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Poésie

Posts Tagged ‘interrompre’

ET S’IL PLAIT (Isabelle de Gill)

Posted by arbrealettres sur 27 février 2020




Illustration: ArbreaPhotos     
   
ET S’IL PLAIT

Et s’il plaît à la lune
De coucher sur les dunes
Et s’il plaît au soleil
D’ajourner son réveil

Et s’il plaît à la source
D’interrompre sa course
Et s’il plaît à l’oiseau
De quitter son rameau

Et s’il plaît à l’orage
De brouiller le rivage
Et s’il plaît au violon
D’imiter l’oisillon

Laissons faire les Muses
Et que chacun s’amuse
D’un éclair, d’un rayon
D’un vol de papillon

(Isabelle de Gill)

 

Recueil: Arpèges
Traduction:
Editions: Les Délices

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Les anges (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 31 décembre 2019



Illustration: Giovanni Giacometti
    
Les anges Nella
ne sont pas
comme on voit dans la peinture
des serviteurs aux mains de femme
des messagers aux manières tendres
aux ailes sucrées
Les anges c’est vrai nous amènent quelque chose
mais avant de l’amener
il leur faut débarrasser notre coeur
de tout ce qui l’encombre
comme on passe une éponge sur la table
avant d’y déplier une dentelle
une soie très fragile
qu’un rien pourrait salir

Les anges comme je les sais
n’ont qu’un seul travail
qui est d’arrêter de suspendre
interrompre la vie ordinaire
l’eau courante de la vie
comme on dresse un barrage sur un fleuve
pour avoir un peu plus d’eau d’énergie
Après on peut reprendre poursuivre
après on peut entendre
la bonne nouvelle
de vivre
après seulement

Les anges ne sont pas des personnes
ne sont que des silences
de purs silences gardiens
On peut en voir souvent
si on regarde bien
dans les jardins publics
auprès d’une femme
penchée sur son enfant
ou d’un arbre
incliné sur son ombre

(Christian Bobin)

 

Recueil: La Vie Passante
Editions: Fata Morgana

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Je râle après ton absence (Guy Viarre)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2019




    
je râle après ton absence – toujours hélée jamais
acquise jamais
interrompu le coeur

(Guy Viarre)

 

Recueil: restes noirs
Traduction:
Editions: Fissile

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La dormeuse (Rabindranath Tagore)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2019



Illustration: Lauri Blank
    
La dormeuse

La tombée de la nuit semble être prise d’un sortilège.
Sur la toile, l’étoile du soir ne s’est pas couchée.
Ayant dénoué ses boucles ondulantes
Elle dort sa tête posée sur un bras.
Qui est-ce qui l’a aidée à s’endormir ainsi,
Interrompant son vigile sur la terre ?
Ayant ramené de nulle part des murmures de silence,
Les ayant versés dans ses oreilles pour toujours.
Une cascade sans fin au fond de l’image
Jaillit sans cesse en chansons silencieuses.
Pour toujours le bruissement silencieux de la forêt,
Pour toujours on sent la présence pudique,
Aussitôt qu’elle se réveille, confuse
Elle couvrira de sa robe ses seins.

***

Beauty asleep : still life

The evening twilight is bound by a spell.
On the canvas the evening star has not set.
Having undone her undulating locks
She sleeps resting her head on an arm.
Who is it who has helped her to fall asleep
In the midst of a permanent vigil on earth ?
Having culled from nowhere murmurs of silence
And has poured them for ever inside her ears.
An unending waterfall behind the image
Keeps on gushing in silent songs.
For ever the silent rustling of the forest,
For ever stands the bashful presence,
As soon as she wakes up, ashamed
She will cover her breast with her robe.

(Rabindranath Tagore)

 

Recueil: Tantôt Dièse, Tantôt Bémol
Traduction: Prithwindra Mukherjee
Editions: Shahitya Prakash

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Un rideau de lumière (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 7 mars 2019



Un rideau de lumière
interrompt l’office des ténèbres.
Alors nous comprenons que la lumière
est aussi un office,
le rite originaire,
la liturgie nue
d’une révélation
sans autre exégèse.

Et l’ombre le sait.
C’est pourquoi elle s’ouvre devant la lumière.

