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Poésie

Posts Tagged ‘insouciant’

L’AUBE (William Butler Yeats)

Posted by arbrealettres sur 4 septembre 2021




    
L’AUBE

Je voudrais avoir l’ignorance de l’aube
Qui de là-haut a vu
Cette vieille reine mesurer une ville
Avec l’épingle d’une brochet,
Ou ces vieillards flétris regarder
De leur pédante Babylone
La course insouciante des planètes,
Le déclin des étoiles et l’éveil de la lune,
Et saisir leurs tablettes pour y faire des calculs ;
Je voudrais avoir l’ignorance de l’aube,
Et comme elle tout simplement,
Balancer sur les épaules embrumées des chevaux
Les paillettes de son char ;
Je voudrais (car tout savoir ne vaut pas un liard)
Avoir la folle ignorance de l’aube.

***

THE DAWN

I would be ignorant as the dawn
That has looked down
On that old queen measuring a town
With the pin of a brooch,
Or on the withered men that saw
From their pedantic Babylon
The careless planets in their courses,
The stars fade out where the moon cornes,
And took, their tablets and did sums;
I would be ignorant as the dawn
That merely stood, rocking the glittering coach
Above the cloudy shoulders of the horses;
I would be for no knowledge is worth a straw
Ignorant and wanton as the dawn.

(William Butler Yeats)

 

Recueil: La Rose et autres poèmes
Traduction: de l’anglais (Irlande) Jean Briat
Editions: POINTS

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AUBE DE PRINTEMPS (Meng Haoran)

Posted by arbrealettres sur 16 juin 2021



Illustration
    
AUBE DE PRINTEMPS

Printemps,
je dors,
insouciant de l’aurore.
Et maintenant
j’entends partout.
le chant des oiseaux.
Hier soir, c’était
le bruit du vent
et de la pluie…
Les fleurs sont tombées,
qui sait combien ?

(Meng Haoran)

 

Recueil: Neige sur la montagne du lotus Chants et vers de la Chine ancienne
Traduction: Ferdinand Stočes
Editions: Picquier poche

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Nous sommes tous (Petre Stoica)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2021




    
Nous sommes tous

une fourmi
traversant
insouciante
le tranchant
de la hache

(Petre Stoica)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Recueil: Le blues roumain
Traduction:
Editions: Unicité

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J’ai eu mon rêve (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2020



J’ai eu mon rêve – comme les autres –
et il n’en est rien sorti, si bien
que je suis maintenant insouciant
les pieds plantés au sol
et je regarde le ciel –
je sens mes vêtements sur moi,
le poids de mon corps dans mes chaussures,
le bord de mon chapeau, l’air qui entre et sort
de mon nez – et je décide de ne plus rêver.

(William Carlos Williams)

Illustration: Markus Raetz

 

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D’un rose insouciant (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2019




Illustration: Vincent Van Gogh
    
D’un rose insouciant
elles annoncent le printemps
les fleurs d’abricot.

***

Onbezorgd rozig
de lente aankondigend
abrikoosbloesems

***

Despreocupado rosa
que anuncia la primavera
flores de albaricoque

***

Unconcerned rose
announcing upcoming spring
apricot blossoms

***

Dice primavera
il rosa noncurante
dei fiori d’albicocco

***

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil: Gouttes de rosée Cent haïkus
Traduction: Français Elisabeth Gerlache / Néerlandais l’original / Espagnol Rafael Carcelén / Anglais Stanley H. Barkan / Italien Silvia Pio / Japonais Taeko Uemura – Mariko Sumikura
Editions: POINT et Boeken Plan(P0ésie INTernationale)

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Prière (Germain Droogenbroodt)

Posted by arbrealettres sur 22 janvier 2019



Illustration: Léonard de Vinci
    
Prière

Puisse mon esprit être
aussi pur que cet instant
de soleil et voix de merle
insouciant

du pourquoi –

resté sans autre réponse que celle
qu’offre, avec son abondance
de feuilles et de couleurs,
la rose.

(Germain Droogenbroodt)

 

Recueil:
Traduction:
Editions: POINT (P0ésie INTernationale)

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L’intérieur de la rose (Rainer Maria Rilke)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2018




Illustration: ArbreaPhotos
    
L’intérieur de la rose

Où est, pour cet intérieur,
un palpable contour ? Sur quelle douleur
pose-t-on cette gaze ?
Quels ciels se reflètent
dans le lac intérieur
de ces roses écloses,
insouciantes, vois :
comment elles reposent
dans le délié des choses,
comme si la main qui tremble
ne pouvait les effeuiller.
Elles peuvent à peine
se tenir; beaucoup se laissèrent
combler et débordent
d’espace intérieur
dans les jours qui toujours
plus pleins se closent
jusqu’à ce que l’été devienne chambre,
une chambre dans un rêve.

