Arbrealettres

Poésie

Posts Tagged ‘jalousie’

ÉLOGE À UNE FLEUR D’AUTOMNE (Lu Yoe)

Posted by arbrealettres sur 4 mai 2019



ÉLOGE À UNE FLEUR D’AUTOMNE

Au-delà du relais de poste
Un pont en ruine
Une fleur en éclosion
Solitaire, dans l’abandon
Triste à l’approche de la nuit
Et plus encore aux caprices du vent et de la pluie

Cette fleur ne rivalise pas de beauté avec le printemps
La jalousie des autres fleurs la laisse indifférente
Une fois tombée dans la boue
Elle devient poussière
Son parfum reste pourtant intact

(Lu Yoe)

Illustration

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

AVEU (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 27 novembre 2018




    
AVEU

Je vous aime, quoique j’enrage,
que ce soit ridicule et vain.
En outre il faut qu’à vos genoux
j’avoue ma sottise et ma honte.
Avec ma figure ! A mon âge !
Il serait temps de s’assagir.
Mais tous les indices sont clairs :
je suis atteint du mal d’amour.
Loin de vous je m’ennuie,— je bâille —
près de vous la langueur m’est douce
et je n’en peux mais : je dois dire,
cher ange, combien je vous aime.
Quand j’entends, venant du salon,
vos pas, le bas de votre robe
ou votre voix juvénile et candide,
je perds d’un seul coup la raison.
Souriez-vous ? Je suis aux anges.
Vous m’ignorez ? J’ai le coeur lourd.
Tout un jour de peine s’efface
si vous m’offrez votre main pâle.

Quand, absorbée par votre ouvrage,
vous laissez ruisseler vos boucles
indolemment, les yeux baissés,
je m’attendris, ne dis plus mot,
vous contemplant comme un enfant.
Vous conterai-je ma détresse,
ma tristesse, ma jalousie,
quand par tous les temps vous allez
au loin, trop loin, vous promener ?
Ou bien vos larmes solitaires,
les propos à deux dans un coin,
ou les petits voyages en ville
ou les soirées près du piano ?
Aline, ayez pitié de moi !
Je n’ose exiger de l’amour.
Il se peut que, pour mes péchés,
je sois indigne d’être aimé.
Faites semblant ! Votre regard
exprime si bien tant de choses.
Je suis si facile à tromper!
Et voudrais tant l’être par vous !

(Alexandre Pouchkine)

 

Recueil: Poésies
Traduction: Louis Martinez
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Je vous aimais (Alexandre Pouchkine)

Posted by arbrealettres sur 16 août 2018



Illustration: Lisa G    
    
Je vous aimais… l’amour n’est pas, peut-être,
Au fond du cœur totalement éteint,
Mais devant vous je le fais disparaître,
Je ne veux pas vous causer de chagrin.

Je vous aimais sans mots, sans rien attendre,
Timide ou torturé de jalousie ;
Je vous aimais d’un amour pur et tendre —
Dieu veuille qu’on vous aime encore ainsi.

(Alexandre Pouchkine)

 

Recueil: Le soleil d’Alexandre Le Cercle de Pouchkine
Traduction: André Markowicz
Editions: Actes Sud

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Jalousie (Anonyme VIIIème siècle)

Posted by arbrealettres sur 27 juillet 2018



 

Eugène Carrière  sommeil p

Jalousie

Dans une hutte sordide
Que je voudrais briller
Est étendue une natte de paille
Que je voudrais jeter.
Avec d’horribles bras
– Si je pouvais les briser! –
Ses propres bras enlacés
Mon seigneur va dormir
Tout le jour
Radieux
Toute la nuit
D’un noir d’encre.
Je soupire et me lamente
Au point que craque
Ma couche.

(Anonyme VIIIème siècle)

Illustration: Eugène Carrière

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

LE ROCHER DES ANGES (Tanikawa Shuntarô)

Posted by arbrealettres sur 23 mai 2018



 

Paul KleePaul Klee rocher_des_anges

LE ROCHER DES ANGES

Sur la tombe d’un homme dans leurs habits de pierre les anges
qui ne connaissent pas le rire
qui ne connaissent pas les pleurs

un jour soudain s’envolent
vers les cieux lointains de leur pays natal
à la manière des oiseaux de passage

Ne sachant pas ce qu’est le mensonge
les anges ignorent ce qu’est la vérité

Et l’homme abandonné à son sort
s’enflamme de jalousie pour les étoiles

Son cœur se dilate
son corps se rapetisse
et en attendant de se fondre à la terre

il fait l’amour avec le soleil

(Tanikawa Shuntarô)

Découvert ici chez laboucheaoreilles

Illustration: Paul Klee

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 4 Comments »

BERGERE (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 8 mars 2018



BERGERE
1

Tu as ce rire de fille
D’un cristal si pur
Que j’y vois vibrer
Le reflet de ta joie

Ta vache paisible paît
L’herbe verte de la prairie
Enclose de haies épaisses
Et n’a pas besoin de surveillance

Nous pouvons poursuivre
Les papillons de couleur
Cueillir des bouquets de fleurs
Et des trèfles à quatre feuilles

Tu poses ta chevelure rousse
Sur la couche de mousse
Au pied du pommier
Et je peux caresser
Ta joue si douce
Et baiser ta bouche.
2
A califourchon sur l’échalier
Je te regarde garder ta vache
Dans le pré de luzerne
Un foulard sur la tête

Je te rejoins
Et tu abandonnes ton tricot
Ou ton « Nous Deux »
Et nous sommes toi et moi

Tu calmes
Ton gros chien noir
Qui grogne de jalousie
Et dont je me méfie

J’aime ton rire clair
Comme un ruisseau
Sur un lit de cailloux
Et je baise tes lèvres
Dont j’apaise
L’amoureuse fièvre.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: William Holman Hunt

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Elle n’est plus que du silence (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 6 mars 2018



Illustration: Cécile Mendousse
    
Elle n’est plus que du silence
Tremblant à la pointe d’un cil,
Son être tient dans une larme
Et voudrait que cela suffit.

Comprenez-vous qui je désigne
Et je redoute de nommer?

Je pense à la pauvre Marie
Sans corps maintenant et sans yeux
Réduite à ce point lumineux
Derrière quelles jalousies

De bois peint ni de fer non plus,
Mais de ciel pur, de modestie.

(Jules Supervielle)

 

Recueil: Le forçat innocent suivi de Les amis inconnus
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Ville assoupie (Aya Cheddadi)

Posted by arbrealettres sur 15 janvier 2018




    
Ville assoupie cubes blancs
À travers les jalousies bleues
nul ne guette nos deux ombres
se tenant par la main

Ceux qui voudraient se glisser entre nous
mourraient étranglés par nos caresses
et les yeux pleins d’envie
risquent l’aveuglement

Soleil dans la ville blanche
pourquoi voilerais-tu nos amours
Que chacun brûle au feu de sa propre géhenne
Nous avons trop marché le long des routes vaines

(Aya Cheddadi)

 

Recueil: Tunis marine
Traduction:
Editions: Gallimard

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

Il m’a quittée à la nouvelle lune, mon ami, mon amour (Anna Akhmatova)

Posted by arbrealettres sur 28 décembre 2017



Il m’a quittée à la nouvelle lune,
Mon ami, mon amour. Tant pis !
Il m’a dit: «Jolie funambule,
Comment vivras-tu jusqu’au mois de mai?»

J’ai répondu comme on parle à son frère.
Pas de jalousie. Pas de scène.
Quatre manteaux tout neufs
Ne pourront pas me consoler.

Oui, je marche au milieu de terribles dangers;
Mais marcher dans l’angoisse est plus terrible encore…
Mon ombrelle chinoise est d’un beau rouge.
J’ai frotté à la craie mes semelles.

L’orchestre joue des choses gaies.
Partout je vois des lèvres sourire.
Mais mon coeur, mon coeur sait trop bien
Que la loge cinq est vide.

(Anna Akhmatova)

Illustration: Pierre Bonnard

 

Posted in poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

La Carte Du Tendre (Georges Moustaki)

Posted by arbrealettres sur 28 novembre 2017




    
La Carte Du Tendre

Le long du fleuve qui remonte
Par les rives de la rencontre
Aux sources d’émerveillement
On voit dans le jour qui se lève
S’ouvrir tout un pays de rêve
Le tendre pays des amants
On part avec le coeœur qui tremble
Du bonheur de partir ensemble
Sans savoir ce qui nous attend
Ainsi commence le voyage
Semé d’écueils et de mirages
De l’amour et de ses tourments

Quelques torrents de médisance
Viennent déchirer le silence
Essayant de tout emporter
Et puis on risque le naufrage
Lorsque le vent vous mène au large
Des îles d’infidélité
Plus loin le courant vous emporte
Vers les rochers de la discorde
Et du mal à se supporter
Enfin la terre se dénude
C’est le désert de l’habitude
L’ennui y a tout dévasté

Quand la route paraît trop longue
Il y a l’escale du mensonge
L’auberge de la jalousie
On y déjeune de rancune
Et l’on s’enivre d’amertume
L’orgueil vous y tient compagnie
Mais quand tout semble à la dérive
Le fleuve roule son eau vive
Et l’on repart à l’infini
Où l’on découvre au bord du Tendre
Le jardin où l’on peut s’étendre
La terre promise de l’oubli

(Georges Moustaki)

 

 

Posted in méditations, poésie | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »

 
%d blogueurs aiment cette page :