Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘insu’

LE MINEUR (Nikiforos Vrettakos)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2021



    

    
LE MINEUR

Quoi qu’on écrive, ce ne seront que des mots.
Ces mots que je cherche à faire disparaître.
Et c’est pourquoi je me suis coupé la main.
Et c’est pourquoi je me forge
nuit et jour avec le feu, que je me suis laissé
fouler telle une rose rouge.
Je veux devenir une autre sorte
d’eau. Une autre sorte de langage.
Tels des rayons dorés, darder mes paroles
par vos pores, à votre insu,
m’avançant, éclairant toujours plus
profond dans vos cœurs, comme
éclaire les galeries noires de la terre
en descendant
le mineur avec sa lampe.

(Nikiforos Vrettakos)

Recueil: Mon soleil
Traduction: Traduit du grec par Ioannis Dimitriadis
Editions: ainigma.net

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Il arrive un temps (Bernard Montini)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2021



Il arrive un temps où même ceux figés
en leurs froidures renouent, à leur insu,
avec des gestes perclus d’étoiles.

(Bernard Montini)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | 2 Comments »

Au plus insu de soi (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 24 novembre 2020


Ne plus te chercher
ni en toi
ni en moi
Abandonné
Au battement solidaire
entre deux abîmes
La vie promise
La vie donnée
Au plus obscur de l’heure
du lieu
Au plus insu de soi

(François Cheng)

Illustration: Vladimir Kush

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | 2 Comments »

Sentiment – de quasi solitude (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 18 juillet 2020




Je me cache – dans ma fleur,

Pour, me fanant dans ton Urne –

T’inspirer – à ton insu – un sentiment –

De quasi solitude –

(Emily Dickinson)

Illustration: Max Szoc Leuven

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Consens à la brisure (François Cheng)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2020



brisure

 

Consens à la brisure
C’est là que germera
Ton trop-plein de crève-coeur
Que passera un jour
A ton insu la brise

(François Cheng)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , | 2 Comments »

Connais-moi! (Marie Noël)

Posted by arbrealettres sur 7 septembre 2018




    

Connais-moi! Connais-moi, racine, fleur et graine,
Moi toute, mes vols d’anges et mes bonds d’animal,
-Si me connaître toutefois en vaut la peine-
Démêle en moi le vrai, le faux, le bien, le mal.

A toi je m’abandonne, ô Lumière suprême,
Disparue à mes yeux dans les tiens où je suis
Seule moi, seule vraie à l’insu de moi-même.
Comme Tu me connais, ô Juge de minuit.

Juge-moi!
Mais sauve-moi comme Tu m’aimes.

(Marie Noël)

 

Posted in méditations | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Chansons (Friedrich Nietsche)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2018




Chansons

I

Mon coeur est vaste comme une mer,
ton visage y sourit baigné de soleil,
en profonde, douce solitude,
où délicatement vague sur vague se brise.

Est-ce la nuit ? Est-ce le jour ?
Je ne sais.
Mais ton visage baigné de soleil me sourit,
si charmant et si doux,
et je suis heureux comme un enfant.

II

C’est le vent à minuit
qui frappe à ma fenêtre.
C’est l’averse tendre,
qui tombe goutte à goutte délicate à mon toit.
C’est le rêve de mon bonheur,
qui passe sur mon coeur caressant comme le vent.
C’est l’haleine de ton regard
qui passe sur mon coeur comme un baume de pluie.

III

Dans la solitude j’aperçois d’aveuglants éclairs
qui, traversant le bleu ténébreux du ciel nocturne,
jaillissent des sourcils sombrement voûtés,
d’ondoyantes nuées.
Dans la solitude, flamboie au loin le tronc des pins
aux flancs vaporeux de la montagne.
Plus loin, environnée de rouge clarté,
la pâle fumée fuit vers le bois.
Dans les lueurs d’un ciel lointain
ruisselle la pluie délicate et sans bruit,
triste et lugubre à sa façon.

En tes yeux mouillés de larmes,
se prolonge un regard,
qui douloureusement, d’un chagrin cordialement
dissipé de toi et moi,
d’heures disparues et d’un bonheur enfui,
a rappelé le souvenir commun.

IV

Aux heures paisibles je pense souvent
à ce qui avec tant d’attrait m’angoisse et m’effraie,
quand, inattendu, à mon insu,
un doux rêve s’étend sur moi.
Je ne sais ce qu’ici je pense et je rêve,
je ne sais ce qu’il me reste à vivre;
– et pourtant quand je mis ainsi ravi,
le coeur me bat avec un tel désir.

(Friedrich Nietsche)

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

AVEC LES VIEUX MOTS (Gilles Vigneault)

Posted by arbrealettres sur 26 août 2018



 

Gilles Vigneault

AVEC LES VIEUX MOTS

Avec les vieux mots
Les anciennes rimes
J’arrive trop tôt
J’arrive trop tard
J’arrive trop tôt
Pour casser la lime
J’arrive trop tard
Pour prendre ma part
Ma part c’était toi
Ma part c’était elle
C’était vous trois fois
Nous quatre et vous deux
Ailleurs c’est à toi
Que je suis fidèle
Je vieillis pour deux
Je m’importe peu

Je guette mes saisons
Du coin de l’oeil
Je n’ai pas de maison
C’est mon orgueil

Je refais des jeux
Que j’ai vu refaire
Quand je nomme Dieu
C’est à mon insu
Je fais des adieux
Mais c’est sur la terre
Par vice ou vertu
Rien ne m’a déçu

Loin dans la maison
Une jeune fille
Guette à l’horizon
Mon ombre et mon pas
Mais c’est sans raison
L’âme se gaspille
Paisse le veau gras
Je ne viendrai pas

(Gilles Vigneault)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Il existe un fleuve (Alain Jouffroy)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2018



Illustration: Agnieszka Szuba 
    
Il existe un fleuve qui circule,
à l’insu de tout le monde,
au milieu de tout.

On l’appelle, parfois, rêve,
mais ce n’en est pas un.
C’est une voie navigable.

(Alain Jouffroy)

 

Recueil: Être-Avec
Traduction:
Editions: De la Différence

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Une présence insue (Danièle Faugeras)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2018




    
une présence
insue

sur le seuil du visible
poudroie

familière inconnue

quelque chose
est

venue
à la rencontre

un espace libre entre deux mondes

est repartie
déjà

on l’appelera beauté

ou
amour

Tu me regardes je me vois

ou bien encore
: poème

(Danièle Faugeras)

 

Recueil: Quelque chose n’est / cing grands poèmes pour voir
Traduction:
Editions: Les Lieux dits

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :