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Poésie

Posts Tagged ‘jambon’

La mort ne fait rire personne (Jean-Marc Soriano)

Posted by arbrealettres sur 10 septembre 2019




    
La mort ne fait rire personne
Même pas le croque-mort
Les croque-morts ne font rire personne
Même pas le croque-monsieur
Le croque-monsieur ne fait rire personne
Même pas le jambon cuit entre les tranches
Le jambon cuit ne fait rire personne
Même pas le cochon qui en est mort…
La mort ne fait rire personne.

(Jean-Marc Soriano)

Recueil: Une nuit de 7 jours
Traduction:
Editions: Petitfleur

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Il essaya de penser à la mort (Vladimir Nabokov)

Posted by arbrealettres sur 2 juillet 2018




    
Il essaya de penser à la mort,
mais au lieu de cela, il se fit la réflexion
que le ciel tendre,
bordé d’un côté par un long nuage
comme d’une couche de neige pâle et molle,
aurait ressemblé à une tranche de jambon
si le bleu avait été rose.

(Vladimir Nabokov)

 

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VITRINES (Léo Ferré)

Posted by arbrealettres sur 18 décembre 2017



 

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VITRINES

Des cadillacs et des ombrelles
De l’albuplast et de bretelles
De faux dollars de vrais bijoux
Y’en a vraiment pour tous les goûts
Des oraisons pour dentifrices
Des chiens nourris qui parlent anglais
Et les putains à l’exercice
Avec leurs yeux qui font des frais
De faux tableaux qui font la gueule
Et puis des vrais qui leur en veulent
Des accordéons déployés
Qui soufflent un peu avant de gueuler
Des filles en fleurs des fleurs nouvelles
Des illustrés à bonne d’enfant
Et des enfants qui font les belles
Devant des mecs bourrés d’argent

Les vitrines de l’avenue
Font un vacarme dans les coeurs
A faire se lever le bonheur
Des fois qu’il pousserait dans les rues

Les faux poètes qu’on affiche
Et qui se meurent à l’hémistiche
Les vedettes à nouveau nez
Paroles de Léo Ferré
Les prix Goncourt que l’on égorge
Les gorges chaudes pour la voix
Les coupe file et les soutiens-gorge
Avec la notice d’emploi
Des chansons mortes dans la cire
Et des pick-up pour les traduire
Microsillon baille aux corneilles
C’est tout Mozart dans une bouteille
Le sang qui coule plein à la une
Et qui se caille aux mots croisés
« France soir », « Le Monde » et la fortune
Devant des mecs qu’ont pas bouffé

Les vitrines de l’avenue
Font un vacarme aux alentours
A faire se lever l’amour
Des fois qu’on le vendrait aux surplus

Des père Noël grandeur nature
Qui ne descendent plus que pour les parents
Pendant que les gosses jouent les doublures
En attendant d’avoir vingt ans
Toupie qui tourne au quart de tour
Bonbons fondants bonheur du jour
Et ces mômes qu’en ont plein les bras
A lécher la vitrine comme ça
Des soldats de plomb qui font du zèle
Des poupées qui font la vaisselle
De drôles d’oiseaux en équilibre
Pour amuser les tout petits
A l’intérieur la vente est libre
Pour ceux qui s’ennuient dans la vie
Des merveilles qu’on peut pas toucher
Devant des mecs qui peuvent « Entrer »

Les vitrines de l’avenue
Font un vacarme dans les yeux
A rendre aveugles tous les gueux
Des fois qu’ils en auraient trop vu

Jambon d’York garanti Villette
Des alcools avec étiquettes
Crème à raser les plus coriaces
« Où l’on m’étend le poil se lasse »
La gaine qui fond sous les caresses
Le slip qui rit le bas qu’encaisse
L’escarpin qui use le pavé
Les parfums qui sentent le péché
Des falbalas pour la comtesse
Des bandes en soie pour pas que ça blesse
Du chinchilla de la toile écrue
Y faut vêtir ceux qui sont nus
Des pull-over si vrais qu’ils bêlent
Des vins si vieux qu’ils coulent gagas
Des décorations qu’étincellent
Devant des mecs qui n’en veulent pas.

Les vitrines de l’avenue
C’est mes poches à moi quand je rêve
Et que j’y fouille à mains perdues
Des lambeaux de désirs qui lèvent

(Léo Ferré)

Illustration

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L’HOMME SOLITAIRE (Tennessee Williams)

Posted by arbrealettres sur 3 juin 2017




    
L’HOMME SOLITAIRE

Ma chaise s’berce-berce dehors toute la journée
Personne jamais n’arrive â m’arrêter,
Personne jamais n’arrête dans mon allée.

Mes dents mâchent-mâchent jusqu’à l’os un jambon,
Je lave tout seul gamelles et bidons,
Tout seul je fais la vaisselle pour de bon.

Mes pieds clopinent sur le bois du plancher
Parce qu’on n’achète pas l’amour au marché,
Ne veux pas d’un amour qu’il faut payer.

L’horloge tictaque près de mon lit étroit
Et la lune lorgne ma tête qui ne dort pas,
La lune se marre d’une tête de vieux gaga.

***

LONESOME MAN

My chair rock-rocks by the door all day
But nobody ever stops my way,
Nobody ever stops by my way.

My teef chaw-chaw on an old ham bone
An’I do the dishes all alone,
I do the dishes all by my lone.

My feet clop-clop on the hardwood floor
Cause I won’t buy love at the hardware store,
I don’t want love from the mercantile store.

Now the clock tick tocks by my single bed
While the moon looks down at my sleepless head,
While the moon grins down at an ole fool’s head.

(Tennessee Williams)

Recueil: Dans l’hiver des villes
Traduction: Jacques Demarcq
Editions: Seghers

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LE PLAT DE FAÏENCE (Jean Richepin)

Posted by arbrealettres sur 3 février 2017



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LE PLAT DE FAÏENCE

Notre amour fut semblable à ces plats de faïence
Où l’on voit des pays fantastiquement bleus.
Des oiseaux à trois becs, des arbres onduleux,
Des saints dont l’œil qui louche est ravi de croyance.

Des buveurs digérant un jambon de Mayence,
Des chiens verts sous lesquels on lit: Ce sont des leups.
Des chevaux imprévus au profil fabuleux,
Des rois enluminés d’une rouge vaillance.

Notre amour fut pareil, bizarre et précieux.
Un étrange pays sous d’impossibles cieux,
Un plat bariolé de rêve et de féerie.

Plus d’un mets savoureux y fut bien fricassé,
Nous y avons mangé des baisers, en frairie.
Mais je l’ai laissé choir par terre. Il s’est cassé.

(Jean Richepin)

 

 

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Le rêve est un jambon lourd (Pierre Reverdy)

Posted by arbrealettres sur 22 décembre 2015



Le rêve est un jambon lourd
Qui pend au plafond
Et la cendre de ton cigare
Contient toute la lumière

(Pierre Reverdy)

 

 

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A un écrivain de Bayonne qui m’avait envoyé son ouvrage (Henri-Frédéric Blanc)

Posted by arbrealettres sur 10 août 2015


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Ton livre est très intelligent, bon,
mais j’aurais préféré un jambon.

(Henri-Frédéric Blanc)

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