(Rainer Maria Rilke)

 

Recueil: Oeuvres 2 Poésie
Traduction: Jacques Legrand, Lorand Gaspar, Philippe Jaccottet, Armel Guerne, Maurice Betz
Editions: Seuil

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Moi, je cherche les cieux (Hilda Doolittle)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2018



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La floraison du bâton

[6]
Ainsi je préférerais me noyer, en me souvenant —
que me dorer sur des atolls tropicaux

dans les mers de corail ; je préférerais me noyer,
en me souvenant — que me poser sur une branche de pin

ou de sapin là où les grandes étoiles déversent
leur force génératrice, Arcturus

ou les saphirs de la Couronne Boréale ;
je préférerais me battre dans le vent, criant aux autres :

à vous ces cercles ridicules,
à vous ces tournoiements insensés

encore et sans fin — ils sont sans raison —
moi, je cherche les cieux ;

votre voie n’a pas de vision,
je vois ce qui est au-dessous, ce qui est au-dessus,

ce qui selon les hommes n’est-pas — je me souviens,
me souviens, me souviens — vous avez oublié,

vous pensez, avant même son milieu
que votre cycle est à sa fin,

mais vous répétez vos cercles ridicules — encore, encore ;
encore, l’acier aiguisé sur la pierre ;

encore, les pyramides de crânes ;
j’ai voulu avoir pitié des morts,

ô blasphème, la pitié est une pierre au lieu de pain,
seul l’amour est sacré et l’amour est extase

qui tourne et tourne et tourne autour d’un centre,
insouciant, indifférent, aveugle à la réalité,

qui sait que les Îles des Bienheureux sont là,
car il n’y a grandes eaux qui puissent éteindre le feu de l’amour.

***

So I would rather drown, remembering—
than bask on tropic atolls

in the coral-seas; I would rather drown
remembering—than rest on pine or fir-branch

where great stars pour down
their generating strength, Arcturus

or the sapphires of the Northern Crown;
I would rather beat in the wind, crying to these others:

yours is the more foolish circling,
yours is the senseless wheeling

round and round—yours has no reason—
I am seeking heaven;

yours has no vision,
I see what is beneath me, what is above me,

what men say is-not—I remember,
I remember, I remember—you have forgot:

you think, even before it is half-over,
that your cycle is at an end,

but you repeat your foolish circling—again, again, again;
again, the steel sharpened on the stone;

again, the pyramid of skulls;
I gave pity to the dead,

O blasphemy, pity is a stone for bread,
only love is holy and love’s ecstasy

that turns and turns and turns about one centre ,
reckless, regardless, blind to reality,

that knows the Islands of the Blest are there,
for many waters can not quench love’s fire.

(Hilda Doolittle)

 Illustration

 

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L’amour est une source (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018



Illustration: Edvard Munch   
    
l’amour est une source à laquelle
s’abreuvent ces fous qui ont grimpé
plus raides que les espoirs sont peurs
simplement pas toujours nommées
des montagnes plus si quand chaque
totalité connue s’évapore

insouciants sont les amants qui
plus haut que leurs peurs sont espoirs
sont les amants genoux à terre
eux dont les lèvres heurtent des cieux
inimaginés plus profonds
que le paradis n’est l’enfer

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Une fois un
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: La Nerthe

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Je vais proférer un arbre (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 1 février 2018



Illustration: Lionel Valot
    
je vais proférer un arbre,Personne
ne m’arrêtera

mais d’abord
la terre,l’insouciante orale obscurité
se déchaînant en de fines impulsions

je ferai

un
rêve
je
pense qu’il sera de roses et
le printemps lui apportera
des vers se ruant dans le terreau.

(ensuite je
monterai
avec de longs muscles attentifs

dans un silence nerveux précis… Mais d’abord

tu)

presseras doucement
d’abord,ce sera les feuilles
et un peu plus fort

pour les roses
juste un peu plus fort

à la fin nous
dans le feu gémissant d’un net énorme
pataugeant baiser montant humide hideusement avec
de larges
minuscules
hanches,Oh

.presse

les vers se ruant lentement dans le terreau

***

i am going to utter a tree,Nobody
shall stop me

but first
earth ,the reckless oral darkness
raging with thin impulse

i will have

into nervous and accurate silence….But first
a
dream
i
think it shall be roses and
spring will bring her
worms rushing through loam.

(afterward i’ll
climb
by tall careful muscles

into nervous and accurate silence….But first

you)

press easily
at first,it will be leaves
and a little harder

for roses
only a little harder

last we
on the groaning flame of neat huge
trudging kiss moistly climbing hideously with
large
minute
hips,O

.press

worms rushing slowly through loam

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: Erotiques
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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