Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘(Jacques Ancet)’

Oiseaux et voix (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2022



OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Oiseaux et voix sans savoir
rivalisent avec la mer.
C’est comme si quelque chose
se laissait surprendre, oblique,
entre soleil et rumeurs :
un silence imperceptible,
un intervalle. On écoute :
murmures, bruits d’eau. C’est ça.
Une bouche et pas de mots.
Il fait un temps sans histoire.

(Jacques Ancet)

Découvert chez Lara ici

Illustration: ArbreaPhotos

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

C’est là (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2022



 

Felix Mas -  (47) [1280x768]

C’est là.
Ça n’a pas d’images.

C’est un souffle dans les heures,
un instant comme arrêté,
on ne sait pas, presque rien.

Un vide sous les visages,
sous les gestes quelque chose
qui vacille : ombre ou mémoire.

Un silence qu’on écoute
avec toujours ce qui parle
sans un mot, ce qui se tait.

(Jacques Ancet)

Découvert chez Lara ici

Illlustration: Felix Mas

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Tu viens et le jour s’arrête (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 23 juin 2022



 

Eugène Grasset _CU01 [1280x768]

Tu viens et le jour s’arrête.
L’espace d’un battement
de cils, c’est là. Comme si
au verdict de chaque instant
répondait un signe invisible.
Ou qu’il suffisait d’un mot
pour que tout ne soit qu’un seul
éclat, la chambre, le monde,
le vide de nos images
Le soleil revient de loin.

Et même si nous tombons
si le temps nous défait
c’est un signe, moins parfois,
un mot mal articulé.
C’est toi, de loin, qui arrives
du soleil. Il y a des mouettes,
leurs cris. Je compte les pas
qui nous séparent. Je vois
ce qui ne sera plus. C’est
Là. L’imperceptible brûle.

(Jacques Ancet)

Illustration: Eugène Grasset

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

C’est comme le vent aussi (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2022



 

C’est comme le vent aussi
dans les grands marronniers, c’est

le balancement muet
et la mémoire du bleu.

Le corps plus léger soudain
flotte seul dans le courant

de l’air. Rien d’autre. Le cri
d’un oiseau blesse le jour.

Le silence est si profond
qu’on écoute l’invisible.

Sans cesse ça te traverse
ça te blesse. Comme un vent
qui n’arrêterait jamais,
qui soufflerait sans souffler,
sans que rien ne le révèle
qu’une absence dans le jour,
dans les feuilles, dans les gestes
et tu te tais, tu écoutes,
et plus tu écoutes moins
tu entends et moins tu sais.

(Jacques Ancet)

Découvert chez Lara ici

Illustration: Vincent Van Gogh

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

La fatigue a des couleurs (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 22 juin 2022



 

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

La fatigue a des couleurs
comme les saisons. Elle a
ses douceurs et ses éclats,
ses silences. Mais surtout
ce qu’elle permet de voir :
d’une chose à son image,
imperceptible, une sorte
de distance sans distance.
L’incertitude du monde.
Comme un vacillement bref.

C’est, quand tombe la lumière,
une sorte de césure
qui fait que plus rien ne bouge.
Dans chaque chose, un éclat
qui brûle. Comme ce qui,
dans la phrase, vibre plus
que les mots et les traverse
vers ce qu’ils ne disent pas.
C’est une attente, on dirait,
mais rien ne vient. Ne s’en va.

(Jacques Ancet)

Illustration: ArbreaPhotos
 

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Au matin, pourtant, tout ressemblerait au bonheur (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 26 mai 2022



Edward Hopper  Summer_Interior [1280x768]

 

Au matin, pourtant, tout ressemblerait au bonheur.
Si on savait ce qu’est le bonheur.

La lumière et la chaleur pourraient en donner une idée
sans cette sorte d’ombre qui glisse entre objet et regard.
C’est peut-être pour ça qu’on est perdu.
Parce qu’on ne coïncide pas.
Ou si peu.

Et c’est ce peu qu’on cherche.
Entre deux gestes, deux mots, au milieu de la foule, dans une pièce vide.
Faute de mieux, on dit : c’est un souffle, c’est de l’air.
Comme celui, léger, qui entre par la fenêtre entr’ouverte.
L’embrasure, oui mais sans la beauté du mot.

Alors on guette.
Ça ne viendra pas, mais on guette.

(Jacques Ancet)

Illustration: Edward Hopper

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Le silence est si profond (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 8 décembre 2021




C’est comme le vent aussi
dans les grands marronniers, c’est
le balancement muet
et la mémoire du bleu.

Le corps plus léger soudain
flotte seul dans le courant
de l’air. Rien d’autre. Le cri
d’un oiseau blesse le jour.

Le silence est si profond
qu’on écoute l’invisible.

(Jacques Ancet)

Illustration: Vincent Van Gogh

Trouvé chez Lara

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

La voix… (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2020



… je suis au centre où plus rien n’existe
que la lumière d’une fenêtre
comme suspendue entre ici et là-bas
hier et demain j’écoute une voix
je ne la reconnais que trop tard
elle parlait entre deux silences
et ne m’a laissé que cet instant
sans visage où plus rien n’a de nom.

(Jacques Ancet)

Illustration

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , | 2 Comments »

Je jette mon filet (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 29 janvier 2020




Je jette mon filet et c’est toi
que je crois saisir. Mais tu n’es pas là
que dans le vide que tu me laisses.
Il y a des choses qui scintillent,
la nuque de vieillard du bébé,
les seins d’une fille, un géranium.
C’est toi peut-être ce souffle d’air
de l’orage qui vient, cette attente,
ce peu d’été tombé des platanes.

(Jacques Ancet)

Illustration: ArbreaPhotos

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Un petit bruit têtu (Jacques Ancet)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2020



Un petit bruit têtu

Sur les yeux la brume! elle est tout près,
on la reconnaît. Le jour est sombre.
Quelqu’un encore pourrait venir
apporter la tièdeur d’une main.
Ou cette image de la lumière,
mais on est seul. On ferme les yeux,
on écoute: les voix et la pluie.
Et, dessous, un petit bruit têtu.
Peut-être le coeur. On ne sait pas.

(Jacques Ancet)

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »