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Poésie

Posts Tagged ‘intérieur’

SOLITUDE (Maurice Fombeure)

Posted by arbrealettres sur 23 septembre 2022



Edvard Munch -234438 [800x600]

SOLITUDE

Je marche sans arrêt
Dans cette énorme ville
Où gronde le murmure
Immense de la mer,
Où l’on perçoit à peine
Le signe d’une étoile,
Le galop d’un cheval
Dans la rue, le matin,
L’agile des oiseaux
Sur les arbres de neige,
Le cri vert des bateaux
Dans les vagues de marbre.
Je marche sans arrêt
Perclus de solitude,
Dans ces déserts mortels
Tout luisants de regards.
J’entends autour de moi
Des plaintes étouffées,
Des soupirs de bonheur
Fragiles roses mortes.
Heureusement ma lampe,
Phare de mes automnes
Brille là-bas au loin
Dans le fond de mon coeur
Et m’attire, invincible,
Tout gluant de ténèbres.
Je monte un escalier
Dans cette énorme ville
Où gronde le murmure
Immense du malheur ;
O chat, lampe, famille,
Bonne humaine chaleur,
Sauvez-moi tous les soirs
Du naufrage intérieur,
De l’éternel naufrage !

(Maurice Fombeure)

Illustration: Edvard Munch

 

 

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On n’invente pas le monde intérieur (Jacques Lusseyran)

Posted by arbrealettres sur 21 septembre 2022




    
On n’invente pas
le monde intérieur.

Il existe pour nous
ou il n’existe pas.

(Jacques Lusseyran)

 

Recueil: La Beauté Éphéméride poétique pour chanter la vie
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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Un rêve trop haut (Carl Norac)

Posted by arbrealettres sur 6 septembre 2022



Illustration: Géraldine Alibeu
    
Un rêve trop haut
(petit poème bizarre à ne pas répéter en haut d’un escalier ou d’une échelle)

La première fois où j’ai voulu monter sur un nuage,
le ciel était parfaitement bleu.
Je suis tombé. C’était un dimanche.
Rien n’était ouvert tout en bas,
dans mon quartier :
pas moyen de trouver un sparadrap.
La deuxième fois où j’ai voulu monter là-haut,
il y avait bien un nuage, si beau.
Alors, j’ai sauté.
Ce cumulus était fait d’une douce vapeur,
il était si transparent à l’intérieur :
j’ai un peu flotté, puis je suis tombé.
Heureusement, j’avais réfléchi,
là on était un samedi :
tout de suite, j’ai pu aller à la pharmacie.

(Carl Norac)

Recueil: Petits poèmes pour passer le temps
Traduction:Editions: Didier Jeunesse

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C’EST L HISTOIRE D’UNE HEURE (Carl Norac)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2022



Illustration: Kitty Crowther
    
C’EST L HISTOIRE D’UNE HEURE

C’est l’histoire d’une heure
qui a perdu une seconde.
Faut voir comme elle pleure,
comme elle crie à la ronde.
Qui connut un tel malheur ?

À l’entendre,
il y avait de l’amour
à l’intérieur.

(Carl Norac)

Recueil: Petits poèmes pour passer le temps
Traduction:Editions: Didier Jeunesse

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APRÈS LES ANNÉES (Carl Norac)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2022



Illustration: Kitty Crowther
    
APRÈS LES ANNÉES

« Papa, quand je serai grande, après les années,
est-ce que j’aurai un coeur grand comme ça ?
— Oui, il va grandir un peu.
— Est-ce que ça veut dire que je pourrai mettre plus de gens à l’intérieur ?
— Pourquoi dis-tu ça ?

— Parce que moi, j’aime tout le monde. »

(Carl Norac)

Recueil: Petits poèmes pour passer le temps
Traduction:Editions: Didier Jeunesse

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La conquête du monde intérieur (Henri-Frédéric Blanc)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2022


miroir

Je trace des mots frais et voici
que disparaissent tous mes soucis.
Aventurier
de l’encrier
je chemine sans carte dans
les territoires du dedans.
Un jour j’entrerai triomphant
dans mes Amériques d’enfant.

(Henri-Frédéric Blanc)

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Arabesques (Béatrice Bastiani-Helbig)

Posted by arbrealettres sur 20 août 2022



    
Arabesques

« Arabesques » : depuis toujours ce mot me plaît.
En peinture, sculpture, musique ou ballet,
Il évoque pour moi de gracieux mouvements
Et il me parle à l’oreille si doucement.

Selon que je me trouve au bord d’un lac en Chine
Ou bien au bord de la mer Méditerranée,
Moi, sur des cucurbitacées je les dessine
Ou sur des galets, et ce depuis des années.

Je laisse aller ma main, mon esprit rêvasser.
Dans un beau voyage intérieur à chaque fois
Il m’emmène très loin, au plus profond de moi,
Enfin pacifiée, unifiée, réconciliée.

Il arrive que certains viennent bavarder.
Mes dessins leur rappellent des contrées lointaines.
Mes amis pékinois m’ont souvent demandé
Si j’avais séjourné en terre tibétaine.

« Arabesque » : exotique et pourtant familier…
Car ce mot me ramène au temps de mon enfance.
Papa passait du Chopin et me disait : « Danse ! »
Et moi, bien sûr, je ne me faisais pas prier.

D’arabesques en sauts de biche, je rêvais
D’entrer à l’Opéra, d’y consacrer ma vie.
J’étais faite pour danser, et ne concevais
Aucun autre avenir, n’avais pas d’autre envie.

Le destin fut tout autre mais je danse encore.
J’aime la poésie, les beaux-arts, la musique
Et les langues, et le théâtre. Oui, je dévore
La vie, que, bien souvent, je trouve magnifique.

(Béatrice Bastiani-Helbig)

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Et si (Michel Camus)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2022




Et si l’intérieur était plus infini
que l’infinie poussière des étoiles

(Michel Camus)

 

 

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La pensée attend son abeille (Charles Dobzynski)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2022


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A l’intérieur de l’ultime alvéole
la pensée attend son abeille

(Charles Dobzynski)

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LA FEMME INTÉRIEURE (Georges Henein)

Posted by arbrealettres sur 26 juillet 2022



Chen Yan Ning  (27) [1280x768] 

LA FEMME INTÉRIEURE

belle
comme la foudre s’arrêtant à mi-ciel
pour choisir son arbre

inconnue
proche à faire peur
rassurante pourtant
comme une halte en pays tempéré

feu de position
qui détient en sa pupille
la direction de la nuit

friable
comme une poignée de main
entre deux êtres sans avenir

dure
comme le commencement du monde

visage clos
visible une fois par vie
en appuyant sur la gâchette.

(Georges Henein)

Illustration: Chen Yan Ning

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