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Poésie

Posts Tagged ‘invincible’

Le choc d’un mot (Jules Tordjman)

Posted by arbrealettres sur 22 mai 2018



Le choc d’un mot suffit pour que ton cerveau chante :
Choc frais ou dur. Mais quel alphabet te tourmente ?

Est-il une frontière entre l’âme et l’oreille
Que tu doives franchir quant bourdonne l’abeille

Des tes veines, ô toi dont l’avancée extrême
Veut aboutir au trèfle incarnat du poème ?

Receleur des trésors de ta mélancolie,
Mais en proie au bûcher prometteur d’embellie,

En vain camoufles-tu ta faim sous des voyelles :
Ton invincible mal a pris couleur en elle.

(Jules Tordjman)

Illustration: René Baumer

 

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Impérissable créature (Tommaso Landolfi)

Posted by arbrealettres sur 17 mai 2018



Impérissable créature,
D’où te vient, non ta valeur,
Mais ce qu’en notre âme tu es,
Cette force que trahison,
Désillusion jamais n’épuisent,
Qui, toujours vive, à vous nous condamne ? Invincibles
Vous rôdez dans l’obscure trame
De nos cités, vous maintenez en vie
Une race détruite, vous les ultimes
Ministres de l’espérance, fût-elle vaine
En fin de compte !

Faut-il adoucir des souffrances :
Une femme le pourra ; un homme désespère
De son destin : c’est encore une femme
Qui le soutiendra le long du rocailleux chemin ;
Un homme brise son épée :
La femme aimée la lui remet,
Pure et brillante, en main.
Et pourtant nous savons
Combien cruelle, vile, traîtresse
Elle est.

Siècles et millénaires
S’étaient entassés l’un sur l’autre
Et désormais elle languissait, se défaisait
La race humaine, jadis glorieuse…
Sur la pourriture, sur le purin
Quelque chose flottait et c’était une femme.

***

Inesauribile creatura,
Donde ti viene, non già il tuo valore,
Ma quello che nel nostro anima sei,
Quella virtù che tradimento,
Che delusione non sgomenta,
Che sempre viva a voi ci sforza ? Invitte
Voi vi aggirate per l’oscura trama
Delle nostre città, serbate in vita
Una razza distrutta, voi ministre
Ultime di speranza, e sia pur vana
Infne !

Un male è da lenire
Una donna potrà ; dispera un uomo
Del suo destino : ed una donna ancora
Lo sosterrà lungo la via ronchiosa ;
Un uomo spezza la sua spada
Schietta e lucente nella mano
A lui la riporrà la donna amata.
E tuttavia sappiamo pure
Quanto feroce, vile, traditrice,
Ella.

S’erano i secoli, i millenni
L’uno sull’altro accatastati
Ed oramai languiva e si sfaceva
La stirpe umana, un di gloriosa…
Sul putridume, sul liquame
Qualcosa galleggiava : era una donna.

(Tommaso Landolfi)


Illustration: William Bouguereau

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Imite donc ma joyeuse sagesse (Johann Wolfgang Von Goethe)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018



Illustration: Malel
    
Imite donc ma joyeuse sagesse.
Droit dans les yeux regarde le moment.
Cours le trouver et sois-lui bienveillant
dans l’action, l’amour et l’allégresse.
ainsi, candide et maître du possible,
Tu seras tout, tu seras invincible.

***

Drum tu wie ich und schaue, froh verständig,
Dem Augenblick ins Auge ! Kein Verschieben!
Begegn ihm schnell, wohlwollend wie lebendig,
lm Handeln, sei’s zur Freude sei’s dem Lieben.
Nur wo du bist, sei alles, immer kindlich,
So bist du alles, bist unüberwindlich.

(Johann Wolfgang Von Goethe)

 

Recueil: Elégie de Marienbad
Traduction: Jean Tardieu
Editions: Gallimard

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J’ai Vu La Lumière (Marc Lavoine)

Posted by arbrealettres sur 14 mars 2018



 

Abrishami Hessam_jk

J’ai Vu La Lumière:
Oui l’amour est mal coiffé,
L’amour non identifiée,
L’amour est un clandestin,

Si l’amour est voyageur,
L’amour pousse à l’intérieur
Et l’amour à toujours faim,

L’amour est mystérieux,
L’amour c’est un malchanceux
Mais l’amour est un héros,

L’amour est insaisissable
Même si l’amour est cassable,
L’amour à ça dans la peau…

[Refrain]
J’ai vu la lumière
En passant par là,
Elle était si belle
Qu’elle m’a conduit chez toi

L’amour est couché par terre,
L’amour c’est un appel d’air,
L’amour est un évadé

L’amour un jour fiche le camp
L’amour un jour te reprend,
L’amour est un habitué,

Que l’amour est volatil,
L’amour fait son difficile,
L’amour est un beau parleur,

L’amour nous fait ses aveux,
Mais l’amour fait ce qu’il ce veut
Comme il brisera ton coeur

[Refrain] (x2)

J’ai vu la lumière
En passant par là
Elle était si belle
Qu’elle c’est jetée sur moi

L’amour c’est comme un point de non retour,
On peut s’y perdre pour toujours,

L’amour peu devenir fou,
L’amour s’accroche à ton cou,
L’amour a le diable au corps

Car l’amour est dangereux,
L’amour c’est un ange heureux
Qui n’a pas peur de la mort,

