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Posts Tagged ‘intensité’

Il n’est ni Vie ni Mort (Mina Loy)

Posted by arbrealettres sur 5 avril 2019



    

Il n’est ni Vie ni Mort

Il n’est ni Vie ni Mort
Seulement l’activité
Et dans l’absolu
Nulle déclivité.

Il n’est ni Amour ni Désir
Seulement la générosité
Qui voudrait posséder
Est nullité.

Il n’est ni Premier ni Dernier
Seulement l’égalité
Et qui voudrait régner
Rejoint la majorité.

Il n’est ni Espace ni Temps
Seulement l’intensité
Et les choses apprivoisées
N’ont nulle immensité.

(Mina Loy)

Découvert ici: https://eleonoreb.wordpress.com/

Recueil: Il n’est ni vie ni mort, poésie complète
Traduction: Olivier Apert
Editions: Nous

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Rien n’est à sa place (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 15 mars 2019




    
Rien n’est à sa place.
Mais un jour quelconque
subitement tout est à sa place.

Alors nous comprenons :
ne pas être à sa place
est précisément la façon
d’être à sa place.

Il se peut que le dilemme n’existe pas :
le point de repère manque
pour qu’une chose soit ou ne soit pas à sa place.
Y aurait-il quelque part
un espace dont l’intensité
serait capable d’héberger
ce point de repère
qui n’a pas de place ?

***

Nada está en su lugar.
Pero un día cualquiera
de pronto todo está en su lugar.

Entonces comprendemos:
no estar en su lugar
es justamente el modo
de estar en su lugar.

Pero quizá el dilema no exista:
falta et punto de referencia
para que algo esté o no esté en su lugar.
¿Habrá en alguna parte
un espacio tan intenso
como para poder albergar
ese punto de referencia
que no tiene lugar?

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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L’unique sens (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2019



Peut-être l’unique sens
Est-il l’intensité
Sans le sens.

(Roberto Juarroz)


Illustration

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Où est la VIE ? (Lise Cassin)

Posted by arbrealettres sur 5 août 2018



Un oiseau monte vers le soleil
La vérité naît de l’instant
L’intensité dans le silence
Silence de l’instant
Espace de clarté blanche délivré de ténèbres

Amour nu
La brûlure à vif s’éternise
Au cœur
d’une île inespérée
A l’aube d’un jour innocentée de nuit

(Lise Cassin)

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La poésie (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2018



Illustration: Josephine Wall 
    
La poésie est pour moi la plus grande plénitude de vie à laquelle je puis accéder.
Je ne connais aucune expérience vitale de plus grande intensité.
La poésie est mon identité.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Poésie et création
Traduction:
Editions:

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Le poème est un acte de célébration (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2018




    
Parlerait-il de choses très négatives,
le poème est un acte de célébration,
parce qu’il est le foyer d’intensité vitale et verbale,
une sorte de petite fête dans le vide

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Fragments verticaux
Traduction:
Editions:

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Avec une intensité soudaine (Virginia Woolf)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018


 


 

la-femme-peintre

Avec une intensité soudaine,
comme si l’espace d’une seconde,
elle l’eût vu net,
elle mena une ligne,
là, au centre.
Tout était fini.
Oui, songea-t-elle, reposant son pinceau,
au comble de l’épuisement,
j’ai eu ma vision.

(Virginia Woolf)

 

 

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Célébrer (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018




    
Célébrer ce qui n’existe pas.
Est-il un autre chemin pour célébrer ce qui existe?

Célébrer l’impossible.
Est-il une autre façon de célébrer le possible?

Célébrer le silence.
Est-il une autre manière de célébrer la parole?

Célébrer la solitude.
Est-il une autre voie pour célébrer l’amour?

Célébrer l’envers.
Est-il une autre forme de célébrer l’endroit?

Célébrer ce qui meurt.
Est-il un autre chemin pour célébrer la vie?

Le poème est toujours célébration
car il est toujours l’intensité
extrême d’un fragment du monde,
son épaulement de ferveur restituée,
sa poignée d’enthousiasme,
sa plus juste prononciation, la plus ferme,
comme si la voix avait soudain fleuri.

Le poème est toujours célébration
même si sur ses bords se reflète l’enfer,
même si le temps se crispe comme un organe blessé,
même si l’histrion funambulesque qui pousse les mots
disperse ses cabrioles et pirouettes.

Rien ne peut occulter l’infini.
Son geste est plus large que l’histoire,
son pas, plus long que la vie.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Poésie et Réalité
Traduction: Jean-Claude Masson
Editions: Lettres Vives

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Lorsque je dis qu’ils croient, au lieu d’agir (Franck André Jamme)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2018



Illustration: Malel
    
Lorsque je dis qu’ils croient, au lieu d’agir, et qu’ils sont immobiles,
qu’ils se tiennent donc dans l’hébétude de la croyance,
je n’oublie pas une seconde qu’ils passent pourtant leur vie à remuer.

Seulement c’est chaque fois la même histoire :
il y a agir et agir, tout comme voir et voir, ou penser et penser.
C’est juste une question d’intensité.

Mais si l’on vous demande par exemple ce que vous aimeriez vivre
et que vous répondez, sans réfléchir :
le ravissement,

alors ne cherchez pas, vous y êtes.

(Franck André Jamme)

 

Recueil: La récitation de l’oubli
Traduction:
Editions: Flammarion

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Voix de personne (Paul Auster)

Posted by arbrealettres sur 2 avril 2018



 

Voix de personne, étrangère
à l’automne, et une seule fois
concentrée dans l’oeil qui saignait
d’une telle intensité. Ton muscle
ne se remet pas, c’est
une autre corde, tressée
par l’encre, et écorchant
cette main à vif — qui ramène les images
vers nous : le clairvoyant
cadavre, chantant
de son miroir-potence ; un coup d’oeil,
plus lourd que pierre, lancé
sur la glace
d’avril, faisant résonner les profondeurs
de ton souffle-puits ; un oeil,
et puis
un autre encore. Tant que vautour
sera le mot
qui se repaît de ce déchet, la nuit
sera ta proie.

(Paul Auster)

Illustration: Andrej Gorenkov

 

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