Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘invincible’

ÉLÉGIE (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2018



Illustration: François Boucher   
    
ÉLÉGIE

Je m’ignorais encor, je n’avais pas aimé.
L’amour ! si ce n’est toi, qui pouvait me l’apprendre ?
À quinze ans, j’entrevis un enfant désarmé ;
Il me parut plus folâtre que tendre :
D’un trait sans force il effleura mon coeur ;
Il fut léger comme un riant mensonge ;
Il offrait le plaisir, sans parler de bonheur :
Il s’envola. Je ne perdis qu’un songe.

Je l’ai vu dans tes yeux cet invincible amour,
Dont le premier regard trouble, saisit, enflamme,
Qui commande à nos sens, qui s’attache à notre âme,
Et qui l’asservit sans retour.
Cette félicité suprême,
Cet entier oubli de soi-même,
Ce besoin d’aimer pour aimer,
Et que le mot amour semble à peine exprimer,
Ton coeur seul le renferme, et le mien le devine ;
Je sens à tes transports, à ma fidélité,
Qu’il veut dire à la fois, bonheur, éternité,
Et que sa puissance est divine.

(Marceline Desbordes-Valmore)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je reste émerveillée (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2018




    
Je reste émerveillée

Je reste émerveillée
Du clapotis de l’eau
Des oiseaux gazouilleurs
Ces bonheurs de la terre
Je reste émerveillée
D’un amour
Invincible
Toujours présent

Je reste émerveillée
De cet amour
Ardent
Qui ne craint
Ni le torrent du temps
Ni l’hécatombe
Des jours accumulés

Dans mon miroir
Défraîchi
Je me souris encore
Je reste émerveillée
Rien n’y fait
L’amour s’est implanté
Une fois
Pour toutes.
De cet amour ardent je reste émerveillée.

(Andrée Chedid)

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le peuple des étoiles (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2017



Illustration: Philippe Abril
    
Le peuple des étoiles à travers l’infini
silencieusement s’avance, comme une caravane,
et il ne sait où Dieu le mène.

Qu’importe aux choses ?
— La nuit sur les forêts répand le souffle des forces invincibles;
et de jeunes fleurs palpitent, qui semblaient endormies,
et se rapprochent muettes pour de calmes amours.

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Un soir où tu ne parlais pas (Anna de Noailles)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2017




Un soir où tu ne parlais pas,
Où tu me regardais à peine,
Mes yeux erraient à petits pas
Sur ton visage aux belles peines,
Et j’ai fait avec ton ennui
Un étrange et mystique pacte
Où tout me dessert et me nuit;
Et, depuis, mes rêves, mes actes,
A travers les jours et les nuits,
L’éloignement, l’atroce ennui,
S’en vont, résolus, invincibles,
Vers ton corps que j’ai pris pour cible

(Anna de Noailles)

Illustration: Drew Darcy

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tout s’enfle contre moi, tout m’assaille, tout me tente (Jean de Sponde)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2017




Tout s’enfle contre moi, tout m’assaille, tout me tente,
Et le Monde et la Chair, et l’Ange révolté,
Dont l’onde, dont l’effort, dont le charme inventé
Et m’abîme, Seigneur, et m’ébranle, et m’enchante.

Quelle nef, quel appui, quelle oreille dormante,
Sans péril, sans tomber, et sans être enchanté,
Me donneras-tu ? Ton Temple où vit la Sainteté,
Ton invincible main, et ta voix si constante ?

Et quoi ? Mon Dieu, je sens combattre maintes fois
Encor avec ton Temple, et ta main, et ta voix,
Cet Ange révolté, cette Chair, et ce Monde.

Mais ton Temple pourtant, ta main, ta voix sera
La nef, l’appui, l’oreille, où ce charme perdra,
Où mourra cet effort, où se rompra cette onde.

(Jean de Sponde)

Illustration: Siegfried Zademack

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Je suis l’Arbre (Jeanne Marvig)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2017



Je suis l’Arbre: un tronc droit substantiel et dur,
La lente ascension d’un assemblage pur
De fibres, de rayons, de silence et de sève,
Je suis l’Arbre,une force invincible qui rêve,
La colonne du temple où sans faste et sans bruit
Le firmament s’unit aux mousses dans la nuit.
Je suis l’Arbre porteur de vie et de lumière,
L’eau puisée au cœur sombre et poreux de la terre
Qui rejoint dans l’orgueil du feuillage nombreux
Cette eau vive échappée aux prunelles des dieux.

(Jeanne Marvig)


Merci à J.François Laffont
ici

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le dieu auquel je crois (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2016




Le dieu auquel je crois n’est pas fort,
mais il est aussi invincible qu’un courant d’air.

(Christian Bobin)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

Le voyant (Paul Valet)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2016



Le voyant

Être lucide
C’est perdre connaissance

Être libre
C’est perdre l’équilibre

Être vengeur
C’est terrasser la vengeance

Être intact
C’est traverser l’évidence

Être aux abois
C’est passer au-delà

Invincible est la détresse
De celui qui voit

(Paul Valet)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

Illustration

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

L’Héliotrope (José-Maria de Heredia)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2016



L’héliotrope entr’ouvre à l’Orient sa fleur,
Où tremble en se jouant la lumière irisée,
Et sourit au travers de l’humide rosée,
Comme un bel oeil d’azur où se suspend un pleur.

Il est midi. La fleur par le soleil baisée,
Aspire avidement son ardente chaleur,
Le flamboyant amant, de sa lèvre embrasée,
La brûle et fait pâlir sa vivante couleur.

Enfin, toute flétrie, elle demande l’ombre;
Mais le Dieu, la criblant de ses flèches sans nombre,
Lui verse sans pitié son implacable jour.

C’est après ce destin que soupire mon âme,
Et dût-elle en mourir, ah! verse-lui ta flamme,
Soleil, ardent soleil de l’invincible amour!

(José-Maria de Heredia)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Glorieuse naissance (Ilarie Voronca)

Posted by arbrealettres sur 11 août 2016



Glorieuse naissance

Etait-ce la mer qui apparut ou la forêt ou le feu
Ou la neige, ou la femme ou la gloire des villes ?
Quel fut donc le signe éblouissant, le soleil entrevu
Et qui fit que chacun de nous s’écria : « Je veux être ! »
car, pour qu’avec une telle force nous nous fussions arrachés
Aux entrailles des nuits, pour qu’avec une telle force
Nous eussions déchiré le ventre de nos mères,
Il a fallu qu’une joie immense nous appelât.
Je veux être ! cria chacun de nous, et nous fûmes,
Mais quel voyage lointain nous hantait déjà
Pareils au marin qui monte sur le pont du navire,
Ebloui par une secrète géographie ?
Retrouver ce qui fut le sens de nos naissances,
Ce qui nous remplissait d’une ardeur invincible !
Ne suis-je pas celui qui court vers la forêt
Mais ne connaît plus l’arbre où son trésor l’attend ?

(Ilarie Voronca)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 3 Comments »

 
%d blogueurs aiment cette page :