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Poésie

Posts Tagged ‘isolement’

Étoile (Paul Valéry)

Posted by arbrealettres sur 12 juillet 2019




    
Étoile

Au ciel uni mat bleu sombre, à corps noir, –
quelque chose infiniment douce, vive et élevée perce
— accompagnée d’éclat, de distance, de pureté,
pénétration, finesse, isolement
— présences —

(Paul Valéry)

 

Recueil: Poésie perdue
Traduction:
Editions: Gallimard

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DERNIER MOMENT (John Keats)

Posted by arbrealettres sur 14 avril 2019



 

Emilia Castaneda  (34) [1280x768]

DERNIER MOMENT

Brillante étoile, puissé-je, constant comme tu l’es,
Non pas rester suspendu dans un magnifique isolement à la voûte de la nuit
Surveillant de mes paupières éternellement distantes,
Comme l’ermite patient et sans sommeil de la Nature,
Les eaux mouvantes dans leurs fonctions sacerdotales
D’ablutions purificatrices autour des rivages humains de l’univers ;
Non pas contempler le masque léger et fraîchement tombé,
Que la neige impose aux montagnes et aux marécages,
Non ! Mais puissé-je, toujours immobile, toujours immuable,
Avoir pour oreiller le sein épanoui de ma belle amante
Pour sentir à jamais son rythme léger
Eveillé à jamais par une délicieuse insomnie,
Toujours, toujours écouter sa tendre respiration
Et vivre ainsi éternellement ou m’évanouir dans la nuit.

(John Keats)

Illustration: Emilia Castaneda

 

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DES batailles se livrent (Álvarez Ortega)

Posted by arbrealettres sur 12 octobre 2018




    
DES batailles se livrent à chaque rencontre,
des solitudes qui auparavant, dans l’isolement initial,
supportaient l’oeuvre commune.

Dans l’espace révélé, après chaque conjonction,
seule demeure la terreur,
le mystère qui à l’âme ne suffit pas.

En alerte, cependant,
une absence rôde, rôdera toujours,
autour des humides dépouilles du lit.

(Álvarez Ortega)

 

Recueil: Genèse suivi de Domaine de l’ombre
Traduction: Jacques Ancet
Editions: Le Taillis Pré

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Mon apaisement (Râbi’a)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2018



 

Aaron Westerberg    (7) [1280x768]

Mon apaisement, ô mes frères, est dans l’isolement
Car mon Aimé pour moi se fait Toute-Présence

A mon amour pour Lui je ne vois pas de substitut,
Vécu au sein de la multitude cet amour est ma dure épreuve

Où que je sois, Sa beauté m’est lieu de contemplation
Il est ma chaire d’enseignement, la niche de mon oraison

Si de cet excès je meurs et qu’Il n’en soit guère content
Mon séjour parmi les vivants ne m’aura été que malheur

Ô Toi, Médecin du coeur et Cime de mon désir,
Accorde-moi l’union en Toi, celle en qui l’âme cicatrise

Ô ma Fête, ô ma Vie, profuse éternité :
En Toi ma source ; en Toi, mon ivre ressource !

J’ai délaissé tout le créé par espérance
De m’unir à Toi, c’est la pointe de mon voeu !

(Râbi’a)

Illustration: Aaron Westerberg 

 

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Scabieuse et souci (J.J. Grandville)

Posted by arbrealettres sur 1 juin 2018



Scabieuse et souci

Assis à l’ombre d’un saule pleureur,
le Souci jetait un regard d’envie sur la prairie.
Toutes les fleurs sont heureuses, se disait-il;
moi seul je souffre, on me délaisse, on m’abandonne,
personne ne veut me prendre en pitié.
[Passe par là] la Scabieuse qui habite au pied du coteau;
elle a perdu son mari hier; la voilà veuve avec deux enfants sur les bras.

C’est vous qui soupirez ainsi, demanda la Scabieuse au Souci d’une voix douce?
Et qui donc serait-ce? répondit le Souci d’un ton bourru;
n’ai-je pas raison de soupirer?
Pourquoi plus qu’un autre? reprit la Scabieuse;
tout le monde n’a-t-il pas sa part de tristesse dans cette vallée de larmes?
Pour diminuer ses chagrins, il faut se créer des devoirs.
Je serais bien malheureuse si mon mari, en mourant,
ne m’avait laissé ces deux faibles créatures à soutenir;
elles m’ont pour ainsi dire rattachée à la terre, c’est pour elles que je vis.
Elles vous mépriseront quand elles n’auront plus besoin de vous.
Les enfants sont des ingrats.
Avez-vous été marié?
Jamais.
Quels sont vos amis?
Je n’en veux point, ils sont tous intéressés.
Aimez-vous vos semblables?
Non, car ils me détestent.
Je vous plains de penser ainsi, continua la Scabieuse,
mais cela ne m’étonne pas, vous voulez vivre dans la solitude.
Cessez d’être misanthrope, croyez-moi;
épanchez votre coeur dans le coeur d’un ami,
si vous voulez être heureux.
L’isolement aigrit le Souci.

(J.J. Grandville)

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Le degré d’isolement (Kenneth White)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2018



Le degré d’isolement
est plus élevé ici
que partout ailleurs

***

The degree of isolation
is higher here
than in mast places

(Kenneth White)

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Sans pensée, sans énigme, aucun art n’est art (Yves Mabin Chennevière)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2018



Illustration: Salvador Dali

    
— Sans pensée, sans énigme, aucun art n’est art
sans pensée, sans énigme
le beau n’est que joli
le spectacle, divertissement
la tragédie, mélodrame,
la comédie, farce,
la peinture, image,
la musique, sonorité,
le roman, fiction,
le poème, chanson,
le silence, mutisme,
la solitude, isolement ;

(Yves Mabin Chennevière)

 

Recueil: Variations du sensible
Traduction:
Editions: De la Différence

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L’isolement (Pe-Lo-Yé)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2017



L’isolement

C’est en isolant son corps du monde
qu’on se prépare à en isoler son esprit.
Je vais seul.
Je m’enivre de la contemplation du ciel bleu,
de la lune brillante et des étoiles sans nombre.

Mes oreilles se sont fermées.
J’ai perdu la notion de la distance et du temps.

J’ai oublié que je portais dans ma manche
plusieurs onces d’or,
et je les ai laissées tomber sur le chemin.

Voyant que j’étais devenu indifférent
à la possession de l’or jaune,
des courtisanes sont accourues
et ont déployé autour de moi leurs séductions ;
Mais mon esprit avait franchi
les pics neigeux et les nuages froids ;
il était déjà perdu dans les régions élevées.

Voyant que je demeurais immobile,
des insectes cruels ont attaqué ma peau
et déchiré ma chair ;
Mais mon esprit était si loin
que mon corps était devenu insensible
à la douleur comme à la volupté.

Que n’ai-je atteint à la perfection
et à la pureté des sages !
mon esprit se serait détaché de mon corps
comme la flamme se détache du flambeau
quand le vent l’emporte ;
Et, laissant ce corps inerte,
il ne serait plus revenu.

(Pe-Lo-Yé)

 

 

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Souvenir de l’Antiquité (Tsien-Ki)

Posted by arbrealettres sur 29 mars 2017



Souvenir de l’Antiquité

La Voie lactée brille dans un ciel d’automne,
et le grésil voltige en parcelles de jade ;
Le vent du nord emporte les parfums du nénuphar.

Une jeune femme concentre ses pensées.
Elle dévide de la soie,
aux lueurs affaiblies de sa lampe solitaire ;
Elle essuie des larmes ;
elle trouve bien longues et bien froides
les heures de veillées que marque sa clepsydre.

Les nuages purs, qui courent sur l’azur céleste,
passent seuls devant sa demeure.
La lune est le seul hôte du pavillon,
où l’on n’entend que le croassement des corbeaux
et le cri des oies sauvages.

Quelle est-elle donc cette jeune femme
qui brode sur son métier l’oiseau youèn ?
Qui s’abrite à grand’peine dans ses rideaux de soie,
derrière son paravent incrusté de nacre,
Et qui, de sa chaste fenêtre,
regarde tristement tomber les feuilles ?

Quelle est-elle cette jeune femme
qu’il faut plaindre,
qui souffre,
et que personne ne soutient
dans son isolement ?

(Tsien-Ki)

Illustration: Suzuki Harunobu

 

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L’isolement (Alphonse de Lamartine)

Posted by arbrealettres sur 25 février 2017



 

L’isolement

Souvent sur la montagne, à l’ombre du vieux chêne,
Au coucher du soleil, tristement je m’assieds ;
Je promène au hasard mes regards sur la plaine,
Dont le tableau changeant se déroule à mes pieds.

Ici gronde le fleuve aux vagues écumantes ;
Il serpente, et s’enfonce en un lointain obscur ;
Là le lac immobile étend ses eaux dormantes
Où l’étoile du soir se lève dans l’azur.

Au sommet de ces monts couronnés de bois sombres,
Le crépuscule encor jette un dernier rayon ;
Et le char vaporeux de la reine des ombres
Monte, et blanchit déjà les bords de l’horizon.

Cependant, s’élançant de la flèche gothique,
Un son religieux se répand dans les airs :
Le voyageur s’arrête, et la cloche rustique
Aux derniers bruits du jour mêle de saints concerts.

Mais à ces doux tableaux mon âme indifférente
N’éprouve devant eux ni charme ni transports ;
Je contemple la terre ainsi qu’une ombre errante
Le soleil des vivants n’échauffe plus les morts.

De colline en colline en vain portant ma vue,
Du sud à l’aquilon, de l’aurore au couchant,
Je parcours tous les points de l’immense étendue,
Et je dis :  » Nulle part le bonheur ne m’attend.  »

Que me font ces vallons, ces palais, ces chaumières,
Vains objets dont pour moi le charme est envolé ?
Fleuves, rochers, forêts, solitudes si chères,
Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé !

Que le tour du soleil ou commence ou s’achève,
D’un oeil indifférent je le suis dans son cours ;
En un ciel sombre ou pur qu’il se couche ou se lève,
Qu’importe le soleil ? je n’attends rien des jours.

Quand je pourrais le suivre en sa vaste carrière,
Mes yeux verraient partout le vide et les déserts :
Je ne désire rien de tout ce qu’il éclaire;
Je ne demande rien à l’immense univers.

Mais peut-être au-delà des bornes de sa sphère,
Lieux où le vrai soleil éclaire d’autres cieux,
Si je pouvais laisser ma dépouille à la terre,
Ce que j’ai tant rêvé paraîtrait à mes yeux !

Là, je m’enivrerais à la source où j’aspire ;
Là, je retrouverais et l’espoir et l’amour,
Et ce bien idéal que toute âme désire,
Et qui n’a pas de nom au terrestre séjour !

Que ne puis-je, porté sur le char de l’Aurore,
Vague objet de mes voeux, m’élancer jusqu’à toi !
Sur la terre d’exil pourquoi resté-je encore ?
Il n’est rien de commun entre la terre et moi.

Quand là feuille des bois tombe dans la prairie,
Le vent du soir s’élève et l’arrache aux vallons ;
Et moi, je suis semblable à la feuille flétrie :
Emportez-moi comme elle, orageux aquilons !

(Alphonse de Lamartine)

Illustration

 

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