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Poésie

Posts Tagged ‘insomniaque’

Septembre attaché au figuier (Vénus Khoury-Ghata)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2018



Illustration: Marina Katsaros
    
Septembre attaché au figuier
On tournait le dos à l’été ramasseur de noix vides
Siffleur de jeunes abeilles
Les derniers feux de la saint-jean enfumaient les lampes insomniaques
Les encriers

Suspendus à la ceinture du père
On courait moins vite que le paysage
Le chemin risquait d’arriver sans nous à la maison
se lover dans nos lits
renverser l’écuelle du chat
manger les graines jaunes du canari

Mais le père se disait plus long que le chemin
Plus fort que le train
Des épaules de loup au long cours
Des bras hauts comme des madriers
Le père trayait la forêt le fleuve entre chien et crépuscule
fendait d’un coup de hache le froid récalcitrant

Une forge dans sa poitrine le père abritait le feu

Seule l’odeur blanche de la neige le calmait
Ses coulées sur nos murs avaient la douceur du ventre de l’alouette
La compassion des pierres du cimetière

(Vénus Khoury-Ghata)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Recueil: Poème sur « Enfances »
Traduction:
Editions: Printemps des poètes 2012

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Seul sait danser le boiteux (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 9 janvier 2018



Illustration: Valère Prosperi

    
— Seul sait danser le boiteux,
seul sait voir l’aveugle,
seul rêve l’insomniaque,

Si tu veux connaître
la fraîcheur de la source,
interroge le désert
qui l’a engloutie,

Réserve au chant que tu inventes
les sons les plus rares de ta voix,
aux mots que tu écris
l’usage le plus souple de tes doigts,
aux corps que tu aimes
les plus forts battements de ton coeur,
aux luttes que tu assumes
l’énergie de ton sang ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

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Il parait que les moutons (Grégoire Lacroix)

Posted by arbrealettres sur 12 mars 2017



mouton

Il parait que les moutons insomniaques
comptent les uns sur les autres
pour s’endormir.

(Grégoire Lacroix)

Découvert chez la boucheaoreilles ici

 

 

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Nous avons nos nuits insomniaques… (Alda Merini)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2016



Nous avons nos nuits insomniaques…

Les poètes proclament le vrai,
ils pourraient être dictateurs
et sans doute aussi prophètes,
pourquoi devons-nous les écraser
contre un mur incandescent ?

Et pourtant les poètes sont inoffensifs,
L’algèbre douce de notre destin.
Ils ont un corps pour tous
et une mémoire universelle,
pourquoi devons-nous les arracher
comme on déracine l’herbe impure ?

Nous avons nos nuits insomniaques,
les mille calamiteuses ruines
et la pâleur des extases du soir,
nous avons des poupées de feu
comme Coppélia
et nous avons des êtres turgescents de mal
qui nous infectent le coeur et les reins
parce que nous ne nous rendons pas…

Laissons-les à leur langage, l’exemple
de leur vivre nu
nous soutiendra jusqu’à la fin du monde
quand ils prendront les trompettes
et joueront pour nous.

***

Abbiamo le nostre notti insonni…

I poeti conclamano il vero,
potrebbero essere dittatori
e forse anche profeti,
perché dobbiamo schiacciarli
contro un muro arroventato ?
Eppure i poeti sono inermi,
l’algebra dolce del nostro destino.
Hanno un corpo per tutti
e una universale memoria,
perché dobbiamo estiparli
come si sradica l’erba impura ?
Abbiamo le nostre notti insonni,
le mille malagevoli rovine
e il pallore delle estasi di sera,
abbiamo bambole di fuoco
cosi come Coppelia
e abbiamo esseri turgidi di male
che ci infettano il cuore e le reni
perché non ci arrendiamo…
Lasciamoli al loro linguaggio, l’esempio
del loro vivere nudo
ci sosterrà fino alla fine del mondo
quando prenderanno le trombe
e suoneranno per moi.

(Alda Merini)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration: Max Ernst

 

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DESENCHANTEMENT (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 25 décembre 2015




DESENCHANTEMENT

Il n’y a plus de baisers épanouis sur des lèvres flétries
Plus de sourires sur des bouches amères
Je vis un exil de souffrance
Pourtant le soleil m’enseigne ce qu’est la lumière
Un feu hargneux couve sous la cendre
Toute une couvée de braises
En plein jour un nuage très sombre
Passe dans un ciel insomniaque
Au-dessus de véritables champs d’oiseaux
La maison dont les vitres pleurent
S’abrite sous son toit de tuiles
Dans mes propres souvenirs au soleil de l’enfance
Je vois de nombreuses péniches lourdement chargées suivre le courant
Je me demandais déjà si les étoiles étaient les yeux de l’infini.

(Jean-Baptiste Besnard)

Illustration: Dina Goldstein

 

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Ton visage double (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 11 septembre 2015




Ton visage double
Angélique et démoniaque
De vierge craintive
Et de fille perverse
A jamais me trouble
Dans mes rêves d’insomniaque
Alors que la voix plaintive
Du vent annonce l’averse.

(Jean-Baptiste Besnard)

 

 

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Je rêve (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 9 mai 2015



Je rêve à la façon des nuits
Quand les jeunes filles
N’ont pas sommeil

Et que s’ennuient
Les femmes insomniaques

Je tourne
La page de l’incertaine vie

Comme celui
Qui ne sait pas s’il prendra
Un livre pour le lire

Ou retardera
Le désir de connaître la fin

(Werner Lambersy)

Illustration: Alberto Galvez

 

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