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Posts Tagged ‘inlassable’

UNE MAISON LÀ-BAS (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2021



Illustration: Philippe Abril

    

UNE MAISON LÀ-BAS

Une maison là-bas
avec sa porte ouverte
et ses deux tourterelles
récitant inlassablement le nom de l’absent
Une maison là-bas
avec son puits profond
et sa terrasse aussi blanche
que le sel des constellations
Une maison là-bas
pour que l’errant se dise
j’ai lieu d’errer
tant qu’il y aura une maison là-bas

(Abdellatif Laâbi)

 

Recueil: L’arbre à poèmes Anthologie personnelle 1992-2021
Traduction:
Editions: Gallimard

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Ce corps noueux (Gaston Miron)

Posted by arbrealettres sur 27 mars 2021



Ce corps noueux
ce regard brisé
ce visage érodé
ce feu aux cheveux

ces mots dehors

c’est toi, toi et toi
et la blessure
inlassable des rêves
dans tes pas futurs

(Gaston Miron)


Illustration

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Ô Volonté de Dieu (Sri Aurobindo)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2020




    
Ô Volonté de Dieu

Ô Volonté de Dieu, tu t’éveilles et le Vide
s’emplit, les hommes t’ont nommée force, et tes ailes
emportent les étoiles dans leur ronde
inlassable ; son, lumière, forme
sont les masques de ton mouvement éternel.
Nous voyons ce que tu choisis, mais c’est toi que nous voyons.

Moi, Morcundeya, délivré des mondes,
le Voyant — mais c’est Dieu seul qui voit ! –
je m’affranchis des liens qui retiennent ici-bas
l’homme à sa petitesse, perdu depuis la nuit des temps
dans le spectacle que ses sens tissent autour de lui ;
je les découvre et ne suis plus leurré.
Mais avant que je m’élance, avant que je devienne
le vaste et lumineux Infini, et que libéré du passé
et de l’avenir, j’oublie ces êtres qui forgent leurs propres fers,
une fois je parlerai et vous dirai ce que je vois.
Le reste est Dieu. Partout, il n’est plus que silence.
Mes yeux au-dedans s’ouvrirent et je vis.

(Sri Aurobindo)

 

Recueil: Poésie
Traduction: Français Cristof Alward-Pitoëff
Editions: Sri Aurobindo Ashram Trust

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L’ONCLE ITZE (Moshe Kulbak)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2019




    
L’ONCLE ITZE

L’oncle Itze vient d’apprendre
Le métier de tailleur,
Changeant de vieilles hardes
En habits flambant neufs,
Changeant de vieilles hardes
En habits flambant neufs.

Dans un village arrive
Avec aiguille et fil,
Il y pose une affiche :
Je raccommode habits,
Il y pose une affiche :
Je raccommode habits.

Accroupi sur la table
L’oncle, hébété, découd,
Coupe et colle inlassable
Les pièces bout à bout,
Coupe et colle inlassable
Les pièces bout à bout.

Rapiécé le village
Vers un autre il s’en fut,
Tant qu’enfin sa main lâche
Tout le pays cousu,
Tant qu’enfin sa main lâche
Tout le pays cousu.

L’oncle Itze vient d’apprendre
Le métier de tailleur
Changeant de vieilles hardes
En habits flambant neufs.

(Moshe Kulbak)

 

Recueil: Anthologie de la poésie yiddish Le miroir d’un peuple
Traduction:
Editions: Gallimard

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SIRÈNES (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2019



 

Illustration: Victor-Louis Mottez
    
SIRÈNES

Pensée funeste,
Toi qui embrases et qui troubles l’amour
Afin que je me tourne inlassablement vers le haut,
Tu modifies, impatiemment, les apparences
Et, avant même que je touche au but
Et me détrompe,
A d’autres songes déjà tu m’enchaînes.
Semblable à cette mer inquiète et flatteuse
Qui offre et cache au loin
L’île fatale,
Multipliant tes leurres,
Tu mènes qui encore espère
A la mort.

(Giuseppe Ungaretti)

 

Recueil: Vie d’un homme Poésie 1914-1970
Traduction:
Editions: Gallimard

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TU DAMNES PAR LES IMAGES (Giuseppe Ungaretti)

Posted by arbrealettres sur 11 octobre 2019



Illustration: Jean-Jacques Henner
    
TU DAMNES PAR LES IMAGES

Pourquoi les apparences passent-elles?

Si je te touche, belle, tu glaces d’horreur,
Tu montres l’idée nue et, plus cruelle,
Avant que rien m’ait détrompé,
Déjà tu m’as lié à d’autres peines.
Pourquoi crées-tu, pensée, en corrompant?

