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Poésie

Posts Tagged ‘intuition’

Ce qui s’enfuit du monde c’est la poésie (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2022




Ce qui s’enfuit du monde
c’est la poésie.

La poésie n’est pas un genre littéraire,
elle est l’expérience spirituelle de la vie,
la plus haute densité de précision,
l’intuition aveuglante
que la vie la plus frêle est une vie sans fin.

(Christian Bobin)

Illustration: Alain Gagnon

 

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La poésie (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 26 novembre 2022




La poésie n’est pas un genre littéraire,
elle est l’expérience spirituelle de la vie,
la plus haute densité de précision,
l’intuition aveuglante que la vie la plus frêle
est une vie sans fin.

(Christian Bobin)

 

 

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Les pins, les nuages et le ciel (Michel Houellebecq)

Posted by arbrealettres sur 12 novembre 2022



Alexandre Pavlenko 1974 - Ukrainian Pointillist painter (59) [1280x768]

Les pins, les nuages et le ciel
Se reflètent en foyers mobiles
Un bref croisement de pupilles,
Chacun repart vers l’essentiel.

La souple surface des prés
Imite la peau cervicale,
La journée s’agite et s’étale ;
Retour au calme. Le jeu diapré

Des masses d’air en flaques huileuses
Qui circulent entre les collines
Capte nos intuitions, les ruine ;
L’après-midi est amoureuse.

Les noyaux de conscience du monde
Circulent sur leurs pattes arrière
Entre l’espace et sa lisière ;
Chacun sait que la Terre est ronde.

Chacun sait qu’il y a l’espace
Et que son ultime surface
Est dans nos yeux, et nous ressemble
(Ou qu’il ressemble à nos cerveaux,
Comme le modèle au tableau) ;
Quand nous tremblons, le monde tremble.

L’anneau de nos désirs
Se formait en silence
Il y a eu un soupir,
L’écho d’une présence.

Quand nous traverserons la peur
Un autre monde apparaîtra
Il y aura de nouvelles couleurs
Et notre coeur se remplira
De souffles qui seront des senteurs.

(Michel Houellebecq)

Illustration: Alexandre Pavlenko

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Il y a des poèmes qui n’ont jamais été écrits (Linda Pastan)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2022



Il y a des poèmes
qui n’ont jamais été écrits,
qui simplement traversent
l’esprit
comme écriture au ciel
d’une journée tranquille :
avec lenteur le premier mot
dérive vers l’ouest,
les dernières lettres fondent
sur la langue,
et ce qu’on laisse
c’est le bleu pur
de l’intuition, sans nuage
ni consolation.

***

There are poems
that are never written,
that simply move across
the mind
like skywriting
on a still day:
slowly the first word
drifts west,
the last letters dissolve
on the tongue,
and what is left
is the pure blue
of insight, without cloud
or comfort.

(Linda Pastan)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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DANS L’OMBRE DES CHOSES (Adonis)

Posted by arbrealettres sur 13 octobre 2021




    
DANS L’OMBRE DES CHOSES

dans l’ombre des choses
j’aime me tenir
et j’aime entrevoir la création
errer à l’intuition
suivre l’étrangeté de l’art
comme cet ambigu sans nom
et plein d’incertitude —
je pars de nouveau chaque matin

(Adonis)

 

Recueil: Mémoire du vent
Traduction: André Velter
Editions: Gallimard

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Survient un son, un rythme, une image, une intuition (Henry Bauchau)

Posted by arbrealettres sur 10 juin 2021


 


 

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Survient un son, un rythme, une image, une intuition
et j’ai soudain le désir, l’espérance d’écrire un poème.

(Henry Bauchau)

 
Illustration: ArbreaPhotos

 

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Hasard de mes pas (Yosano Akiko)

Posted by arbrealettres sur 24 janvier 2020




    
Hasard de mes pas
Avec la vague intuition
Que tu m’attendais
Je vins dans ce champ en fleurs
C’était un soir de lune

(Yosano Akiko)

 

Recueil: Cheveux emmêlés
Traduction: Claire Dodane
Editions: Les Belles Lettres

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À l’instant où meurt un homme (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 22 mars 2019



À l’instant où meurt un homme,
Ses portraits se métamorphosent.
Les yeux regardent autrement, les lèvres
Sourient d’un autre sourire.
Je l’ai remarqué au retour
De l’enterrement d’un poète.
Et depuis, je l’ai vérifié souvent,
Et mon intuition est confirmée.

(Anna Akhmatova)

 

 

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AUBE (Salah Stétié)

Posted by arbrealettres sur 15 novembre 2018



 

Anne Yvonne Gilbert  2

AUBE

L’intuition dit verdure
Mais l’arbre où le saisir ?
Vidé de sa substance absent du ciel et pierres
Ni vallée ni rivière à douceur avant voix
vers lui à disparaître
Au coin du paysage, qu’il emporte ses noix !
Liant en lui et déliant désert et souffle

Mais rien que presque étoile à rayons et rayures

L’intuition est assise avec ses jeunes filles
Anxieuses étonnées sous sa première feuille
Ouvertes endormies
Enfin – rien – mais – lui – s’ébroue

Il faut l’écrire avec ses oiseaux dans la mort

(Salah Stétié)

Illustration: Anne Yvonne Gilbert

 

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Encore plus loin (Zéno Bianu)

Posted by arbrealettres sur 9 septembre 2018



Illustration: Salvador Dali
    
Encore plus loin

Encore plus loin
que la route qui mène nulle part

(Stanislas Rodanski)

Tout entre
en résonance
chez les mordus d’éternité

insurgés plein soleil
toujours prompts au rebond
pied au plancher

ceux-là sont semblables
à des capteurs de particules
soufflées par les vents solaires

ne sommes-nous plus
que des pianos désaccordés
disent-ils

n’avons-nous plus rien
à faire entendre
aurions-nous égaré le verbe

capable
de faire résonner
notre la souverain

écoutons vraiment
écoutons
au plus chaviré

écoutons
ce bleu ardent
la plus ancienne lumière du monde

arpentant ses pistes enflammées
nous pouvons tout délaisser
nous retrouvons notre espace

notre souffle
notre centre
le centre des centres

celui qui se laisse porter
emporter par l’ardeur
est un archange de l’énergie

aimanté
sans fin par l’oeil
de la cible

il enlace les angles morts
glisse en bulle d’éternité
entre deux vies

calligraphiant une poésie ultrasensible
qui défie toute gravité
à l’écoute du chant

au fond des impasses
ou des neurones
il danse à chaque respiration

il sait le secret cher à Michaux
d’une pente
qui dévale vers le haut

bouche d’ombre
en souffle continu
frère d’embuscade

tourbillon somnambule
il retrace l’histoire de la lumière
à travers les espaces-temps

empli tout entier
d’un oui qu’il offre
à perte de coeur

il ne fait qu’un avec le mystère
et sa dimension frémissante
il vibre et vibre encore

une confiance étrange
nous vient soudain
étrange autant qu’illimitée

qui traverse le chant
à l’écoute de l’intuition fusante
à l’écoute du bleu ardent

comment laisser flotter les choses
en rebelle éveillé
comment se redonner de l’espace

comment retrouver cet art
si parfait
du contrôle des accidents

l’absolue justesse
du tempo de l’univers
le continuum de l’énergie

dix mille photons
lancés il y a cinq millions d’années
par quelque géante gazeuse

percutent à l’instant
notre rétine
larmes à ciel ouvert

se dessine
devant nos yeux éblouis
une perle de pur enthousiasme

plus démesurée
plus abyssale même
que le désespoir

sortons du labyrinthe
chevauchons le bleu ardent
captons l’alexandrin du big bang

(Zéno Bianu)

 

Recueil: L’Ardeur ABC poétique du vivre plus
Traduction:
Editions: Bruno Doucey

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