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Poésie

Posts Tagged ‘innocent’

PHOTOGRAPHIE (extérieur) (Nuno Jùdice)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2021




    
PHOTOGRAPHIE (extérieur)

Auparavant la vérité
descendait la colline sur les paroles du berger ;
et les brebis n’étaient pas seules à les saisir. Je me
souviens
de ces collines vertes
sous les pluies du printemps, glaciales par vent
d’avril et lumineuses comme le soleil du nord. C’était
un matin. Les femmes préparaient encore le
four à pain — et déjà un rythme obscur annonçait
la naissance des fruits, c’est-à-dire,
l’équivoque de la faux au moment
de la récolte.
C’étaient bien ses paroles. Un
mouvement qui parcourait la surface
des rizières, qui ridait l’échine
des dunes, qui repoussait les mouettes vers
l’estuaire. Cependant, les vieux
le comprenaient; et quelques innocents, dont
l’esprit se confondait à la transparence
de l’eau, répétaient ce qu’il disait en un murmure
de ruisseau. Mais ce n’était pas à eux qu’il
s’adressait.
Il évita l’ambiguïté, les sens complexes
de la philosophie, le fond noir
du poème. De fait, il n’allait jamais jusqu’au bout
de ses histoires — comme s’il ne pouvait pas
les terminer.. ou qu’il ne savait plus rien, au-delà
de ce que nous savons, maintenant que nous sommes peu
à se souvenir de lui. Moi, pourtant, je l’ai revu —
assis sur ce banc de gare, feuilletant un vieux
journal et suçant un vieux mégot —
avec le souffle avide d’un apprenti
en hésitations.

(Nuno Jùdice)

 

Recueil: Un chant dans l’épaisseur du temps suivi de méditation sur des ruines
Traduction: Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

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Melancholia (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2021




    
Melancholia
(extrait)

… Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs que la fièvre maigrit ?
Ces filles de huit ans qu’on voit cheminer seules ?
Ils s’en vont travailler quinze heures sous des meules
Ils vont, de l’aube au soir, faire éternellement
Dans la même prison le même mouvement.
Accroupis sous les dents d’une machine sombre,
Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l’ombre,
Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
Ils travaillent. Tout est d’airain, tout est de fer.
Jamais on ne s’arrête et jamais on ne joue.
Aussi quelle pâleur ! la cendre est sur leur joue.
Il fait à peine jour, ils sont déjà bien las.
Ils ne comprennent rien à leur destin, hélas !
Ils semblent dire à Dieu : – Petits comme nous sommes,
Notre père, voyez ce que nous font les hommes !
Ô servitude infâme imposée à l’enfant !
Rachitisme ! travail dont le souffle étouffant
Défait ce qu’a fait Dieu ; qui tue, oeuvre insensée,
La beauté sur les fronts, dans les coeurs la pensée,
Et qui ferait – c’est là son fruit le plus certain ! –
D’Apollon un bossu, de Voltaire un crétin !
Travail mauvais qui prend l’âge tendre en sa serre,
Qui produit la richesse en créant la misère,
Qui se sert d’un enfant ainsi que d’un outil !
Progrès dont on demande : Où va-t-il ? que veut-il ?
Qui brise la jeunesse en fleur ! qui donne, en somme,
Une âme à la machine et la retire à l’homme !
Que ce travail, haï des mères, soit maudit !
Maudit comme le vice où l’on s’abâtardit,
Maudit comme l’opprobre et comme le blasphème !
Ô Dieu ! qu’il soit maudit au nom du travail même,
Au nom du vrai travail, sain, fécond, généreux,
Qui fait le peuple libre et qui rend l’homme heureux !

(Victor Hugo)

 

Recueil: Cent poèmes de Vivtor Hugo
Traduction:
Editions: Omnibus

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HUMAINS (Maria Nivea Zagarella)

Posted by arbrealettres sur 29 septembre 2020



ADDS IDENTIFICATION OF CHILD Paramilitary police officers investigate the scene before carrying the lifeless body of Aylan Kurdi, 3, after a number of migrants died and a smaller number were reported missing after boats carrying them to the Greek island of Kos capsized, near the Turkish resort of Bodrum early Wednesday, Sept. 2, 2015. The family — Abdullah, his wife Rehan and their two boys, 3-year-old Aylan and 5-year-old Galip — embarked on the perilous boat journey only after their bid to move to Canada was rejected. The tides also washed up the bodies of Rehan and Galip on Turkey’s Bodrum peninsula Wednesday, Abdullah survived the tragedy. AP

 
    
Poem in Dutch Spanish, English, French, Italian, German, Portuguese, Sicilian, Romanian, Polish, Greek, Chinese, Arab, Hindi, Japanese, Farsi, Bulgarian, Icelandic, Russian, Filipino, Hebrew, Tamil, Kurdish, Bangla, Irish

Poem of the Week Ithaca 647
« Men » Maria Nivea Zagarella Sicilia

Uit: “The Poetry of Maria Nivea Zagarella”, Bilingual Sicilian-English, Mineola, NY: Legas, 2017.

– All translations are made in collaboration with Germain Droogenbroodt –

***

HUMAINS

La mer consentante
rend les morts :
fétus superflus,
inutiles,
sur cette terre.

Affolés et perdus
ils s’en vont
adultes désespérés
enfants innocents
ne sachant rien faire
leurs petites mains, transies par le gel nocturne
qui les tue.

Impitoyable l’homme
envers sa propre chair,
Impitoyable envers la terre
qui l’a allaité depuis sa naissance.

La mer n’a plus assez
de paniers à foin
pour rassembler goutte à goutte
la misère et les gémissements
de ces corps qui se noient.

Traduction de Elisabeth Gerlache
Translation into French by Elisabeth Gerlache

***

MENSEN

De berustende zee
geeft de doden terug:
overmatig stro,
nutteloos
op deze aarde.

Waanzinnig en verloren
vertrekken ze
de wanhopige volwassenen
de onschuldige kinderen
die niets kunnen doen,
hun kleine handen, bevroren door de nachtvorst,
die hen doet sterven.

Wreedaardig de mens
tegen zijn eigen vlees,
Wreedaardig tegen de aarde
die hem vanaf zijn geboorte borstvoeding gaf.

De zee heeft niet langer
voldoende stromanden
om druppel na druppel te verzamelen,
de ellende en de verzuchtingen
van deze verdrinkende lichamen.

Vertaling Germain Droogenbroodt
Translation into Dutch by Germain Droogenbroodt

***

HOMBRES

Devuelve
el mar resignado
a los muertos:
paja sobrante,
inútil,
sobre esta tierra.

Locos sin rumbo
parten
desesperados los adultos
inocentes los pequeños
que no pueden hacer nada,
las manos frías… heladas nocturnas
que traen la muerte.

Caín el hombre
con su propia carne.
Caín con la tierra
que lo amamantó al nacer.

Y no tiene más
canastos el mar
para recogerlos gota a gota,
ni llagas para bramar
este ahogamiento de hombres.

Traducción Rafael Carcelén
Translation into Spanish by Rafael Carcelén

***

MEN

The resigned sea gives back
the dead,
excessive straw,
useless,
upon this earth.

Crazy and lost
the desperate adults
depart,
the innocent little ones
can do nothing,
their little hands
frozen by the cold night
that brings them death.

Murderous men
against their own flesh,
murderous earth
that breast fed them since birth.

The sea no longer has
enough straw baskets
to collect drop after drop,
woes and laments
of this drowning bodies.

Translation into English by Stanley Barkan

***

UOMINI

Ci torna
il mare rassegnato
i morti:
Paglia sono in sovrappiù,
inutile,
su questa terra.

Folli sbandati
partono
disperati i grandi,
innocenti i piccoli
che non possono nulla,
le manine fredde… gelo della notte
che gli porta la morte.

Caino l’uomo
con la sua stessa carne
Caino con la terra
che allattò nascendo.

E più non ha
il mare sporte
a raccogliere stilla su stilla,
piaghe a bramire
di questo annegamento di Morte.

Maria Nivea Zagarella

***

MENSCHEN

Sich erhebend gibt das Meer
die Toten zurück:
überschüssiges Stroh,
nutzlos,
auf dieser Erde.

Wahnsinnig und verloren
sie machen sich auf
verzweifelte Erwachsene,
unschuldige Kinder
die nichts tun können,
kalt die Hände … der Nachtfrost
bringt ihnen den Tod .

Grausam der Mensch
gegen sein eigenes Fleisch
Grausam gegen die Erde
die ihn on Anbeginn genährt hat.

Das Meer hat
kein Gefäß mehr
um Tropfen für Tropfen zu sammeln
das Elend und die Klagen
dieser ertrinkenden Körper.

Übersetzung Wolfgang Klinck
Translation into German by Wolfgang Klinck

***

HOMENS

Devolve
o mar resignado
os mortos:
palha que sobra.
Inútil,
sobre essa terra.

Loucos sem destino
partem
desesperados os adultos
inocentes os pequenos
que não podem fazer nada,
as mãos frias… geadas noturnas
que trazem a morte.

Caim, o homem,
com sua própria carne.
Caim com a terra
que o amamentou ao nascer.
E não tem mais
cestas o mar
para recolhê-los gota a gota,
nem feridas para gritar
este afogar-se da Morte.

Tradução ao português: José Eduardo Degrazia
Translation into Portuguese by Eduardo Degrazia

***

UOMINI

Ci torna
il mare rassegnato
i morti:
Paglia sono in sovrappiù,
inutile,
su questa terra.

Folli sbandati
partono
disperati i grandi,
innocenti i piccoli
che non possono nulla,
le manine fredde… gelo della notte
che gli porta la morte.

Caino l’uomo
con la sua stessa carne
Caino con la terra
che allattò nascendo.

E più non ha
il mare sporte
a raccogliere stilla su stilla,
piaghe a bramire
di questo annegamento di Morte.

Maria Nivea Zagarella

***

OAMENI

Marea cea resemnată
ne înapoiază
morții:
surplus de paie
inutile
pe acest pământ.

Smintiți și rătăciți
se duc adulții disperați,
neîntinați copiii
rămân neputincioși,
cu mânuțele reci… în gerul nopții
aducător de moarte.

Hain e omul
cu propria-i carne,
hain cu pământul
din naștere alăptat.

I s-au isprăvit mării
panerele de adunat
strop după strop
amarul și necazul
acestor trupuri înecate.

Traducere: Gabriela Căluțiu Sonnenberg
Translation into Romanian by Gabriela Căluțiu Sonnenberg

***

LUDZIOM

Morze pokornie oddaje
martwych,
zbędną słomę,
bezużyteczną
na tej ziemi.

Oszaleli zagubieni
wypływają,
zdesperowani dorośli
i niewinne dzieci
one nie mogą nic,
ich małe rączki
przemarzają nocnym mrozem
który przynosi im śmierć.

Kainowie
wobec własnego ciała
Kainowie wobec ziemi
co poiła ich matczynym mlekiem.

Morze już nie nastarcza
słomianych koszy
by zbierać kropla po kropli,
lamenty i krzyk
tonących.

Przekład na polski: Mirosław Grudzień — Małgorzata Żurecka
Translation into Polish by Mirosław Grudzień — Małgorzata Żurecka

***

ΑΝΘΡΩΠΟΙ

Καρτερική θάλασσα επιστρέφει
τους νεκρούς
το πολύ άχρηστο άχυρο
πάνω στη γη.

Χαμένοι και τρελοί
απελπισμένοι άνθρωποι
φεύγουν καθώς
τ’ αθώα ανίκανα παιδιά
να κάνουν κάτι δεν μπορούν
με χέρια παγωμένα
απ’ τη νύχτα που τα σκοτώνει.

Φονιάδες κατά της ίδιας τους γεννιάς
της γης φονιάδες
που τους γαλούχισε απ τα γεννησιμιά τους
η θάλασσα άλλα δεν έχει
καλάθια αχυρένια
για να μαζέψει σταλιά σταλιά
κλάματα και καημούς
κορμιών που πνίγονται ένα-ένα

Μετάφραση Μανώλη Αλυγιζάκη
Translation into Greek by Manolis Aligizakis

***

人 类

听天由命的大海归还
这死者,
过多的稻草,
没用的,
在这个地球上。
疯狂和迷失
不惜冒险的大人
离开了,
无辜的小孩子
无能为力,
他们的小手
被寒冷夜晚冻住了
这给他们带来死亡。
凶残的人类
残害自己的肉体,
凶残的地球
从出生起就用母乳喂养他们。
大海不再有
足够的草篮子
来一滴一滴地收集,
这些溺水尸体
的悲哀与哀叹。

原 作: 西西里岛 玛丽亚·妮维娅·扎加雷拉

英 译: 盖塔诺·西波拉 译自意大利西西里语
汉 译: 中 国 周道模
Translation into Chinese by William Zhou

***

رجال..

