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Poésie

Posts Tagged ‘inversé’

La solitude infinie de la pensée (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2019




    
La solitude infinie de la pensée
terrifie les espaces célestes.

Des êtres cloués à des capsules de chair
étouffent, font des signes et meurent.

Entre-temps ils démantèlent une planète
qui paraissait leur maison,
ils s’entre-tuent
et émettent des sons divers et des paroles pour tout.

Ils détiennent un acte invraisemblable
qu’ils appellent pensée.

Nul ne connaît son but.
C’est comme un miroir
inversé du monde.

Il semble seulement parfois
que cette activité fantomatique
répare l’univers,
et de sa solitude illimitée

et son éphémère pauvreté,
lui offre la compagnie abyssale
d’être tout au moins pensé.

***

La soledad infinita del pensar
aterra los espacios celestes.

Seres clavados en cápsulas de carne
se abogan, hacen señas y se mueren.

Desmantelan mientras tanto un planeta
que parecía su casa,
se matan entre ellos
y emiten diferentes sonidos y palabras para todo.

Llevan adentro un acto inverosímil
que llaman pensamiento.

Nadie conoce su objeto.
Es como un espejo
dado vuelta del mundo.

Sólo parece a veces
que ese hacer fantasmai
repara el universo
y desde su soledad ilimitada

y su pobreza efimera
le brinda la abismal compania
de ser por lo menos pensado.

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Quatorzième poésie verticale
Traduction: Sivia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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A côté de chaque ligne, il y a un vide (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 5 mars 2019



 

Illustration
    
A côté de chaque ligne, il y a un vide.
Est-ce l’ombre que la ligne projette
ou le modèle qu’elle copie ?
De toute manière, qu’est-ce qui soutient la ligne
et comment ne se perd-elle pas dans le vide ?

Sous chaque couleur, il y a un vide.
Chaque couleur est-elle la naissance d’un abîme
ou seulement sa surface habitable ?
De toute façon, que dit ainsi la couleur
et que dirait-elle s’il n’y avait pas de vide ?

Dans chaque corps, il y a un vide.
Le corps est-il un refuge du néant
ou seulement un malentendu entre ses cavités ?
Mais alors pourquoi, au lieu de corps,
n’y a-t-il pas diverses densités de vide ?

Dans la pensée même est le vide.
Est-il une condition de la pensée
ou est-ce à l’inverse la pensée qui le crée?
Néanmoins, pourquoi tant de fantômes de fantômes
et non le vide en sa plénitude de vide?

(Roberto Juarroz)

Recueil: Nouvelle Poésie Verticale
Traduction: Roger Munier
Editions: Lettres Vives

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L’HOMME QUI DEVIENT (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 5 octobre 2018



 

Irène Lussou_3

L’HOMME QUI DEVIENT

Son oeil fréquente les ombres
Il a la pierre de l’être
La fleur contradictoire est en sa main
Et le coeur inversé comme un voilier de fête
Il a appris puis désappris tout l’univers

Il a connu les pas des grands malades
L’horizon sans honneur
Les villes de l’âpreté
La terre meuble qui défaille sous les maisons antiques
Et les jours inclinés entre leurs sept miroirs

Il a la pierre de l’être
Son corps pousse des racines
Par hommage il quitta les femmes au genou d’or
La Mort portant sa grâce et l’Amour sa couronne
Il sait que ceux qui rêvent ont toute raison.

(Andrée Chedid)

Illustration: Irène Lussou

 

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Tout ce qui grandit (Bernard Noël)

Posted by arbrealettres sur 24 septembre 2018




    
tout ce qui grandit
grandit sans savoir
quel est son pourquoi

de ce mouvement
on fait un destin
et tant pis pour moi

ou tant pis pour toi
toute chose en nous
est de n’être plus

parfois le ciel même
rentre se étoiles
et nous notre amour

c’est que la lumière
a mangé le noir
ou bien c’est l’inverse

(Bernard Noël)

 

Recueil: Un livre de fables
Traduction:
Editions: Fata Morgana

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Si nous imaginons (Baruch Spinoza)

Posted by arbrealettres sur 6 août 2018


 



    
Si nous imaginons que quelqu’un aime, ou désire, ou hait quelque chose que nous aimons, désirons ou haïssons,
par là même nous aimerons, etc., cette chose avec plus de constance.

Mais si nous imaginons qu’il a de l’aversion pour ce que nous aimons, ou inverse,
alors nous éprouverons un flottement dans l’âme.

(Baruch Spinoza)

 

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Nous ne faisons effort vers aucune chose (Baruch Spinoza)

Posted by arbrealettres sur 4 août 2018




    
Nous ne faisons effort vers aucune chose,
nous ne la voulons pas et nous ne tendons pas vers elle
par appétit ou désir, parce que nous jugeons qu’elle est bonne ;

c’est l’inverse : nous jugeons qu’une chose est bonne,
parce que nous faisons effort vers elle,
que nous la voulons et tendons vers elle par appétit ou désir.

(Baruch Spinoza)

 

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Il détiennent un acte invraisemblable (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2018



Illustration: René Magritte
    
Il détiennent un acte invraisemblable
qu’ils appellent pensée.

Nul ne connaît son but.
C’est comme un miroir
inversé du monde

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Martine Broda pour Roberto Juarroz
Traduction: Martine Broda
Editions: José Corti

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Oui, il y a un fond (Roberto Juarroz)

Posted by arbrealettres sur 3 juillet 2018



    

Oui, il y a un fond.

Mais il y a aussi un au-delà du fond
un lieu fait de visages inverses.
[…]

Mais c’est le lieu où commence l’autre côté,
symétrique de celui-ci,
peut-être celui-ci répété,
peut-être celui-ci et son double,
peut-être celui-ci

(Roberto Juarroz)

 

Recueil: Martine Broda pour Roberto Juarroz
Traduction: Martine Broda
Editions: José Corti

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Vivre en sens inverse (Jacques Izoard)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2018




    
Vivre en sens inverse
avec des cals et des caillots.
Ne se souvenir que du présent
et ne voir ni futur ni passé.
Ne plus jamais toucher
l’autre, et l’autre, et l’autre.

(Jacques Izoard)

 

Recueil: Lieux épars
Traduction:
Editions: De la Différence

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Éclaircir (Stéphanie Ferrat)

Posted by arbrealettres sur 31 mars 2018



    

éclaircir

ne plus bouger

à l’inverse du temps

(Stéphanie Ferrat)

 

Recueil: Caisson
Traduction:
Editions: La lettre volée

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