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LES CARACTÈRES ILLISIBLES (Jean Tardieu)

Posted by arbrealettres sur 15 avril 2019




    
LES CARACTÈRES ILLISIBLES

Ce que tu assembles, ce que tu divises
se passe au fond de ton sang
hors de ta volonté : tu assistes
et tu te révoltes de n’être qu’un témoin
sans nul pouvoir.

Cette faible vie, tu aurais voulu la dominer
et tu ne parviens
(à force de vigilance)
qu’à percevoir en deçà et au-delà
des éclairs indéchiffrables
quelques lointains roulements
annonçant que tout se prépare.

Bientôt ce qui est imprévu sera là
et ce que nous attendions s’enfuira.
Nous serons atteints par surprise
sans avoir compris sans savoir lire
les figures de nos propres rêves
pourtant inscrites en lettres géantes
sur la face changeante des nuages.

(Jean Tardieu)

 

Recueil: L’accent grave et l’accent aigu
Traduction:
Editions: Gallimard

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Inscrite à l’horizon du souvenir (Georges-Emmanuel Clancier)

Posted by arbrealettres sur 19 janvier 2018



Illustration: Mana Neyestani
    
Inscrite à l’horizon du souvenir
flèche toujours vers d’autres futurs
toi ma promesse vole
et nie la morne limite.

Donne à ma soif les fruits
que mûrit pour nous le silence.

(Georges-Emmanuel Clancier)

 

Recueil: Contre-Chants
Traduction:
Editions: Gallimard

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La nuit me rêve (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 4 janvier 2018



Illustration: Patricia Blondel
    
La nuit me rêve

La nuit me rêve. Une goutte d’or pur
sous le lilas s’écrase comme un pleur.
J’offre à l’obscur un éclair de ma vie,
le souvenir d’avoir été soleil.

Dans quel espoir as-tu trempé ta plume,
dans quel voyage as-tu trouvé le lieu
où l’univers se moulait dans ta cire ?

Le vent me parle. Au coeur de ces vallées,
ce sont les voix qui montent du passé.
Pour quel message ? Une ronde s’arrête
et chaque enfant c’est une heure figée.

Je tourne et tourne, aiguille solitaire
car m’arrêter serait fusiller l’heure
inscrite au front de ces enfants précaires.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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DIEU ÉCRIT DROIT (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2017




    
DIEU ÉCRIT DROIT

Dieu écrit droit avec des lignes courbes
Et la vie ne se vit pas en ligne droite
En chaque cellule de l’homme sont inscrites
La couleur des yeux et l’acuité du regard
Le dessin des os et le contour des lèvres
C’est pour cela que tu te regardes dans le miroir
Et que dans le miroir tu te cherches pour te reconnaître
Mais en chaque cellule depuis le début
Fut inscrit le signe véhément de ta liberté
Car tu fus créé et tu dois être réel
N’oublie donc jamais ta très austère ferveur
Ton exigence de toi parmi
Les miroirs déformants les désastres les détours
Pas un seul moment tu ne peux perdre
La ligne musicale de l’enchantement
Qui est ton soleil, ta lumière, ton aliment

***

DEUS ESCREVE DIREITO

Deus escreve direito por linhas tortas
E a vida não vive em linha recta
Em cada célula do homem estão inscritas
A cor dos olhos e a argúcia do olhar
O desenho dos ossos e o contorno da boca
Por isso te olhas ao espelho :
E no espelho te buscas para te reconhecer
Porém em cada célula desde o inicio
Foi inscrito o signo veemente da tua liberdade
Pois foste criado e tens de ser real
Por isso não percas nunca teu fervor mais austero
Tua exigência de ti e por entre
Espelhos deformantes e desastres e desvios
Nem um momento só podes perder
A linha musical do encantamento
Que é teu sol, tua luz, teu alimento

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

 

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DÉMARCHE (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 3 novembre 2017



 

James Zwadlo  Magic square 4

DÉMARCHE

Je dis

Pour provoquer l’ailleurs
enfoui dans chaque regard
Pour délivrer l’espace
inscrit dans toutes les paumes

Pour renaître à distance
Pour traduire au plus près

Je dis
Pour être Ensemble

(Andrée Chedid)

Illustration: James Zwadlo

 

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Le Lit (Jean-Marc Pelletier)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2017



Le Lit

Quand la nuit approche, l’inspiration, qui est muse malicieuse,
se glisse dans le lit du poète et inscrit le tracé de son joli corps sur le drap,
en une invisible empreinte.

