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Poésie

Posts Tagged ‘jambes’

Laurence endormie (Patrice de La Tour du Pin)

Posted by arbrealettres sur 30 décembre 2018



Laurence endormie

Cette odeur sur les pieds de narcisse et de menthe,
Parce qu’ils ont foulé dans leur course légère
Fraîches écloses, les fleurs des nuits printanières,
Remplira tout mon cœur de ses vagues dormantes ;

Et peut-être très loin sur ses jambes polies,
Tremblant de la caresse encor de l’herbe haute,
Ce parfum végétal qui monte, lorsque j’ôte
Tes bas éclaboussés de rosée et de pluie ;

Jusqu’à cette rancœur du ventre pâle et lisse
Où l’ambre et la sueur divinement se mêlent
Aux pétales séchées au milieu des dentelles
Quand sur les pentes d’ombre inerte mes mains glissent,

Laurence… Jusqu’aux flux brûlants de ta poitrine,
Gonflée et toute crépitante de lumière
Hors de la fauve floraison des primevères
Où s’épuisent en vain ma bouche et mes narines,

Jusqu’à la senteur lourde de ta chevelure,
Éparse sur le sol comme une étoile blonde,
Où tu as répandu tous les parfums du monde
Pour assouvir enfin la soif qui me torture !

(Patrice de La Tour du Pin)


Illustration: Elina Brotherus

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La main touche une jupe (Alain Borne)

Posted by arbrealettres sur 1 mai 2018


Réussite_Malinowsky

La main touche une jupe,
muguets fanés, je me souviens,
tiède comme un début de peau,
un feu de sang brûle les os.
Les joncs craquent sous le corps souple,
et le miel bout dans l’oeillet pourpre,
sur le brasier de myosotis
là-haut où les oiseaux s’étirent.
Carrière de braise rouge,
près d’une eau non doublée de tain
où toute pudeur expire
au vent venu de Si loin,
Sous août bruissant, la fièvre est fraîche,
et la brûlure encore glacée
des lèvres fanées de soif,
et du corps torride de sang.
Voici la baie de tes jambes,
avant cette île foudroyée
où peut-être un peu de neige
attend ma tête sans pensée.

(Alain Borne)

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Est-ce encor moi malgré son visage en allé (Jules Supervielle)

Posted by arbrealettres sur 8 février 2017



Est-ce encor moi malgré
Son visage en allé
Et ses jambes qui fuient
Dans la soie de la nuit
Et mon coeur sans raison
Près des volets fermés
Et ce grand mouvement
Au fond de la maison
Et ce qu’elle a pris
Dans ces sombres bagages?

Ce qu’elle a négligé.

(Jules Supervielle)

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Jupe en dentelle (André Salmon)

Posted by arbrealettres sur 25 janvier 2017



Je veux avoir,
comme la dame
Qui chante,
Une jupe en dentelle.

– Mais la dame montre ses jambes!
– Je te les montrerai, dit-elle

(André Salmon)

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Tape le linge… (Francis Jammes)

Posted by arbrealettres sur 30 novembre 2016



Tape le linge dans l’eau claire.
Tes bras qui ont des fossettes
sont beaux. — Tes jambes tu les serres.

Tu es la laveuse. Tu jettes
Dans l’eau le linge dur et sale
des paysans aux douces têtes.

Et puis ensuite tu l’étales
à des ficelles dans les cours
qui sont près de l’obscure étable.

Les dimanches et les grands jours,
il y a des chemises blanches
pour tes frères qui font l’amour.

Tu danses sous les grandes branches,
sur la place publique, au village,
et on a envie de tes hanches.

Pendant ce temps les garçons sages
au tir font péter des capsules
et à la loterie ils gagnent.

… Tu as l’air ainsi d’être heureuse.
Mais demain tape dans l’eau claire
le linge qui fait — plac — laveuse

— en écoutant l’eau sur les pierres.

(Francis Jammes)

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La Différence (Jean-Pierre Siméon)

Posted by arbrealettres sur 30 août 2016



La Différence

Pour chacun une bouche deux yeux
deux mains deux jambes

Rien ne ressemble plus à un homme
qu’un autre homme

Alors
entre la bouche qui blesse
et la bouche qui console

entre les yeux qui condamnent
et les yeux qui éclairent

entre les mains qui donnent
et les mains qui dépouillent

entre le pas sans trace
et les pas qui nous guident

où est la différence
la mystérieuse différence ?

(Jean-Pierre Siméon)

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Ronde (Paul Eluard)

Posted by arbrealettres sur 1 avril 2016



Sous un soleil ressort du paysage
Une femme s’emballe
Frise son ombre avec ses jambes
Et d’elle seule espère les espoirs les plus mystérieux.

Je la trouve sans soupçons sans aucun doute amoureuse
Au lieu des chemins assemblés
De la lumière en un point diminuée
Et des mouvements impossibles
La grande porte de la face
Aux plans discutés adoptés
Aux émotions de pensée
Le voyage déguisé et l’arrivée de réconciliation

La grande porte de la face
La vue des pierres précieuses
Le jeu du plus faible en plus fort.

(Paul Eluard)

Illustration: Paul Delvaux

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Nocturne (Jean Joubert)

Posted by arbrealettres sur 2 janvier 2016



Nocturne

La nuit, tu marches dans la mousse,
Pieds nus, les bras contre tes seins,
Du pas feutré des pluies prochaines.

Course invisible des nuages.
Je sens venir à ton parfum
L’orage de ta chevelure.

Et sur la terre de juillet,
Pâle, tapie dans la poussière,
L’arbre s’apprête à la morsure.

Patiente aux plages tu chancelles.
O, richesse d’approfondir
L’ennui ténébreux de l’attente!

Voici que s’ouvre comme un tremble
Que la foudre aiguë vient de fendre
Tes jambes lourdes de chaleur.

Et le désir s’affûte aux pierres de l’absence.

(Jean Joubert)


Illustration: Katerina Belkina

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Fille Mer (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 31 mai 2015



Fille Mer

Au corps de vagues souples
Et aux jambes d’embrun
Je la vois qui s’accouple
Avec le rocher brun
Puis qui s’habille avec le vent
Le sel et le sable mouvant

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Max Klinger

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Femme multiple (Jean-Baptiste Besnard)

Posted by arbrealettres sur 3 mars 2015



Femme multiple

Habillée de lumière
Ton sourire t’épanouit
Tu as des mains pour boire
Aux sources de la vie

Tu as des jambes à traverser les tempêtes
Et des seins à fendre les flots
Et dans ta robe à fleurs
Ton corps mûrit tous les désirs

Tes mains ouvrent des chemins
Et projettent de la tiédeur
Sur les vitres où se cognent
Des étoiles égarées
Tes yeux fascinent les pierres
Et pétrifient les oiseaux

Dans les frissons de l’aube
Tes regards piègent les êtres
Alors que des rayons errent sur ton corps
Qui s’imprègne de bien-être
Tu t’offres à la lumière
Le reflet de ta voix
Caresse l’écho du miroir
Sous la bénédiction des lampes

Toutes les choses sont belles de toi.

(Jean-Baptiste Besnard)


Illustration: Louis Joseph Raphael Collin

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