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Poésie

Posts Tagged ‘instant’

Venu voir les fleurs (Yosa Buson)

Posted by arbrealettres sur 2 décembre 2019



    

Illustration: Toyohara Chikanobu

 

(Yosa Buson)

 

Recueil: Les plus beaux HAÏKU(S)
Traduction: Akié Boulard
Editions: Arichi

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AVANT LE DÉLUGE (Günter Kunert)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2019



Illustration: Higorca Gómez Carrasco
    
AVANT LE DÉLUGE

Dans les arbres du soir
échafaudages d’air pur
étirés tels des cris
venus de loin
et je me demande
si ceci serait l’adieu
ou quelque autre signe
de la fin

Car la terre sombre
derrière son horizon
rien ne s’élève plus
c’est certain
et il ne reste
de nous tous
qu’un reflet changeant
qu’un bref instant
d’existence.

***

VOR DER SINTFLUT

In den Abendbäumen
Gebilde aus purer Luft
langgezogen wie Rufe
aus weiter Ferne
und ich frage mich
ob das der Abschied sei
oder sonst ein Zeichen
des Endes

Denn die Erde versinkt
hinter ihrem Horizont
nichts geht mehr auf
das ist klar
und es bleibt
ein fahriger Widerschein
von uns allen
noch eine Weile
bestehen.

***

ÎNAINTE DE POTOP

În arborii nocturni
aer în formă pură
prelung chemând
din depărtări.
Mă-ntreb acum
de-i rămas bun
sau altă prorocire
a capătului.

Pământul se coboară
sub propriul orizont,
nimic nu mai răsare.
E clar că nu ne mai rămâne
decât fugara oglindire,
chip reflectat în care
pentru-o vreme
încă mai dăinuim.

***

PRZED POTOPEM

w wieczornym drzewach
kształty z czystego powietrza
rozciągnięte jak wołania
z daleka
i stawiam sobie pytanie,
czy to pożegnanie,
czy inny znak
końca.

Jako że ziemia zapada w głąb,
za jej horyzontem
nic więcej się nie wyłania.
To jest jasne
i to, co pozostaje,
to niespokojne odbicie
nas wszystkich
jeszcze na chwilę

***

BEFORE THE FLOOD

In the evening trees
figures of pure air
elongated like cries
from afar
and I wonder
if this is the farewell
or another sign
of the end

Because the earth is sinking
behind its horizon
nothing works anymore
that is clear
and what continues to exist
is a whimsical reflection
from all of us
just for a while…

***

ΠΡΙΝ ΤΟΝ ΚΑΤΑΚΛΥΣΜΟ

Κάθε βράδυ σχήματα του αγέρα
μακρουλά σαν μακρινά κλάματα
κι αναρωτιέμαι
αν είναι αυτό το γεια χαρά
ή άλλο ένα σημάδι του τέλους
που επέρχεται.

Κι αφού η γη βυθίζεται
στο τέλος του ορίζοντα
τίπτα πια δεν δεν είναι ακριβές
κι ότι απομένει
η ιδιότροπη αντύγεια μας
των μερικών λεπτών.

***

洪水之前
在夜晚的树上
纯空气数据
像远方来的哭声
一样拉长
我想知道
是否这就是诀别
或是末日的任何
其它迹象

因为大地正下沉到
地平线后
没什么起作用了
很明显
还将继续存在的
是来自我们所有人
一种异想天开的反映
只那么一会儿。

***

ANTES DEL DILUVIO

En los árboles de la tarde
las sombras de aire puro
prolongadas como gritos
en la lejanía
y me pregunto
si eso será la despedida
o cualquier otro signo
del fin

Puesto que la tierra se hunde
detrás de su horizonte
ya no despunta
eso está claro
y permanece
un reflejo inconstante
de todos nosotros
por un tiempo
todavía.

***

PRIMA DEL DILUVIO

Di sera alberi
forme d’aria pura
si allungano come grida
da lontano
e io mi chiedo
se questo sia un addio
o qualche altro segno
della fine

Perché la terra sta annegando
dietro il suo orizzonte
niente più funziona
è chiaro
e ciò che continua ad esistere
è questo strano riflesso
di tutti noi
solo per un attimo.

***

PRIMA DEL TEMPORALE

Dentro gli alberi della sera
correnti di aria pulita
allungate come grida
venute da lontano
e io che mi domando
se questo è un addio
o qualche altro segno
della fine

Perché la terra precipita
dietro il suo orizzonte
niente si distingue più
questo è certo
e non resta
di noi tutti
che un riflesso cangiante
un breve istante
di esistenza.

***

VÓÓR DE ZONDVLOED

In de avondbomen
bouwsels uit zuivere lucht
langgerekt zoals geroep
uit de verte
en ik vraag mij af
of dit het afscheid zou zijn
of enig ander teken
van het einde

Want de aarde zinkt weg
achter haar horizon
gaat niets nog op
dat is duidelijk
en er blijft
een grillige weerspiegeling
van ons allemaal
nog een tijdje
bestaan

***

(Günter Kunert)

 

Recueil: ITHACA 601
Traduction: Français Germain Droogenbroodt Elisabeth Gerlache / Allemand / Roumain Gabriela Căluțiu Sonnenberg / Polonais Mirosław Grudzień / Anglais / Grec Manolis Aligizakis / Chinois William Zhou / Espagnol Rafael Carcelén / Italien Laura Garavaglia / Italien Renato Fiorito / Néerlandais Germain Droogenbroodt / Indi Shotamoy ThakurEditions: POINT

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Battre le rappel (Michel Butor)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2019




    
Battre le rappel

II y a quatre jours. Je vais me rappeler. Il y a trois
semaines. C’est trop bête. Il y a deux mois. À peine. Il y
a un an. Cela va revenir. Il y a un instant.

Je l’ai sur le bout de la langue. Il y a sept minutes.
Je vais vous retrouver ça. Il y a six heures. Je perds la
mémoire. Il y a cinq jours. C’est l’âge. Il y a quatre semaines.
Cela me fuit. Il y a trois mois. Cela disparaît. Il y a
deux ans. Cela glisse. Il y a un siècle. Cela me fait signe.
Il y a un instant.

Cela ricane dans la nuit. Il y a huit minutes. Cela
revient. Il y a sept heures. Voilà. Il y a six jours. Cela se
faufilait comme un mousse. Il y a cinq semaines. J’ai
oublié. Il y a quatre mois. Attendez. Il y a trois ans. Je
vais me rappeler. Il y a deux siècles. C’est trop bête. Il y
a un millénaire. À peine. Il y a un instant.

Cela va me revenir. Il y a neuf minutes. Je l’ai sur
le bout de la langue. Il y a huit heures. Je vais vous
retrouver ça. Il y a sept jours. Je perds la mémoire. Il y a
six semaines. C’est l’âge. Il y a cinq mois. Cela me fuit. Il
y a quatre ans. Cela disparaît. Il y a trois siècles. Cela
glisse. Il y a deux millénaires. Cela me fait signe. Il y a
une éternité. Cela ricane dans la nuit. Il y a un instant.

Cela revient. Il y a un instant.

(Michel Butor)

 

Recueil: Collation précédé de HORS-D’OEUVRE scandés par les SOUVENIRS ILLUSOIRES D’UN JAPON TRES ANCIENS
Traduction:
Editions: Seghers

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Sans humains (Ingerborg Bachmann)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2019



 

    
Sans humains

Château de nuées ensorcelé dans lequel nous dérivons…
Qui sait si nous n’avons pas déjà traversé ainsi
de nombreux cieux les yeux vitreux ?
Nous, bannis dans le temps
et expulsés de l’espace,
nous, aéronautes de la nuit sans fond.

Qui sait si nous n’avons pas déjà volé autour de Dieu
et, parce que nous tirions nos flèches d’écume sans le voir
en continuant de projeter notre semence
pour nous perpétuer en des lignées humaines toujours
plus obscures,
maintenant ne dérivons coupables ?

Qui sait si, depuis longtemps déjà, lentement nous ne mourons ?
Le bal de nuages avec nous aspire à s’élever toujours plus haut.
L’air raréfié aujourd’hui engourdit déjà nos mains,
et quand la voix se brisera et que notre souffle s’arrêtera… ?

Le sortilège se maintient-il dans les derniers instants ?

***

Menschenlos

Verwunschnes Wolkenschloß, in dem wir treiben…
Wer weiß, ob wir nicht schon durch viele Himmel
so ziehen mit verglasten Augen?
Wir, in die Zeit verbannt
und aus dem Raum gestoßen,
wir, Flieger durch die Nacht und Bodenlose.

Wer weiß, ob wir nicht schon um Gott geflogen,
weil wir pfeilschnell schäumten, ohne ihn zu sehen
und unsre Samen weiterschleuderten,
um in noch dunkleren Geschlechtern fortzuleben,
jetzt schuldhaft treiben?