البحر اليائس يهب الموتى،
قشة هائلة،
لا فائدة ترتجى منها،
على الأرض.
فالبالغون اليائسون يرحلون،
بجنون وتيه
والأبرياء الصغار
لا حول لهم
ولا قوة.
فأياديهم الضئيلة
جمدتها الليلة الباردة
وأصابتها بالشلل
أما الرجال القتلة
الذين يجهزون على آخرين من لحمهم ودمهم،
على هذه الأرض
التي أطعمتهم من ولادتهم،
لم يعد في البحر
أعواد خشب تكفي
لجمع القطرات النازفة،
والأجساد الغرفى ليس لها شيء
سوى النوح والرثاء

ماريا نيفيا زاغاريلا (صقلية)

ترجمة عن الإنجليزية سارة سليم
Translation into Arab by Sarah Selim

***

पुरुषों

इस्तीफा देने वाला समुद्र
वापस लौट आता है
मृत,
अत्यधिक पुआल,
निकम्मा,
इस धरती पर।
पागल और खो गया
हताश वयस्क
विदा हो गए
मासूम छोटों
कुछ नहीं कर सकते,
उनके छोटे हाथ
ठंड की रात से जमे हुए
इससे उनकी मृत्यु हो जाती है।
हत्या करने वाले पुरुष
अपने स्वयं के मांस के खिलाफ,
पृथ्वी के खिलाफ हत्या
उस स्तन ने उन्हें जन्म से खिलाया।
समुद्र अब नहीं है
पर्याप्त पुआल टोकरी
बूंद के बाद बूंद
जमा करने के लिए,
व्यर्थ और विलाप
इन डूबते हुए शरीरों का
मारिया निव ज़ागरेला (सिसिली)

Translation into Hindi by Jyotirmaya Thakur

***

海があきらめたように
枯れた山のような藁を砂浜に戻す
地球には無益なもの

狂って行き場を失った
やけっぱちの大人が旅発つ
無邪気で小さな子供は

何もできず
冷たい夜に手は凍え
命を失う

殺人鬼は
自らの肉体に背き
地球に刃向かう
生まれた時から乳を与えてくれた地球を

海にはもう十分な藁を入れるかごがなく
おぼれた身体の
悲哀と嘆きがあるのみだ

マリア・ニベア・ザガレラ(シチリア)
Translation into Japanese by Dr. Manabu Kitawaki

***

مردها

دریای بردبار
مرده پس می دهد،
انبوهی کاه
بی استفاده،
روی این زمین.
دیوانه و گمراه،
بزرگسالانی ناامید
عازم می شوند،
طفلان بی گناه
بیچاره ،
دستان کوچکشان
یخزده در شبهای سرد
که برایشان مرگ هدیه می آورد.
مردان قاتل
علیه خودشان،
قاتل زمین
که از پستان دهش شیرشان داد.
دریا دیگر سبد کاهی ندارد
تا قطره قطره جمع کند
درد و رنجهای
این بدن های مغروق را.

ترجمه: سپیده زمانی
Translation into Farsi by Sepideh Zamani

***

Човеци

Спокойното море изхвърля
мъртвата,
прекомерна сламка,
безполезна
на тази земя.
Луди и изгубени,
отчаяните възрастни
отпътуват,
невинните деца
не могат да направят нищо,
техните малки ръце
са замразени от студената нощ,
която им носи смърт.
Убийствени човеци
срещу собствената си плът,
убийствени срещу земята,
която ги кърми от раждането!
Морето няма вече
достатъчно сламени кошове
да събира капка след капка,
бедите и риданията
на тези давещи се тела

превод от английски: Иван Христов
Translation into Bulgarian Ivan Hristov

***

MENN

Auðsveipur sjórinn skilar
hinum látna,
afgangsfisi
og einskis nýtu
eftir að hann deyr.
Hugstola og ráðþrota
hverfur fullorðna fólkið
á braut,
litlu sakleysingjarnir
geta ekkert gert,
smáar hendur
kelur um kalda nótt
sem færir þeim dauðann.
Morðóðir menn
drepa hold sjálfra sín,
drepa jörðina
sem brjóstfæddi þá frá fæðingu.
Sjórinn á ekki lengur
nægar tágakörfur
til að safna hverjum dropa
af sorg og harmi
drukknandi líkamanna

Translation into Icelandic by Þór Stefánsson

***

ЛЮДИ

Спокойное море
отдает мертвецов:
слишком много
ненужной соломы
на этой земле.

Отчаявшиеся и потерянные,
они уходят.
Отчаявшиеся взрослые
невинные дети,
им ничего уже не суметь,
а маленькие ладошки, замерзшие на ночном морозе,
приносят смерть.

Люди мстят
самим себе,
мстят земле,
что с рождения их растила.

У моря больше нет
соломенных корзин,
чтобы, капля за каплей, собирать
горести и печали
этих утопших тел.

Перевод на русский язык Дарьи Мишуевой
Translation into Russian by Daria Mishueva

***

TAO

Ang umurong na dagat nagbalik
ng bangkay,
labis na dumi
walang pakinabang
sa mundong ito.

Baliw at naligaw
mga may sapat na gulang desperadong
lumisan,

mumunting walang muwang
ay walang magawa
maliliit na mga kamay
ay nanigas sa maginaw na gabi
na nagdala sa kanila sa kamatayan.

Mamamatay tao
laban sa kanilang sariling laman, mamamatay laban sa kalupaan
na siyang nagpasuso sa kanila mula ng sila’y isilang.

Ang dagat wala ng sapat
na sisidlang yari sa dayami
upang tipunin ang bawat patak

ng mga luha ng paghihinagpis at pagdadalamhati
nitong nangalunod na mga katawan

Isinalin sa wikang Filipino -Eden Soriano Trinidad
Translation into Filipino by Eden Soriano Trinidad

***

גברים / מריה ניביאה זאגארֶלָה, סיציליה

הַיָּם הַנָּסוֹג מַחְזִיר
אֶת הַמֵּתִים,
קַשׁ עֹדֶף,
חֲסַר-תּוֹעֶלֶת,
עַל הָאֲדָמָה הַזּוֹ.

מְטֹרָפִים וַאֲבוּדִים
עוֹזְבִים
הַמְּבֻגָּרִים הַמְּיֹאָשִׁים,
אוֹתָם קְטַנִּים תְּמִימִים
אֵינָם יְכוֹלִים לַעֲשׂוֹת דָּבָר,
יְדֵיהֶם הַקְּטַנּוֹת
קְפוּאוֹת מֵהַלַּיְלָה הַקַּר
שֶׁמֵּבִיא אוֹתָם אֶל פִּי מָוֶת.

גְּבָרִים רַצְחָנִיִּים
נֶגֶד עַצְמָם וּבְשָׂרָם,
רַצְחָנִיִּים כְּנֶגֶד הָאֲדָמָה
שֶׁהֵינִיקָה אוֹתָם מֵאָז הַלֵּדָה.

לַיָּם כְּבָר אֵין
דֵּי סַלֵּי קַשׁ
לֶאֱסֹף טִפָּה אַחַר טִפָּה
יְגוֹנוֹת וְקִינוֹת
שֶׁל גּוּפוֹת טוֹבְעוֹת אֵלּוּ.

תרגום מאנגלית לעברית: דורית ויסמן
Translation into Hebrew by Dorit Weissman

***

ஆண்கள்

விலகிய கடல் இறந்தவற்றைத்
திரும்பத்தருகிற து
பயனற்ற எஞ்சியுள்ள கோரைப்புற்களை
நிலத்திற்கே!
மனமாறாட்டமுடைய, இழந்துவிட்ட
நம்பிக்கை இழந்த வயதானவ்ர்கள்
பிரிகின்றனர்
விவரம் தெரியாத சிறுவர்கள்
ஒன்றும் செய்ய முடியாது
சில்லென்ற குளிர் இரவினால் இறுகிய
அவர்களுடைய சிறு கைகள்
அவர்களுக்கு மரணத்தை கொண்டுவருகிறது!
கொலைகார மனிதர்கள்
அவரது உடலை எதிர்த்து
நிலத்தை எதிர்த்து கொலைசெய்கின்றனர்
பிறந்த நாளினின்று மார்பகப் பால் கொடுத்தது
கடலினிடம் தேவையான கோரைப்புல் கூடைகள்
துளித்துளியாகச் சேகரிக்க

மூழ்கும் உடல்களின்
வேதனைகளையும் அழுகைகளையும்
தீர்ந்து விட்டன!

Translation into Tamil by Dr. N V Subbaraman

***

MIROV

Zerya xwe berzdike
miriyan vedigerîne:
şiv badilhewa,
bê havil e
li ser vê erdê.

Şêtanî û hindabûn
mirovên têgihêştî
xwe dikine rewşeke gumanî
zaroyên bê guhne,
yên bêçare,
dest qerimî… şeva xwîskanî
ji wan re mirinê tîne.

Tawanbar e mirov
lidijî goştê xwe
tawanbar e lidijî erdê
ewa di destpêkê de ew xwedîkir.

Di zeryayê de sepetên
şivên heytê neman,
ku dilop li pê dilopê kombike,
hejarî û gazinî
ev tenê niqumî.

Translation into Kurdish by Hussein Habasch

***

মানব

প্রত্যাখ্যাত সমুদ্র ফিরিয়ে দেয়

মৃতদেহ,
অতিরিক্ত খরকুটো,
মূল্যহীন,
এই পৃথিবীতে।
উন্মাদ আর নিখোঁজ
মরিয়া প্রাপ্তবয়স্করা
করে প্রস্থান,
নিষ্পাপ ওই শিশুরা
করতে পারে না কিছুই,
তাদের ছোটহাত গুলি
জমে যায় হিমশীতল রাতে
যা তাদের ঠেলে দেয় মৃত্যুমুখে।
হত্যাকারীরা

বিরুদ্ধে দাড়ায় তাদের নিজের স্বজাতির প্রতি,
এই পৃথিবীর বিরুদ্ধে হত্যাকারীরা
যে পৃথিবী থেকে তারা করেছে স্তন্যপান।
এখন সমুদ্রে নেই আর
পর্যাপ্ত ঘরের ঝুড়ি
বিন্দু করে নেওয়ার জন্য,
হতাশা আর বিলাপ
আর ডুবে যাওয়া সব দেহগুলি

Translation into Bangla by Tabassum Tahmina Shagufta Hussein

***

FIR

Tugann an mhuir ghéilliúil
na mairbh ar ais,
tuí iomarcach,
gan mhaith,
don domhan seo.
Ar mire is ar strae,
daoine fásta i ndeireadh na feide
ag imeacht,
níl na rudaí beaga saonta
in ann faic a dhéanamh,
a lámha beaga sioctha
ag an oíche fhuar a thugann
an bás léi.
Dunmharfóirí, fir a mharaíonn
a gcineál féin,
an domhan a chothaigh ón mbroinn iad
á scriosadh acu.

Níl dóthain ciseán tuí
ag an muir chun iad a bhailiú,
braon i ndiaidh braoin
d’ochlán na gcorp seo
á mb

Transcreation into Irish by Gabriel Rosenstock

(Maria Nivea Zagarella)

 

Recueil: ITHACA 647
Editions: POINT
Site: http://www.point-editions.com/en/

FRIENDS ITHACA
Holland: https://boekenplan.nl
Poland: http://www.poetrybridges.com.pl
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Dans les bois (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2020



 

Dans les bois

D’autres, – des innocents ou bien des lymphatiques, –
Ne trouvent dans les bois que charmes langoureux,
Souffles frais et parfums tièdes. Ils sont heureux !
D’autres s’y sentent pris – rêveurs – d’effrois mystiques.

Ils sont heureux! Pour moi, nerveux, et qu’un remords
Épouvantable et vague affole sans relâche,
Par les forêts je tremble à la façon d’un lâche
Qui craindrait une embûche ou qui verrait des morts.

Ces grands rameaux jamais apaisés, comme l’onde,
D’où tombe un noir silence avec une ombre encor
Plus noire, tout ce morne et sinistre décor
Me remplit d’une horreur triviale et profonde.

Surtout les soirs d’été: la rougeur du couchant
Se fond dans le gris bleu des brumes qu’elle teinte
D’incendie et de sang; et l’angélus qui tinte
Au lointain semble un cri plaintif se rapprochant.

Le vent se lève chaud et lourd, un frisson passe
Et repasse, toujours plus fort, dans l’épaisseur
Toujours plus sombre des hauts chênes, obsesseur,
Et s’éparpille, ainsi qu’un miasme, dans l’espace.

La nuit vient. Le hibou s’envole. C’est l’instant
Où l’on songe aux récits des aïeules naïves…
Sous un fourré, là-bas, là-bas, des sources vives
Font un bruit d’assassins postés se concertant.

(Paul Verlaine)

Illustration

 

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Elle est ignorante et libre, (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2020



Manuel Nunez  Hands Lifted [1280x768]

Elle est ignorante et libre,
Et sa candeur la défend.
Elle a tout, accent qui vibre,
Chanson triste et rire enfant,

Tout, le caquet, le silence,
Ces petits pieds familiers
Créés pour l’invraisemblance
Des romans et des souliers,

Et cet air des jeunes Eves
Qu’on nommait jadis fripon,
Et le tourbillon des rêves
Dans les plis de son jupon.

Cet être qui nous attire,
Agnès cousine d’Hébé,
Enivrerait un satyre,
Et griserait un abbé.

Devant tant de beautés pures,
Devant tant de frais rayons,
La chair fait des conjectures
Et l’âme des visions.

Au temps présent l’eau saline,
La blanche écume des mers
S’appelle la mousseline ;
On voit Vénus à travers.

Le réel fait notre extase ;
Et nous serions plus épris
De voir Ninon sous la gaze
Que sous la vague Cypris.

Nous préférons la dentelle
Au flot diaphane et frais ;
Vénus n’est qu’une immortelle ;
Une femme, c’est plus près.

Celle-ci, vers nous conduite
Comme un ange retrouvé,
Semble à tous les coeurs la suite
De leur songe inachevé.

L’âme l’admire, enchantée
Par tout ce qu’a de charmant
La rêverie ajoutée
Au vague éblouissement.

Quel danger ! on la devine.
Un nimbe à ce front vermeil !
Belle, on la rêve divine,
Fleur, on la rêve soleil.

Elle est lumière, elle est onde,
On la contemple. On la croit
Reine et fée, et mer profonde
Pour les perles qu’on y voit.

Gare, Arthur ! gare, Clitandre !
Malheur à qui se mettrait
A regarder d’un air tendre
Ce mystérieux attrait !

L’amour, où glissent les âmes,
Est un précipice ; on a
Le vertige au bord des femmes
Comme au penchant de l’Etna.

On rit d’abord. Quel doux rire !
Un jour, dans ce jeu charmant,
On s’aperçoit qu’on respire
Un peu moins facilement.

Ces feux-là troublent la tête.
L’imprudent qui s’y chauffait
S’éveille à moitié poète
Et stupide tout à fait.

Plus de joie. On est la chose
Des tourments et des amours.
Quoique le tyran soit rose,
L’esclavage est noir toujours.

On est jaloux ; travail rude !
On n’est plus libre et vivant,
Et l’on a l’inquiétude
D’une feuille dans le vent.

On la suit, pauvre jeune homme !
Sous prétexte qu’il faut bien
Qu’un astre ait un astronome
Et qu’une femme ait un chien.

On se pose en loup fidèle ;
On est bête, on s’en aigrit,
Tandis qu’un autre, auprès d’elle,
Aimant moins, a plus d’esprit.

Même aux bals et dans les fêtes,
On souffre, fût-on vainqueur ;
Et voilà comment sont faites
Les aventures du coeur.

Cette adolescente est sombre
A cause de ses quinze ans
Et de tout ce qu’on voit d’ombre
Dans ses beaux yeux innocents.

On donnerait un empire
Pour tous ces chastes appas ;
Elle est terrible ; et le pire,
C’est qu’elle n’y pense pas.

(Victor Hugo)

Illustration: Manuel Nunez

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Pour Grand-mère (Marina Tsvétaïéva)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2020



Pour Grand-mère

L’ovale allongé, sévère,
Les plis de la robe noire…
jeune grand-mère! Qui baisait
Vos lèvres hautaines?

Ces mains qui dans les salles du palais
jouaient les valses de Chopin…
De chaque côté du visage glacé —
Les boucles en spirales.

Le regard sombre, droit et exigeant,
Le regard prêt à la bataille.
Les jeunes femmes ne regardent pas ainsi.
jeune grand-mère, qui êtes-vous?

Que d’occasions vous avez emportées,
Que de choses impossibles aussi —
Dans le sein affamé de la terre,
Polonaise de vingt ans!

Le jour était innocent, le vent frais.
Les sombres étoiles mouraient.
Grand-mère! Ce cruel tourment
Dans mon cœur – serait-ce vous?…

(Marina Tsvétaïéva)


Illustration

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Les Moutons (Madame Deshouliéres)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2020




