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Poésie

Posts Tagged ‘inguérissable’

LES SORCIERS ÉCUREUILS (Armand Robin)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2019



Illustration   
    
LES SORCIERS ÉCUREUILS

Nous appliquons la lune,
Nous étendons la brume
Sur la blessure
Inguérissable des clairières,
Sans poids.

Le soir sous la lune
Nous avons des ébats que même la lune
Ne voit pas.
Nous faisons danser
En rondes brunes
Les haltes des rivières
L’ébat des bois.

Venus sans grands projets
Veulent de grands jets;
Nous voulons un monde
En grandes robes de soirée,
Pour servir la rosée.

Nous ne sommes pour personne, nous sommes!
… lutins remuants! Les hommes
Sont trop lourds pour savoir
Que pour nous un instant les eaux
Et l’ombre ont dansé.

(Armand Robin)

 

Recueil: Ma vie sans moi suivi de Le monde d’une voix
Traduction:
Editions: Gallimard

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Du vide inguérissable (René Char)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2017


coquille vide

Du vide inguérissable
surgit l’évènement
et son buvard magique.

(René Char)

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VERS DE LA BELLE DAME (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2017




    
VERS DE LA BELLE DAME

Le vent a apporté de loin
L’écho d’un chant de printemps,
Là-haut, dans le ciel profond,
Un lambeau lumineux s’est creusé.

Dans ces abîmes d’azur,
Dans l’imminence du printemps,
Pleuraient les tempêtes d’hiver,
Fusaient les songes étoilés.

Une plainte sombre et profonde
A résonné sur mes cordes,
Le vent a apporté de loin
L’écho de tes chants éclatants.

***

Ce qui t’anime, je l’ai compris —
Et je te barre le chemin.
La flamme des désirs d’ailleurs
Frémit dans ton sein virginal.
Mes faibles mots, contre ce feu,

N’ont pas la force de lutter,
Lorsque tu vas à la rencontre,
De l’origine, proche et lointaine !
J’ai tout compris, je me retire.
Le jour qui vient est jour béni.

Joyeuse dans l’ombre vermeille,
Tu t’es échappée de la nuit.
Mais je vois ta robe de Vierge,
J’ai vécu ce jour avec toi…
Que l’âme reste inguérissable —
Le songe passé est béni.

***

Tu pars dans l’ombre vermeille,
Dans les cercles infinis.
J’ai entendu l’écho léger,
J’ai entendu des pas lointains.

Es-tu proche ou bien lointaine,
T’es-tu égarée dans les nues?
Me faut-il guetter la rencontre
Dans ce silence si sonore?

Dans le silence on entend mieux
Les pas lointains qui résonnent,
Est-ce toi qui, flamboyante,
Refermes les cercles infinis ?

***

Ma prophétie s’est accomplie :
Avant la tombe, encore une fois,
Ton Sanctuaire s’est embrasé
Du feu d’une force secrète.

Et, tout empli de ce triomphe,
Et enivré du grand secret
Je sais — ce n’est pas un hasard
Si s’accomplit la prédiction.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

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Je passe d’une rive à l’autre (Serge Sautreau)

Posted by arbrealettres sur 21 octobre 2017




    
Je passe d’une rive à l’autre
de l’inguérissable regard du fleuve
et il n’y a pas de gué.

(Serge Sautreau)

 

Recueil: L’ANTAGONIE
Editions: Gallimard

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Ne nous délaisse pas Toi le féminin (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2017


Toi le féminin
Ne nous délaisse pas
Car tout ce qui n’est pas mué en douceur
ne survivra pas

Toi qui survivras
Révèle-nous ton mystère que peut-être
Toi-même tu ignores
sinon le mystère ne serait pas

N’est-ce pas que le printemps est empli
d’oiseaux dont l’appel se perd au loin
Que l’été nous écrase de son incandescence
dont la senteur nous poigne jusqu’aux larmes
Que l’automne nous laisse désemparés
par son trop-plein de couleurs, de saveurs
Que l’ultime saison rompt le cercle
Nous plongeant dans l’abîme
de l’inguérissable nostalgie
Mais en toi demeure le mystère que peut-être
toi-même tu ignores

En toi ce qui est perdu, ce qui est à venir :
Etang d’avant la pluie au furtif nuage
Colline après l’orage au contour plein

Ne nous délaisse pas
Toi le féminin
Hormis ton sein
quel lieu pour renaître ?

(François Cheng)

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La cage pour toi s’est ouverte (Anne Perrier)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2017



La cage pour toi s’est ouverte
Tu as volé jusqu’au coeur de la nuit
Cendres phosphorescentes limaille
Illuminée rubis éternel rubis
Sur l’herbe de minuit
Mais n’est-ce à moi qu’en partant tu laissas
L’inguérissable blessure de vivre

(Anne Perrier)

 

 

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LES SORCIERS ÉCUREUILS (Armand Robin)

Posted by arbrealettres sur 8 août 2016



LES SORCIERS ÉCUREUILS

Nous appliquons la lune,
Nous étendons la brume
Sur la blessure
Inguérissable des clairières,
Sans poids.

*

Le soir sous la lune
Nous faisons danser
En rondes brunes
Les haltes des rivières
L’ébat des bois

*

Venus sans grands projets
Veulent de grands jets ;
Nous voulons un monde
En grandes robes de soirée,
Pour servir la rosée.

*

Nous ne sommes pour personne, nous sommes!
Les lutins remuent, les hommes
Sont trop lourds pour savoir
Que pour nous un instant les eaux
Et l’ombre ont dansé.

(Armand Robin)

 

 

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D’inconsolables sabliers (Emmanuel Dall’aglio)

Posted by arbrealettres sur 2 août 2016



D’inconsolables sabliers,
d’inguérissables vides.

(Emmanuel Dall’aglio)

Illustration: Sonia Fournier

 

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VISÉE DU POÈME (Jean-Claude Xuereb)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2015



 

VISÉE DU POÈME

Inguérissable blessure de l’être
s’entassent les jours de passage
aux éclairs à peine entrevus
déjà distancés en désordre
seules quelques lueurs palpitent
dans la clignotante conscience
de cette irréversible traversée

Ainsi le maître du navire
en cabine de pilotage
veille à poursuivre l’avancée
quand les déferlantes submergent
par intermittence le gaillard
prélude au possible naufrage
au moins sait-il tenir le cap

Vivre seulement vivre et dire
à fleur de lumière et le ciel
les mots en saccades respirent
d’un rythme sensible à l’écoute
de l’informulable exigence
sans ordonnance ni consigne
pour accueillir l’instant présent

(Jean-Claude Xuereb)

Illustration: Odilon Redon

 

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