Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘insoutenable’

Il y a tellement de beauté (American Beauty)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2018




La plus belle chose jamais filmée…
il y a tellement de beauté… dans le monde…
que c’en est insoutenable.

American Beauty (wikipedia)

« C’était une de ces journées grises
où il va se mettre à neiger d’une minute à l’autre
et qu’il y a comme de l’électricité dans l’air.
On peut presque l’entendre.

Et ce sac était là.
En train de danser avec moi.

Comme un enfant qui m’invitait à jouer avec lui.
Pendant 15 minutes.

C’est là que j’ai compris qu’il y avait autre chose.
Au delà de l’univers.
Plus loin que la vie.

Je sentais cette force, incroyablement bienveillante
qui disait qu’il n’y avait aucune raison d’avoir peur.

Jamais.

Sorties du contexte, les images n’ont aucun sens je sais mais…
ça m’aide à m’en souvenir.

J’ai besoin de m’en souvenir.

Parfois je me dis qu’il y a tellement de beauté… dans le monde…
que c’en est insoutenable.

Et mon coeur est sur le point de s’abandonner… »

(American Beauty)

etc…

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Au palais de l’enfant sauvage (Anne Hébert)

Posted by arbrealettres sur 25 avril 2018


 


Au palais de l’enfant sauvage
Jaillirent des larmes de sel
Leur éclat fut tel
Que les gardes qui veillent
Aux marches du palais
Furent terrassés sans retour
Dans un éblouissement de lune et de cristal
Insoutenable et sans objet apparent.

(Anne Hébert)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Vent et nuit (Béatrice Douvre)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018



Illustration: Bénédicte Pontet
    
Vent et nuit

L’herbe est noire ce soir dans le vent mort
L’inconnu vent qui porte l’eau d’un feu
Et tient le sol avec deux étincelles en cendre

Tu ignores le vent car il porte il anime
Le double sein gravé de ta venue
Et ton double regard méconnaît le profond
Et le sel fertile de tes mains dans la grâce

Mais tu connais le péché brûlant de tes mains libres
Et désertes
Et nues dans le noir de ta rosée
Moi je t’appelle
Et tu n’as pas de nom qui sonne
Parmi les fleurs, parce que ton nom
Est l’improbable vent

Parce qu’il couvre le monde
D’insoutenables nuits.

(Béatrice Douvre)

 

Recueil: Oeuvre poétique
Traduction:
Editions: Voix d’Encre

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je Te pressens (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2017




    
Je Te pressens. Les années passent et fuient —
Sous la même apparence je Te pressens.

L’horizon est en feu — clarté insoutenable,
Et j’attends en silence — languissant et aimant.

L’horizon est en feu, l’apparition est proche,
Mais j’ai peur soudain que Tu changes d’apparence,

Et que tu fasses naître un soupçon insolent,
En modifiant les traits qui me sont familiers.

Oh! je tomberai — et amer et humilié,
Sans avoir triomphé de ce rêve mortel!

L’horizon est clair. Le resplendissement est proche.
Mais j’ai peur soudain que Tu changes d’apparence.

(Alexandre Blok)

 

Recueil: Le Monde terrible
Traduction:Pierre Léon
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’insoutenable légèreté de l’être (Milan Kundera)

Posted by arbrealettres sur 31 octobre 2017



L’insoutenable légèreté de l’être

L’être humain, guidé par le sens de la beauté
transpose l’évènement fortuit
(une musique de Beethoven, une mort dans une gare)
pour en faire un motif
qui va ensuite s’inscrire
dans la partition de la vie.

(Milan Kundera)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

SOLITUDE (Kenneth Rexroth)

Posted by arbrealettres sur 10 octobre 2017




    
SOLITUDE

Penser à toi écrasée de
Solitude. Entendre ta voix
Au magnétophone dire
«Solitude». Le mot, la voix,
En débordent, et moi,
Sans toi, si perdu en elle —
Perdu dans la solitude et la douleur.

Noire et insoutenable souffrance
De penser à toi de chaque
Corpuscule de ma chair,
A chaque instant de la nuit
Et du jour. O mon amour, toutes les fois
Où nous avons oublié l’amour,
Assis seuls côte à côte.

Nous avons mangé ensemble,
Seuls derrière nos assiettes,
Nous nous sommes cachés derrière des enfants,
Nous avons dormi ensemble dans
Un lit solitaire. Aujourd’hui mon coeur
Se tourne vers toi, éveillé enfin,
Repentant, perdu dans la dernière
Solitude. Parle moi. Dis moi
Quelque chose. Brise le silence noir.

Parle d’un arbre plein de feuilles,
D’un oiseau en vol, de la nouvelle
Lune au soleil couchant, d’un poème,
D’un livre, de quelqu’un — tous ces mots
Simples et réparateurs
De ta voix résonnante et douce.
Le mot liberté. Le mot paix.

(Kenneth Rexroth)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE (V) (Lucien Becker)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2017



    

LE DÉSIR N’A PAS DE LÉGENDE (V)

L’espace est pris entre nos regards
et nous n’avons que quelques gestes à ébaucher
pour qu’il tombe à nos pieds sans faire plus de bruit
que la dernière goutte d’eau d’un orage sur la forêt.

Tu es plus nue sous mes mains
que la pluie sur les tuiles,
qu’un feuillage dans le matin,
que les dents ensoleillant la bouche.

Des insectes s’écrasent en plein vol sous notre peau,
mes doigts ne cherchent pas à se protéger de la lumière
qui s’élève du fond de tes yeux
pour faire se lever dans les miens un jour insoutenable.

Le reste de notre vie se fige autour de nous
en hautes statues qui ne peuvent entrer
dans le cercle de silence et de joie
qui nous serre aux reins.

(Lucien Becker)

 

Recueil: Rien que l’amour
Editions: La Table Ronde

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tronqué d’étoiles en épaves (Jean-Claude Demay)

Posted by arbrealettres sur 27 janvier 2017



chateau-hante

Tronqué d’étoiles en épaves spectralement irradiées mortes
dans les tremblements d’une peur insoutenable calcinée
le vide absence d’intervalles et de repères assurés
s’ouvre mâchoire clapet claquant orifice
où s’engouffrer à travers herses folles hallucinantes tours
venelles crénelées sur l’alignement des remparts
les villes désertées chancellent des tocsins
passent les processions à la cadence des ruptures
lapidaires effondrements décadences immatérielles
il reste l’écheveau des pistes confondues
le vague croisillon des évasions ratées
le cri incarcéré dans la gorge nouée
l’insulte refluant hors des égouts du temps
montent surmontent rampent à l’inouï silence tu
aux soleils engloutis dans les mémoires forestières
dès longtemps foudroyées

(Jean-Claude Demay)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Regard (Gertrude Millaire)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2016



À force de voyager dans l’azur
l’oeil traverse l’infini
sans chercher à voir ce qui se cache derrière
sans apercevoir dans l’ombre
la passagère qui déshabille l’instant

elle file dans ma mémoire secrète
très loin
très loin du rêve incandescent
qui pénètre l’insoutenable mensonge
de très loin elle scrute
on ne sait quoi
elle cherche des lumières
des choses qui brillent
des trucs grands ouverts sur l’immensité
des objets perdus sur le terrain de l’irréel
peut-être enfouis
à tout jamais

(Gertrude Millaire)


Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »