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Posts Tagged ‘insoumis’

SONNET DU SEXE VOLANT (André Berry)

Posted by arbrealettres sur 7 novembre 2018



Illustration: John Singer Sargent
    
SONNET DU SEXE VOLANT

En moi couché tout dort, tout dort d’un parfait somme,
Et le sang et le muscle et la moelle et les os.
Seul demeure insoumis à l’ordre des yeux clos
L’incontrôlable nerf par lequel je suis homme.

Vers celle qui l’ignore ou qui tout bas le nomme,
Toujours de gorge en mont il s’en va sans repos.
Léger dans le maintien, libre dans le propos,
L’adultère il perpètre et l’inceste il consomme.

Par ses ballons porté, lourd ensemble et gaillard,
Chez la vierge ou l’épouse attiré par l’arôme,
A travers les rideaux il suit rêve et fantôme.

Et rien ne fermerait les ailes du paillard
Quand, parcourant des chairs l’illimité royaume,
Sur les corps il furète, indiscret oreillard.

(André Berry)

 

Recueil: Poèmes involontaires suivi du Petit Ecclésiaste
Traduction:
Editions: René Julliard

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SONNET A MADEMOISELLE NELSY DE S. (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2018



 

Andrea Mantegna _mars

SONNET A MADEMOISELLE NELSY DE S.

Je crois que
Mantegna vous a faite en peinture
Droite dans le gazon rare et les arbres fins,
Au bord d’une mer bleue, où, civils, des dauphins
Escortent des vaisseaux à la basse mâture.

Vous menez, garrottés d’une rouge ceinture,
Des amours; sans souci de leurs pleurs vrais ou feints
Vous rêvez des projets dont nul ne sait les fins, laissant vos cheveux d’or flotter à l’aventure.

Ou, prêtresse venue avec les chefs normands,
C’était vous qui rendiez dociles et dormants,
Par vos chansons, les flots insoumis de la
Seine.

Échappée à d’anciens tableaux, d’anciens romans,

Ainsi, votre beauté m’étonne sur la scène

Du monde de nos jours, pauvre en enchantements.

(Charles Cros)

Illustration: Andrea Mantegna

 

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CALME (Bernard de Naillac)

Posted by arbrealettres sur 31 juillet 2017



Illustration: Ivan Calatayud
    
CALME

Je ne veux rien de toi, rien… sinon ta présence.
Oh ! laisse-moi, petite, espérer ce beau don ?
Celui d’un court moment, ta seule complaisance,
Rien qu’un instant perdu. Te voir ; mais d’amour, non !

Pas d’amour. Oh ! l’amour fait mal, aigrit ou brise ;
C’est un jeu trop cruel ! Et déjà j’ai souffert
De me voir lâchement désirer son emprise,
Cependant qu’insoumis… hors de sa loi de fer.

J’ai trop appréhendé, trop attendu ce rêve,
Trop cherché dans l’amour un idéal vainqueur,
Inatteignable en fait. De la part que cède Eve,
Je ne pouvais avoir qu’amertume et rancœur !

C’est une loi fatale… Oui, j’ai souffert, te dis-je,
Et je ne le veux plus — non, plus d’amour, oh ! non.
Que cette intimité — calme — soit un prodige ?
Peut-être ! mais ce geste, à lui seul, est pardon…

(Bernard de Naillac)

 

Recueil: Etincelles

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À LA MUSE (Stephen Blanchard)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2017



À LA MUSE

1
« Parfois je rêve »
De me confondre au charme de tes yeux
Pour étancher ma soif à la même fontaine
Parfois, je rêve
D’une autre rive
De la caresse d’un baiser suprême
À la croisée des âmes
Parfois, je rêve
Le coeur en partance vers n’importe quel monde
Où je pourrais t’aimer en lettres d’or
Où je pourrais m’abandonner tel un enfant
Sous l’ambre des goémons
Avec tout l’amour des vagues insoumises.

J’attends l’aurore à tes lèvres vermeilles.

2
« Si tu avais bu dans mon verre… »
Tu aurais trouvé les pleurs salés de mes sonnets sans nom
Toutes les odes inspirées par des souffles d’amour
Tout le désespoir d’un clown aux clarines de l’automne
Tout le requiem inachevé de mes douleurs muettes
Et puis sous l’écume des jours
Ce fleuve de tendresse où je me noie sans fin
A fendre l’âme,
À contre coeur de mes désirs
Car je ne suis rien pas même un songe
Mais tout simplement une solitude qui ne demande qu’à mourir
En silence, au bord de ma mémoire
Ô Muse, peut-être ta main…

(Stephen Blanchard)

 

 

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Rêves insoumis (Abbas Kiarostami)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2017



Soumis cent soldats
se rendent au dortoir
une nuit de pleine lune

rêves insoumis

(Abbas Kiarostami)

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Carrare d’idéale blancheur (Werner Lambersy)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2017



Carrare d’idéale blancheur
dans les carrières
de l’ébloui

Parmi les lieux sans ombre
d’une lumière
tactile

Où glissent
les silencieux gréements
de la caresse

Parmi les lieux sans nombre
des îles frissonnantes
du nerf

Où tremble
sous l’alizé au long cours

L’obstacle soumis
et insoumis de la passion

(Werner Lambersy)

Illustration: William Bouguereau

 

 

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En fendant de la main l’herbe des prairies (Walt Whitman)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2016



En fendant de la main l’herbe des prairies et en respirant son odeur particulière,
Je lui demande des concordances spirituelles,
Je demande le plus copieux et le plus étroit compagnonnage entre les hommes,
Je demande que s’élèvent les brins d’herbe des mots, des actes, des individus,
Ceux du plein air, rudes, ensoleillés, frais, nourrissants,
Ceux qui vont leur chemin, le torse droit,
qui s’avancent avec liberté et autorité, qui précèdent au lieu de suivre,
Ceux qu’anime une audace indomptable,
ceux dont la chair est forte et pure, exempte de taches,
Ceux qui regardent nonchalamment en plein visage les Présidents et les gouverneurs, comme pour leur dire : Qui êtes-vous?
Ceux que remplit une passion sortie de la terre, les simples, les sans-gêne, les insoumis,
Ceux de l’Amérique intérieure.

***

The Prairie-Grass Dividing.

THE prairie-grass dividing—its special odor breathing,
I demand of it the spiritual corresponding,
Demand the most copious and close companionship
of men,
Demand the blades to rise of words, acts, beings,
Those of the open atmosphere, coarse, sunlit, fresh,
nutritious,
Those that go their own gait, erect, stepping with
freedom and command—leading, not following,
Those with a never-quell’d audacity—those with sweet
and lusty flesh, clear of taint,
Those that look carelessly in the faces of Presidents
and Governors, as to say, Who are you?
Those of earth-born passion, simple, never constrain’d
never obedient,
Those of inland America.

(Walt Whitman)

 

 

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