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Poésie

Posts Tagged ‘innocente’

Où est la VIE ? (Lise Cassin)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2018



Un oiseau monte vers le soleil
La vérité naît de l’instant
L’intensité dans le silence
Silence de l’instant
Espace de clarté blanche délivré de ténèbres

Amour nu
La brûlure à vif s’éternise
Au cœur
d’une île inespérée
A l’aube d’un jour innocentée de nuit

(Lise Cassin)

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Chantent les grillons-carillon (Ossip Mandelstam)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2018



Chantent les grillons-carillon,
C’est la fièvre qui frémit,
Crisse le four desséché,
C’est une soie rouge qui brûle.

Les souris s’aiguisent les dents
Sur le fond ténu de la vie.
Une hirondelle ou bien l’enfant
Aura détaché mon esquif.

Que chuchote au toit la pluie —
C’est une soie noire qui brûle —
Mais le merisier entendra
Jusqu’au fond des mers — adieu.

Vu que la mort est innocente
Et qu’on ne peut rien y changer —
Dans la fièvre du rossignol
Le coeur est encore brûlant.

(Ossip Mandelstam)


Illustration

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La pluie (Yi Pyông-Ki)

Posted by arbrealettres sur 27 mai 2018


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Je vois que tu es sur le point de partir
Tes bagages sont faits
L’innocente pluie a débuté, elle tombe depuis l’aube
Pluie, continue à tomber jusqu’à demain!
Et les jours suivants!

(Yi Pyông-Ki)

Illustration

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L’absence (Paul Verlaine)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



 

Steven Rushefsky  The-Letter [1280x768]

L’absence

Quinze longs jours encore et plus de six semaines
Déjà ! Certes, parmi les angoisses humaines
La plus dolente angoisse est celle d’être loin.

On s’écrit, on se dit que l’on s’aime, on a soin
D’évoquer chaque jour la voix, les yeux, le geste
De l’être en qui l’on met son bonheur, et l’on reste
Des heures à causer tout seul avec l’absent.
Mais tout ce que l’on pense et tout ce que l’on sent
Et tout ce dont on parle avec l’absent, persiste
À demeurer blafard et fidèlement triste.

Oh! l’absence! le moins clément de tous les maux!
Se consoler avec des phrases et des mots,
Puiser dans l’infini morose des pensées
De quoi vous rafraîchir, espérances lassées,
Et n’en rien remonter que de fade et d’amer!

Puis voici, pénétrant et froid comme le fer,
Plus rapide que les oiseaux et que les balles
Et que le vent du sud en mer et ses rafales
Et portant sur sa pointe aiguë un fin poison,
Voici venir, pareil aux flèches, le soupçon
Décoché par le Doute impur et lamentable.

Est-ce bien vrai ? Tandis qu’accoudé sur ma table
Je lis sa lettre avec des larmes dans les yeux,
Sa lettre, où s’étale un aveu délicieux,
N’est-elle pas alors distraite en d’autres choses?
Qui sait ? Pendant qu’ici pour moi lents et moroses
Coulent les jours, ainsi qu’un fleuve au bord flétri,
Peut-être que sa lèvre innocente a souri ?
Peut-être qu’elle est très joyeuse et qu’elle oublie?

Et je relis sa lettre avec mélancolie.

(Paul Verlaine)

Illustration: Steven Rushefsky

 

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MÉRIDIEN (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



 

MÉRIDIEN

Tout l’été,
calibré par l’âpre lumière déclinante
de nos mains sombres, forgeant dunes : tes pierres,
s’écroulant pour revivre
autour de toi.

Dans la transparence de mes cils, noir corbeau,
une seule étoile précoce,
débusquée d’un enfer de ronces,
te dresse, innocente,
vers le matin, et peuple ton ombre
de noms.

Rimés de nuit. Aux profondeurs de herse.
Près.

(Paul Auster)

Illustration: Audrey Kawasaki

 

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L’AUTRUCHE EN MORCEAUX (Kôtarô Takamura)

Posted by arbrealettres sur 13 novembre 2017



 

L’AUTRUCHE EN MORCEAUX
BOROBORO-NA DACHÔ

Quel intérêt de garder une autruche?
Au jardin zoologique, dans un enclos boueux de treize mètres carrés,
Ses pattes ne font-elles pas des enjambées trop larges?
Son cou n’est-il pas allongé démesurément?
Dans un pays où, de plus, tombe la neige, ses plumes ne s’en
vont-elles pas trop en morceaux?
L’estomac rétréci elle doit bien manger du pain dur mais
L’oeil de l’autruche ne regarde-t-il pas au loin seulement?
Ne brûle-t-il pas comme si elle avait perdu corps et biens?
Ne s’est-elle pas postée en attente comme si le vent d’émeraude
allait venir souffler?
Un rêve infini ne s’enroule-t-il pas dans cette innocente petite tête?
Cet être ce n’est plus une autruche, n’est-ce pas?
Assez! Soyons humains!
Arrêtons ce genre d’entreprise!

(Kôtarô Takamura)

 

 

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La baigneuse est innocente (Jean Tortel)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2016



 

La baigneuse est innocente
Elle est blanche elle est dorée
Elle est transparente
Invisible à beaucoup

Et surprise entre l’eau et les feuilles
Fléchit légèrement les seins cachés
Par de longs doigts qui tremblent

Je ne sais d’où cette clarté surgit
Ou de l’irrespirable gouffre
Ou bien d’un espace inconnu
Aux corps impurs

Et seule
Mais ruisselle mais scintille
Seule et mouillée

Embarrassés des basses branches
Qui bougent pour toucher un corps
Nu absolument nu
Engagée sans pudeur à travers les désirs

(Jean Tortel)

Illustration: Paul Emile Chabas

 

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L’automne (Catherine Paysan)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2016




L’automne

Tête en bas
Tête en haut
Ma tremblante, mon éphémère,
Petite feuille légère
Tu danses sans toucher terre
A la branche du sureau.

Voici venir tes derniers temps
Mon innocente passagère
Petite forme légère
Toute verte
Toute offerte
A la cravache des vents.

Petite reine, pauvre enfant
Sous la cravache des vents
Tu danses encore pourtant
Tête en bas
Tête en haut
En retenant tes sanglots.

(Catherine Paysan)

 

 

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Répondeur (Balbino)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2016



 

répondeur

Répondeur

Ton répondeur te disait morte
et je l’ai cru.
Tu l’étais dans cette banlieue
d’où jamais nous ne sommes
sortis.
Tu partais sans manteau
dans des nuits
où les quais de Seine
t’emmenaient vers Paris.
Je courais sur la trace
de tes morsures
innocentes.
Un numéro et puis
je savais…
Mairie de Saint-Ouen.
Alors
je courais encore
vers ton suicide
avorté.
Je te retrouvais au matin
du sang séché
sur l’amour de tes mains.
Les seules
qui m’aient touché.

(Balbino)

 

 

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Cette parole innocente, nous l’avons entendue (Gérard Pfister)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2016


 

Cette parole innocente, nous l’avons entendue.
Sans la reconnaître. Englués que nous sommes dans le monde des images.

La parole a surgi de l’obscur. Ne disant rien d’autre que notre silence.
Notre vide. Portant en elle pourtant tout le secret.

Un grand silence nous a saisis.
Et nous n’avons eu à offrir que notre écoute.

Comment notre vie ne serait-elle tout entière pleine de ce silence ?

(Gérard Pfister)

 

 

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