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Poésie

Posts Tagged ‘insoupçonné’

Un homme est-il déjà mort de mort pure ? (Miriam Silesu)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2019



 Illustration: Pascal Renoux
    
Un homme est-il déjà mort de mort pure ?
D’une mort sans autre cause que la mort ?
L’âme serait son crime, plus mystérieusement
qu’un suicide — elle n’aurait besoin d’aucune arme
et ne réclamerait pas de main extérieure… elle seule suffirait.
Oeuf et serpent, elle-même se gobant.

Tendu, le jour où l’arc se relâchera, je partirai pour toujours
dans cet univers insoupçonné où aucun miroir n’arrête l’esprit.

Je serais aussi moins fausse si j’étais moins vraie.

Être soulagée, crier dans ta poitrine, la mienne n’est pas assez grande.
Mais comment te rejoindre ?
Ma tête tranchée flotte dans la nuit.

(Miriam Silesu)

 

Recueil: Cinéraire
Traduction:
Editions: Lettres vives

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La solitude (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 1 novembre 2016



 

La cure, pour tous les maux de la vie, est mise en réserve
dans l’intime profondeur de la vie elle-même,
l’accès en devient possible quand nous sommes seuls.

La solitude est un monde en elle-même,
plein de merveilles et de ressources insoupçonnées.
C’est absurdement près et cependant à une distance si inaccessible!

(Rabindranath Tagore)

Illustration: Michel Ocelot

 

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EN VIE PROFONDE (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 7 décembre 2015



 

Nicolas Rozier N41

EN VIE PROFONDE

(sur des portraits de Nicolas Rozier)

Tout parle tout s’anime
Mille souffles bruissent
C’est l’âme des énergies
Je la reconnais bien
Elle n’avance pas du bout des lèvres
Je la reconnais
Avec toutes ces lames bourdonnantes
Et ces pitiés confuses
Deuils du coeur
Grandes gifles du doute
Rosées inapaisables
Et cette perpétuelle mise au tombeau
Pour écouter au plus juste
Le coeur du monde
Tout ce qui cisèle la passion d’être

Et tout à coup le visage apparaît
Il apparaît vif et vivace
A la fois lustral et brouillé de nuit
Dans une volupté désolée

Il dit
Une façon de se donner sans réserve
Une manière de rompre les digues
De reprendre haleine
Au milieu des battues d’éclairs
Il dit
Une exigence hantée de corbeaux
Il dit
Descendre encore et toujours
Vers où ça vit encore plus
Descendre vers des hauteurs insoupçonnées

Lever sans fin le camp
Enfiévrer davantage

Alors l’air ondule
Il ondule en vie profonde
Et l’on mesure tout à coup
Son coeur somnambule au soleil

(Zéno Bianu)

Illustration: Nicolas Rozier

 

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