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Poésie

Posts Tagged ‘innombrable’

Plus bas le passage contre le mur (Georges Drano)

Posted by arbrealettres sur 25 juin 2018



Plus bas le passage contre le mur
plaçant contre le mur plus bas sur la page
en son commencement qui nous ramène à plus
De l’autre côté
l’accompagnement du dos qui s’éloigne
dans le mélange avec foule, distance
gestes innombrables à la confusion de tous
Plus bas le passage d’un mot à l’autre
foule distance regroupant le temps
de s’appeler au passage.

(Georges Drano)

Illustration: Leon Levinstein

 

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Le néant (Roger Munier)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018




    
Le néant n’est pas d’ailleurs ou d’après.
Il est dans l’être où il sévit, ne peut que sévir.
Dans la négation si constante au niveau du langage.
Dans tout ce qui retranche, en art.
Dans les morsures innombrables de la vie.
Il est là, non dans l’être grinçant, dans le là.

(Roger Munier)

 

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AUTOMNE (John Clare)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018



 

    

AUTOMNE

Le duvet de chardon voyage
Bien que les vents soient tous tranquilles
Tantôt là sur le pâturage
Tantôt gravissant la colline
Le courant qui vient de la source
A présent bout comme un chaudron
Et franchit d’innombrables pierres
En bouillonnant à gros bouillons

Le sol racorni craquelé
A la mine d’un pain trop cuit
Le gazon vert est saccagé
Ses tiges desséchées sans vie
Les jachères comme de l’eau
Miroitent à perte de vue
Les fils de la vierge tremblotent
D’une herbe à l’autre suspendus.

Les collines tel un fer ardent
Brûlent à leur faîte au soleil
Et les ruisselets dans leur cours
Flambent clair à de l’or pareils
L’air aussi est de l’or liquide
La terre brûle comme un four
Quiconque promène les yeux
Voit l’Éternité alentour

***

AUTUMN

The thistledown’s flying
Though the winds are all still
On the green grass now lying
Now mounting the hill
The spring from the fountain
Now boils like a pot
Through stones past the counting
It bubbles red hot

The ground parched and cracked is
Like overbaked bread
The greensward all wracked is
Bents dried up and dead
The fallow fields glitter
Like water indeed
And gossamers twitter
Flung from weed unto weed

Hill-tops like hot iron
Glitter hot i’ the sun
And the rivers we’re eyeing
Burn to gold as they run
Burning hot is the ground
Liquid gold is the air
Whoever looks round
Sees Eternity there

(John Clare)

 

Recueil: Poèmes et Proses de la Folie de John Clare
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Mercure de France

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ART POÉTIQUE (René Guy Cadou)

Posted by arbrealettres sur 10 janvier 2018




    
ART POÉTIQUE

Quand ce sera la nuit
Et toi tout seul dans une limousine
Quelque part sur une route de forêt
Quand ce sera nuit noire
Ô mon poète aie garde d’allumer tes phares
Appuie de toutes tes forces sur le champignon de la beauté
Sans rien savoir
Et sans souci du flot battant ton pare-brise
Enfonce-toi comme un noyé dans la nuit rageuse qui grise

Tu as perdu la direction
Le Nord l’étoile les feux de position
Et tu sens soudain un grand choc
Tu es couché tout près de toi dans la verdure
Tu es comme mille petits trous de serrure
Qui regardent dans ta tête éclatée
Les éléments épars de la beauté

Et qui viendrait te chercher là
Quand tu disposes de toi-même
Secrètement pour un destin
Qui ne peut plus te laisser seul
N’appelle pas
Mais entends ce cortège innombrable de pas.

(René Guy Cadou)

 

Recueil: Poésie la vie entière
Traduction:
Editions: Seghers

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Qui me sépare de ma mort ? (Pierre Emmanuel)

Posted by arbrealettres sur 5 janvier 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
Qui me sépare de ma mort ?
un miroir où mon âme morte
a perdu le poids de son corps
Qui me sépare de ma vie ?
l’ombre à reculons qui m’épie
et me fascine en me fuyant
Qui me sépare de mon dieu ?
moi innombrable qui me prends
au piège de mes visages
Mais dans l’Ombre où je suis damné
l’Autre muet me dévisage.

