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Le jour vide ses poches (János Pilinszky)

Posted by arbrealettres sur 18 juin 2018



 

Un pont, le macadam brûlant,
le jour vide ses poches,
une chose après l’autre.
Seul dans le soir catatonique.

Le paysage : froissure de fond de fossé,
cicatrice ardente dans l’ombre qui scintille.
Crépuscule. Le rayonnement me glace,
le soleil m’aveugle. Jamais je n’oublie, c’est l’été.

C’est l’été et la chaleur foudroie.
Debout, et je sais leurs ailes immobiles,
les oiseaux, comme chérubins en flamme
dans des cages aveuglées, hérissées d’échardes.

Te souviens-tu ? Au commencement fut le vent ;
puis la terre ; puis la cage.
Feu et crottin. Et de temps en temps
quelques coups d’ailes, des réflexes vides.

Et soif. Alors j’ai demandé à boire.
J’entends encore les gorgées fiévreuses,
et j’endure impuissant, telle la pierre,
et j’éteins les scintillements.

Des années passent, années, et l’espoir —
comme une vieille casserole renversée dans la paille.

(János Pilinszky)

Illustration: Michael Whelan

 

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Avant que (János Pilinszky)

Posted by arbrealettres sur 10 mai 2018



 

Avant que

De l’avenir je sais peu de chose,
mais je vois devant moi le jugement dernier.
Ce jour, cette heure
exalteront notre nudité.

Dans la multitude personne ne cherche l’autre.
Le Père retire la croix comme une écharde,
et les anges, bêtes des cieux,
ouvrent la dernière page.

Alors nous disons : je t’aime.
Je t’aime beaucoup. Et dans le tumulte soudain
nos sanglots une fois encore libèrent la mer,
avant que nous nous mettions à table.

(János Pilinszky)

Découvert ici: schabrieres

Illustration: Van der Weyden

 

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Je crois bien (János Pilinszky)

Posted by arbrealettres sur 8 mai 2018



 

Je crois bien

Je crois bien que je t’aime;
les yeux clos, je pleure par ta vie.
Cependant vois-tu, les dieux,
la poussière et le temps
dressent de si lourdes collines
entre nous,
que parfois, de l’amour
l’angoisse misérable
et le vertige me saisissent.

Alors, au fond de mon lit j’ai peur
comme la nature à minuit,
silencieuse et immobile.

Puis,
je crois de nouveau que nous sommes l’un à l’autre,
que ma main rejoint la tienne.

(János Pilinszky)

Découvert ici: schabrieres

Illustration: Akseli Gallén-Kallela

 

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Alors caché dans mon lit (Janos Pilinszky)

Posted by arbrealettres sur 27 avril 2018



Illustration: Daniel Martineau
    

Alors caché dans mon lit j’ai peur,
comme la nature à minuit,
sans bruit, sans signe.

(Janos Pilinszky)

 

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L’IMAGE (György Rába)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2017




L’IMAGE

Et puis les mamelles des voûtes
aspirer le désir saisi
et dans la paume pris

Couteau des clochers
les muscles-moules du corps étranger
s’ouvrent se déploient

Frontispices
flânerie contre la pesanteur
la joie d’oasis intérieures

Et la lumière la lumière

(György Rába)

 

 

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COMME LA TERRE (János Pilinszky)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2017



COMME LA TERRE

Comme la terre où, sans bouger,
je m’envole et deviens poussière,
et comme l’eau : ainsi est proche
le festin des sanglots.

(János Pilinszky)

 

 

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JE CROIS (János Pilinszky)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2017





JE CROIS

Je crois que je t’aime ;
les yeux fermés je pleure que tu vives.
Mais vois-tu, les dieux,
la poussière et le temps
élèvent de si lourdes buttes
entre toi — entre moi,
que parfois je sens
le mal de l’espace et l’angoisse mesquine
que donne l’amour.

Alors je tremble, tapis dans mon lit,
comme la nature au temps de minuit,
muet et sans donner le moindre signe.

Puis
de nouveau je crois que l’on est l’un à l’autre,
que j’ai mis ma main dans la tienne.

(János Pilinszky)

 

 

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C’est toujours la cuillère de fer blanc (János Pilinszky)

Posted by arbrealettres sur 14 février 2016



C’est toujours la cuillère de fer blanc au rebut,
le bric-à-brac de la misère que j’ai cherchés,
espérant qu’un beau jour
inondés de pleurs, doucement m’accueilleront
la vieille cour, le silence de lierre
de notre demeure, son chuchotement.

Toujours,
j’ai toujours eu la nostalgie du retour.

(János Pilinszky)

Découvert ici: https://schabrieres.wordpress.com/


Illustration

 

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