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Poésie

Posts Tagged ‘irréversible’

Alors – poème (Florence Pazzottu)

Posted by arbrealettres sur 2 novembre 2018



Illustration: Gao Xingjian
    
alors – poème
n’est pas retour
ni réenchantement ça grince
mais incandescence forgée
et déploiement
par pensée froide
de l’allégresse

(passion logique
et conjonction d’espaces
de pensée
articulation de l’intense
du hors et de l’en-soi
éloge de la chute ?
– un irréversible joyeux)

(Florence Pazzottu)
(Florence

Recueil: Alors, Poésie
Traduction:
Editions: Flammarion

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Adieux irréversibles (Pierre Gunst-Horn)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018



Ah! ce cri d’un sifflet dans la campagne
Quand les trains à vapeur s’en allaient dans le soir,
Emportant un souvenir qu’un regret accompagne,
Porteur de nos espoirs et de nos désespoirs.

Se prolonge et s’allonge ce cri dans la nuit
Du train de nos envols et de nos rêves rétrécis.
Le train qui siffle, si triste pour les humains.
Le bonheur de trouver des mots purs et lointains
Pour dire la peine du monde immonde
Qui nous enchasse et nous inonde
De la lointaine image qui nous trompe et s’estompe
Dans la la nuit où tout fuit
Avec le train qui s’enfuit,
Emportant nos regrets et nos désespoirs
Avec l’image invétérée de l’être aimé
Qui se dilue dans ce long cri du sifflet.
Un train, la nuit, un sifflet qui s’enfuit.

Dans la nuit, le sifflet pur et strident
S’envole doucement vers le firmament
Et rappelle au poète épris de nostalgie
Le bonheur d’être triste en ses mélancolies.

Un train qui s’en va, qui siffle et qui fuit
Avant que ne tombe infiniment la nuit.

(Pierre Gunst-Horn)

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La mer irréversible (Maurice Blanchard)

Posted by arbrealettres sur 14 janvier 2018



Il vient une heure, dans notre jeunesse, où le monde
s’agrandit démesurément alors que les yeux n’offrent
toujours à la lumière que l’épaisseur d’une larme et
c’est là le miracle, le miracle de la fécondité. Voici le
delta fertile, le delta des dernières paresses et, au loin,
la barre impitoyable de la haute mer, de la mer
irréversible.

(Maurice Blanchard)

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SUPPLÉMENT AU CAHIER GOTHIQUE (Mario Luzi)

Posted by arbrealettres sur 4 octobre 2017



Illustration: Lazo de Valdez Elisa
    
SUPPLÉMENT AU CAHIER GOTHIQUE

LA NUIT VIENT AVEC LE CHANT

La nuit vient avec le chant
prolongé du petit duc,
sème ses lumières dans la conque,
gravit les pentes humides, tremble
un peu. La force au cours de longues années
acquise en souffrant fait défaut
et la faible science désarme,
le sourire viril
ne connaît plus de calme.

Qui es-tu
toi qui attendais invisible, embusquée
à un tournant de l’âge,
que vînt ton heure ? Je te dois
ce temps de gratitude
et d’autant de douleur.

Et maintenant l’inquiétude s’insinue,
pénètre ces premières nuits d’été,
envahit le mur encore chaud, suit
le vol des lucioles sur les aires,
s’enfonce dans les sentiers où soudain
dans l’éblouissement des phares le lièvre fulgure.

Amie, comment ai-je pu ne pas comprendre ?
La vie était suspendue
tout entière comme cette veillée.
Il y a de quoi pleurer en songeant
à la façon dont j’ai gaspillé cette longue attente
avec tant de mots inadéquats,
tant d’actes irréfléchis, irréparables,
et maintenant blessé je dis peu importe
pourvu que le supplice prenne fin.

« Le salut ainsi espéré ne convient
ni à toi ni à d’autres comme toi. La paix,
si elle vient, te viendra par d’autres voies
plus lumineuses que celle-ci, plus ressenties ;
quand souffrir ne te paraîtra pas vain,
car la douleur aussi existe et doit vivre
et se changer en ton bien et celui d’autrui.
La foi est en toi, la foi est une personne. »

Cette chanson n’a plus de mots.

***

LA NOTTE VIENE COL CANTO

La notte viene col canto
prolungato dell’assiuolo,
semina le sue luci nella conca,
sale per le pendici umide, trema
un poco. La forza in lunghi anni
acquistata a soffrire viene meno
e la piccola scienza si disarma,
il sorriso virile
non ha più la sua calma.

Tu chi sei
che aspettavi invisibile, appostata
a una svolta dell’età
finché fosse la tua ora ? Ti devo
questo tempo di gratitudine
e d’altrettanto dolore.

Ed ora l’inquietudine s’insinua,
penetra queste prime notti estive,
invade il muro ancora caldo, segue
il volo delle lucciole sulle aie,
s’inselva pelle viottole ove a un tratto
nell’abbaglio dei faré la lepre saetta.

Cara, come ho potuto non intendere ?
La vita era sospesa
tutta come questa veglia.
C’è da piangere a pensare
come ho sciupato questa lunga attela
con tante parole inadeguate,
con tanti atti inconsulti, irreparabili,
e ora ferito dico non importa
purché il supplizio abbia fine.

« La salvezza sperata cosi non si conviene
né a te, ne ad altri come te. La pace,
se verrà, ti verrà per altre vie
più lucide di questa, più sofferte ;
quando soffrire non ti parra vano
ché anche la pena esiste e deve vivere
e trasformarse in bene tuo ed altrui.
La Pede è in te, la fede è una persona. »

Questa canzone non ha più parole.

(Mario Luzi)

 

Recueil: Dans l’oeuvre du monde
Traduction: Philippe Renard, Bernard Simeone
Editions: Editions Unes

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IRÈNE À LA FLAMME (Claude Michel Cluny)

Posted by arbrealettres sur 1 octobre 2017



Georges de la Tour (1593- 1652) Sainte Irène soignant Saint Sébastien

 

IRÈNE À LA FLAMME

La nuit ? Serait-ce déjà le fleuve irréversible
– les rêves se penchent sur le corps ouvert.

Le sang ? N’est-ce que manteau robe du vin pourpre
approché de la blessure ?

La flamme calme rassure et te peint pour un instant
à vivre de plus
dans l’éphémère étendue de la beauté pure.

(Claude Michel Cluny)

Illustration:  Georges de la Tour

 

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