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Poésie

Posts Tagged ‘jaillissant’

Le simulacre (Julio Cortázar)

Posted by arbrealettres sur 12 février 2018



Illustration
    
Le simulacre

Chaque fois que je te vois dans le souvenir,
j’entends chanter le coq en pleine nuit
et une soif de combats et de clochers
me rend au sacrifice où je te perds.

Qui sait où tu te trouves, je ne sais plus
si tes yeux sont en or ou en argent,
mais mon sang est une lumière jaillissante
et à nouveau je mords la douce pomme.

Ô balbutiement des ténèbres, duel
de mousse et de léopard et gémissement,
désespéré qui contrefait le ciel !

L’aube sordide plane comme la cendre,
sur le rêve vaincu et l’oreiller
défiguré par le creux d’une seule tête.

(Julio Cortázar)

 

Recueil: Crépuscule d’automne
Traduction: Silvia Baron Supervielle
Editions: José Corti

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Autrefois je croyais (Etty Hillesum)

Posted by arbrealettres sur 5 février 2018



    

Autrefois je croyais devoir produire un certain nombre de pensées profondes par jour;
aujourd’hui il m’arrive d’être une friche infertile, mais étendue sous un ciel vaste, haut et paisible.
C’est mieux. Je me défie aujourd’hui de cette profusion de pensées jaillissantes,
j’aime mieux être de temps en temps en friche et en attente

(Etty Hillesum)

 

 

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Mon Dieu, mon Dieu (Hannah Senesh)

Posted by arbrealettres sur 19 octobre 2017




Illustration: ArbreaPhotos
    

Promenade à Césarée

Mon Dieu, mon Dieu,
puissent exister éternellement,
Le sable et la mer,
Les eaux jaillissantes,
Le rougeoiement du ciel,
La prière de l’Homme.

***

Halikha le Késaria 

’Éli, ’Éli,
Shè-lo yigamér le-‘olam,
Ha-hol ve-ha-yam,
Rishrush shèl ha-mayim,
Beraq ha-shamayim,
Tefillat ha-adam.

***

אֵלִי, אֵלִי
שֶׁלֹּא יִגָּמֵר לְעוֹלָם
הַחוֹל וְהַיָּם,
רִשְׁרוּשׁ שֶׁל הַמַּיִם,
בְּרַק הַשָּׁמַיִם,
תְּפִלַּת ה

(Hannah Senesh)

 

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Maintenant je suis de retour (Heather Dohollau)

Posted by arbrealettres sur 8 décembre 2016



Maintenant je suis de retour
Et loin de Ravenne
Je n’entends plus l’oiseau
Qui chante près de la tombe
Là, un instant, en sortant
De cet autre ciel
J’ai cru les cieux ouverts
Par cette eau jaillissante
L’espace habitable
Pour un autre souffle
Mais la lumière laisse
Une empreinte d’ombre
Sous le pas qui fuit
Pousse l’herbe du désir

(Heather Dohollau)

Illustration: ArbreaPhotos  

 

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Je songe à la piété du sable (Louis Bertholom)

Posted by arbrealettres sur 14 novembre 2015



Je songe à la piété du sable
la fable du temps
autant de feuilles jaunies
dans les fouilles de ma parcelle
où se reflète le monde

L’immensité profonde de l’infime
fonde et proclame en moi
la flamme intime du silence
de ce qui sera d’avoir été
si lent, si jaillissant

Grande mathématique de lumière
qui thésaurise le temps
qui trésorise, qui complique
me dilemme, me dilue
ici bas, si battu
si habité dans ma parcelle

J’ai de la rouille dans le coeur
et le corps plein de trouille
c’est dans l’excessive mélancolie
qu’évolue l’inaccessible aberration

J’interroge les abers et les flaques
ici bas, si habité dans la parcelle
aux élégiaques syllabes
de l’empreinte atlantique

(Louis Bertholom)

Découvert ici: http://www.ipernity.com/blog/lara-alpha

Illustration: ArbreaPhotos

 

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LES SOURCES (Elisée Reclus)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2015



LES SOURCES

C’est dans les vallées qui s’ouvrent à la base des montagnes,
ou même dans les plaines, au pied des hauteurs secondaires,
que les eaux jaillissantes se montrent en plus grande abondance.
Les sources sont la beauté de ces paysages discrets
où la nature apparaît tout entière dans un espace restreint.
Au bord du ruisseau, qui court en gazouillant et donne, pour ainsi dire, une voix caressante à la terre
on saisit d’un regard tout un ensemble gracieux qui charme et qui console.
Sans effort, on peut se sentir vivre avec les objets environnants qui semblent faits à la taille de l’homme ;
on est attendri et non pas opprimé, confondu d’admiration
comme à la vue des cataractes, des glaciers ou des vagues de la mer.

[…]

Qui décrira jamais l’ineffable beauté de la moindre source ?
Qu’elle s’épanche sous les arbres mystérieux, entre deux berges fleuries,
qu’elle sorte lentement de l’obscurité des grottes sous les blancs rochers calcaires,
ou bien qu’elle jaillisse en perles d’un fond de cailloux
et fasse danser les grains de sable sur ses gouttelettes,
chaque fontaine a son caractère spécial de grâce ou de beauté sévère.

(Elisée Reclus)

 

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