L’amour n’est pas invincible
Mais quand il te prend pour cible,
L’amour est plus fort que toi,

L’amour couche avec la vie,
L’amour défait tous les lits,
Il aura raison de moi…

[Refrain]

J’ai vu la lumière
En passant par là
Elle était si belle
Qu’elle c’est jetée sur moi

(Marc Lavoine)

Illustration: Abrishami Hessam

 

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ÉLÉGIE (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 15 février 2018



Illustration: François Boucher   
    
ÉLÉGIE

Je m’ignorais encor, je n’avais pas aimé.
L’amour ! si ce n’est toi, qui pouvait me l’apprendre ?
À quinze ans, j’entrevis un enfant désarmé ;
Il me parut plus folâtre que tendre :
D’un trait sans force il effleura mon coeur ;
Il fut léger comme un riant mensonge ;
Il offrait le plaisir, sans parler de bonheur :
Il s’envola. Je ne perdis qu’un songe.

Je l’ai vu dans tes yeux cet invincible amour,
Dont le premier regard trouble, saisit, enflamme,
Qui commande à nos sens, qui s’attache à notre âme,
Et qui l’asservit sans retour.
Cette félicité suprême,
Cet entier oubli de soi-même,
Ce besoin d’aimer pour aimer,
Et que le mot amour semble à peine exprimer,
Ton coeur seul le renferme, et le mien le devine ;
Je sens à tes transports, à ma fidélité,
Qu’il veut dire à la fois, bonheur, éternité,
Et que sa puissance est divine.

(Marceline Desbordes-Valmore)

 

Recueil: Poésies
Traduction:
Editions: Gallimard

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Je reste émerveillée (Andrée Chedid)

Posted by arbrealettres sur 7 janvier 2018




    
Je reste émerveillée

Je reste émerveillée
Du clapotis de l’eau
Des oiseaux gazouilleurs
Ces bonheurs de la terre
Je reste émerveillée
D’un amour
Invincible
Toujours présent

Je reste émerveillée
De cet amour
Ardent
Qui ne craint
Ni le torrent du temps
Ni l’hécatombe
Des jours accumulés

Dans mon miroir
Défraîchi
Je me souris encore
Je reste émerveillée
Rien n’y fait
L’amour s’est implanté
Une fois
Pour toutes.
De cet amour ardent je reste émerveillée.

(Andrée Chedid)

 

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Le peuple des étoiles (Henri Cazalis)

Posted by arbrealettres sur 23 août 2017



Illustration: Philippe Abril
    
Le peuple des étoiles à travers l’infini
silencieusement s’avance, comme une caravane,
et il ne sait où Dieu le mène.

Qu’importe aux choses ?
— La nuit sur les forêts répand le souffle des forces invincibles;
et de jeunes fleurs palpitent, qui semblaient endormies,
et se rapprochent muettes pour de calmes amours.

(Henri Cazalis)

 

Recueil: Le livre du Néant
Editions: Alphonse Lemerre

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Un soir où tu ne parlais pas (Anna de Noailles)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2017




Un soir où tu ne parlais pas,
Où tu me regardais à peine,
Mes yeux erraient à petits pas
Sur ton visage aux belles peines,
Et j’ai fait avec ton ennui
Un étrange et mystique pacte
Où tout me dessert et me nuit;
Et, depuis, mes rêves, mes actes,
A travers les jours et les nuits,
L’éloignement, l’atroce ennui,
S’en vont, résolus, invincibles,
Vers ton corps que j’ai pris pour cible

(Anna de Noailles)

Illustration: Drew Darcy

 

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Tout s’enfle contre moi, tout m’assaille, tout me tente (Jean de Sponde)

Posted by arbrealettres sur 30 janvier 2017




Tout s’enfle contre moi, tout m’assaille, tout me tente,
Et le Monde et la Chair, et l’Ange révolté,
Dont l’onde, dont l’effort, dont le charme inventé
Et m’abîme, Seigneur, et m’ébranle, et m’enchante.

Quelle nef, quel appui, quelle oreille dormante,
Sans péril, sans tomber, et sans être enchanté,
Me donneras-tu ? Ton Temple où vit la Sainteté,
Ton invincible main, et ta voix si constante ?

Et quoi ? Mon Dieu, je sens combattre maintes fois
Encor avec ton Temple, et ta main, et ta voix,
Cet Ange révolté, cette Chair, et ce Monde.

Mais ton Temple pourtant, ta main, ta voix sera
La nef, l’appui, l’oreille, où ce charme perdra,
Où mourra cet effort, où se rompra cette onde.

(Jean de Sponde)

Illustration: Siegfried Zademack

 

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Je suis l’Arbre (Jeanne Marvig)

Posted by arbrealettres sur 12 janvier 2017



Je suis l’Arbre: un tronc droit substantiel et dur,
La lente ascension d’un assemblage pur
De fibres, de rayons, de silence et de sève,
Je suis l’Arbre,une force invincible qui rêve,
La colonne du temple où sans faste et sans bruit
Le firmament s’unit aux mousses dans la nuit.
Je suis l’Arbre porteur de vie et de lumière,
L’eau puisée au cœur sombre et poreux de la terre
Qui rejoint dans l’orgueil du feuillage nombreux
Cette eau vive échappée aux prunelles des dieux.

(Jeanne Marvig)


Merci à J.François Laffont
ici

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