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Une Femme Avec Toi (Nicole Croisille)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2018




Nicole Croisille
    
Une Femme Avec Toi

Je fréquentais alors des hommes un peu bizarres
Aussi légers que la cendre de leurs cigares
Ils donnaient des soirées au château de Versailles
Ce n’étaient que des châteaux de paille
Et je perdais mon temps dans ce désert doré
J’étais seule quand je t’ai rencontré
Les autres s’enterraient, toi tu étais vivant
Tu chantais comme chante un enfant
Tu étais gai comme un italien
Quand il sait qu’il aura de l’amour et du vin
Et enfin pour la première fois
Je me suis enfin sentie:
Femme, femme, une femme avec toi
Femme, femme, une femme avec toi
Tu ressemblais un peu à cet air d’avant
Où galopaient des chevaux tous blancs
Ton visage était grave et ton sourire clair
Je marchais tout droit vers ta lumière
Aujourd’hui quoi qu’on fasse
Nous faisons l’amour
Près de toi le temps parait si court
Parce que tu es un homme et que tu es gentil
Et tu sais rendre belle nos vies
Toi tu es gai comme un italien
Quand il sait qu’il aura de l’amour et du vin
C’est toujours comme la première fois
Quand je suis enfin devenue:
Femme, femme, une femme avec toi
Femme, oh! femme, une femme avec toi
Femme, femme, une femme avec toi.

(Nicole Croisille)

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VERS ITALIENS VENISE (Alexandre Blok)

Posted by arbrealettres sur 12 décembre 2017



VERS ITALIENS
VENISE

I
Avec elle, je partais en mer,
Avec elle, je quittais le rivage,
Avec elle, je m’en allais au loin,
Avec elle, j’oubliais mes proches…

O, la voile rouge
Dans le lointain vert !
Les perles noires
Sur un châle sombre !

Il vient de la messe obscure,
Celui qui n’a plus de sang dans le cœur,
Le Christ, fatigué de porter sa croix…

Mon amour adriatique —
Mon dernier amour —
Pardonne, pardonne-moi !

II

Un vent froid près de la lagune,
Des gondoles les silencieux cercueils.
Je suis cette nuit, malade et jeune,
Prosterné près de la colonne au lion.

Sur la tour, d’un chant d’airain
Les géants sonnent l’heure de minuit.
Et Marc a noyé dans la lagune d’argent
Son iconostase ouvragé.

Dans l’ombre de la galerie
A peine éclairée par la lune
Se cachant, passe Salomé
Portant ma tête ensanglantée.

Tout dort, palais, canaux, humains,
Seul vit le pas glissant du spectre,
Seule, la tête sur le plat noir
Contemple tristement les ténèbres ambiantes.

(Alexandre Blok)

Illustration: Roger Suraud

 

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