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Posts Tagged ‘invité’

MORCEAUX DE GÂTEAU (Robert Creeley)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2018



gâteau

 

MORCEAUX DE GÂTEAU qui s’effritent
dans la main qui essaie de les
retenir pour en donner
un morceau à chacun des invités.

(Robert Creeley)

Illustration

 

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CE QUI EST GRAVE (Gottfried Benn)

Posted by arbrealettres sur 28 juillet 2018



bière 8

CE QUI EST GRAVE

Entendre parler d’un bon roman policier anglais
pas traduit en allemand
lorsqu’on ignore l’anglais.

Quand il fait chaud voir une bière
que l’on ne peut payer.

Avoir une pensée neuve
qu’on ne peut envelopper dans un vers d’Hölderlin
comme le font les professeurs.

La nuit en voyage entendre déferler la vague
et se dire qu’elle ne cesse jamais.

Très grave : être invité,
lorsque chez soi les pièces sont plus tranquilles
le café meilleur
et la conversation pas nécessaire.

Le pire
ne pas mourir en été
quand tout est clair
et la terre tendre sous la bêche.

(Gottfried Benn)

 

 

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[IL SEMBLE QU’UN NAVIRE…] (Pablo Neruda)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2018



[IL SEMBLE QU’UN NAVIRE…]

Il semble qu’un navire autre que tous les autres
devra, l’heure venue, se montrer sur la mer.
Il n’est pas en acier. Ses pavillons
ne sont pas orangés :
nul ne sait d’où il vient
ni à quelle heure on le verra :
mais tout est prêt
et il n’est de plus beau salon dressé
pour ce fugace événement.
L’écume est déployée
comme un luxueux tapis
tout d’étoiles tissé,
et plus loin c’est le bleu,
le vert, le mouvement ultra-marin,
l’attente générale.
Et les rochers, ouverts,
lavés, nets, éternels,
ont été disposés
sur le sable comme un cordon
de châteaux, un cordon de tours.
Tout
est prêt,
on a invité le silence,
et les hommes eux-mêmes, toujours distraits,
espèrent bien ne point perdre cette présence :
ils se sont habillés comme pour un dimanche,
ils ont fait briller leurs souliers,
ils ont passé le peigne en leurs cheveux.
Ils ont vieilli, ils ont vieilli,
et le bateau n’arrive toujours pas.

(Pablo Neruda)

Illustration: Vladimir Kush

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Le soleil (Abdellatif Laâbi)

Posted by arbrealettres sur 16 avril 2018



Le soleil
dépose un rayon
sur le rebord de la fenêtre
Est-ce une allusion
Une invite?
Qu’ai-je à lui offrir
en retour?

(Abdellatif Laâbi)

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PAROLES (Jean Follain)

Posted by arbrealettres sur 10 avril 2018



 

Illustration 
    
PAROLES

Une voix au détour du sentier
ayant prononcé les outrages
se tait par lassitude.
Sur une place où resplendit l’usure
des invités à gants blancs
écoutent un orateur
que l’on sait exilé.
Le sel s’est déposé
sur le galet ovale.
On entendra un jour l’histoire
de cet homme qui se dit heureux.
Au long du chemin de traverse
se courbent des branches
sans qu’il y ait de tombe à ombrager.
Deux vieillards se parlent enfin.

(Jean Follain)

 

Recueil: Des Heures
Traduction:
Editions: Gallimard

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INVITE A L’ÉTERNITÉ (John Clare)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018




    
INVITE A L’ÉTERNITÉ

T’en viendras-tu ma douce enfant
Dis-moi me viendras-tu rejoindre
Dans la vallée d’ombre profonde
Qui n’est que nuit et que ténèbres
Où le sentier bientôt se perd
Où le soleil oublie le jour
Où lumière et vie sont absentes
Douce enfant dis t’en viendras-tu

Là où les rocs se font torrents
Les plaines mers tumultueuses
Les monts caverneuses noirceurs
Où la vie pâlit comme un rêve
Enfant viendras-tu partager
La triste non-identité
Où nos parents vivants nos soeurs
Nous oublient et sont oubliés

Dis-moi me viendras-tu rejoindre
Dans cette étrange mort vécue
Pour vivre morte être la même
Mais sans vie sans foyer ni nom
A la fois être et ne pas être —
Avoir été n’être plus — voir
Passer des ombres et le ciel
En haut en bas de toutes parts

Veux-tu gagner ce pays d’ombres
Où les visages s’entr’ignorent
Où le présent raison éteinte
Avec le passé ne fait qu’un
Dis-moi douce enfant veux-tu vivre
Pour unir les vivants aux morts
Alors viens nous sommes mariés
A une même éternité

***

AN INVITE TO ETERNITY

Wilt thou go with me sweet maid
Say maiden wilt thou go with me
Through the valley depths of shade
Of night and dark obscurity
Where the path hath lost its way
Where the sun forgets the day
Where there’s nor light nor life to see
Sweet maiden wilt thou go with me

Where stones will turn to flooding streams
Where plains will rise like ocean waves
Where life will fade like visioned dreams
And mountains darken into caves
Say maiden wilt thou go with me
Through this sad non-identity
Where parents live and are forgot
And sisters live and know us not

Say maiden wilt thou go with me
In this strange death of life to be
To live in death and be the same
Without this life or home or name
At once to be and not to be —
That was and is not — yet to see
Things pass like shadows and the sky
Above below around us lie

The land of shadows wilt thou trace
And look — nor know each other’s face
The present mixed with reason gone
And past and present all as one
Say maiden can thy life be led
To join the living with the dead
Then trace thy footsteps on with me
We’re wed to one eternity

(John Clare)

 

Recueil: Poèmes et Proses de la Folie de John Clare
Traduction: Pierre Leyris
Editions: Mercure de France

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JE VOUDRAIS (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 6 décembre 2017



 

Cesar Santos 1982 - Cuban-born American Figurative painter - Nude Portrait -   (9) [1280x768]

Je voudrais être très doux près de vous
présent comme absent
mes lèvres parfois sur votre visage
papillon voué à une seule fleur.

Et je n’irais aux grandes orgues de votre corps
qu’amoureusement invité
touchant vos cheveux et vos mains
vos genoux et vos lèvres
que de la main la plus légère
que je puisse obtenir de mon désir :
une ombre fraîche de mon sang.

O mes seins mes hanches mes cuisses
ô mon entière ma plénière
je ne serai vivant que vous contre moi.

(Alain Borne)

Illustration: Cesar Santos

 

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Quand j’étais invité quelque part (Christian Bobin)

Posted by arbrealettres sur 17 novembre 2017




    
Quand j’étais invité quelque part,
je ne rentrais pas dans une maison:
je rentrais dans les yeux des gens.
Je ne voyais pas le reste.

Maintenant nous sommes dans l’ère des yeux vides.
Tout me blesse en dehors de ce temps que j’ouvre,
pour que tu y passes.

(Christian Bobin)

 

 

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PUISSE-JE N’AVOIR… (Sophia de Mello Breyner Andresen)

Posted by arbrealettres sur 11 novembre 2017



PUISSE-JE N’AVOIR…

Puissé-je n’avoir ni attaches ni limites
Ô vie aux mille visages débordants,
Pour pouvoir répondre à tes invites
Suspendues au miracle des instants.

***

PUDESSE EU…

Pudesse eu não ter lapos nem limites,
Ó vida de mil faces transbordantes,
Pra poder responder aos teus convites,
Suspensos na surpresa dos instantes.

(Sophia de Mello Breyner Andresen)

 

 

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Et voudras-tu toi sauter dans le noir (Arthur Bidegain)

Posted by arbrealettres sur 8 novembre 2017



 

et voudras-tu toi
sauter dans le noir
pour te dresser ensuite
au milieu des mousses
légères
et crier
que tu n’es là
qu’invité
par hasard ?

(Arthur Bidegain)

Illustration: Gilbert Garcin

 

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