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Poésie

Posts Tagged ‘insensé’

Délivrez-nous de la Pensée (Jules Laforgue)

Posted by arbrealettres sur 2 mai 2019



Délivrez-nous de la Pensée,
Lèpre originelle, ivresse insensée,

Radeau du Mal et de l’Exil;
Ainsi soit-il.

(Jules Laforgue)

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Ô insensé (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 22 avril 2019



Illustration: Laurent Fièvre
    
Ô insensé, qui essaies de te porter sur tes propres épaules!
Ô mendiant, qui viens mendier à ta propre porte!
Dépose tes fardeaux entre les mains de celui qui peut tout porter,
et jamais ne jette un regard de regret en arrière.
Ton désir éteint la flamme de la lampe aussitôt que l’atteint son souffle.
Il est profane et ses mains sont souillées; n’accepte aucun don qu’il te tende.
Mais cela seulement que t’offrira l’amour sacré.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: L’offrande lyrique
Traduction: André Gide
Editions: Gallimard

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ÉLÉGIE (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2018




    

ÉLÉGIE

La défunte gaieté d’années insensées
pèse sur moi comme un vin mal cuvé.
Mais comme le vin, la tristesse de jours passés
croît en mon âme à mesure des années.
Triste vie ! De la mer houleuse du futur
ne m’attend plus guère que peines et labeurs.

Pourtant non, je ne veux pas mourir !
Mais je veux vivre et penser et souffrir
et même trouver certaine jouissance
aux soucis, aux peines et adversités
— il m’arrive d’en tirer des larmes —
et une certaine harmonie de mon cru.
Et qui sait si l’heure crépusculaire
ne m’enverra, de l’amour, un dernier sourire ?

***

(Alexandre Pouchkine)

 

Recueil: L’heure de la nuit Poèmes
Traduction: Christiane Pighetti
Editions: De la Différence

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Il est des créatures (Pétrarque)

Posted by arbrealettres sur 23 octobre 2018



Illustration: Freydoon Rassouli  
    
Il est des créatures dont le regard
Est si altier qu’il soutient le soleil.
D’autres, que fait souffrir trop de lumière,
Ne sortent de leur antre que vers le soir.

Et d’autres, les insensées, qui ont désir
De jouir de la flamme, puisqu’elle brille.
Celles-là, c’est son autre vertu qui les consume.

Hélas, je suis de cet essaim fugace.
Car je ne puis affronter la lumière
De cette dame, et non plus ne sais faire
Un écran des lieux sombres, des crépuscules.

En dépit de mes yeux meurtris et pleins de larmes,
Je n’ai de vie qu’à chercher à la voir,
Et je sais que je cours à ce qui me brûle.

***

Son animali al mondo de si altera
vista che ‘ncontra ‘l sol pur si difende;
altri, perb che ‘l gran lume gli offende,
non escon fuor se non verso la sera;

et altri, col desio folle che spera
gioir forse nel foco, perché splende,
provan l’altra verni, quella che ‘ncende:
lasso, e ‘l mio loco è ‘n questa ultima schera.

Ch’i’ non son forte ad aspectar la luce
di questa donna, et non so fare schermi
di luoghi tenebrosi, o d’ore tarde:

perb con gli occhi lagrimosi e ‘nfermi
mio destino a vederla mi conduce;
et so ben ch’i’ vo dietro a quel che m’arde.

(Pétrarque)

 

Recueil: Je vois sans yeux et sans bouche je crie
Traduction: Yves Bonnefoy
Editions: Galilée

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Dans quel repli de lumière (Yves Simon)

Posted by arbrealettres sur 3 septembre 2018



Illustration: Fra Angelico
    
Dans quel repli de lumière
se niche
la foi,
l’élan intense
insensé
irréductible aux mots,
l’infinie pensée
pour l’en dehors
de la Raison?

Pourtant
un avant
et un après
irréconciliables,
marquent le temps
de certains.
Un jour
à Milan,
Augustin
rencontra
la fracture
par où engouffrer
un amour infini
destiné
à l’être infini.
Comme si
depuis toujours,
tapie dans une pénombre
d’humilité,
se préparait
la sublime jonction.

(Yves Simon)

 

Recueil: Le souffle du monde
Traduction:
Editions: Grasset

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Ecole buissonnière (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018



 

Ecole buissonnière

Ma pensée est une églantine
Eclose trop tôt en avril,
Moqueuse au moucheron subtil
Ma pensée est une églantine ;
Si parfois tremble son pistil
Sa corolle s’ouvre mutine.
Ma pensée est une églantine
Eclose trop tôt en avril.

Ma pensée est comme un chardon
Piquant sous les fleurs violettes,
Un peu rude au doux abandon
Ma pensée est comme un chardon ;
Tu viens le visiter, bourdon ?
Ma fleur plaît à beaucoup de bêtes.
Ma pensée est comme un chardon
Piquant sous les fleurs violettes.

Ma pensée est une insensée
Qui s’égare dans les roseaux
Aux chants des eaux et des oiseaux,
Ma pensée est une insensée.
Les roseaux font de verts réseaux,
Lotus sans tige sur les eaux
Ma pensée est une insensée
Qui s’égare dans les roseaux.

Ma pensée est l’âcre poison
Qu’on boit à la dernière fête
Couleur, parfum et trahison,
Ma pensée est l’âcre poison,
Fleur frêle, pourprée et coquette
Qu’on trouve à l’arrière-saison
Ma pensée est l’âcre poison
Qu’on boit à la dernière fête.

