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Poésie

Posts Tagged ‘interrompu’

Marées (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2019



Marées

Le monde succombe
Aux mains des égorgeurs
En carcan de haine
Qui déciment les corps innocents

Puis s’échappant comme l’eau
De toute emprise
La liberté jaillit
Hors du joug des violences
Et des harnais du temps

Mais qui ramènera
Des contrées
De l’ombre et des glaives
Ces vies interrompues
Aux lisières de nos vies ?

(Andrée Chedid)

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De mon côté, garder pour seul souvenir (Emmanuelle Le Cam)

Posted by arbrealettres sur 11 juillet 2018



Illustration: Pablo Picasso
    
De mon côté,
garder pour seul
souvenir
celui
de la découverte
concentrée
d’un ouvrage
qui me rassemble
en un lieu,
le temps
de ma lecture,
et me laisse
sur la berge,
défaite,
une fois celle-ci
interrompue.

(Emmanuelle Le Cam)

 

Recueil: Unique demeure
Traduction:
Editions: Le dé bleu

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Sur la mort de son fils Furui (Yamanoue no Okura)

Posted by arbrealettres sur 1 juillet 2018



 

Odilon Redon le rêve s'achève par la mort

[Sur la mort de son fils Furui)

Même si je possédais
Les sept sortes de trésors
Que les gens de ce monde
Prisent tant,
Quel usage
En ferais-je ?

De nous deux,
Mon fils Furui
Telle une perle blanche,
A l’aube radieuse
Où brille l’étoile du matin,
Sans quitter notre couche
De fine étoffe étendue,
Debout
Ou assis,
Folâtrait
Avec nous.
Quand l’étoile du soir
Ramenait la nuit :
 » Allons nous coucher  »
Disait-il en prenant ma main,
Père, mère,
Restez près de moi
Entre vous je veux dormir
Comme le brin médian de l’herbe saki.
Gentiment
Il parlait ainsi,
J’aurais voulu voir et quels maux
Et quels bonheurs lui étaient réservés
Quand un jour,
Il serait devenu un homme.
J’étais confiant et plein d’espoir
Ainsi qu’on est dans une grande barque.
Imprévu,
Un vent venu par le travers
A soufflé violemment
Sur nos têtes.
Ne sachant que faire,
Confondu,
J’ai fixé
Mes relève-manches de blanche étoffe,
Un clair miroir
J’ai pris en main.
Vers les dieux du ciel
Levant les yeux je n’ai fait qu’implorer.
Devant les dieux de la terre
Je me suis prosterné, front contre terre.
je me suis soumis à la volonté
Des dieux du ciel et de la terre;
Qu’ils m’exaucent
Ou ne m’écoutent pas.
Affolé
Je les suppliais.
Mais, même pour un peu de temps
Il n’y eut pas de mieux.
Peu à peu
Son corps s’est émacié,
Matin après matin,
Les mots se sont arrêtés sur ses lèvres.
De son âme à l’existence limitée
La vie s’est interrompue.
J’ai bondi,
Trépigné, crié,
Tombant à terre j’ai regardé vers le ciel
Et j’ai sangloté
j’ai laissé s’envoler mon fils
Que je gardais dans mes bras
Telle est la voie de ce monde.

***

Si jeune il est
Qu’il ne connaît pas la route :
Voici pour toi,
Messager venu d’en bas.
Sur ton dos, fais-le passer!

***

Faisant offrande d’une étoffe
Je prie et implore les dieux.
Sans le laisser errer
Conduisez-le tout droit,
Enseignez-lui le chemin du ciel!

(Yamanoue no Okura)

Illustration: Odilon Redon

 

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QUELQU’UN D’AUTRE (Roger Kowalski)

Posted by arbrealettres sur 27 décembre 2017



 

QUELQU’UN D’AUTRE

Courte est la nuit désormais ; fragile la face d’un songe ;
est l’ombre, mémorable le feu.

Garde mémoire, toi qui m’apparus un jour entre les grilles
Poème et depuis ne m’as point quitté;

ce que j’ai tenté, un autre sans doute l’achèvera; un même flot
ne façonne point le rivage.

Le temps va, ma créature, et nous-mêmes ; une lèvre ardente sur
notre chair dessine le profil d’un poème interrompu déjà.

(Roger Kowalski)

Illustration: Jean-Claude Forez

 

 

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Le jardin est désert (Claude Chambard)

Posted by arbrealettres sur 20 décembre 2017




    
le jardin est désert
aucun chemin n’en part
ciel vert le matin
ciel rouge le soir

un assemblage un paysage

la porte du paradis
est condamnée
faute de clef

il n’y a pas de sentier derrière la porte fermée

partout le paysage est interrompu
par de méchantes larmes

(Claude Chambard)

 

Recueil: Le chemin vers la cabane
Traduction:
Editions: Le bleu du ciel

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Une feuille qui tombe (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 15 décembre 2017



Une feuille qui tombe
s’entrave dans une branche intermédiaire
et y prend la forme
d’un petit nid.

Seule une chute interrompue
peut s’incurver en demeure ou refuge
pour retarder une autre chute.

Si les dieux existaient,
seul un dieu qui fut tombé
pourrait soutenir l’homme.

Comme seul un homme qui tombe
pourrait soutenir un dieu.

(Roberto Juarroz)

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N’importe quoi (Leonardo Sinisgalli)

Posted by arbrealettres sur 19 mars 2015



N’importe quoi, bien-sûr, même un rocher,
Une rose, pourra suffire à mon coeur,
Et la musique ininterrompue des étrilles
Que l’on manie à l’écurie. Ce matin
Les oiseaux piaillent comme des souris, la poule
S’épouille sur un balcon de la vallée.

(Leonardo Sinisgalli)

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