Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘inspirer’

Confronté au désastre (Zen)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2021



Illustration: Odile Wysocki-Grec
    
Confronté au désastre
Un disciple dit à Joshu :
«Maître, confronté au désastre,
que fais-tu pour l’éviter?»

Joshu ouvrit les bras,
inspira profondément
et dit avec un large sourire :
« Ça. »

(Zen)

 

Recueil: Le doigt et la lune (Alexandro Jodorowsky)
Traduction:
Editions: Albin Michel

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le silence (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 5 mai 2021



Il se pourrait

Que le silence impose, inspire
Certains gestes, certains actes,

A qui vient
Pour le respecter,

Pour accueillir
A travers lui.

(Guillevic)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | 2 Comments »

SOMMATION IRRESPECTUEUSE (Victor Hugo)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2021



Danielle Duer

SOMMATION IRRESPECTUEUSE

Rire étant si jolie,
C’est mal. O trahison
D’inspirer la folie,
En gardant la raison !

Rire étant si charmante !
C’est coupable, à côté
Des rêves qu’on augmente
Par son trop de beauté.

Une chose peut-être
Qui va vous étonner,
C’est qu’à votre fenêtre
Le vent vient frissonner,

Qu’avril commence à luire,
Que la mer s’aplanit,
Et que cela veut dire :
Fauvette, fais ton nid.

Belle aux chansons naïves,
J’admets peu qu’on ait droit
Aux prunelles très vives,
Ayant le coeur très froid.

Vous saurez, attendrie,
Le charme de l’instant
Terrible, où l’on s’écrie :
Ah ! vous m’en direz tant !

Vous saurez, vous qu’on gâte,
Le destin tel qu’il est,
Les pleurs, l’ombre, et la hâte
De cacher un billet.

Oui, — pourquoi tant remettre ? —
Vous sentirez, qui sait ?
La douceur d’une lettre
Que tiédit le corset.

Vous riez ! votre joie
A Tout préfère Rien.
En vain l’aube rougeoie,
En vain l’air chante. Eh bien,

Je ris aussi ! Tout passe.
O muse, allons-nous-en.
J’aperçois l’humble grâce
D’un toit de paysan ;

L’arbre, libre volière,
Est plein d’heureuses voix ;
Dans les pousses du lierre
Le chevreau fait son choix ;

Et, jouant sous les treilles,
Un petit villageois
A pour pendants d’oreilles
Deux cerises des bois.

(Victor Hugo)

Illustration: Danielle Duer

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

PLUS DE SOLEIL AU LEVER DU JOUR (Richard Seff)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2021



 

Pier Toffoletti

PLUS DE SOLEIL
AU LEVER DU JOUR

Tu me dis je t’aim’ mais un jour tu me quitteras
Aux moissons d’automn’ pour une grappe de lilas
Et les jours seront longs
Sans prononcer ton nom
Je n’aurai plus de notes à mettre dans mes chansons
Plus de chants d’oiseaux autour de ma maison
Plus d’amour dans mon lit
Pour réchauffer mes nuits
Il n’y aura plus d’âm’ pour me porter secours
Plus de soleil au lever du jour
Plus de soleil au lever du jour
Il n’y aura plus un seul verger au paradis
Plus un seul pommier pour t’inspirer l’envie
De me laisser un jour
Victime de l’amour
Il n’y aura plus d’âm’ pour me porter secours
Plus de soleil au lever du jour
Plus de soleil au lever du jour.

(Richard Seff)

Illustration: Pier Toffoletti

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

CAMONIENNE (Nuno Jùdice)

Posted by arbrealettres sur 2 février 2021



Illustration: Catherine Suchocka
    
CAMONIENNE

Qui es-tu, barbara, qui demeures
dans un poème que l’on étudie et récite
dans les écoles,
— toi qui t’es limitée à être aimée
d’un poète qui, peut-être, ne t’a
rien donné d’autre en échange de cet amour
qu’un poème que toi, peut-être,
tu n’as jamais entendu? Qui es-tu,
ô femme plus réelle que ce
poète qui t’a chantée, et dont nul ne
sait rien — si ce n’est
qu’il t’a aimée, et mise dans
ce poème où tu vis encore, et respires,
comme au jour où il l’a écrit,
se rappelant ton corps, et tes
lèvres, et les jours, ou les nuits,
qu’il passa près de toi? Qui es-tu,
femme réelle et rêvée qui habites
tous les poèmes que ce poème
a inspirés, et tous les rêves qui
ont trouvé en cette barbara une image
précise et définitive ? Retourne-toi,
dans ces vers, pour que nous voyions
ton visage, et dis-nous ton nom — ton nom
authentique, et non pas celui que le poète
a inventé pour t’appeler dans un poème
qui ne garde le secret que de toi seule ;
et ensuite, dors, oublie
ce que l’on a dit de toi, et les commentaires
dont tu as été le prétexte, et les images
où chaque fois davantage, tu as perdu
cette image unique, la tienne.

