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Poésie

Posts Tagged ‘inondé’

VOLUPTÉ (Pierre Louÿs)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2018



Illustration: Philippe Zacharie
    
VOLUPTÉ

Sur une terrasse blanche, la nuit, ils nous laissèrent évanouies dans les roses.
La sueur chaude coulait comme des larmes, de nos aisselles sur nos seins.
Une volupté accablante empourprait nos têtes renversées.

Quatre colombes captives, baignées dans quatre parfums, voletèrent au-dessus de nous en silence.
De leurs ailes, sur les femmes nues, ruisselaient des gouttes de senteur. Je fus inondée d’essence d’iris.

Ô lassitude! je reposai ma joue sur le ventre d’une jeune fille qui s’enveloppa de fraîcheur avec ma chevelure humide.
L’odeur de sa peau safranée enivrait ma bouche ouverte. Elle ferma sa cuisse sur ma nuque.

Je dormis, mais un rêve épuisant m’éveilla : l’iynx, oiseau des désirs nocturnes, chantait éperdument au loin.
Je toussai avec un frisson. Un bras languissant comme une fleur s’élevait peu à peu vers la lune, dans l’air.

(Pierre Louÿs)

 

Recueil: Les chansons de Bilitis
Traduction:
Editions: Gallimard

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Un instant avant le baiser (Petr Král)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2018




    
Un instant avant le baiser,
la femme qui l’attend au bord du trottoir
est déjà inondée par la clarté d’une nudité intérieure.

(Petr Král)

 

Recueil: Cahiers de Paris
Traduction:
Editions: Flammarion

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J’ai dit : — « Tu viendras avec moi. » (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2017



J’ai dit : — « Tu viendras avec moi. » — Où : et comment
palpitait mon être dolent nul ne l’a su,
pour moi il n’était point d’oeillet, de barcarolle,
mais rien qu’une blessure ouverte par l’amour.

J’ai répété comme à la mort : viens avec moi,
et nul n’a vu saigner la lune dans ma bouche,
et nul n’a vu ce sang monter vers le silence.
Amour ne pensons plus aux ronces de l’étoile

Aussi quand j’entendis ta voix qui répétait
Tu viendras avec moi » — je crus qu’elle lâchait
la douleur, l’amour, la fureur du vin captif

qui monterait du fond de sa cave inondée.
A nouveau ma bouche a senti, pierre et brûlure,
une saveur de flamme et d’oeillets et de sang.

***

 » Vendrás conmigo « , dije, sin que nadie supiera
dónde y cómo latía mi estado doloroso,
y para mí no había clavel ni barcarola,
nada sino una herida por el amor abierta.

Repetí : ven conmigo, como si me muriera,
y nadie vio en mi boca la luna que sangraba,
nadie vio aquella sangre que subía al silencio.
Oh amor, ahora olvidemos la estrella con espinas !

Pm- eso cuando oí que tu voz repetía
 » Vendrás conmigo « , fue como si desataras
dolor, amor, la furia del vino encarcelado

que desde su bodega sumergida subiera
y otra vez en mi boca sentí un sabor de llama,
de sangre y de claveles, de piedra y quemadura.

(Pablo Neruda)

Illustration: Gaëlle Boissonnard

 

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Lenteur des choses (Heather Dohollau)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2016



L’automne sait-il qu’il n’est pas le printemps
Dans la merveilleuse lenteur des choses avant la chute
Quand l’herbe est très verte et la lumière poudrée d’or
et les champs inondés piègent les oiseaux du ciel

Vivre entre les bords du temps comme dans une coupe
où la feuille sèche et courbée comme une voile
Est le fragile bateau d’une fleur de mai
Qui sait en quelle direction souffle le vent

(Heather Dohollau)

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Champ inondé (Damien Gabriels)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2016



champ inondé —
le vieil épouvantail
perclus de rhumatismes

(Damien Gabriels)

 

 

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Les voyageurs éternels (Marie-Hérèse Hiégel)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2016



A coups de cafard
Je trébuche sur la vie
A roue libre
Je dévale ma misère

En bas les oiseaux
Epient mon sourire
Plus loin les arbres
Plongent sur moi
Leurs grandes ailes prisonnières
Et je vais heureuse
Dans l’eau des rires adolescents
Purifier mon coeur
Je regarde à travers
Mes cils inondés
Les voyageurs éternels
Du bonheur que tu m’as donné

(Marie-Hérèse Hiégel)

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C’est toujours la cuillère de fer blanc (János Pilinszky)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2016



C’est toujours la cuillère de fer blanc au rebut,
le bric-à-brac de la misère que j’ai cherchés,
espérant qu’un beau jour
inondés de pleurs, doucement m’accueilleront
la vieille cour, le silence de lierre
de notre demeure, son chuchotement.

Toujours,
j’ai toujours eu la nostalgie du retour.

(János Pilinszky)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/


Illustration

 

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Les tournesols (Maeda Yugûre)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2015



Les tournesols
Inondés d’huile dorée
S’étirent nonchalamment sous la petitesse du soleil

(Maeda Yugûre)

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Corps posé dans le champ aigu (Martine Broda)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2015



 

Jeanie Tomanek b6846t [1280x768]

corps posé dans le champ
aigu. yeux
d’alarme.

fermés dans le feu. blanchissant
à l’envers. ouverts: inondés de blancheur

(Martine Broda)

Illustration: Jeanie Tomanek

 

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