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Poésie

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EN CHINE (Norge)

Posted by arbrealettres sur 14 septembre 2018



EN CHINE

Alors, la jambe, ça va, père Wan-tou-fou ?
Vous êtes alerte, ce matin.
— Guérie, cher enfant, elle est meilleure que l’autre maintenant.
— Et madame Wan-tou-fou ?
— Rajeunie, délicieuse, de nouveau dix-sept ans ;
les seins de jade et elle m’adore.
— C’est le bonheur, ô Wan-tou-fou et cependant ce fils mort et la guerre ?
— Ressucité, mon ami, resssucité. Il remplit la maison de ses chants.
J’ai demandé ces bienfaits à Bouddha qui m’a tout accordé sur l’heure.

Et Wan-tou-fou s’en fut, claudiquant de plus belle.

(Norge)

 

 

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Chanson du chagrin (Li Po)

Posted by arbrealettres sur 1 août 2018



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Chanson du chagrin

Le maître de céans a du vin,
mais ne le versez pas encore :
Attendez que je vous aie chanté la Chanson du chagrin.

Quand le chagrin vient,
si je cesse de chanter ou de rire,
Personne, dans ce monde,
ne connaîtra les sentiments de mon cœur.
Seigneur, vous avez quelques mesures de vin,
Et moi je possède un luth long de trois pieds ;

Jouer du luth et boire du vin
sont deux choses qui vont bien ensemble.
Une tasse de vin vaut, en son temps, mille onces d’or.
Bien que le ciel ne périsse point,
bien que la terre soit de longue durée,
Combien pourra durer pour nous la possession de l’or et du jade ?
Cent ans au plus.
Voilà le terme de la plus longue espérance.

Vivre et mourir une fois,
voilà ce dont tout homme est assuré.
Ecoutez là-bas, sous les rayons de la lune,
écoutez le singe accroupi qui pleure, tout seul, sur les tombeaux.
Et maintenant remplissez ma tasse ;
il est temps de la vider d’un seul trait.

(Li Po)

Illustration: Werner Pawlok

 

 

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MÉLODIES (Patricia Ruiz-Gamboa)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2018



Illustration: Stefan Blöndal
    
MÉLODIES

Au clavier des jardins je joue des symphonies,
Où le chant du rossignol grisé par la pluie,
A la couleur de ces lointaines et pures folies,
Qui tourbillonnent en grappes et ont le goût des fruits.

Au clavier de la vie j’invente des mélodies,
Où le ciel dévoile son lamento aux aurores,
Aux vagues du silencieux, au marbre de la nuit,
Qui, tel un velours sombre cache aux yeux mille trésors.

Au clavier des étangs je pleure assez souvent,
Quand mes mains engourdies brassant des gerbes folles,
Jouent encore et toujours le leitmotiv du vent,
Et que jaillit de l’aube un rire creux et frivole.

Au clavier de l’amour, passion et frénésie,
Cristal et jade purs d’un merveilleux tableau,
Je m’envole avec toi vers un bleu paradis,
Et j’en oublie mes doigts torturant le piano.

(Patricia Ruiz-Gamboa)

 

Recueil: Concerto pour une plume
Traduction:
Editions: ARCAM

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LE VIN LE PAVILLON DE PORCELAINE (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 19 juillet 2018




Illustration: Maison chinoise à Berlin
    
LE VIN
LE PAVILLON DE PORCELAINE
Li-Taï-Pé
 
Au milieu du petit lac artificiel, s’élève un pavillon de porcelaine verte et blanche ;
on y arrive par un pont de jade, qui se voûte comme le dos d’un tigre.
Dans ce pavillon, quelques amis, vêtus de robes claires, boivent ensemble des tasses de vin tiède.
Ils causent gaiement, ou tracent des vers, en repoussant leurs chapeaux en arrière, en relevant un peu leurs manches,
Et, dans le lac, où le petit pont, renversé, semble un croissant de jade,
quelques amis, vêtus de robes claires, boivent, la tête en bas dans un pavillon de porcelaine.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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Tout ce bleu (Lise Cassin)

Posted by arbrealettres sur 24 juin 2018



Pour un ciel habillé de mousseline hortensia
Concerto d’une fugue de Loire « Outremer »
Céramique indigo enchâssée dans l’or des sables.

Comme une coulée d’encre,
le toit d’ardoise
s’égoutte vers les fenêtres aux transparences de jade.

La glycine enlace la maison de granit.
Une fille en jupe pervenche a traversé le pont.
La lumière estompe la flamme de ses jambes.

Le vent fait vivre sur ta peau, la soie marine
de ta chemise.
Mais, tes yeux d’océan gardent leur mystère.

Parfum des lavandes…
J’ai le cœur « ébleui »

(Lise Cassin)

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Rêverie secrète (Li Qingzhao)

Posted by arbrealettres sur 30 avril 2018



 

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Rêverie secrète

Brume légère, nuage épais,
Tristesse tout le long du jour.
Parfum de l’encens.
Fête de l’automne.
Fraîche fraîcheur de minuit
à travers la moustiquaire
et jusque sur l’oreiller de jade.

Boire du vin au crépuscule
dans le jardin de l’est.
La manche de ma robe
embaume un doux secret.
Le vent d’ouest agite le store.
La tige d’un chrysanthème jaune
n’est pas plus mince que je ne suis.

(Li Qingzhao)

Illustration: Joo Seok Ju

 

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UNE FEMME DEVANT SON MIROIR (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 21 avril 2018




    
UNE FEMME DEVANT SON MIROIR
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Assise devant son miroir,
elle regarde le clair de lune.

Le store baissé entrecoupe la lumière ;
dans la chambre on croirait voir du jade, brisé en mille morceaux.

Au lieu de peigner ses cheveux, elle relève le store en fils de bambou,
et le clair de lune apparaît plus brillant.

Comme une femme, vêtue de soie,
qui laisse tomber sa robe.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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PENSÉES DU SEPTIÈME MOIS (Li Taï Po)

Posted by arbrealettres sur 20 avril 2018



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PENSÉES DU SEPTIÈME MOIS

Au milieu des fleurs de mon jardin,
je songe, en buvant un vin,
frais et transparent comme le jade.
Le vent me caresse doucement les joues
et rafraîchit l’air brûlant ;
mais, quand l’hiver viendra,
comme je ramènerai mon manteau !

La femme, dans la splendeur de sa beauté,
est pareille au vent tiède d’août :
elle rafraîchit et parfume notre vie ;
Mais, lorsque la soie blanche de l’âge couvre sa tête,
nous la fuyons comme le vent d’hiver.

(Li Taï Po)

Illustration

 

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IVRESSE D’AMOUR (Textes chinois)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2018



Illustration 
    
IVRESSE D’AMOUR
Li-Taï-Pé

Le vent agite doucement, à l’entour du Palais des Eaux,
les fleurs embaumées des nénuphars.

Sur la plus haute terrasse de Kou-sou
on peut apercevoir le roi de Lou, étendu nonchalamment.

Devant lui, Sy-Ché, la beauté même, danse, avec une grâce incomparable,
des gestes délicats et sans force.

Puis elle rit d’être aussi voluptueusement lasse, et, languissante,
vient s’appuyer du côté de l’Orient, au rebord de jade blanc du lit royal.

(Textes chinois)

 

Recueil: Le Livre de Jade
Traduction: Judith Gautier
Editions: Plon

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Le pavillon du roi de Teng (Wang Bo)

Posted by arbrealettres sur 11 avril 2018



Illustration
    
Le pavillon du roi de Teng

Le roi de Teng avait,
près des îles du grand fleuve,
un pavillon élevé,

A la ceinture du roi
dansaient de belles pièces de jade,
et des clochettes d’or
chantaient autour de son char.

Le jade a cessé de danser,
les clochettes ne se font plus entendre ;

Le palais n’est plus visité que,
le matin, par les vapeurs du rivage,
et, le soir, par la pluie
qui ronge les stores en lambeaux.

Des nuages paresseux se promènent lentement,
en se mirant dans les eaux limpides.
Tout marche, rien n’est immuable ;
les astres eux-mêmes ont un cours.

Combien d’automnes a-t-il passé sur ce palais ?
Le jeune roi qui l’habitait jadis, où donc est-il ?
Il a contemplé comme nous ce grand fleuve,
qui roule toujours ses flots muets et profonds.

(Wang Bo)

 

 

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