Si le poète se pose exactement sur cette signature
– bras droit replié à hauteur d’épaule, bras gauche allongé, jambes parfaitement jointes -,
l’inspiration viendra le visiter dans son sommeil,
tournant et repassant dans sa caboche comme la boule sur la roulette.

Au réveil, le poète écrit immédiatement le poème offert.
S’il ne s’en souvient pas (ce qui souvent survient), il en invente un autre.

(Jean-Marc Pelletier)

Découvert ici chez laboucheaoreilles

Illustration: Auguste Rodin

 

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LES POUVOIRS DE L’AMOUR (VII) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2017



Illustration: Annie Predal
    

LES POUVOIRS DE L’AMOUR (VII)

Adossé à l’ombre comme à un contrefort,
je vois les maisons se noyer dans les fenêtres
et la plaine recommence à faire tourner son disque
entre les bords enfin visibles de l’horizon.

Les paysages sont figés dans la verdure,
loin des villes que je ne peux quitter
parce que mes pas sont inscrits d’avance
dans toutes les rues où ma statue bouge.

Ton regard, trop grand pour l’espace,
fait de moi un être
à la recherche d’un chemin
qui ne va point au-delà de ton corps.

Tu es la seule chose
que je puisse tenir contre moi
et tes yeux d’amour sont uniques
comme le plus beau des couchants de mon enfance.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

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Chardon, ruisselant de chaleur (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2017



 

Chardon, ruisselant de chaleur,
et le mot aride
qui te talonne — gueulé
au fond des gisements.
La lumière se déverserait ici.
Elle filtrerait à travers
la branche griffonnée qui a inscrit
au-dessus de nous une telle crainte. Comme si, loin de toi,
j’avais pu le sentir me
traverser, tandis que je marchais
vers le nord à l’intérieur de mon corps.

(Paul Auster)

 

 

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A force d’attendre (André Laude)

Posted by arbrealettres sur 29 juin 2016



A force d’attendre
j’oublie qui j’attends
Oiseau ou femme
blessure ou bûcher

je scrute la plante
j’exige son secret
avec des gestes humbles
des mots qui apaisent

vague me parvient
cette rumeur de métamorphose
qui travaille mes mains
au plus obscur

j’épelle ton visage
O futur inscrit
dans le pas d’aujourd’hui
dans l’absence éprouvée

dans le silex d’un cri
qui résonne au fond
dans cette humide patrie
des regards et des mots

Ce peu de mort
qu’obstinément je fouille
repousse mes limites
jusqu’au soleil du fenouil

jusqu’à ce mystère
vivant aérien
Un merle qui retient
le monde dans son chant

Au miroir sévère
je ne déserte pas
la cendre dans la voix
doucement prolifère.

(André Laude)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Euan Macleod

 

 

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Je viens de là où l’on sait lire le ciel (Louis Bertholom)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2015



Je viens de là où l’on sait lire le ciel et décrypter
le vent. Là où rien n’est fatalité, où l’imprévisible
s’accepte. Là où je n’aurais de cesse de dialoguer
avec graminées et pluies. Dans la filature des temps
j’ouvre la porte à l’étable des mots. J’essaie
d’atteindre le champ libre en courant dans la partition
de l’herbe, du vent et de la bouse. J’ai inscrit depuis
longtemps sur mon front les sillons de mes songes
et l’incertaine récolte de la vie…

(Louis Bertholom)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

 

 

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