Wer weiß, ob wir nicht lange, lang schon sterben?
Der Wolkenball mit uns strebt immer höyer.
Die dünne Luft lähmt heute schon die Hände.
Und wenn die Stimme bricht und unser Atem steht?

Bleibt die Verwunschenheit für letzte Augenblicke?

(Ingerborg Bachmann)

 

Recueil: Toute personne qui tombe a des ailes
Traduction: Françoise Rétif
Editions: Gallimard

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Ni mot ni poème (Yosano Akiko)

Posted by arbrealettres sur 4 novembre 2019



Illustration: Ikenaga Yasunari
    
Ni mot ni poème
À qui je désire confier
Mes pensées profondes
En ce jour en cet instant,
Seul de mon coeur à ton coeur

(Yosano Akiko)

 

Recueil: Cheveux emmêlés
Traduction: Claire Dodane
Editions: Les Belles Lettres

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17 ans (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2019



 

Giuseppe Cacciapuoti julia

17 ans
Une femme une enfant
Qui ne sait rien encore
Et découvre son corps
Que le soleil enivre
Et que la nuit délivre

17 ans
Un sourire innocent
Et le regard docile
Sous un rideau de cils
Mais une faim de loup
Et une soif de tout

17 ans
Des seins de satin blanc
Semblent narguer le vent
De leur charme insolent

17 ans
Et prendre encore le temps
Le temps de refuser
Le monde organisé
Et faire à l´heure présente
Un aujourd´hui qui chante

17 ans
Et vivre à chaque instant
Ses caprices d´enfant
Ses désirs exigeants

17 ans
J´étais adolescent
Et je le suis encore
En découvrant ton corps
Comme un fruit éclaté
Comme un cri révolté

17 ans déjà

17 ans tu n´as
Que 17 ans
Mon amour
Mon enfant

(Georges Moustaki)

Illustration: Giuseppe Cacciapuoti

 

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LE TEMPS QUI BRÛLE (René Depestre)

Posted by arbrealettres sur 9 octobre 2019




    
LE TEMPS QUI BRÛLE
à Nelly.

Lente, gloire lente, femme lente,
Lente, tu es lente,
A l’heure somptueuse du corps.
Tu es le temps qui console
Tu es le sablier de la douceur
Ton corps mesure en moi la force des marées
Ton corps indique le temps infini
Encore un instant de bonheur !
Encore l’oubli, encore une victoire glorieuse sur la mort !
Encore toi, encore ta haute vague !
Encore ta jeunesse qui brûle !
Encore ta gloire, encore ton délire !
Lente, gloire lente, femme lente,
Tes cheveux, tes cuisses, tes os,
Ton enfance, tes poupées, ta joie
Pénètrent jusque dans mes os.
Lente, gloire lente, femme lente
Tes caresses me suivront jusque dans la poussière !

(René Depestre)

 

Recueil: Journal d’un animal marin
Traduction:
Editions:

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Sur tes instants (Guillevic)

Posted by arbrealettres sur 8 octobre 2019



Mets parfois un tréma
Sur tes instants.

(Guillevic)

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Issue (Thomas Vinau)

Posted by arbrealettres sur 26 septembre 2019



    

Issue

L’instant
est à la fois
une issue
de secours
et une voie
sans issue
autrement dit
l’instant
est une
impasse
de secours

(Thomas Vinau)

 

Recueil: Juste après la pluie
Traduction:
Editions: Alma

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Chaque jour en des instants semblables quelqu’un, quelque chose (Franck Venaille)

Posted by arbrealettres sur 22 septembre 2019




    
QUELQU’UN, QUELQUE CHOSE

chaque jour
en des instants semblables
quelqu’un, quelque chose, sous quelle forme?
me rejoint — chaque jour — me rejoint –
m’enfonce le visage dans un sac et là, me terrorise et me fait mal
mêlé au grain, dans l’odeur d’écurie
ou
d’étable — chaque jour — me terrorise et me fait mal
c’est
c’est sa fonction, son rôle
voici exactement ce qui se passe, ce qu’il advient de moi au présent
lorsque
la chose approche, m’empêche — tête dans le sac — de respirer
c’est pour
c’est pour t’apprendre l’humilité
me dit une voix que je puis qualifier encore d’humaine
c’est pour cela
que
chaque jour, en des instants semblables,
la vie
se rétracte un peu plus encore
plus pénible
voici

(Franck Venaille)

 

Recueil: Ça
Traduction:
Editions: Mercure de France

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