(Pierre Emmanuel)

 

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Tu rêves toi (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
Tu rêves toi

Tu rêves toi d’être un peu tous les autres.
Pour te traduire il te faut cent langages.
Rien n’y suffit, pas même la nature
avec les voix de son choeur innombrable.

Petit maillon fragile dans la chaîne,
poumon léger du grand souffle cosmique,
aurais-tu peur de rester seul au monde
quand la seconde assassine le siècle ?

Tu es issu d’un poème sans fin
et tu le lis comme on soulève un roc
pour établir le socle millénaire
de l’inconnu qui dirige ta quête.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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Mon corps était plus immense que la terre (René Char)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2017



 

Bao-Pham Thienbao 5-d4kgl8q

Mon corps était plus immense que la terre
et je n’en connaissais qu’une toute petite parcelle.
J’accueille des promesses de félicité si innombrables, du fond de mon âme,
que je te supplie de garder pour nous seuls ton nom.

(René Char)

Illustration: Bao-Pham Thienbao

 

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Une rose (René Char)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2017



 Illustration: Salvador Dali
    
Une rose pour qu’il pleuve.
Au terme d’innombrables années,
c’est ton souhait.

(René Char)

 

Recueil: Fureur et mystère
Traduction:
Editions: Gallimard

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Violettes (Colette)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2017



Et les violettes elles-mêmes, écloses par magie dans l’herbe, cette nuit, les reconnais-tu ?
Tu te penches, et comme moi tu t’étonnes ; ne sont-elles pas, ce printemps-ci, plus bleues ?
Non, non, tu te trompes, l’an dernier je les ai vues moins obscures, d’un mauve azuré, ne te souviens-tu pas ?…

Tu protestes, tu hoches la tête avec ton rire grave, le vert de l’herbe neuve décolore l’eau mordorée de ton regard…
Plus mauves… non, plus bleues… Cesse cette taquinerie !
Porte plutôt à tes narines le parfum invariable de ces violettes changeantes
et regarde, en respirant le philtre qui abolit les années,
regarde comme moi ressusciter et grandir devant toi les printemps de ton enfance…

Plus mauves… non, plus bleues…
Je revois des prés, des bois profonds que la première poussée des bourgeons embrume d’un vert insaisissable,
– des ruisseaux froids, des sources perdues, bues par le sable aussitôt que nées, des primevères de Pâques,
des jeannettes jaunes au cœur safrané, et des violettes,
des violettes, des violettes…

Je revois une enfant silencieuse
que le printemps enchantait déjà d’un bonheur sauvage,
d’une triste et mystérieuse joie…
Une enfant prisonnière, le jour, dans une école,
et qui échangeait des jouets, des images,
contre les premiers bouquets de violettes des bois, noués d’un fil de coton rouge,
rapportés par les petites bergères des fermes environnantes…

Violettes à courte tige, violettes blanches et violettes bleues,
et violettes de coucou anémiques et larges, qui haussent sur de longues tiges leurs pâles corolles inodores…
Violettes de février, fleuries sous la neige, déchiquetées, roussies de gel, laideronnes, pauvresses parfumées…
Ô violettes de mon enfance ! Vous montez devant moi, toutes,
vous treillagez le ciel laiteux d’avril,
et la palpitation de vos petits visages innombrables m’enivre…

(Colette)

Illustration

 

 

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Les Quatre Voeux bouddhiques (Sagesse du Bouddhisme)

Posted by arbrealettres sur 12 août 2017




    
Les Quatre Voeux bouddhiques

Si nombreux que soient mes défauts,
Je m’efforcerai d’en triompher.

Si difficile que soit l’étude,
Je m’appliquerai à l’étude.

Si ardu que soit le chemin de la Perfection,
Je ferai de mon mieux pour y marcher.

Si innombrables que soient les créatures errantes
dans l’étendue des trois mondes,
Je travaillerai à les sauver.

(Sagesse du Bouddhisme)

 

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