Pourquoi persévéré-je à t’écouter?

Quel éternel secret
Me hantera toujours en toi?

Je te traque, je te recherche,
Je regravis la pente, sans répit,
Et toujours, inlassable en la tempête
Ou désarmant les rocs,
Tu damnes par les images.

Silences frémissants, élans infinis,
Courses, brûlures jalouses, faux pas,
Rires, tourments, frissons, lèvres inquiètes,
Délirante clameur,
Abandon écumant,
Impérieuse gloire,
Solitude sans nombre,

Votre lumière, je le sais, n’est pas la vraie,

Mais vivrait-on sans tes métamorphoses,
Faute heureuse?

(Giuseppe Ungaretti)

 

Recueil: Vie d’un homme Poésie 1914-1970
Traduction:
Editions: Gallimard

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LES SABLES (François Mauriac)

Posted by arbrealettres sur 25 septembre 2019



LES SABLES

Tout ce que le travail inlassable du temps
Accumule en nos coeurs de poussière ténue,
De vanités et de soucis inconsistants,

Comme s’ajoute au bord des vagues en sanglots
Un infini de sable à l’infini des flots,
Forme aussi dans mon coeur la dune aride et nue.

Mais il pleure derrière une mer inconnue,
Une mer dont les eaux lourdes et désolées
Par des barques jamais n’ont été violées.

Et moi-même roulé dans la médiocre vie,
Amenuisé par le frottement quotidien,
Je m’amuse d’un mot et je ne sais plus bien
La route en moi qui va vers la mer infinie.

Et comme en la tiédeur des juins épandus,
Quand le calme de l’heure est sur les métairies,
Un vieux berger dans le silence des prairies
Entend pleurer la mer que jamais il n’a vue,

De même en le miracle aussi de certains soirs,
Le choeur en moi se tait des voix quotidiennes
Et j’entends sangloter les plaintes surhumaines
De ces flots oubliés que je ne vais plus voir!

(François Mauriac)

Illustration: Ludovic Florent

 

 

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Ce miroitement (André Frénaud)

Posted by arbrealettres sur 21 août 2018



 

Ce miroitement

Ce miroitement n’annonçait pas la lumière.
Je le savais, et toujours ce n’est rien.
La lueur d’un ancien regard perdu
empêchera le monde de briller.

Doucement hagarde, au sourire clair, déserte.
Des vertus, j’en ai honte.
Si je suis bonne c’est pour m’amuser.
Aride, impénétrable.

Pour rameuter les petites espérances,
m’en faire un nid qui ne serait pas froid,
le semblant d’un bien, tout comme.

Partir à l’aventure et poursuivie.
À parcourir à tout hasard le vide,
me divertira bien une fois un sourire.

Sans me démunir du désastre le miracle
d’un visage parmi les arbres, poignant.
Flammes vives pour moi mortes,
toutes pareilles, moi morte.

Plutôt qu’à vous qui voulez me combler,
je fais appel au désert inlassable.

(André Frénaud)

Illustration: Caroline Duvivier

 

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Châtelaine (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
Châtelaine

Châtelaine, mon beau vouloir…
Car tu te prétendais maîtresse
D’un domaine d’ombre et de pierre
Où ton corps était l’eau dormante,
Au pied des tours, au creux des ombres,
Beau châle vif à tes épaules
Où s’épingle en rêvant l’éclair bleu des vipères.

Châtelaine, mon beau savoir…
Cartes mêlées, chemins perdus,
Pas des oiseaux sur cette vase
Comme un appel depuis longtemps jeté
Qu’un inlassable écho porte de monde en monde.

Châtelaine, mon beau mourir…
Puisque n’entre plus que blеsséе
La voix des filles du soleil
Dans la prison que tu me tresses.

Je te parle dans ce château
D’ombre et de pierre, je te parle,
Surpris de guetter sur les dalles
Le pas calme et troublant de tes servantes nues.

(Jean Joubert)

 

Recueil: Longtemps j’ai courtisé la nuit
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Dès l’aube (Guy Goffette)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2018




    
Dès l’aube tout est dit :
les pas que nous ferons,
l’herbe en porte déjà
la trace, et nos paroles,

la brume en use le tranchant
sur le sein des collines,
l’échine bleue de la rivière
les tuiles cassées par le gel

et sur les trois notes inlassables
du merle dans le cerisier
qui émerge. Tout est dit,
mais le plus dur nous reste :

trouver la juste dédicace.

(Guy Goffette)

 

Recueil: L’adieu aux lisières
Traduction:
Editions: Gallimard

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