mais notre âme est chenue
Nous avons de la… retenue
Nous tombons des nues
O Sorcière ingénue
Nous tombons des nues
Nous tombons des nues
Qu’on relaxe la prévenue
Elle nous exténue
Nous tombons des nues.

Coda
Je tombe des nues
Tu tombes des nues
Le monde entier tombe des nues
L’amour tombe des nues
Viv’ les Femmes nues.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Les Voix intérieures
Traduction:
Editions: L’Arganier

Posted in humour, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Elle apparut au sortir de l’enfance (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2018



    

Illustration: Claire Jeanne Roberte Colinet

Elle apparut au sortir de l’enfance
Et prit musique en son haleine
Des sources, des avoines au vent,
Ses seins furent fleurs plutôt que
Fruits, et son visage de primevère.
Temps ingénu que glorifiaient les lis
Et qui renaît sur les lèvres
Tremblantes de l’artiste épris dans l’autrefois,
Comme dans l’herbe fraîche, d’une fille
Pareille à l’image de cette enfant
Nue dansant jadis sur la garrigue.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Le Poème Hanté
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Réponse à un Poète (Louise Colet)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2017



Illustration: Auguste Rodin
    
Réponse à un Poète

Comme un astre luit sur la terre,
Sans que sa lumière s’altère
Aux feux obscurcis d’ici-bas ;
Ou, comme ces vagues lointaines,
Qui, jamais n’ont baigné les plaines
Que l’homme foule sous ses pas :

Heureuse est ton âme, ô poète !
L’univers entier s’y reflète,
Ton regard plane dans les deux,
Et de ces sphères, qu’il explore,
Il n’a pas vu surgir encore
Les rayons d’un jour soucieux.

A ta voix, toujours ingénue,
L’hymne de deuil est inconnue ;
Pour toi la vie est dans sa fleur ;
Et sur ton front pur et candide,
On ne voit pas encore la ride
Que creuse, en passant, la douleur.

La muse que tu t’es choisie,
Source de toute poésie,
Inspira mes accords naissants ;
A ses foyers, où tu t’embrases,
Au sein des plus pures extases,
Ma lyre enflammait ses accents.

J’évoquais, dans leur harmonie,
Dieu, la nature, le génie ;
Ces trois déités que tu sers !
Le monde idéal de mes songes,
Était le même où tu te plonges
Pour créer tes chastes concerts.

Là, m’enivrant comme l’abeille,
Qui boit les parfums, puis sommeille
Dans les calices dépouillés ;
J’errais de richesse en richesse,
Et par des larmes de tristesse
Mes yeux n’étaient jamais mouillés.

Mais, quittant sa céleste orbite,
Sur ce globe que l’homme habite
Mon étoile sembla pâlir :
Ici, plus d’ineffable joie ;
Je n’ai pas trouvé sur ma voie
Une seule fleur à cueillir.

Voilà pourquoi mon âme est triste :
Hélas ! des banquets où j’assiste
Si je savoure la liqueur,
La coupe, où je cherche l’ivresse,
N’offre à ma lèvre qui la presse
Rien de ce qu’a rêvé mon cœur !

Dans ce monde, où j’ai voulu lire,
Ne vas pas, enfant de la lyre,
Abattre ton vol radieux :
Ah ! sur cette terre inféconde,
Il n’est point d’écho qui réponde,
A nos accents mélodieux !

(Louise Colet)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Vieille chanson du jeune temps (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 7 octobre 2017



Illustration: Camille Pissarro
    
Vieille chanson du jeune temps

Je ne songeais pas à Rose ;
Rose au bois vint avec moi ;
Nous parlions de quelque chose,
Mais je ne sais plus de quoi.

J’étais froid comme les marbres ;
Je marchais à pas distraits ;
Je parlais des fleurs, des arbres
Son oeil semblait dire:  » Après ?  »

La rosée offrait ses perles,
Le taillis ses parasols ;
J’allais ; j’écoutais les merles,
Et Rose les rossignols.