(Nuno Jùdice)

 

Recueil: Un chant dans l’épaisseur du temps suivi de méditation sur des ruines
Traduction: Michel Chandeigne
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

ÉLÉMENTAIRE (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2020


 


Brigitte Chataignier prana1

 

ÉLÉMENTAIRE

(sur une chorégraphie de Brigitte Chataignier)
je ne sais pas
j’ouvre
les yeux
sur le monde
je ne sais pas
ne sais pas
dans la nuit
dans le noir
les mots
apparaissent
les mots
résonnent

le mot danse
apparaît
j’aimerais tant
oh oui
avec
tout mon corps
avec
toute ma voix
m’incarner
complètement
absolument

j’aimerais
j’aimerais
oui
j’aimerais tant

je ne sais pas
j’ouvre les yeux
sur chaque moment
le regard
l’infini
le regard
l’infini
j’écoute
j’écoute de toutes mes forces

et le mot terre apparaît

je respecte la terre
le son de la terre
je sonde la terre
le corps de la terre
les éléments se tiennent
par la main
tous les éléments

je descends dans la terre
les manteaux
qui me recouvrent
tombent les uns après les autres
je passe
de l’autre côté de la tombe
de l’autre côté des cendres

j’expire
je vais au bout du corps
au bout de la terre
au bout de la femme
j’inspire

(Zéno Bianu)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Et le mythe qui soutient le roc (William Carlos Williams)

Posted by arbrealettres sur 16 novembre 2020



Et le mythe
qui soutient le roc,
qui soutient l’eau vit là-bas –
dans cette grotte, cette fissure profonde,
verte vacillation
inspirant la terreur.

(William Carlos Williams)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tiris (Luali Lehsan)

Posted by arbrealettres sur 30 octobre 2020




    
Tiris

Je veux fuir du ventre
de cette nuit étrangère,
dormir d’un sommeil sans printemps retardés,
sans clauses de pardon suspendues,
et me réveiller dans ton ventre, Tiris.
Épouvanter la solitude avec un éventail
de vers que ton immensité inspire.
Vider mon âme dans la bonté de ton âme,
retraverser la mémoire de l’univers
dans la poésie de tes paysages,
écouter l’écho de tes montagnes,
la gloire de l’enfance du monde,
le galop d’une caravane sur la face cristalline
de tes plaines,
et sentir la paix que les dieux en leur bonté gravèrent
sur ton visage.
Ton visage de mer où les vagues se figent.

(Luali Lehsan)

 

Recueil: 120 nuances d’Afrique
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

RITUEL D’AMPLIFICATION DU MONDE (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 14 octobre 2020



 

Tereza Vlcková -a-perfect-day-elise...-10

RITUEL D’AMPLIFICATION DU MONDE

Je commencerai par être
un verbe
sans limites
un langage
où rien ne serait dit
mais tout pressenti
dans le monde visible
et nulle part ailleurs
un grain de sable
qui dialogue avec les dieux
une élévation
dans l’affection et le bruit neufs
un miracle inouï
sous le soleil de la conscience
je commencerai par être
en devenant ce que je suis

Je commencerai par être
un dispositif
d’émerveillement
un voyage
au bout du possible
vers
ce qui m’apprend
à mourir
la raison
la plus silencieuse
en moi-même
le loup
chaviré
d’une langue universelle
je commencerai par être
là voix d’une résonance

Je commencerai par être
un souffle
d’année-lumière
contre le vertige
de la tentation
du malheur
une anthologie
des bouleversements
un retour
de nuit blanche
qui coule
dans les veines
une tendresse
démesurée
je commencerai par être
au milieu de la poussière

Je commencerai par être
un sourire
blessé
une fêlure
centrale
un tressaillement
une souveraineté
fluide
tendue
la part donnée
offerte
au vide
une salve
dans l’imprévisible
je commencerai par être
avec la peau des dents

Je commencerai par être
le refus
de rêver pareil
le refus
du bureaucrate intérieur
une exaltation sereine
un visage
qui se transforme
en tigre
à chaque émotion
un visage sans visage
qui accueille
tous les visages
un tremblement de ciel
je commencerai par être
jusqu’au paroxysme

Je commencerai par être
mille kilomètres
de battements
de coeur
à la seconde
ici-haut
contre tous les robots
couleur chair
un saut
dans la vie
un saut
dans le vide
un saut
de lumière noire
je commencerai par être
une pulpe d’aimantation

Je commencerai par être
un soir
d’anéantissement
la plus haute
obstination
une science
de l’excès
l’empreinte
digitale
de la mort dans la vie
le toujours
maintenant
la parfaite
insoumission
je commencerai par être
à bout portant

Je commencerai par être
celui qui
chaque jour
découvre l’infinie
première fois
la parure du chaos
l’abandon
des masques
l’éclosion accélérée
d’une fleur de sens
celui qui
ne veut plus
traduire la vie
en cendres mortes
je commencerai par être
incomparable

Je commencerai par être
au diapason
d’un vent bleu
une danse exacerbée
des atomes
une mise au jour
de l’ossature du temps
le feu insoupçonné
de ma propre consumation
une vigilance détendue
une porte battante
qui va et qui vient
quand j’inspire
quand j’expire
je commencerai par être
jusqu’au bout du monde

Je commencerai par être
un maquisard de l’esprit
un étoilement
de précipices
pour saluer sans fin
les grands isolés
une secousse
de moelle
à mourir de fou rire
un accomplisseur
secret
préférant le coup de sang
au coup de dés
un infini départ
je commencerai par être
repassionné

(Zéno Bianu)

Illustration: Tereza Vlcková

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 14 Comments »

Je ne connais guère métaphore plus inspirante (Christiane Singer)

Posted by arbrealettres sur 1 septembre 2020



Illustration    
    
Je ne connais guère métaphore plus inspirante pour frôler le mystère de la création
que celle du noeud de la tradition hébraïque.
De quelle manière le visible est-il relié à l’invisible, le sacré au profane, le corps à l’âme ?
Par mille fils emmêlés les uns aux autres et réunis en un noeud.

(Christiane Singer)

 

Recueil: Où cours-tu ? Ne sais-tu pas que le ciel est en toi ?
Traduction:
Editions: LE LIVRE DE POCHE

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :