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Poésie

Posts Tagged ‘jaillir’

La vie est mystère (Rubén Darío)

Posted by arbrealettres sur 24 février 2018




    
La vie est mystère ; la lumière éblouit
et la vérité inaccessible étonne ;
la perfection sévère jamais ne se donne,
et l’Idéal secret se repose dans la nuit.

De là vient qu’être sincère, c’est être puissant.
C’est parce qu’elle est nue que scintille l’étoile ;
tandis que l’eau de la fontaine, en jaillissant,
en exprime l’âme de sa voix de cristal.

(Rubén Darío)

 

Recueil: Chants de vie et d’espérance
Traduction: Lionel Igersheim
Editions: Sillage
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Amours des nébuleuses (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 22 février 2018


 


Alain Bonnefoit - Tutt'Art@ (54)

Amours des nébuleuses Oh! seins de ma maîtresse
Les yeux des astronomes ont jailli des lunettes
et ces yeux dans les cieux tels des yeux de négresse
reflètent en leur rondeur ma luxure et ma tête.

(Robert Desnos)

Illustration: Alain Bonnefoit

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CALIXTO (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 21 février 2018



Illustration: Nicolaes Berchem
    
CALIXTO

Hors du manteau, la lumière
De ta chair, nymphe Calixto,
En pleine étoile se libère
Du clair de jour et nous éclaire
Tard ou, suivant la saison, tôt.
Mais qu’importe si l’on préfère,
Jailli du manteau de ta chair,
Ton cœur lui-même sombre et clair.

Que l’éclair sombre sur les rives
Où ta chair décline un couchant
Érotique au ciel où s’inscrivent
Nord, Sud, Est, Ouest et leurs dérives
Et les ourses qui dans ce champ
Vont brouter des herbes cursives,
Aurores, nuages, lueurs
Et boire aux rêves les sueurs.

(Robert Desnos)

 

Recueil: Contrée suivi de Calixto
Traduction:
Editions: Gallimard

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Au temps des donjons (Robert Desnos)

Posted by arbrealettres sur 20 février 2018



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Au temps des donjons

As-tu déjà perdu le mot de passe?

Le château se ferme et devient prison,
La belle aux créneaux chante sa chanson
Et le prisonnier gémit dans l’in pace.
Retrouveras-tu le chemin, la plaine,
La source et l’asile au coeur des forêts,
Le détour du fleuve où l’aube apparaît,
L’étoile du soir et la lune pleine?
Un serpent dardé vers l’homme s’élance,
L’enlace, l’étreint entre ses anneaux,
La belle soupire au bord des créneaux,
Le soleil couchant brille sur les lances,
L’âge sans retour vers l’homme jaillit,
L’enlace, l’étreint entre ses années.
Amours! Ô saisons! Ô belles fanées !
Serpents lovés à l’ombre des taillis.

(Robert Desnos)

Illustration: ArbreaPhotos

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L’innocence (Marceline Desbordes-Valmore)

Posted by arbrealettres sur 16 février 2018



Carol Carter  4001

L’innocence

Beau fantôme de l’innocence,
Vêtu de fleurs,
Toi qui gardes sous ta puissance
Une âme en pleurs !

Ô toi qui devanças nos hontes
Et nos revers,
Es-tu si grand que tu surmontes
Tout l’univers !

Le reste, comme la poussière,
S’est envolé,
Devant le feu de ma paupière
Tout s’est voilé,

Tout s’est enfui, flamme et fumée,
Tout est au vent ;
Toi seul sur mon âme enfermée
Planes souvent.

Pour courir à ta voix qui crie :
 » Éternité !  »
Pour monter à Dieu que je prie,
J’ai tout jeté.

La nuit, pour chasser un mensonge
Qui me fait peur,
Ta main, plus forte que le songe,
Étreint mon coeur.

Quelle absence est assez profonde
Pour te braver,
Quand ton regard perce le monde
Pour nous trouver ?

De mon âme ont jailli des âmes
Dignes de toi :
Au milieu de ces pures flammes,
Ressaisis-moi !

Beau fantôme de l’innocence
Vêtu de fleurs,
Oh ! Garde bien en ta puissance
Notre âme en pleurs.

(Marceline Desbordes-Valmore)

Illustration: Carol Carter

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Cheval, cheval (Robert Sabatier)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2018



    

Cheval, cheval

Cheval, cheval, il me faut un cheval !
mais je n’ai pas de royaume à donner.
Un destrier ? Non, un cheval de bois
en souvenir d’un antique manège.

Un chêne, un chêne ! Où trouver un grand chêne ?
Que dites-vous ? Pour rendre la justice ?
Je ne peux rendre en ne possédant pas.
C’est pour dormir sous les plus belles feuilles.

Des lys, des lys ! Apportez-moi des lys !
pas pour orner la couronne des rois,
plus simplement pour leur cambrure exquise
et le parfum jailli de la beauté.

Abeille, abeille ! oui, je veux une abeille !
non pour l’hommage à de vieux empereurs
mais pour voler avec elle, l’abeille
de fleur en fleur sous le soleil d’été.

(Robert Sabatier)

 

Recueil: Oeuvres poétiques complètes
Traduction:
Editions: Albin Michel

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LES VIGNES SONT GELEES… (Gaston Couté)

Posted by arbrealettres sur 10 février 2018




    
LES VIGNES SONT GELEES…

La vendange s’annonçait belle
Et l’espoir, pour nous,
En sourires de fleurs nouvelles
S’ouvrait au bout des jeunes pousses,
Mais, cette nuit, la lune rousse
A fait de ses coups !

Mon bel ami, les vignes sont gelées !
Tes deux arpents si verts sur le coteau,
Faut pas y songer !
Si l’on ne boit pas de vin cette année,
On boira de l’eau !

Si ta belle vendange est morte
La nuit du grand froid,
Nos vingt ans toujours bien se portent !
Les bourgeons roulent sous les souches
Mais il reste encor sur ma bouche
Des baisers pour toi !

Oui, nous n’irons pas en vendange
Dans les arpents blonds
Lorsque viendra la mi-septembre,
Mais dans le champ de nos caresses,
L’an tout au long, sans fin ni cesse,
Nous vendangerons !

Le vin doux dont l’âme pétille
Ne jaillira pas
Du pressoir aux rondes sébilles,
Mais de ton cœur tendre et farouche,
Comme du creux d’un pressoir rouge
L’Amour jaillira !

(Gaston Couté)

 

 

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Je veux de l’amour (Anna Gavalda)

Posted by arbrealettres sur 9 février 2018




    
Je ressemble à un personnage de Brétécher :
une fille assise sur un banc
avec une pancarte autour du cou :
« je veux de l’amour »

et des larmes qui jaillissent
comme deux fontaines de chaque coté des yeux.
Je m’y vois.
Tu parles d’un tableau.

(Anna Gavalda)

 

 

Recueil: Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part
Traduction:
Editions: J’AI LU

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Peut-être est-ce pour sentir jaillir (Edward Estlin Cummings)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2018



Illustration: Pascal Renoux
    
peut-être est-ce pour sentir jaillir
le poisson d’argent de sa nudité
avec d’agréables nageoires effilées,

que ma jeunesse a voyagé vers elle ces années

durant ou pour prendre au collet le penchant
timide de son esprit pour mon esprit

que je suis venu par de petits pays au oui

de sa jeunesse.
Et si quelqu’un entend
ce que je dis—qu’il me soit clément:
parce que j’ai fait le voyage tout seul
dans les forêts du merveilleux,
et que mes pieds ont connu assurément
les chemins paisibles et les furieux,

et parce qu’elle est si belle

(Edward Estlin Cummings)

 

Recueil: XLI Poèmes
Traduction: Thierry Gillyboeuf
Editions: La Nerthe

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Le pommier (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 28 janvier 2018



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Le pommier

A force de mourir et de n’en dire rien
Vous aviez fait un jour jaillir, sans y songer,
Un grand pommier en fleurs au milieu de l’hiver
Et des oiseaux gardaient de leurs becs inconnus
L’arbre non saisonnier, comme en plein mois de mai,
Et des enfants joyeux de soleil et de brume
Faisaient la ronde autour, à vivre résolus.
Ils étaient les témoins de sa vitalité.
Et l’arbre de donner ses fruits sans en souffrir
Comme un arbre ordinaire, et, sous un ciel de neige,
De passer vos espoirs de toute sa hauteur.
Et son humilité se voyait de tout près.
Oui, craintive, souvent, vous vous en approchiez.

(Jules Supervielle)

Illustration

 

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