(Roberto Juarroz)


Illustration: Odilon Redon

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La Mort donne un sens à l’Objet (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2018



La Mort donne un sens à l’Objet
Sur quoi l’OEil eût glissé
A moins qu’un Être disparu
Tendrement nous supplie
De penser devant de petits ouvrages
Au Pastel – ou en laine –
«C’est le dernier qu’ont fait Ses doigts » —
Si diligents avant –

Que le Dé ne pèse trop lourd –
Que les points ne cessent – d’eux-mêmes –
Alors on l’a rangé parmi la Poussière
Sur les étagères du Placard –

J’ai un Livre – offert par un ami –
Dont le Crayon – ici et là –
A coché tel passage qu’Il aimait –
Au Repos – sont Ses doigts –

Aujourd’hui – je le lis – sans le lire –
Les Larmes m’interrompent –
Effacent les Gravures
À Réparer, hors de Prix –

***

Death sets a Thing significant
The Eye had hurried by
Except a perished Creature
Entreat us tenderly

To ponder little workmanships
In Crayon — or in wool —
With « This was last Her fingers did »—
Industrious until —

The Thimble weighed too heavy –
The stitches stopped — themselves —
And then ’twas put among the Dust
Opon the Closet shelves –

A Book I have – a friend gave –
Whose Pencil – here and there –
Had notched the place that pleased Him —
At Rest – His fingers are –

Now – when I read – I read not —
For interrupting Tears –
Obliterate the Etchings
Too Costly for Repairs –

(Emily Dickinson)

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« Tu ne devrais pas » (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2018


priere

Viens un temps où mendier s’interrompt,
Lorsque les lèvres qui depuis si longtemps intercédaient
Découvrent que leur prière est vaine.
« Tu ne devrais pas » est un coup d’épée plus tendre
Qu’un Dieu déçu disant
« Disciple, prie encore ».

***
There comes an hour when beggin stops,
When the long interceding lips
Perceive their prayer is vain.
« Thou shalt not » is a kinder sword
Than from a disappointing God
« Disciple, call again ».

(Emily Dickinson)

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Il est une Zone aux Années égales (Emily Dickinson)

Posted by arbrealettres sur 16 décembre 2018



Il est une Zone aux Années égales
Que nul Solstice n’interrompt –
Dont le Soleil crée un perpétuel Midi
Et parfaites sont les Saisons –

Dont l’Été dans l’Été persiste
Avant que les Siècles de Juin
Et les Siècles d’Août cessent
Et que la Conscience soit – Midi –

***

There is a Zone whose even Years
No Solstice interrupt –
Whose Sun constructs perpetual Noon
Whose perfect Seasons wait –

Whose Summer set in Summer, till
The Centuries of June
And Centuries of August cease
And Consciousness – is Noon –

(Emily Dickinson)


Illustration: Odilon Redon

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A un Rossignol (François Maynard)

Posted by arbrealettres sur 5 septembre 2018




A un Rossignol

Charmant rossignol dont la voix
Interrompt le profond silence
De ces rochers et de ces bois,
Où l’été perd sa violence :
Si la bergère que je sers
Revient jamais dans ces déserts,
Apprends à cette âme cruelle
Que l’eau qui coule entre ces fleurs
Est un petit reste de pleurs
Que j’ai versés pour l’amour d’elle.

(François Maynard)

 

 

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Tu sais très bien que tu n’existes pas (Lewis Carroll)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2018



    

Ce n’est pas la peine de parler de le réveiller dit tweedledum,
alors que tu n’es qu’un personnage de son rêve.
Tu sais très bien que tu n’existes pas.

– Mais si ! s’écria Alice en commençant à pleurer.

– Tu n’existeras pas plus en te mettant à pleurer, fit remarquer Tweedledee.
Ce n’est pas la peine de pleurer.

– Si je n’existais pas, dit Alice en riant à moitié à travers ses pleurs
tant tout cela lui paraissait ridicule, je ne pourrais pas pleurer.

– Parce-que tu crois que ce sont de vraies larmes ?
interrompit Tweedledee d’un ton extrêmement méprisant.

(Lewis Carroll)

 

Recueil: Alice au Pays des Merveilles / De l’autre côté du Miroir
Traduction:
Editions: Folio

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