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Posts Tagged ‘(Jacqueline Saint-Jean)’

Il a refait le noir (Jacqueline Saint-Jean)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2017




Il a voulu savoir
L’orage couvait au creux de sa mémoire
Il traversait des Sibéries secrètes
où de hautes Cassandre aux yeux de neige
hantaient le seuil des plaines noires
Il entendait craquer les charpentes du monde
Le sommeil ranimait ce rameur sans visage
accostant furtif aux anses profondes
Et face aux ponts infranchissables
où basculent les ombres

pelotonné dans son buisson d’histoire
les mains sur les paupières

il a refait le noir

(Jacqueline Saint-Jean)

Illustration: Vincent Van Gogh

 

 

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Il s’adosse à la montagne d’ombre (Jacqueline Saint-Jean)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2017



Il s’adosse à la montagne d’ombre
et regarde en arrière
l’émouvante vapeur des plaines
Et les saisons s’annulent
La même buse glisse au sablier du bleu
Falaises à l’affût
sur la chevelure du vide
Entre les coulées de lumière
la mort avance ses moraines
Il marche pour reprendre terre
Antée qui se voûte aux pentes du soir
soleil dans le dos son ombre le tire
et le bruit de l’eau lui redit la route

(Jacqueline Saint-Jean)

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Il se souvient (Jacqueline Saint-Jean)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2017



Il se souvient c’était la troisième saison
ses ambres ses roulis ses sillages
ces trouées d’horizon aspirant les feuillages
Les fougères du sang bruissant de traversées
et la chair irriguée de rivières d’images
il est entré dans le récitatif du temps
Ils mangeaient la poussière rouge
s’endormaient dans l’oeuf des cosmogonies
mais lui comment chercher le chemin de pollen
dans ce récit de brouissures
sans cesse lacéré d’oiseaux
où flotte avec le vent de l’ouest
comme une odeur de foin perdu

(Jacqueline Saint-Jean)

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Assis le soir (Jacqueline Saint-Jean)

Posted by arbrealettres sur 20 juin 2017



Assis le soir
aux terrasses dévastées de l’histoire
dans le cercle affolé des hirondelles
saccades d’ailes dans le corps
les pieds dans les décombres
dénombrant ce qui tremble
portes qui battent tôles gouttières
feuilles roulées de ruelle en ruelle
vers ce cheval aveugle au milieu de la place
Assis le soir à l’ombre de la Tour
il nomme à voix basse ce qui reste de jour
priant pleurant peut-être
dans le rayonnement des pierres

(Jacqueline Saint-Jean)


Illustration: Odilon Redon

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Rien n’efface le vent (Jacqueline Saint-Jean)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2017



Rien n’efface le vent disait la fugitive
et sa voix le renvoie sur ses routes de fable
Il marchait vers la ville
la même ville engloutie dans l’histoire
derrière le rempart des recommencements
Tu tournes en rond dans ce tourment
Rien à voir avec ces cavaliers d’orage
qui traversent novembre ivres de feuilles
sinon ce grésil obsédant dans le sang
Il marche dans la plaine des disparitions
où l’énigme dresse ses pierres
Et parfois pour peupler ce silence de steppe
il plaque son oreille aux poteaux de passage

(Jacqueline Saint-Jean)

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Plus loin c’était l’exode son ressac (Jacqueline Saint-Jean)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2017



Plus loin c’était l’exode son ressac
les matelas crevés de la mémoire
les nuques basses les yeux déserts
et sur ce charroi d’ombres une chaise à l’envers
les pieds contre le ciel qui dérive à rebours
de ces longs ciels dépenaillés
fuyant les hordes revenues
Le voyageur s’envase dans les douves
regardant passer le même convoi
Il entend encore dans un autre temps
la rouille d’un treuil tourner dans le corps
Là-bas dans le soleil de l’estuaire
le fleuve pourtant s’unit à la mer

(Jacqueline Saint-Jean)

Illustration: Sabin Balasa

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Il s’est assis dans son vertige les yeux blancs (Jacqueline Saint-Jean)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2017



Il a veillé la Tour prend garde aux cavaliers obscurs
quand le premier s’enfuit des portes de la ville
cheval tendu comme un violon dans les câbles du soir
Cavales rousses rallumant les soifs
Oklahomas ouverts jusqu’à la fin des terres
Il a tenté le raccourci l’abrupt
haleté comme un chien à l’équerre du vide
Derviche du silence
il a saoulé l’absence
il a brûlé les étapes du sens
et parfois corps fumant
il s’est assis dans son vertige
les yeux blancs

(Jacqueline Saint-Jean)

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Décembre dans les yeux (Jacqueline Saint-Jean)

Posted by arbrealettres sur 19 juin 2017



Décembre dans les yeux
entre les cils de givre où s’arrondit
l’ellébore immense de l’aube
toutes graines blotties
dans le sommeil des seigles
en ce versant du temps que l’aigle couve
semelles dans l’écho
et les mots sous la neige
profil durci
sur les glaces des lacs
réverbérant leur sommeil vert
plus dense dans l’ubac
il sauvera l’hiver

(Jacqueline Saint-Jean)

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Il se souvient (Jacqueline Saint-Jean)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2017



Il se souvient d’une île au ras du temps
la mer étale la lenteur d’années-lumière
Ni mouette ni remous dans la mémoire
Seul le large à la ronde
orbite immense de l’oubli
Insulaire sans âge
était-il sable ou sève
dans les moires du monde
était-il au milieu
des fables qui nous fondent
était-il dans l’adieu
Jusqu’à ce que
l’ancre qui rouille fasse crisser le bleu

(Jacqueline Saint-Jean)

Illustration: Sabin Balasa

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Cherchant sa route (Jacqueline Saint-Jean)

Posted by arbrealettres sur 17 juin 2017



Cherchant sa route dans la table des matières
buvant à même l’outre des mémoires
Phaïstos Phaïstos où se perdent les terres
chasse à courre des heures où tournent les veneurs
parfois le voyageur rêvait qu’il entendait la mer
Au fond de l’ombre alourdi de fatigue
posant sa tête sur le mufle humide de la nuit
glissant dans les pelages du sommeil
il retrouve le cours de la rivière enfantine
le soleil et ses vocalises
les herbes les hespérides
le secret d’un verger les paroles flottantes
pollen perdu qui vous entête bien plus tard

(Jacqueline Saint-Jean)


Illustration

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