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Poésie

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Présence informelle du silence (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2019



 

Présence informelle du silence
au coeur de l’homme
comme l’art en témoigne au dehors
La musique dans le ruissellement
des silences
Le poème en son propre dépassement
dans le silence
L’érection sur les sables
des tours de silence

Et si l’éblouissement sans forme
donnait forme à ce qu’il nous inspire

(Michel Camus)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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Oh tu pleures (Pierre-Jean Jouve)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2019



Oh tu pleures. Silence obscur larme perdue
Et fleur de la maison sous le nuage noir
Et la menace de la mort d’antique nue
Le drapeau de la honte avec le ciel du soir,

Tu pleures. Des brillants descendent sur ta pierre
Et touchent à ton sein. Les miracles lointains
Sont errants et l’amour voit périr ta paupière
O toi qui inspirais le poète prochain

Dans une odeur de bois augustes et de livres
Regardant des trésors par d’anciens carreaux
Mère de notre amour et Vierge qui ne livres

Pas le secret de liberté mystique et beau
Mais conserves l’hymen sous la robe de pierre
Et rêves l’éternel pardon comme du lierre.

(Pierre-Jean Jouve)

 

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Pour parodier Archimède (Michel Serres)

Posted by arbrealettres sur 4 juin 2019




Illustration: ArbreaPhotos
    
Pour parodier Archimède:
ouvrez-moi cette cascade et je recréerai le Monde.

La musique cache-t-elle,
inspire-t-elle cette création?

(Michel Serres)

 

Recueil: Musique
Traduction:
Editions: Le Pommier

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Je me retire au pied des collines (Wang Wei)

Posted by arbrealettres sur 1 mars 2019



Jeune j’y pensais, je peux enfin,
je me retire au pied des collines.
L’esprit m’inspire, je marche seul,
je me cherche en pleine nature.
Je vais au torrent, je monte à la source,
je m’asseois pour voir les nuages.
Je rencontre un vieillard dans les bois,
sourires, paroles et le temps passe.

(Wang Wei)

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MADRIGAL (Joë Bousquet)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2019



MADRIGAL

Du temps qu’on l’aimait lasse d’elle-même
Elle avait juré d’être cet amour
Elle en fut le charme et lui le poème
La terre est légère aux serments d’un jour

Le vent pleurait les oiseaux de passage
Berçant les mers sur ses ailes de sel
Je prends l’étoile avec un beau nuage
Quand la page blanche a bu tout le ciel

Dans l’air qui fleurit de l’entendre rire
Marche un vieux cheval couleur de chemin
Connais à son pas la mort qui m’inspire
Et qui vient sans moi demander sa main

(Joë Bousquet)

 

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Je, la Muse, Émois (Virginie Greiner)

Posted by arbrealettres sur 16 janvier 2019



Illustration: Joël Jurion  
    
Je, la Muse, Émois

Chut! Écoute-le respirer. Il est là contre toi.
Il souffle, il ronfle, il expire…Il expire?!
Non! Non! Pas encore. Reste là contre moi.
La vie ne peut que te chérir
Si j’entends que tu respires.
Alors inspire. Inspire.
Oui, inspire!
Inspire moi…

(Virginie Greiner)

 

Recueil: EN MÂLES DE NUS
Traduction:
Editions: Attakus

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Chaque personne (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2018


écureuil

Chaque personne que je rencontre
Est pour moi une Expérience
Si elle contenait une Amande?
La tournure d’une Noix

Sur un Arbre inspire
Autant confiance,
Mais de la Viande est exigée à l’intérieur
Pour les Ecureuils, et Moi.

***

Experiment to me
Is every one I meet
If it contain a Kernel?
The figure of a Nut

Presents upon a Tree
Equally plausibly,
But Meat within, is requisite
To Squirrels and to Me.

(Emily Dickinson)

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Le Désir de peindre (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



 

Le Désir de peindre

Malheureux peut-être l’homme, mais heureux l’artiste que le désir déchire!

Je brûle de peindre celle qui m’est apparue si rarement et qui a fui si vite,
comme une belle chose regrettable derrière le voyageur emporté dans la nuit.
Comme il y a longtemps déjà qu’elle a disparu!

Elle est belle, et plus que belle; elle est surprenante.

En elle le noir abonde: et tout ce qu’elle inspire est nocturne et profond.
Ses yeux sont deux antres où scintille vaguement le mystère,
et son regard illumine comme l’éclair:
c’est une explosion dans les ténèbres.

Je la comparerais à un soleil noir,
si l’on pouvait concevoir un astre noir versant la lumière et le bonheur.
Mais elle fait plus volontiers penser à la lune, qui sans doute l’a marquée de sa redoutable influence;
non pas la lune blanche des idylles, qui ressemble à une froide mariée,
mais la lune sinistre et enivrante, suspendue au fond d’une nuit orageuse et bousculée par les nuées qui courent;
non pas la lune paisible et discrète visitant le sommeil des hommes purs,
mais la lune arrachée du ciel, vaincue et révoltée,
que les Sorcières thessaliennes contraignent durement à danser sur l’herbe terrifiée!

Dans son petit front habitent la volonté tenace et l’amour de la proie.
Cependant, au bas de ce visage inquiétant, où des narines mobiles aspirent l’inconnu et l’impossible,
éclate, avec une grâce inexprimable, le rire d’une grande bouche, rouge et blanche, et délicieuse,
qui fait rêver au miracle d’une superbe fleur éclose dans un terrain volcanique.

Il y a des femmes qui inspirent l’envie de les vaincre et de jouir d’elles;
mais celle-ci donne le désir de mourir lentement sous son regard.

(Charles Baudelaire)

 

 

 

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La beauté (Charles Baudelaire)

Posted by arbrealettres sur 19 novembre 2018



La beauté

Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre,
Et mon sein, où chacun s’est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poète un amour
Éternel et muet ainsi que la matière.

Je trône dans l’azur comme un sphinx incompris ;
J’unis un coeur de neige à la blancheur des cygnes ;
Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.

Les poètes, devant mes grandes attitudes,
Que j’ai l’air d’emprunter aux plus fiers monuments,
Consumeront leurs jours en d’austères études ;

Car j’ai, pour fasciner ces dociles amants,
De purs miroirs qui font toutes choses plus belles :
Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles !

(Charles Baudelaire)

Illustration: Albert-Ernest Carrier

 

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MARGUERITE AMÉRICAINE (Ron Padgett)

Posted by arbrealettres sur 24 octobre 2018




    
MARGUERITE AMÉRICAINE

Rien ne se passe
de la façon
que l’on croit.
Prenez cette petite fleur
dans mes mains et laissez-la
suivre les pensées qu’elle vous inspire.
Et alors elle pousse
et prend la tête
de Marguerite la vache qui parle,
c’est ma grand-mère jeune
qui grandit et porte
un déshabillé rose elle est tombée
du ciel qui était
d’un bleu clair et pur
dans un n’importe où
que tu appelais ton chez-toi
qui a déménagé
de dessous toi
dans la lente
rotation de la sphère
que tu appelles une étoile,
une fleur, un esprit.

(Ron Padgett)

 

Recueil: Le Grand Quelque Chose
Traduction: Olivier Brossard
Editions: Joca Seria

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