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Poésie

Posts Tagged ‘insouciant’

D’un rose insouciant (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2019




Illustration: Vincent Van Gogh
    
D’un rose insouciant
elles annoncent le printemps
les fleurs d’abricot.

***

Onbezorgd rozig
de lente aankondigend
abrikoosbloesems

***

Despreocupado rosa
que anuncia la primavera
flores de albaricoque

***

Unconcerned rose
announcing upcoming spring
apricot blossoms

***

Dice primavera
il rosa noncurante
dei fiori d’albicocco

***

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil: Gouttes de rosée Cent haïkus
Traduction: Français Elisabeth Gerlache / Néerlandais l’original / Espagnol Rafael Carcelén / Anglais Stanley H. Barkan / Italien Silvia Pio / Japonais Taeko Uemura – Mariko Sumikura
Editions: POINT et Boeken Plan(P0ésie INTernationale)

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Prière (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2019



Illustration: Léonard de Vinci
    
Prière

Puisse mon esprit être
aussi pur que cet instant
de soleil et voix de merle
insouciant

du pourquoi –

resté sans autre réponse que celle
qu’offre, avec son abondance
de feuilles et de couleurs,
la rose.

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil:
Traduction:
Editions: POINT (P0ésie INTernationale)

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L’intérieur de la rose (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
L’intérieur de la rose

Où est, pour cet intérieur,
un palpable contour ? Sur quelle douleur
pose-t-on cette gaze ?
Quels ciels se reflètent
dans le lac intérieur
de ces roses écloses,
insouciantes, vois :
comment elles reposent
dans le délié des choses,
comme si la main qui tremble
ne pouvait les effeuiller.
Elles peuvent à peine
se tenir; beaucoup se laissèrent
combler et débordent
d’espace intérieur
dans les jours qui toujours
plus pleins se closent
jusqu’à ce que l’été devienne chambre,
une chambre dans un rêve.

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

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Moi, je cherche les cieux (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2018



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La floraison du bâton

[6]
Ainsi je préférerais me noyer, en me souvenant —
que me dorer sur des atolls tropicaux

dans les mers de corail ; je préférerais me noyer,
en me souvenant — que me poser sur une branche de pin

ou de sapin là où les grandes étoiles déversent
leur force génératrice, Arcturus

ou les saphirs de la Couronne Boréale ;
je préférerais me battre dans le vent, criant aux autres :

à vous ces cercles ridicules,
à vous ces tournoiements insensés

encore et sans fin — ils sont sans raison —
moi, je cherche les cieux ;

votre voie n’a pas de vision,
je vois ce qui est au-dessous, ce qui est au-dessus,

ce qui selon les hommes n’est-pas — je me souviens,
me souviens, me souviens — vous avez oublié,

vous pensez, avant même son milieu
que votre cycle est à sa fin,

mais vous répétez vos cercles ridicules — encore, encore ;
encore, l’acier aiguisé sur la pierre ;

encore, les pyramides de crânes ;
j’ai voulu avoir pitié des morts,

ô blasphème, la pitié est une pierre au lieu de pain,
seul l’amour est sacré et l’amour est extase

qui tourne et tourne et tourne autour d’un centre,
insouciant, indifférent, aveugle à la réalité,

qui sait que les Îles des Bienheureux sont là,
car il n’y a grandes eaux qui puissent éteindre le feu de l’amour.

***

So I would rather drown, remembering—
than bask on tropic atolls

in the coral-seas; I would rather drown
remembering—than rest on pine or fir-branch

where great stars pour down
their generating strength, Arcturus

or the sapphires of the Northern Crown;
I would rather beat in the wind, crying to these others:

yours is the more foolish circling,
yours is the senseless wheeling

round and round—yours has no reason—
I am seeking heaven;

yours has no vision,
I see what is beneath me, what is above me,

what men say is-not—I remember,
I remember, I remember—you have forgot:

you think, even before it is half-over,
that your cycle is at an end,

but you repeat your foolish circling—again, again, again;
again, the steel sharpened on the stone;

again, the pyramid of skulls;
I gave pity to the dead,

O blasphemy, pity is a stone for bread,
only love is holy and love’s ecstasy

that turns and turns and turns about one centre ,
reckless, regardless, blind to reality,

that knows the Islands of the Blest are there,
for many waters can not quench love’s fire.

(Hilda Doolittle)

 Illustration

 

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L’amour est une source (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018



Illustration: Edvard Munch   
    
l’amour est une source à laquelle
s’abreuvent ces fous qui ont grimpé
plus raides que les espoirs sont peurs
simplement pas toujours nommées
des montagnes plus si quand chaque
totalité connue s’évapore

insouciants sont les amants qui
plus haut que leurs peurs sont espoirs
sont les amants genoux à terre
eux dont les lèvres heurtent des cieux
inimaginés plus profonds
que le paradis n’est l’enfer

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Une fois un
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: La Nerthe

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Je vais proférer un arbre (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2018



Illustration: Lionel Valot
    
je vais proférer un arbre,Personne
ne m’arrêtera

mais d’abord
la terre,l’insouciante orale obscurité
se déchaînant en de fines impulsions

je ferai

un
rêve
je
pense qu’il sera de roses et
le printemps lui apportera
des vers se ruant dans le terreau.

(ensuite je
monterai
avec de longs muscles attentifs

dans un silence nerveux précis… Mais d’abord

tu)

presseras doucement
d’abord,ce sera les feuilles
et un peu plus fort

pour les roses
juste un peu plus fort

à la fin nous
dans le feu gémissant d’un net énorme
pataugeant baiser montant humide hideusement avec
de larges
minuscules
hanches,Oh

.presse

les vers se ruant lentement dans le terreau

***

i am going to utter a tree,Nobody
shall stop me

but first
earth ,the reckless oral darkness
raging with thin impulse

i will have

into nervous and accurate silence….But first
a
dream
i
think it shall be roses and
spring will bring her
worms rushing through loam.

(afterward i’ll
climb
by tall careful muscles

into nervous and accurate silence….But first

you)

press easily
at first,it will be leaves
and a little harder

for roses
only a little harder

last we
on the groaning flame of neat huge
trudging kiss moistly climbing hideously with
large
minute
hips,O

.press

worms rushing slowly through loam

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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Embarcadère du Sud, à Li-zhou (Wen Ting-yun)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2018



Illustration: Shitao
    
Embarcadère du Sud, à Li-zhou

Mue par la brise une eau s’étale face au couchant
Éparpillant les îlots parmi les lointaines verdures
Là-bas sur l’onde, cris de chevaux ponctués de coups de rames
Ici sous les saules, attente insouciante du retour de la barque

Bancs de sable, touffes d’herbe, mille mouettes se dispersent
Champs et rizières à l’infini, une seule aigrette s’envole
Enfin partir ! Sur la trace du vieil errant, Fan Li
Se perdre dans l’oubli parmi les brumes des Cinq Lacs !

(Wen Ting-yun)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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Le vieux pécheur (Liu Zong-yuan)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2018



 

Illustration
    
Le vieux pécheur

Le vieux pêcheur passe la nuit sous les falaises de l’Ouest
A l’aube, brillant des bambous, il chauffe l’eau du Xiang
Quand la fumée se dissipe, au soleil naissant, il disparaît
Seul l’écho de son chant éveille fleuve et mont d’émeraude
Soudain, au bord du ciel, on le voit descendre le courant
Au-dessus des falaises, insouciants, voguent sans fin les nuages

(Liu Zong-yuan)

 

Recueil: L’Ecriture poétique chinoise
Traduction: François Cheng
Editions: du Seuil

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Remords en costume de nuit (Luis Cernuda)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2017



Illustration
    
Remords en costume de nuit

Un homme gris marche dans la rue de brouillard ;
Personne ne le devine. C’est un corps vide ;
Vide comme pampa, comme mer, comme vent,
Déserts d’amertume sous un ciel implacable.

C’est le temps passé, et ses ailes maintenant
trouvent parmi les ombres une force pâle ;
C’est le remords, qui de nuit, hésitant,
Secrètement approche une ombre insouciante.

Ne serrez pas cette main. Plein d’orgueil le lierre
S’élèvera recouvrant les troncs de l’hiver.
Invisible dans le calme l’homme gris marche.
N’entendez-vous pas les morts ? Mais la terre est sourde.

***

Remordimiento en traje de noche

Un hombre gris avanza por la calle de niebla;
No lo sospecha nadie. Es un cuerpo vacío;
Vacío como pampa, como mar, como viento,
Desiertos tan amargos bajo un cielo implacable.

Es el tiempo pasado, y sus alas ahora
Entre la sombra encuentran una pálida fuerza;
Es el remordimiento, que de noche, dudando,
En secreto aproxima su sombra descuidada.

No estrechéis esa mano. La yedra altivamente
Ascenderá cubriendo los troncos del invierno.
Invisible en la calma el hombre gris camina.
¿ No sentís a los muertos? Mas la tierra está sorda.

(Luis Cernuda)

 

Recueil: Un fleuve, un amour
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Fata Morgana

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Il y avait un jardin (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017



 

Michèle Tahon   adam et eve

Il y avait un jardin

{Parlé}
C´est une chanson pour les enfants
Qui naissent et qui vivent entre l´acier
Et le bitume entre le béton et l´asphalte
Et qui ne sauront peut-être jamais
Que la terre était un jardin

Il y avait un jardin qu´on appelait la terre
Il brillait au soleil comme un fruit défendu
Non ce n´était pas le paradis ni l´enfer
Ni rien de déjà vu ou déjà entendu

Il y avait un jardin une maison des arbres
Avec un lit de mousse pour y faire l´amour
Et un petit ruisseau roulant sans une vague
Venait le rafraîchir et poursuivait son cours.

Il y avait un jardin grand comme une vallée
On pouvait s´y nourrir à toutes les saisons
Sur la terre brûlante ou sur l´herbe gelée
Et découvrir des fleurs qui n´avaient pas de nom.

Il y avait un jardin qu´on appelait la terre
Il était assez grand pour des milliers d´enfants
Il était habité jadis par nos grands-pères
Qui le tenaient eux-mêmes de leurs grands-parents.

Où est-il ce jardin où nous aurions pu naître
Où nous aurions pu vivre insouciants et nus,
Où est cette maison toutes portes ouvertes
Que je cherche encore et que je ne trouve plus.

(Georges Moustaki)

Illustration: Michèle Tahon

 

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