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Bête sournoise (Renée Vivien)

Posted by arbrealettres sur 20 juillet 2017



Illustration: Johann Heinrich Füssli
    

Bête sournoise

Mon mal insinuant est la bête qui ronge,
Qui ronge et se repaît insatiablement ;
Et mon mal se blottit pour guetter le moment
Où se croit délivré l’essor triste du songe.

Je crois tout oublier de l’ancienne rancoeur…
Dans la splendeur du soir mon âme se pavoise
De l’or des étendards… Mais la bête sournoise
M’enfonce lentement ses griffes dans le coeur.

Jamais ne s’adoucit un peu, ni ne s’arrête
La volonté du mal dans ses regards ardents…
Mon coeur garde toujours l’empreinte de tes dents,
O chagrin d’autrefois, vile et puante bête !

(Renée Vivien)

 

Recueil: Dans un coin de violettes
Editions: E. SANSOT & Cie

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Communion (Marie Dauguet)

Posted by arbrealettres sur 30 juin 2017




    
Communion

Près des ruisseaux obscurs dont se plisse la moire
Et que moirent parfois d’agiles frissons d’or,
Comme en un sanctuaire, archaïque trésor,
Des iris ont ouvert leur bleuâtre ciboire.

Le vain réel s’embrume au fond de ma mémoire:
Jours tièdes, affadis! Dans la flamme se tord
Consumé par mes soins le poussiéreux grimoire.
Voluptueux iris qui fleurissez le bord

De l’ombre et du mystère, accueillez et ma lèvre
Et la sienne, – où la mienne en la mordant s’enfièvre, –
Offrez à mes désirs d’extases altérés

Insatiablement ces parfums qui vous baignent,
Grâce au mystique vin que vous nous verserez,
Que plus intensément nos deux âmes s’étreignent.

(Marie Dauguet)

 

 

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INSATIABLEMENT (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2017



INSATIABLEMENT

Quand tu me vois pâlir de fièvre,
Le rire écume sur ta lèvre.

Je suis las. Laisse! Que veux-tu?
N’as-tu point usé ma vertu ?

N’as-tu pas dévoré ma vie
Et bu mon sang, inassouvie?

N’entends-tu pas tinter le glas
De tous mes désirs? Je suis las.

J’ai besoin de cesser la lutte.
Je veux dormir comme une brute.

Mais ton rire strident, moqueur,
Sonne la diane à mon cœur.

Ah! tes yeux sont des précipices
Et les paroles des épices.

Allons, mon corps lâche, il le faut!
Condamné, baise l’échafaud.

Encor? Je ne puis plus. Ô rage !
La force manque à mon courage.

Mes yeux troubles vont se fermer.
Assez! Je ne veux plus t’aimer.

Je ne veux plus t’aimer? Mensonge !
Inassouvi, je t’aime en songe.

Tes doigts brûlent mes reins nerveux.
Embrasse-moi ! Je puis. Je veux.

(Jean Richepin)

Illustration: Fabienne Contat

 

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