Ma pensée est un perce-neige
Qui pousse et rit malgré le froid
Sans souci d’heure ni d’endroit
Ma pensée est un perce-neige.
Si son terrain est bien étroit
La feuille morte le protège,
Ma pensée est un perce-neige
Qui pousse et rit malgré le froid.

(Charles Cros)

Illustration

 

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Ne me quitte pas (Jacques Brel)

Posted by arbrealettres sur 30 juillet 2018



Ne me quitte pas
Il faut oublier
Tout peut s’oublier
Qui s’enfuit déjà
Oublier le temps
Des malentendus
Et le temps perdu
A savoir comment
Oublier ces heures
Qui tuaient parfois
A coups de pourquoi
Le cœur du bonheur
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

Moi je t’offrirai
Des perles de pluie
Venues de pays
Où il ne pleut pas
Je creuserai la terre
Jusqu’après ma mort
Pour couvrir ton corps
D’or et de lumière
Je ferai un domaine
Où l’amour sera roi
Où l’amour sera loi
Où tu seras reine
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

Ne me quitte pas
Je t’inventerai
Des mots insensés
Que tu comprendras
Je te parlerai
De ces amants-là
Qui ont vu deux fois
Leurs cœurs s’embraser
Je te raconterai
L’histoire de ce roi
Mort de n’avoir pas
Pu te rencontrer
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

On a vu souvent
Rejaillir le feu
De l’ancien volcan
Qu’on croyait trop vieux
Il est paraît-il
Des terres brûlées
Donnant plus de blé
Qu’un meilleur avril
Et quand vient le soir
Pour qu’un ciel flamboie
Le rouge et le noir
Ne s’épousent-ils pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas

Ne me quitte pas
Je n’vais plus pleurer
Je n’vais plus parler
Je me cacherai là
A te regarder
Danser et sourire
Et à t’écouter
Chanter et puis rire
Laisse-moi devenir
L’ombre de ton ombre
L’ombre de ta main
L’ombre de ton chien
Mais
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas
Ne me quitte pas.

(Jacques Brel)

Illustration: Zhaoming Wu

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Pour trouver l’authentique amour (Vincent La Soudière)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2018



Illustration: Oleg Zhivetin    
    
Ronsard écrivant ses Amours au son du luth et de la
flûte ne désignait, frauduleusement, que la passion la plus charnelle.

Pour trouver l’authentique amour,
il faut se tourner vers les saints et les mystiques de tous les temps,
qui en ont fait l’objet de leur quête personnelle et presque insensée.

Au Xe siècle, Hallâj s’écriait :
« Entre moi et Toi, il y a un  » c’est moi  » qui me tourmente.
Ah ! enlève par ton » c’est Moi « ,
mon  » c’est moi  » hors d’entre nous deux ».

(Vincent La Soudière)

 

Recueil: Brisants
Traduction:
Editions: Arfuyen

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Moi, je cherche les cieux (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2018



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La floraison du bâton

[6]
Ainsi je préférerais me noyer, en me souvenant —
que me dorer sur des atolls tropicaux

dans les mers de corail ; je préférerais me noyer,
en me souvenant — que me poser sur une branche de pin

ou de sapin là où les grandes étoiles déversent
leur force génératrice, Arcturus

ou les saphirs de la Couronne Boréale ;
je préférerais me battre dans le vent, criant aux autres :

à vous ces cercles ridicules,
à vous ces tournoiements insensés

encore et sans fin — ils sont sans raison —
moi, je cherche les cieux ;

votre voie n’a pas de vision,
je vois ce qui est au-dessous, ce qui est au-dessus,

ce qui selon les hommes n’est-pas — je me souviens,
me souviens, me souviens — vous avez oublié,

vous pensez, avant même son milieu
que votre cycle est à sa fin,

mais vous répétez vos cercles ridicules — encore, encore ;
encore, l’acier aiguisé sur la pierre ;

encore, les pyramides de crânes ;
j’ai voulu avoir pitié des morts,

ô blasphème, la pitié est une pierre au lieu de pain,
seul l’amour est sacré et l’amour est extase

qui tourne et tourne et tourne autour d’un centre,
insouciant, indifférent, aveugle à la réalité,

qui sait que les Îles des Bienheureux sont là,
car il n’y a grandes eaux qui puissent éteindre le feu de l’amour.

***

So I would rather drown, remembering—
than bask on tropic atolls

in the coral-seas; I would rather drown
remembering—than rest on pine or fir-branch

where great stars pour down
their generating strength, Arcturus

or the sapphires of the Northern Crown;
I would rather beat in the wind, crying to these others:

yours is the more foolish circling,
yours is the senseless wheeling

round and round—yours has no reason—
I am seeking heaven;

yours has no vision,
I see what is beneath me, what is above me,

what men say is-not—I remember,
I remember, I remember—you have forgot:

you think, even before it is half-over,
that your cycle is at an end,

but you repeat your foolish circling—again, again, again;
again, the steel sharpened on the stone;

again, the pyramid of skulls;
I gave pity to the dead,

O blasphemy, pity is a stone for bread,
only love is holy and love’s ecstasy

that turns and turns and turns about one centre ,
reckless, regardless, blind to reality,

that knows the Islands of the Blest are there,
for many waters can not quench love’s fire.

(Hilda Doolittle)

 Illustration

 

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Pourquoi voudrait-on parfois qu’une chose dure toujours ? (Roger Munier)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2018



Illustration: Salvador Dali
    
Pourquoi voudrait-on parfois qu’une chose dure toujours ?
On ne peut guère mettre en regard que le désir, insensé lui aussi,
que rien n’ait jamais été.

(Roger Munier)

 

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