Les Moutons

Hélas ! petits moutons que vous êtes heureux,
Vous paissez dans nos champs sans soucis, sans alarmes
Aussitôt aimés qu’amoureux,
On ne vous force point à répandre des larmes ;
Vous ne formez jamais d’inutiles désirs ;
Dans vos tranquilles corps l’amour suit la nature ;
Sans ressentir ses maux vous avez ses plaisirs.
L’ambition, l’honneur, l’intérêt, l’imposture,
Qui font tant de maux parmi nous,
Ne se rencontrent point chez vous,
Cependant nous avons la raison pour partage,
Et vous en ignorez l’usage.
Innocents animaux, n’en soyez point jaloux,
Ce n’est pas un grand avantage.
Cette fière raison dont on fait tant de bruit,
Contre les passions n’est pas un sûr remède ;
Un peu de vin la trouble, un enfant la séduit ;
Et déchirer un coeur qui l’appelle à son aide
Est tout l’effet qu’elle produit ;
Toujours impuissante et sévère,
Elle s’oppose à tout et ne surmonte rien.
Sous la garde de votre chien
Vous devez beaucoup moins redouter la colère
Des loups cruels et ravissants,
Que, sous l’autorité d’une telle chimère,
Nous ne devons craindre nos sens.
Ne vaudrait-il pas mieux vivre comme vous faites
Dans une douce oisiveté ?
songe,
Ces prétendus trésors, dont on fait vanité,
Valent moins que votre indolence :
Ils nous livrent sans cesse à des soins criminels ;
Par eux plus d’un remords nous ronge ;
Nous voulons les rendre éternels,
Sans songer qu’eux et nous passerons comme un
Il n’est, dans ce vaste univers,
Rien d’assuré, rien de solide ;
Des choses ici-bas la fortune décide
Selon ses caprices divers.
Tout l’effort de notre prudence
Ne peut nous dérober au moindre de tes coups.

(Madame Deshouliéres)

 

 

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GABRIEL PÉRI (Paul Éluard)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2020



GABRIEL PÉRI
    
Un homme est mort qui n’avait pour défense
Que ses bras ouverts à la vie
Un homme est mort qui n’avait d’autre route
Que celle où l’on hait les fusils
Un homme est mort qui continue la lutte
Contre la mort contre l’oubli

Car tout ce qu’il voulait
Nous le voulions aussi
Nous le voulons aujourd’hui
Que le bonheur soit la lumière
Au fond des yeux au fond du cœur
Et la justice sur la terre

Il y a des mots qui font vivre
Et ce sont des mots innocents
Le mot chaleur le mot confiance
Amour justice et le mot liberté
Le mot enfant et le mot gentillesse
Et certains noms de fleurs et certains noms de fruits
Le mot courage et le mot découvrir
Et le mot frère et le mot camarade
Et certains noms de pays de villages
Et certains noms de femmes et d’amis
Ajoutons-y Péri
Péri est mort pour ce qui nous fait vivre
Tutoyons-le sa poitrine est trouée
Mais grâce à lui nous nous connaissons mieux
Tutoyons-nous son espoir est vivant.

(Paul Éluard)

 

Recueil: Au rendez-vous allemand
Traduction:
Editions:

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Le dernier des « Sept Poèmes d’amour en guerre » (Paul Éluard)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2020




    
Le dernier des « Sept Poèmes d’amour en guerre »

Au nom du front parfait profond
Au nom des yeux que je regarde
Et de la bouche que j’embrasse
Pour aujourd’hui et pour toujours

Au nom de l’amour enterré
Au nom des larmes dans le noir
Au nom des plaintes qui font rire
Au nom des rires qui font peur

Au nom des rires dans la rue
De la douceur qui lie nos mains
Au nom des fruits couvrant les fleurs
Sur une terre belle et bonne

Au nom des hommes en prison
Au nom des femmes déportées
Au nom de tous nos camarades
Martyrisés et massacrés
Pour n’avoir pas accepté l’ombre

Il nous faut drainer la colère
Et faire se lever le fer
Pour préserver l’image haute
Des innocents partout traqués
Et qui partout vont triompher.

(Paul Éluard)

 

Recueil: Au rendez-vous allemand
Traduction:
Editions:

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MASSACRE DES INNOCENTS (Philippe Soupault)

Posted by arbrealettres sur 23 mars 2020




    
MASSACRE DES INNOCENTS

Enfants d’Édouard et de Marie
enfants de Louis enfants de Jules
enfants du calendrier

Enfants prodiges et naturels
enfants martyrs et de l’amour
enfants abandonnés

Enfants d’hier et de demain
enfants du soir et de putain
enfants catalogués

Enfants des enfants des enfants
enfants sans tête ni pieds
enfants des bonnes années

Enfin enfants vous respirez
vous sucerez le sirop d’orgeat
et les bonbons des bonnes familles

Sucez léchez puisque tous lèchent
et qu’une paire de claques vous attend
enfants mes petits-enfants
et mes arrière-petits-enfants

(Philippe Soupault)

 

Recueil: Poèmes et poésies
Traduction:
Editions: Grasset

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