Moi, seize ans, et l’air morose ;
Elle, vingt ; ses yeux brillaient.
Les rossignols chantaient Rose
Et les merles me sifflaient.

Rose, droite sur ses hanches,
Leva son beau bras tremblant
Pour prendre une mûre aux branches
Je ne vis pas son bras blanc.

Une eau courait, fraîche et creuse,
Sur les mousses de velours ;
Et la nature amoureuse
Dormait dans les grands bois sourds.

Rose défit sa chaussure,
Et mit, d’un air ingénu,
Son petit pied dans l’eau pure
Je ne vis pas son pied nu.

Je ne savais que lui dire ;
Je la suivais dans le bois,
La voyant parfois sourire
Et soupirer quelquefois.

Je ne vis qu’elle était belle
Qu’en sortant des grands bois sourds.
« Soit ; n’y pensons plus ! » dit-elle.
Depuis, j’y pense toujours.

(Victor Hugo)

 

Recueil: Quand on n’a que l’amour
Editions: Bruno Doucey

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Moi j’écoute les chants aux vieilles cadences (Antonio Machado)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2017



Moi j’écoute les chants
aux vieilles cadences
que chantent les enfants
quand ils jouent en ronde
et qu’ils versent en choeur
leurs âmes qui rêvent,
comme versent leurs eaux
les fontaines de pierre:
sur un ton monotone
de rires éternels
qui ne sont pas joyeux,
avec de vieilles larmes
qui ne sont pas amères,
mais disent des tristesses,
des tristesses d’amour
d’anciennes légendes.

Sur les lèvres d’enfants
les chansons rapportent
confusément l’histoire
et clairement la peine;
ainsi que l’eau dit
sa fable, bien claire,
d’anciennes amours
que jamais on ne conte.

Jouant, dans l’ombre
d’une vieille place,
les enfants chantaient…

La fontaine de pierre
versait son éternel
cristal de légende.

Les enfants chantaient
les chants ingénus
d’une chose qui passe
et jamais n’arrive :
confuse l’histoire
et claire la peine.

La fontaine sereine
poursuivait son conte,
l’histoire effacée,
elle disait la peine.

(Antonio Machado)

Illustration: Hans Thoma

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

RÉVEIL (Valère Gille)

Posted by arbrealettres sur 8 juillet 2017



RÉVEIL

Mon cœur, que je croyais à jamais endormi,
Le voici, lentement, qui s’éveille parmi
Des pays inconnus de songe et de lumière.
L’air est tout embaumé d’une odeur printanière,
L’azur nacré du ciel s’enflamme, et le soleil
D’un baiser juvénile accueille mon réveil.

J’aime ! Les bois sont pleins d’oiseaux d’or et de roses,
Une immense bonté rayonne dans les choses ;
Dans les prés étoilés de fleurs et de rayons,
Sur chaque épi vermeil, vibrent des papillons,
Partout autour de moi le feuillage palpite ;
Sous les lilrfs neigeux et sous la clématite
Des colombes d’amour, deux par deux, tendrement,
Egrènent tour à tour leur long roucoulement.

J’aime ! j’aime ! Et voici qu’une terre nouvelle
Dans l’aurore à mes yeux ingénus se révèle.
Tout me parle et m’enchante, et mille et mille voix
Des bois et des vallons m’appellent à la fois.
Je comprends la chanson des oiseaux, les murmures
Qui babillent, confus, à travers les ramures.
Mon bonheur est partout : sous les bocages verts,
Dans les sources, les fleurs, le ciel ; et l’univers
Est un hymne d’amour qui monte dans la brise.
Il s’enfle et me soulève, et mon âme qu’il grise,
Emportée avec lui, s’épanche dans les cieux.
Des éclairs fulgurants éblouissent mes yeux ;

J’aime ! Je suis la vie et la force féconde,
Et mon cœur flamboyant illumine le monde.

(Valère Gille)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :