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Posts Tagged ‘jaguar’

Il ne restera rien (Nezahualcoyotl)

Posted by arbrealettres sur 11 mai 2018




O Princes, sachez-le bien,
Sachez-le Aigles et Jaguars,
Le jade et même l’or,
Aussi là-bas s’en iront,
Là-bas où sont les Décharnés…
Nous partirons, peu à peu nous disparaîtrons,
Il ne restera rien…

***

Xic yocoyacan in antepilhuan
cuauh’tamocelo
oncan on Ximohua yehuaya
zan tipupulihuizque
ayac mocahuaz Iyyo.

(Nezahualcoyotl)

 

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À UNE ATTRISTÉE D’AMBITION (Charles Cros)

Posted by arbrealettres sur 31 août 2016




À UNE ATTRISTÉE D’AMBITION

Comme hier, vous avez les souplesses étranges
Des tigresses et des jaguars,
Vos yeux dardent toujours sous leurs ombreuses franges
L’or acéré de leurs regards.

Vos mains ont, comme hier, sous leurs teintes d’aurores
Leur inexplicable vigueur;
Elles trouvent encor sur les touches sonores
Des accords qui frôlent le coeur.

Comme hier, vous vivez dans les fécondes fièvres
Et dans les rêves exaltés,
Les mots étincelants s’échappent de vos lèvres,
Echos des intimes clartés.

Trop heureuse en ce monde et trop bien partagée,
Idéal et charnel pouvoir,
Vous avez tout, et vous êtes découragée,
Comme un ciel d’automne, le soir.

*

Ne rêvez pas d’accroître et de parfaire encore
Les dons que vous a faits le ciel.
Ne changez pas l’attrait suprême, qui s’ignore,
Pour un moindre, artificiel.

Il faut que la beauté, vivante, écrite ou peinte
N’ait rien des soucis du chercheur.
Et si la rose avait à composer sa teinte
Elle y perdrait charme et fraîcheur.

Dites-vous, pour chasser la tristesse rebelle,
En ornant de fleurs vos cheveux,
Que, sans peine pour vous, ceux qui vous trouvent belle
Sauront le dire à nos neveux.

(Charles Cros)

Illustration: Arthur Braginsky

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Le jaguar (Elvio Romero)

Posted by arbrealettres sur 25 juillet 2016


 

Le jaguar

Bond dans l’espace !

Irruption magique,
feulements
du jaguar sur les monts,
du mont jusqu’au vent,
du vent jusqu’à l’air,
de l’air jusqu’au jaguar,
du jaguar…

Le jaguar a croqué la lune !

***

¡ Salto en alto !

Mágica irrupción
rugidos
del tigre sobre los montes,
del monte al viento,
del viento al aire
del aire al tigre,
del tigre…

¡ El tigre devoró a la luna !

(Elvio Romero)

Illustration

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Ah! baiser la main d’une femme d’une monde (Serge Gainsbourg)

Posted by arbrealettres sur 21 juillet 2016



Ah! baiser la main d’une femme d’une monde
Et m’écorcher les lèvres à ses diamants
Et puis dans la jaguar
Brûler son léopard
Avec une cigarette anglaise
Et s’envoyer des dry au Gordon
Et des Pimm’s
Number one
Avant que de filer chez Maxim’s
Grand seigneur
Dix sacs au chasseur
Enfin
Poser
Ma pelle
Et chauffer
Ma gamelle

(Serge Gainsbourg)

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Iles (Blaise Cendrars)

Posted by arbrealettres sur 2 juin 2016



Iles
Iles où l’on ne prendra jamais terre
Iles où l’on ne descendra jamais
Iles couvertes de végétations
Iles tapies comme des jaguars
Iles muettes
Iles immobiles
Iles inoubliables et sans nom

Je lance mes chaussures par-dessus bord
car je voudrai bien aller jusqu’à vous

(Blaise Cendrars)

Illustration

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Le Rêve du Jaguar (Leconte de Lisle)

Posted by arbrealettres sur 1 novembre 2015



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Le Rêve du Jaguar

Sous les noirs acajous, les lianes en fleur,
Dans l’air lourd, immobile et saturé de mouches,
Pendent, et, s’enroulant en bas parmi les souches,
Bercent le perroquet splendide et querelleur,
L’araignée au dos jaune et les singes farouches.
C’est là que le tueur de boeufs et de chevaux,
Le long des vieux troncs morts à l’écorce moussue,
Sinistre et fatigué, revient à pas égaux.
Il va, frottant ses reins musculeux qu’il bossue;
Et, du mufle béant par la soif alourdi,
Un souffle rauque et bref, d’une brusque secousse,
Trouble les grands lézards, chauds des feux de midi,
Dont la fuite étincelle à travers l’herbe rousse.
En un creux du bois sombre interdit au soleil
II s’affaisse, allongé sur quelque roche plate;
D’un large coup de langue il se lustre la patte;
Il cligne ses yeux d’or hébétés de sommeil;
Et, dans l’illusion de ses forces inertes,
Faisant mouvoir sa queue et frissonner ses flancs,
Il rave qu’au milieu des plantations vertes,
Il enfonce d’un bond ses ongles ruisselants
Dans la chair des taureaux effarés et beuglants.

(Leconte de Lisle)

 

 

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