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Poésie

Posts Tagged ‘(Ismaïl Kadaré)’

Où est le coeur des gens (Ismaïl Kadaré)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2018



Je sais où est le cœur des gens.
Un peintre laisse son cœur sur les murs,
un chanteur le met dans sa chanson,
toi, qui souris si bien,
tu as le cœur dans les yeux.

(Ismaïl Kadaré)


Illustration: Fabienne Contat

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Sur l’épaule de mon temps (Ismaïl Kadaré)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2018



Sur l’épaule de mon temps
j’ai appuyé ma tête.
Je n’ai pas somnolé. le n’ai pas dormi.
Sur l’épaule de mon temps
comme sur son épaule à Elle —
j’ai médité.

(Ismaïl Kadaré)


Illustration: Fabienne Contat

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En t’attendant (Ismaïl Kadaré)

Posted by arbrealettres sur 12 avril 2018



En t’attendant

Tu devais venir à cinq heures.
Voici la route,
Voici les signes blancs où tu passeras,
Comme des nuages blancs qui nagent sur l’asphalte.
Près de la mosquée,
En face de l’horloge je suis là.
Les aiguilles comme des sourcils
Sur le visage du temps
Tantôt gais, tantôt tristes, là-haut.
Bientôt cinq heures vont sonner.
Voici que les pigeons
Virevoltent autour de l’horloge, blancs, blancs.

(Ismaïl Kadaré)

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Quand je t’aimais (Ismaïl Kadaré)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2018



Quand je t’aimais,
mes pensées vers toi couraient
et ton image m’enveloppait nuit et jour
comme l’antique volcan qui
de ses cendres ensevelit Pompéi
et son pourtour.

Mais passent les jours.
Aujourd’hui refroidie
la lave rend fertile
les pentes dociles
où mûrissent les vignes.

Que pareillement les pensées
que je t’ai destinées
viennent de leur eau claire
féconder ces vers.

(Ismaïl Kadaré)

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Monologue du solitaire (Ismail Kadaré)

Posted by arbrealettres sur 4 février 2018




    
Monologue du solitaire

Je m’élève et m’éloigne mais n’en éprouve aucune jouissance.
Me voici seul et j’ai encore plus froid.
Je m’en doutais, mais ma fatale impatience
Me pressait vers ce ciel ingrat.

Comme ramassés à la morgue, des bras de femmes sans vie
Me dispensent une joie tout aussi glacée.
Je me sens en hiver, même si nous voici déjà en avril.
J’ai froid,
Oh, j’ai froid.

***

Monologu i te vetmuarit

Tani une ngjitem lart dhe s’kam asnje gezim.
Ketu ku kam arritur me ftohte eshte, me vetmi.
E dija kete, por padurimi i vdekur
Me shtynte te shpejtoj te ky sinor i kote.

Krahe grash te thyera mbi supe si te prera nga nje morg
Me japin nje gezim po aq te vdekur.
Me duket ende dimer ndonese esht prill.
Kam ftohte.
Kam ftohte.

(Ismail Kadaré)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/

 

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Horaires des trains (Ismaïl Kadaré)

Posted by arbrealettres sur 20 janvier 2018



Horaires des trains

J’aime les horaires
affichés dans les petites gares secondaires,
planté sur un quai mouillé à contempler
les rails à l’infini.
Cri lointain d’une locomotive. Qu’est—ce qu’elle dit?
(Allez comprendre ce que les machines à vapeur baragouinent!)
Trains bondés de voyageurs, wagons-citernes, bennes remplies
de minerai défilent sans répit
à travers la gare. Ainsi passent à travers toi les jours de ta vie,
chargés de voix, de signaux, de bruits
et du lourd minerai des souvenirs.

(Ismaïl Kadaré)

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Etrangers l’un à l’autre (Ismaïl Kadaré)

Posted by arbrealettres sur 2 octobre 2017



Etrangers l’un à l’autre

L’un à l’autre depuis longtemps étrangers,
entre nous tout a été dit;
comme des pierres qui ont cessé de rouler,
chacun a arrangé sa propre vie.

Nul chemin, aucun sentier
ne nous relie plus nulle part,
comme au Moyen Age ces villes retranchées
derrière tours, douves et remparts.

La nuit, pourtant, quand mon cerveau lassé
condamne portes et fenêtres,
tu sais, pour t’y glisser,
un passage que tu es seule à connaître.

Longeant ses circonvolutions
comme les allées d’un jardin,
tu entres dans mes rêves par effraction
et m’adresses en riant des signes de la main.

Quand dans le ciel les étoiles commencent
à pâlir, soudain inquiète,
à pas rapides tu t’éloignes en silence
par ce chemin que tu es seule à connaître.

Au jour la vie reprend, immuable;
l’un comme l’autre, chacun de son côté,
reste muré dans sa froideur imprenable
comme au Moyen Age les villes fortifiées.

(Ismaïl Kadaré)


Illustration: Pieter Bruegel l’Ancien

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Absence (Ismaïl Kadaré)

Posted by arbrealettres sur 19 septembre 2017



Absence

Quelques gouttes de pluie ont frappé à la vitre
et j’ai soudain senti combien tu me manquais;
Nous habitons pourtant la même ville
Sans pour ainsi dire nous voir jamais.
Ce matin j’ai l’impression que l’automne
débute avec de drôles d’idées:
pas de cigognes dans le ciel morne,
pas d’arcs-en-ciel après l’ondée.
Une phrase d’Héraclite, il me semble,
m’est revenue je ne sais trop comment:
«Les gens éveillés vivent ensemble;
ceux qui dorment, séparément.»
En quel mauvais rêve avons-nous été engloutis
pour ne plus pouvoir nous réveiller?
A la vitre ont frappé quelques gouttes de pluie
et j’ai soudain senti combien tu me manquais.

(Ismaïl Kadaré)


Illustration

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Si (Ismaïl Kadaré)

Posted by arbrealettres sur 19 décembre 2016



Si au milieu de mes vers, de mes strophes,
Il t’arrive de trouver quelques cheveux blonds,
Cela ne voudra pas dire qu’i1 reste entre nous
Le plus petit lien, le moindre espoir.

Ce n’est pas moi qui les ai semés, consciemment,
Ils ont poussé tout seuls, à mon insu,
Comme l’herbe qui pousse
Entre les dalles de marbre
D’un palais en ruines.

(Ismaïl Kadaré)

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L’arbre (Ismaïl Kadaré)

Posted by arbrealettres sur 3 décembre 2016



Dans le creux du vieil arbre
Nous laissions nos lettres.
Il était tout vieux l’arbre
Mais c’était un amour tout neuf.
Dans cette vaste plaine
Il régnait sur la solitude,
Et nos lettres
Lui seul les connaissait.
Mais un matin d’hiver
Tu n’as plus laissé de lettre…
La dernière nuit de l’arbre était venue,
La foudre en fit des cendres.

(Ismaïl Kadaré)


Illustration: Pierre-Paul Feyte Chasseur … du Tonnerre!!

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