Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘investir’

Embouchure (Bernard Pozier)

Posted by arbrealettres sur 11 juin 2018



Embouchure

Lorsqu’elle et il
entremêlent leurs doigts
pour démêler les eaux de la rivière et du fleuve
il ne nous reste que les couleurs

La fuyante ligne de l’écume ultime
rend changeantes les limites de la plage
et porte soudain les regards bien loin
vers l’horizon oublié de soi-même

La voix en sous-titre commente la visite
chacun investit les lieux des volutes de son être
et les paysages de l’enfance soudain
réhabitables
redeviennent nourriture de nos chairs et
de nos âmes

(Bernard Pozier)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

AVÈNEMENT (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 3 janvier 2018




    
AVÈNEMENT

Un souffle d’éternité
Investit nos paroles
Tandis que l’homme se hâte
De vivre et de mourir

Brève parade des saisons
Flux et reflux des ombres
Précarité du chant

Nos mots chancellent
Nos raisons s’égrènent
Nos sentiers s’épuisent
Nos rêves en sourdine
Récusent l’horizon

Nous cédons
Aux gouffres impassibles
En exil d’espérance
Nous rayons l’avenir

Pourtant
Ni corps Ni coeurs
N’ont dévoilé leurs arcanes

Un monde en germe
Nous invite
A d’autres semailles
D’autres labours
D’autres récits.

(Andrée Chedid)

 

Recueil: Par-delà les mots
Traduction:
Editions: Flammarion

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

L’arbre (Jeanine Mitaud)

Posted by arbrealettres sur 18 mars 2017



L’arbre demeure promesse
et preuve d’absolu bonheur
Son silence
investit le sanglot du monde

(Jeanine Mitaud)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , | 2 Comments »

Quelque chose pour eux s’est ouvert (Rilke)

Posted by arbrealettres sur 9 novembre 2016



Nous, jamais, pas un seul jour,
n’avons le pur espace devant nous,
celui qu’investissent à l’infini
les fleurs quand elles s’ouvrent.

Toujours, c’est le monde,
jamais ce nulle-part exempt de toute négation:
le pur, ce que rien ne surveille,
que l’on respire et que l’on sait
d’un savoir infini
sans pour autant le convoiter.

Enfant, tel ou tel
s’y égare sans bruit: une secousse le réveille.
Ou bien, tel autre meurt: il est alors cela.
Car tout près de la mort on ne voit plus la mort,
et l’on regarde fixement au-dehors,
avec peut-être les grands yeux de l’animal.

Les amants, n’était l’autre qui leur barre la vue,
n’en seraient guère loin:
ils ont ce regard étonné…
Comme par inadvertance,
quelque chose pour eux s’est ouvert
en arrière de l’autre…
Mais nul ne peut passer par-dessus l’autre,
et le monde leur advient de nouveau.

Toujours tournées vers les choses créées
nous ne voyons jamais que miroiter sur elles
l’élément libre, mais qu’obscurcit notre présence.
A moins qu’un animal,
une bête muette
lève vers nous les yeux,
et nous transperce calmement de son regard.
C’est cela que l’on nomme le destin:
être en face et rien d’autre,
oui, à jamais en face.

***

Haben nie, nicht einen einzigen Tag,
den reinen Raum vor uns, in den die Blumen
unendlich aufgehn. Immer ist es Welt
und niemals Nirgends ohne Nicht: das Reine,
Unüberwachte, das man atmet und
unendlich weiß und nicht begehrt. Als Kind
verliert sich eins im Stilln an dies und wird
gerüttelt. Oder jener stirbt uns ists.
Denn nah am Tod sieht man den Tod nicht mehr
und starrt hinaus, vielleicht mit großem Tierblick.
Liebende, wäre nicht der andre, der
die Sicht verstellt, sind nah daran und staunen . . .
Wie aus Versehn ist ihnen aufgetan
hinter dem andern . . . Aber über ihn
kommt keiner fort, und wieder wird ihm Welt.
Der Schöpfung immer zugewendet, sehn
wir nur auf ihr die Spiegelung des Frein,
von uns verdunkelt. Oder daß ein Tier,
ein stummes, aufschaut, ruhig durch uns durch.
Dieses heißt Schicksal: gegenüber sein
und nichts als das und immer gegenüber.

(Rilke)

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’éclair joint le feu à la source (Alain Boudet)

Posted by arbrealettres sur 21 mai 2016



L’éclair joint le feu à la source
et nous sommes pareils à l’éclair
La pierre abrite la lumière
et nous ressemblons à la pierre
Chaque reflet nous investit
nous sommes perméables aux cris
dissous dans l’ombre
En écoutant nos pas
nous apprenons le monde
Le chemin même est transparent
Nous peuplons chaque instant
de ce qui nous habite
et nous prêtons nos voix
aux mots du paysage.

(Alain Boudet)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Pauvres mots (Bernard Montini)

Posted by arbrealettres sur 30 mai 2015



Pauvres mots
qu’il ne saura à jamais
investir
ses désirs claquent
comme la canne de l’aveugle de l’aveugle
sur les pavés

(Bernard Montini)

 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :