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Poésie

Posts Tagged ‘intermittent’

L’écran est intermittent (Jean Tortel)

Posted by arbrealettres sur 22 juillet 2019




    
L’écran est intermittent
Au gré de celui qui
Regarde sa nuit sans que
La nuit soit là ni que les choses faillent
Il suffit d’abaisser la paupière en plein jour
Pour que l’écran se ferme
Tournoie s’il fait soleil.

(Jean Tortel)

 

Recueil: Précarités du jour
Traduction:
Editions: Flammarion

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Comme un chemin de pas (Danièle Faugeras)

Posted by arbrealettres sur 3 mai 2018




    
comme

un chemin
de pas

suspendus qui

relient

l’affleurement des pierres
intermittentes

passage à gué

poème.

(Danièle Faugeras)

 

Recueil: Quelque chose n’est / cing grands poèmes pour voir
Traduction:
Editions: Les Lieux dits

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Iro mo ka mo (Ito Naga)

Posted by arbrealettres sur 26 avril 2018



Rain Room, by Random International, at the Curve Gallery, Barbican Art Gallery, in London. The installation is in place and open to the public from 4th October until 3rd March 2013. Photograph by Felix Clay.

 

Iro mo ka mo,
la couleur et le parfum

En sortant de cet hôtel à Tokyo,
elle lève son bras droit au-dessus d’elle,
la paume de la main tournée vers le ciel
pour voir s’il pleut.

Shuu ou harusame ?
Il existe en japonais différentes expressions
pour décrire la pluie.
Shuu tombe dru et verticalement,
tandis que harusame est soufflée par la brise et presque horizontale.

Harusame, c’est la fine pluie du printemps,
shigure, celle de l’automne,
toutes deux intermittentes
car la saison nouvelle n’est pas encore stable.

Laquelle de ces images nous vient à l’esprit
lorsqu’on pense « il pleut »?

(Ito Naga)

Découvert ici: http://revuedepoesie.blog.lemonde.fr/

Illustration

 

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Au creux de la nuit (Jean-Pierre Chambon)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2018



 


    
Au creux de la nuit tout dort
parfois un semblant de souffle intermittent
une série de craquements ténus
interfèrent avec le ronron du réfrigérateur
mais dans l’obscurité profonde du couloir
persiste ce point luminescent
dont la source demeure inconnue

(Jean-Pierre Chambon)

 

Recueil: Tout-venant
Traduction:
Editions: Héros-Limite

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Je sens qu’il manque une manière de douceur (Alain Bosquet)

Posted by arbrealettres sur 5 novembre 2016



Dieu dit: « Entre moi-même et moi,
je sens qu’il manque
une manière de douceur;
c’est pourquoi j’improvise
un colibri, quelque rosée,
une île très légère,
un chant d’amour, un songe intermittent
où se promène un autre dieu. »

(Alain Bosquet)

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Les oiseaux intermittents (Heather Dohollau)

Posted by arbrealettres sur 6 octobre 2016



Les oiseaux intermittents
Les champs toujours là en face
Les mots voltigent, reviennent
Le touchent, il tend la main
Et les pose doucement
Les uns à côté des autres
Ils disent les choses très simples
Comme la musique
L’eau est calme
L’ombre de l’oiseau surprend
Les jours sont longs
Comme au début de la vie

A partir d’un moment d’une extrême simplicité
il ne faut plus espérer

***

Birds sometimes
the fields still over there
words go away come back
touch he holds out his hand
and puts them down softly
side by side
they say simple things
like music
the water is calm
a bird’s shadow surprises
the days are long
as once they were

After a moment of extreme simplicity
hope is no longer needed

(Heather Dohollau)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Le livre (Jacques Dupin)

Posted by arbrealettres sur 6 mai 2016



 

Le livre dont il est l’otage et le garant, le livre incompulsé,
le livre intermittent, tourne sans hâte sur ses gonds dans la terre,
et chaque page à ton attouchement prend feu, et sa substance
se confond avec le surcroît de ta sève, avec le progrès de son sang.

(Jacques Dupin)

Illustration

 

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Disparition (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 8 janvier 2016



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Disparition

Ta tête au premier plan
Est fort bien accueillie par la nuit qui s’écroule
Ta tête émerveillée émue
Extrême frémissant
Se compare sans coquetterie
A la foudre globulaire
Pas une goutte de pluie
Les condiments en puissance d’orage
Font que le ciel difforme retourne à ses boissons gelées
Ta tête violemment tendre
Telle une capucine lumineuse
Laisse la terre à ses secrets
Ta tête délicate et faible
Cette grande déshéritée
Où fait-on ce silence qui la persuade
Que sa naissance a prévalu
Pour toujours sur sa vie

Mais tes yeux
Tes yeux ont contredit les puits lunaires
Les échafaudages solaires
Tous les systèmes d’apparitions intermittentes.

(Paul Eluard)

Illustration: ArbreaPhotos

 

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RÊVE INTERMITTENT D’UNE NUIT TRISTE (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 20 octobre 2015



Albert Lichten (17) [1280x768]

RÊVE INTERMITTENT D’UNE NUIT TRISTE

[…]
O champs paternels hérissés de charmilles
Où glissent le soir des flots de jeunes filles !

O frais pâturages où de limpides eaux
Font bondir la chèvre et chanter les roseaux !

O terre natale ! à votre nom que j’aime,
Mon âme s’en va toute hors d’elle-même ;

Mon âme se prend à chanter sans effort ;
A pleurer aussi tant mon amour est fort !

J’ai vécu d’aimer, j’ai donc vécu de larmes ;
Et voilà pourquoi mes pleurs eurent leurs charmes.

Voilà, mon pays, n’en ayant pu mourir,
Pourquoi j’aime encore au risque de souffrir.

Voilà, mon berceau, ma colline enchantée,
Dont j’ai tant foulé la robe veloutée,

Pourquoi je m’envole à vos bleus horizons,
Rasant les flots d’or des pliantes moissons.
[…]

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Albert Lichten

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Aux vitres de notre âme apparaissent le soir des visages anciens (Georges Rodenbach)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2015



Aux vitres de notre âme apparaissent le soir
Des visages anciens demeurés dans le verre;
Leur souvenir, malgré le temps, y persévère,
Visages du passé qu’on souffre de revoir :
Fronts sans cesse pâlis; lèvres déveloutées;
Yeux couverts chaque jour d’ombres surajoutées
Et qui dans la mémoire achèvent de mourir…
Visage, d’une mère ou visage de femme
Qui jadis ont vécu le plus près de notre âme.
Encor si l’on pouvait un peu les refleurir
Ces faces, dans le verre, à peine nuancées
Et voir distinctement leurs traits dans nos pensées !
Faces mortes toujours près de s’évanouir
Et sans cesse émergeant, – sitôt qu’on les oublie, –
Au fil de l’âme, en des détresses d’Ophélie
Dont les cheveux de lin ont un air de rouir..
Ah ! comment essayer d’avoir un peu de joie
Quand les vitres de l’âme aimante sont de l’eau
Où reparaît sans cesse et sans cesse se noie
Un doux visage intermittent dans un halo !

(Georges Rodenbach)

Illustration: John Everett Millais

 

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