Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘intemporel’

Reste avec ton amour (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 31 janvier 2018



Illustration: Domingo Moreno Otero
    
reste avec ton amour sur la terre finissante—
et tandis qu’une(d’immense quoi en quoi plus immense
qu’immense)mer devient qui s’éneigeant bondissante
suppose qu’on ne puisse aimer,chérie;imagine
que nous soyons comme vivants non ni morts tous ces
(ou comme plusieurs milliers de coeurs rêvent et n’avancent
ou comme plusieurs millions d’esprits dorment et s’agitent)
grains d’un sable aveugle,à la grâce impitoyable
du temps du temps du temps du temps
—oh oui quelle chance avons toi et moi d’habiter
l’intemporel:nous qui descendus en flânant
des odorantes montagnes d’éternel à-présent
batifolons parmi des mystères tels que naître
et mourir un jour(ou même moins peut-être)

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: 95 poèmes
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Points

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le temps,une grâce princière (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2018




    
le temps,une grâce princière que ses pondérations
d’une générosité au-delà du croyable
(bien que chair et sang l’accusent de coercition
qu’esprit et âme de trahison le croient coupable)

ses actes aussi peu raisonnés qu’irraisonnés
sa sagesse annulant l’accord ou le conflit
– les saharas comptent par siècle;huit ou dix milliers
auprès d’un seul instant de rose paraissent petits

il est un temps pour les larmes et un temps pour rire
pour l’espoir la détresse la paix ou les passions
— et un temps pour grandir et un temps pour mourir
un nuit pour le silence:un jour pour les chansons

étais plus que tout(comme viennent tes bien plus que prunelles
me le dire)il est un temps pour l’intemporel

***

in time’s a noble mercy of proportion
with generosities beyond believing
(though flesh and blood accuse him of coercion
or mind and soul convict him of deceiving)

whose ways are neither reasoned nor unreasoned
his wisdom cancels conflict and agreement
– saharas have their centuries; ten thousand
of which are smaller than a rose’s moment

there’s time for laughing and there’s time for crying –
for hoping for despair for peace for longing
– a time for growing and a time for dying:
a night for silence and a day for singing

but more than all (as all your more than eyes
tell me) there is a time for timelessness

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: 95 poèmes
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Points

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Sans (Rose Ausländer)

Posted by arbrealettres sur 29 mai 2017



Illustration: Dave McKean
    
Sans

Ô, les enfants encore à naître,
sans souci dans le non-être,
sans perturbation, sans imperturbation,
sans intentions ni bonnes ni mauvaises,
sans ancêtres ni héritiers,
sans se douter qu’ils sont intemporels.

Ils ne savent pas ce qu’ils ne font pas,
bienheureux car ils ne savent pas.

(Rose Ausländer)

 

Recueil: Sans visa
Traduction: Eva Antonnikov
Editions: Héros-Limite

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LA ROSE EN SA TENEBRE (8) (Jean Tortel)

Posted by arbrealettres sur 20 septembre 2016




LA ROSE EN SA TENEBRE (8)

La rose est un oeuf
La rose nourrit
La rose sécrète
On glisse aux pentes de la rose
L’intérieur de la rose est jaune comme un oeuf
On ne pénètre pas dans la rose

Au lieu de tomber en poussière
Comme font les choses parfaites
Dans un éclatement intemporel
Ridée elle s’amenuise
Elle est vieille
Elle a des veines sclérosées de vieille
Qui boursouflent sa peau
Elle tombera toute petite
Et noire

(Jean Tortel)

Illustration: Bob Feldman

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Intemporels (Michel Fardoulis-Lagrange)

Posted by arbrealettres sur 16 octobre 2015


Fille-au-Violoncelle

 

Intemporels, vous périssez
en vertu d’une cause,
celle du bruissement de la parole,
parmi les champs arborescents
d’aujourd’hui
où vibrent les cordes
d’une matinée dolente.

(Michel Fardoulis-Lagrange)

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Pourquoi nous émouvoir d’un paysage d’oiseaux (Christian Bachelin)

Posted by arbrealettres sur 7 août 2015



Pourquoi nous émouvoir d’un paysage d’oiseaux
D’une alouette sonnant les matines du soir
Simplement d’une abeille cognant sur la vitre
Si déjà la rumeur ne réveille l’écho
D’une autre nostalgie plus vaste que l’oubli
Et nous qui sommes fous d’irréel de mystère
Pourquoi nous éblouir seulement d’une pomme
Toute ronde vêtue de clarté coutumière
Comme si par le charme ultime d’un regard
L’intemporel devait s’enraciner ici
A l’ombre d’un seul jour au ciel d’un seul pays.

(Christian Bachelin)

Illustration: http://epire.fr/galerie3.html

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :